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libres synthèses. Nos sentimenls, même quand ils expriment la vie totale del'âme, renferment un élément d'individualité : ce sont des commencements absolus que nous acceptons sans pouvoir les déduire ni les résoudre. Libre à nous, sans doute, de les ramener à des états composants et de noter les éléments communs qu'ils enveloppent par cela seul qu'ils sont nôtres; mais cette synthèse dont ils font partie cl qui leur donne un sens toujours renouvelé, nous ne pouvons, du moins dans sa forme, la réduire aux données communes de la conscience : jusque dans la déduction qu'on lui impose le nom particulier qui la désigne demeure comme L'image de son originalité. Nous avons donc été conduits à nous représenter la vie des sentiments et à noter en chacun d'eux un arrangement mobile, présentant déjà tous les trait- de l'individualité. Unejoie, une tristesse, un mouvement d'amour ou de colère ne sont pas seulement des groupements instantanés, provoqués par une image centrale et correspondant à la loi, si inexacte, delà cristallisation mentale : ce sont autant d'organisations délicates et complètes, de produit- viables, véritables puissances irréductibles, saisies non au repos, mais dans la réalité de leur impulsion intérieure. Comme les vortex atoms auxquels ils nous font invinciblement songer, ces éléments indécomposables et changeants doivent leur individualité à leur mouvement. Chaque sentiment est dune p< mile temps plus ou moins long que dure ce mouvement, une véritable individualité. On pourrait écrire sa monographie, noter sa loi de formation, son organisation commençante, son déclin. En chacun d'eux, c'est une personnalité qui s'ébauche. Souvent, après des heurt- -ui\i> d'accords passa gers, ces formes vivantes finissent par se composer; elles constituent alors une unité psychologique assez, précaire, celle là même que chacune ébauchait à sa façon el tendait à imposer aux autres avec persistance. La configuration morale de la personne, l'unité du caractère seraient au terme de tout cet effort, moyenne résumant les forces élémentaires qui se composent, épreuve nullement définitive résultant de tous ces essais. G'esl donc à bon droit que nous avons parle de la