llerzen, le cerveau et l'activité cérébrale, p. aSG
LA ST?îTHESE INDIVIDUELLE ^'J
nous révéler ce lien de fraternité aimante qui relie les âmes. Pourtant ce n'est encore qu'une tendance assez vague à sortir de soi et à s'oublier. Mais, comme l'égoïsme vient de ce que l'on s'éprend d'un bien-être passager et qu'on désire le voir durer à l'exclusion de tout autre, la sympathie se traduit bientôt par un désir de mobilité qui change, au contraire, et diversifie à l'infini les positions de notre être. Sous cet aspect on s'apercevrait, croyons-nous, qu'elle ressemble à l'espérance qui implique, comme on sait, un détachement efiectif à l'égard du présent et une orientation de nos idées vers un avenir indéterminé encore. Si nous sommes capables de pitié, c'est que l'arrangement actuel de notre existence n'est point à nos yeux si fixe ni si achevé que nous ne puissions nous en détacher pour concevoir comme désirable un état sensiblement autre, et si nous éprouvons un plaisir souvent très vif à plaindre ou à sympathiser, c'est que, idéalement, par une sorte de rythme, nous allons de notre état présent, à cette position possible rendue présente à son tour par notre sympathie ou nos espérances ; nous changeons donc, en un sens, et nous aspirons à revêtir des formes autres. La joie qui accompagne alors de tels états vient de ce que, au lieu de révéler en nous une inertie fondamentale, ils annoncent et préparent tout ensemble une position possible de notre existence, accroissement léger qui se devine à peine, mais qui nous charme à la seule promesse d'un renouvellement où notre volonté n'aura point de part. Maintenant, comme cette position préforrriée par nos désirs aspire à être, se réalise même pour peu que nous l'accueillions, la base de notre existence émotionnelle ne cesse de s'étendre \ Tant qu'il en est ainsi, notre être moral se forme, indétermination réelle, et, malgré toute notre volonté, nous sommes souvent dirigés par des dispositions subites qu'il était impossible de prévoir, encore moins de calculer. IN on seulement cette indétermination pénètre dans le phénomène initial de la vie qu'elle accroît et qu'elle transforme, mais encore elle entre comme