PERSE
Bruxelles, au capital de 7 millions de francs, sous le titre de « Compagnie générale de Perse ». Elle doit s'occuper surtout du commerce des vins et des alcools.
Les établissements anglais du Karoun se sont développés ; Mohammerah est devenu un grand port, où touchent les vapeurs de la « British India G° » et de la « Bombay and Persian Gulf Navigation C° ». Dans la rivière même, V « Euphrates and Tigris Steam Navigation G° » a organisé jusqu'à Ahwaz un service bimensuel de steamers, qui se relient avec les bâtiments qui vont d'Ahw^az à Chouster. La « Nasery C° » a aussi deux navires qui font le trajet de Mohammerah à Ahwaz. — Une ligne télégraphique a été construite entre Dizfoul, Chouster, Ahwaz et Mohammerah.
Actes internationaux. — Le consul général de la Grande-Bretagne à Mesched a été pris pour arbitre dans la contestation qui s'était élevée entre la Perse et l'Afghanistan, au sujet de la possession de Hachtadan. Les deux Etats ont ratifié sa décision et la nouvelle frontière a été délimitée.
Sir William White, l'ambassadeur d'Angleterre à Gonstantinople, a rendu une autre sentence arbitrale, à propos d'un litige pendant depuis huit années entre la Perse et l'Italie. Un négociant italien, qui avait réussi pendant longtemps à s'exempter des droits de douane, refusait de les acquitter et réclamait une indemnité de deux millions et demi de francs. Sir W. White a reconnu que cette prétention était injustifiée.
Le bruit a couru en octobre que Nasr-ed-Dine, après avoir cédé à la Russie un territoire sur la Caspienne, auprès d'Ardabil, venait de conclure avec elle une convention commerciale et politique, aux termes de laquelle il y aurait union douanière entre les deux pays. A Pétersbourg comme à Téhéran, cette nouvelle à été démentie, et nous ne pouvons l'enregistrer que pour mémoire.
L'incident de Soutchsbulak a donné lieu à quelques négociations avec la Porte ottomane. Au commencement du mois de mai, une jeune Anglaise, miss Katty Green-
field, qui habitait Tauris, fut enlevée par les Kurdes et conduite à Soutchsbulak, au sud du lac d'Ourmiah. Les Kurdes faisaient bonne garde autour d'elle, et tous les efforts de l'agent consulaire anglais pour obtenir sa mise en liberté ayant échoué, quelques escadrons de cavalerie furent dépêchés à Soutchsbulak. Aussitôt un millier de Kurdes, sujets ottomans, passèrent la frontière pour porter secours à leurs frères, et peu s'en fallu I qu'ils n'assassinassent le consul de Turquie, qui avait voulu interposer son autorité. Miss Greentield tira tout le monde d'embarras en déclarant, quoique un peu tard, qu'elle s'était convertie au mahométisme et qu'elle avait suivi librement son mari.
Bibliographie.
Notes on the présent State of the Kariin river, par H. B. Lyncli (Proceedings of the R. Geogr. Society; octobre).
Journaux. — A la suite -ie son second voyage en Europe. Nasr-ed-Dine a institué un ministère de la presse, et plusieurs journaux paraissent maintenant. Ce sont : le journal officid. l'Iran; trois journaux politique- et littéraires, Terhenk et Téhéran. imprimés dans la capitale; Itila, qui paraît à Ispahan; un journal historique illustré, le Sheref, rédigé à Téhéran; un journal religieux, le Zoaï-Shams, rédigé à Ourmiah, en langue chaldéenii'\ par les missionnaires protestants.
Mais les journaux politiques ne parlant guère, et pour cause, des affaires du royaume, on lit plutôt en Perse deux feuilles imprimées à Londres et à Constantiuople : le Kanoiin (Loit et YAkhtar (Étoile), qui se sont donné la mission de maintenir les sujets de Nasr-ed-Dine dans les sentiers de la vérité selon l'Islam.