‹ La vie personnelleChapitre 94 sur 155 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Les analyses qui précèdent ont suffisamment établi, croyons-nous, le principe de la relativité du moi. Terme essentiellement variable d'une activité dynamique, le moi n'est pas une donnée de la conscience : non seulement on ne saurait y voir une réalité toute faite, un système arrêté d'états, mais encore il n'y a pas dans la vie personnelle d'existence indépendante à laquelle cette désignation corresponde nettement. Tantôt, en effet, elle s'applique aux parties les plu> saillantes de notre individualité, à une émotion, par exemple, qui se dessine en relief dans la conscience, à une volition qui accapare notre attention en l'intéressant brusquement à l'action qui va s'ensuivre ; tantôt, au contraire, elle désigne cette suite ininterrompue d'images et de sentiments qui évoluent profondément en nous, à l'écart de toute action, dans le recueillement de la pensée pure. C'est ainsi que nous lui faisons signifier tour à tour les choses les plus opposées, pour ne pas dire les plus contradictoires. Le mieux sérail donc, si l'on tient à chasser foui arbitraire de voir dans le moi une désignation générale englobant le système flottant de la vie personnelle et s'appliquant à chaque instant au nouvel aspect que son évolution ramène. Aussi, cette désignation convient-elle à une région de l'existence psychologique plutôt qu'à un état bien déterminé de cette existence : elle court, pourrait-on dire, à sa surface, comme ces jeux de

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