‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 49 sur 70 · AUSTRALASIE · texte numérisé non relu

AUSTRALASIE

Conformément aux résolutions votées le 13 février 1890 à Melbourne (V. année 1890, p. 535), une Convention nationale australienne, chargée d'examiner un projet de constitution fédérale et de rédiger un rapport sur ce sujet, s'est réunie du 2 mars au 9 avril à Sydney, sous la présidence de Sir Henry Parkes, premier ministre de la Nouvelle-Galles du Sud. Toutes les colonies, y compris la Nouvelle-Zélande, étaient représentées ; il y avait en tout 25 délégués.

Deux tendances se sont fait jour : l'une favorable à une constitution imitée de celle de la métropole, l'autre basée sur les droits des États particuliers. C'est cette dernière, soutenue notamment par sir Samuel Griffith, premier ministre de Queensland, qui prévalut. On décida que les pouvoirs, privilèges et droits territoriaux des diverses colonies existantes resteraient intacts, sauf en ce qui concerne les attributions reconnues nécessaires du gouvernement national fédéral. On adopta le système des deux Chambres, chaque colonie ayant huit membres au Sénat, et un nombre de députés à la Chambre basse proportionnel à sa population. Le Parlement fédéral n'est investi d'aucun droit de veto sur la législation des colonies ; le Sénat ne peut pas

amender les lois de finances, mais seulement suggérer à leur sujet des amendements à la Chambre basse. Les ministres peuvent, mais ne doivent pas, être membres du Parlement. La question commerciale, celle dont la solution inspirait le plus d'inquiétudes, fut résolue sans difficulté. Libre-échangistes et protectionnistes tombèrent d'accord pour stipuler que le commerce entre les colonies confédérées, soit par terre, soit par mer, serait absolument libre, et que le pouvoir d'imposer des droits de douane et d'accise ainsi que de donner des primes appartiendrait exclusivement au gouvernement et au Parlement fédéraux. Quant à la défense sur terre et sur mer, elle doit être confiée à des troupes fédérales. Le nom du nouvel Etat serait Commonweallh ofAustralia; toutefois, plusieurs colonies préféreraient le nom de fédrralion.

Le projet de constitution rédigé d'après ces principes a été soumis aux Parlements des diverses colonies. A la fin de l'année, le Parlement de Victoria seul l'avait voté — avec une restriction excluant la Nouvelle- Zélande de la Fédération.

— A la suite d'une résolution adoptée par l'Association australasienne pour l'avancement des sciences, les lords de l'Amirauté anglaise ont décidé au mois d'aoïU que la mer entre le continent australien et la Tasmanie, d'une part, et la Nouvelle-Zélande et les îles situées au nord-ouest de ce pays, d'autre part, portera désormais, sur toutes les caries ainsi que dans toutes les publications officielles de l'Amirauté, le nom de « mer de Tasman ».

Victoria. — Plusieurs crises ministérielles ont eu lieu dans le courant de l'année. Après avoir formé le 16 février un nouveau Cabinet, M. "NV. Shiels ne put se maintenir que quelques jours, et M. J. Munro revint aux affaires. Au mois de novembre, une scission éclata dans le ministère même au sujet du bill dit One. Man, One Vote auquel les ministres, membres de la Chambre haute, étaient opposés. En présence de la complication de la

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