IV PRÉFACE
caine mette les bonnes dispositions de l'autocratie russe à trop rude épreuve.
11 est bon de ne pas oublier le débat de M. de Bismarck avec M. d'Arnim. Le chancelier comptait, pour nous isoler des monarchies militaires, sur la République et sur les témérités des républicains. Cronstadt a démenti les calculs de Friedrichsruhe, mais si la République devait justifier les espérances mises sur elle à Berlin, Cronstadt ne laisserait pas plus de trace dans notre fin de siècle que n'en a laissé sur les eaux endormies du golfe de Finlande la quille des vaisseaux de l'amiral Gervais.
S'il faut être franc avec quelqu'un, c'est avec soimême. La durée et l'intimité de notre entente avec le tsarisme russe dépendent, avant tout, de notre politique intérieure. Il n'y a pas là de quoi se choquer; cela est naturel. Tout ce qui diminue la confiance mise en nous risque de décourager ou de rebuter nos amis. Pour qu'on fasse cas de la France et de son. alliance, il faut qu'on nous croie forts, et pour nous croire forts, il ne faut pas qu'on nous croie fous. Si, par ce côté, la Russie avait quelque influence sur la France, je ne pense pas que la République eût à s'en plaindre; et j'ajouterai que si la France, à son tour, avait quelque influence sur la Russie, la Russie n'en serait pas plus malheureuse. Tout paradoxal que cela puisse sembler, les deux pays gagneraient beaucoup à prendre quelque ascendant l'un sur l'autre, non point |)()ur se copierou