‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 10 sur 70 · BULGARIE · texte numérisé non relu

BULGARIE

lèvement du prince de Battenberg, qui conspirent à Tétranger pour renverser le gouvernement actuel et qui espèrent, une fois arrivés à leurs fins, trouver dans la résignation stoïque du paysan bulgare, dans ses aspirations longtemps contenues, des racines à une réaction contre l'état de choses actuel.

Le 16/28 juillet, MM. Zancofî, Grouoff, Ludskonoff, Stanlchoff, Beudéreff et Rizoff ont adressé à M. Stambouloff une lettre, restée naturellement sans réponse, où ils le sommaient de provoquer la démission du prince Ferdinand et de prendre les mesures suivantes : rétablissement complet de la constitution, amnistie générale pour tous les émigrés et condamnés politiques, formation d'un ministère de coalition, libres élections pour une grande assemblée nationale qui choisirait un nouveau prince. Devant la persistance de l'opposition et grâce aux insistances du prince Ferdinand, M. Stambouloff a dû modifier un peu la composition de son cabinet. Il s'est rapproché du parti conservateur; sans rencontrer chez M. Stoïloff'un appui complet, il a cependant obtenu l'alliance de quelques-uns de ses amis; il a remplacé M. Stransky par M. Grécoff et M. Natchevitch a succédé à M. Beltchefl", assassiné le 27 mars.

Au point de vue extérieur, la situation de la Bulgarie a peu changé. Le sultan s'est par moment départi de sa réserve habituelle à l'égard de son vassal; il a autorisé le commissaire ottoman à Sofia à se présenter à la cour (2 février) ; il a accueilli avec des marques particulières de distinction M. Natchevitch, pendant son séjour à Constantinople. Le prince a reçu une nouvelle preuve des bonnes dispositions de l'Autriche-Hongrie; pour la première fois depuis son élection, une audience lui a été accordée (21 juin) par l'empereur François-Joseph.

La Bulgarie a évité les difficultés que pouvait faire naître l'échéance du mandat du gouverneur de la Roumélie orientale. Ce mandat, qui avait été en 1883 prolongé au profit du prince de Bulgarie, expirait le 6

avril. Aucune puissance, pas plus la Turquie suzeraine que les autres Étals signataires du traité de Berlin, n'ont fait de démarches pour modifier le statu quo.

Les relations de la Bulgarie avec l'Italie ont été un instant assez tendues à loccasion de la banqueroute d'un sujet italien. Avec la Russie, la rupture est restée complète : elle s'est accusée davantage encore par la fin de non-recevoir opposée le 29 avril par le gouvernement bulgare à la note de la chancellerie russe du 5 mars sur les nihilistes, présentée par l'agent allemand, M. de Wangenheim.

Mais c'est avec la Serbie que les difficultés ont été les plus grandes. Les pourparlers engagés en janvier pour conclure un traité de commerce ne purent aboutir; une commission fut réunie inutilement à Tzaribrod. La Serbie, cependant, était prête à nommer ses délégués, tandis que la Bulgarie, encouragée parl'Autriche, diflerait de jour en jour, et, pour s'excuser, déclarait qu'elle ne trouvait personne de compétent à désigner. La presse bulgare attaquait violemment la Serbie, et le journal officieux de M. Stambouloff se faisait remarquer par sa vivacité dans cette campagne, que le meurtre du ministre des finances et la présence de réfugiés bulgares sur le territoire serbe alimentèrent pendant le reste de l'année.

Le 27 mars, à huit heures du soir, le ministre des finances, M. Beltcheff, et M. StamboulotT venaient de sortir d'une confiserie, située en face du palais du prince, où ils étaient entrés après le conseil des ministres, quand M. Beltcheff fut atteint par trois coups de revolver tirés par deux individus qui s'enfuirent sans être reconnus. Il succomba presque aussitôt. De l'avis général, c'était M. Stamboulofl" qui avait été visé, et les meurtriers avaient frappé le ministre des finances par méprise. Ce crime excita naturellement une grande émotion dans le gouvernement, et provoqua des mesuros de répression extrêmement rigoureuses. Comme les

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