‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 4 sur 70 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

y a quatre ans (1), le rapprochement des deux pays est naturel, inévitable. La Triple alliance les y invile, elle les y contraint; mais toute entente entre Paris et Pélersbourg doit avoir en vue la paix, et non la guerre. » C'est bien ainsi que se présente l'entente scellée à Cronstadt par la poignée de mains du tsar à l'amiral. Entre les deux gouvernements, il n'y a pas de traité, partant pas d'alliance à proprement parler. M. de Giers est venu à Paris sans que, au quai d'Orsay, on lui ait proposé de rien signer. Pour qui n'a en vue que la paix, à quoi bon les protocoles de chancellerie? Les traités aux clauses secrètes sont faits pour inquiéter, non pour rassurer; la Triple alliance est là pour le montrer.

Cronstadt n'a rien d'inquiétant pour personne; la paix en a été affermie et non ébranlée. La paix ne dépend plus uniquement de la Triple alliance; elle n'est plus autant à la merci du jeune Kaiser au sommeil léger qui se plaît, la nuit, à faire sonner le boute-selle. L'Europe, en vérité, ressemblait par trop à ces régiments de uhlans de la Marche qui dorment tout équipés, dans la crainte d'une alarme soudaine.

La paix, telle que l'entendait la Triple alliance, avait des allures provocatrices et des airs de défi. La paix, aujourd'hui, semble plus solide, car si elle

(1) Voyez la France, la liussie et T Europe, Cal m an n Lévy, 1888; cf. Revue des Veux Mondes, 15 février 1888.

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