PRÉFACE
s'imiter — ils sont trop différents pour avoir grand'cliose à s'emprunter; — non point, à coup sûr, pour intervenir dans les affaires intérieures l'un de l'autre — ni la France ni la Russie ne le toléreraient et, sur ce point, j'espère que notre démocratie serait aussi chatouilleuse qu'un autocrate ; — mais pour exercer l'un sur l'autre une action modératrice, et tout en conservant chacun leur principe, pour se préserver mutuellement de pousser leur principe à l'excès, ce qui, sous le régime populaire, comme sous le régime absolu, est le grand danger de tout gouvernement.
Quant aux résultats d'une entente franco-russe en Europe, il semble bien, jusqu'ici, que l'Europe, tout comme la France, n'ait qu'à s'en louer. Trois ou quatre ans plus tôt, quand le ministère de la guerre était aux mains du général Boulanger, lorsque l'alliance russe avait pour apôtre « la Ligue des Patriotes », il était permis de s'en montrer quelque peu défiant. On pouvait craindre, à Paris, comme à Moscou, que l'alliance fût la préface de la guerre, et la guerre, je ne sais laquelle des deux, France ou Russie, avait le moins de goût pour elle. Ni la France, ni surtout la Russie n'étaient prêtes pour la guerre ; et l'eussent-elles affrontée, toutes deux de concert, que le poids et les périls en fussent surtout retombés sur la France.
« En face de la Triple alliance, écrivions-nous, il