VENEZUELA
Le Congrès s'est réuni au mois de février. Pour pouvoir y siéger, MM. Casana (intérieur), Saluzzo (flnances) et le général Sarria (guerre), ont déposé leurs portefeuilles. Un décret du 30 mars a nommé ministres par intérim MM. Aguilera, Anzola et Fombona. Les Chambres ont approuvé (juin) le projet de la nouvelle Constitution présenté par le président Palacio ; ce projet a été renvoyé devant les législatures des États.
Le conflit qui s'est élevé avec la Grande-Bretagne, au sujet de la détermination des frontières de la Guyane, n'a pas encore reçu de solution. Le Venezuela désirerait qu'il fût réglé par une décision arbitrale; mais il ne semble pas que le cabinet de Londres y veuille
consentir. Les indemnités prévues par la convention franco-vénézuélienne du 26 novembre 1885 ont été liquidées; les ayants droit ont reçu des titres de la dette diplomatique.
Du 1" juillet 1889 au 30 juin 1890, les revenus de l'État se sont élevés à 40 millions de francs, sur lesquels les douanes ont fourni 33 millions. Pour 1890- 1891, les recettes présentent un chiffre de 42 millions ; les exportations 97 millions, et les imporlalions par la Guayra, 40 millions (augmentation de 4 millions sur Tannée précédente). Au l""" janvier 1891, la dette publique était de 110 millions (dette intérieure, 38 millions — extérieure, 67 millions — diplomatique, 5 millions).
Le chemin de fer du Sud-Ouest a été ouvert jusqu'à Barquisimeto. Deux contrats ont été passés, pour des lignes garanties, de la Vêla à Cora et de IS'utrido à Barinas. Les quatre agences d'Europe ont envoyé en 1890 1,500 émigrants. La direction de la richesse territoriale a accordé trois concessions pour l'exploitation des sables aurifères de l'Yuruary et du Cuyuni ; la valeur de l'or produit en 1890 est estimée à 7 millions.