ROYAUME-UNI
DE
Politique extérieure. — Les relations du cabinet de Saint-James et de la chancellerie allemande ont été, en 1890, aussi sympathiques, aussi intimes que Tan passé. A roccasion de la mort de lord Napier de Magdala, l'empereur adressa au duc de Cambridge, commandant en chef Tarmée anglaise, un télégramme où il vantait, non sans raison, la bravoure et les talents militaires du défunt. Ce télégramme était signé « Guillaume L R., amiral de la flotte », allusion de circonstance au grade honorifique conféré au souverain lors de son voyage à Wight. Au mois de mars, le prince de Galles reçut à Berlin un accueil cordial ; l'empereur répéta à plusieurs reprises que la flotte britannique est, avec l'armée allemande, la garantie la plus efficace de la paix européenne, et il parla avec enthousiasme de la fraternité d'armes de Wellington et de Blûcher sur le champ de bataille de Waterloo. Un peu 1 tard (avril), la reine Victoria se rencontra à mstadt avec l'empereur qui, de son côté, vint, dun'été, passer quatre jours à Osborne (4 août-9août), entant par cette nouvelle visite le rapprochement enu entre les deux cours. Dans l'intervalle, la
coDvention africaine avait été conclue : le seul point noir qui tachât Thomon était désormais effacé, et l'Angleterre, sans être liée par un traité formel avec le grand empire du Centre, se trouvait vis-à-vis de lui dans une situation assez analogue à celle de la France vis-à-vis de la Russie. Pendant son séjour à Osborne, Guillaume II passa en revue le 4* bataillon des lifeguards et s'entretint longuement avec lord Salisbury du cérémonial de la cession d'Hclgoland, sans doute aussi de la situation générale ; il alla, en compagnie du prince de Galles, du duc d'Edimbourg et du duc de Connaught, inspecter à Eastney l'artillerie de marine.
Guillaume II était en Angleterre lorsque lord Salisbury, prenant la parole au banquet du lord-maire (6 août 1890), exposa les vues du gouvernement sur les affaires d'Egypte. Après un panégyrique enthousiaste des progrès accomplis dans la vallée du Nil sous la tutelle de l'Angleterre : « 11 peut venir, continua lord Salisbury, il viendra un temps, je l'espère, où ces grands résultats se perpétueront sans le secours de la grande race qui en aura été l'initiatrice; mais cette heure n'a pas sonné encore, et nous compromettrions toute chance d'assurer à la postérité les avantages dès maintenant réalisés, si nous nous laissions aujourd'hui entraîner par des considérations quelconques à. nous affranchir des devoirs quelesévénements nous ont imposés et que nous avons solennellement assumés. Que l'Egypte devienne capable de se dispenser de nos soins, cela dépend des circonstances, et aussi, dans une certaine mesure, de ce que feront d'autres nations ayant le pouvoir de hâter ou de retarder le développement qui aboutira h. la pleine maturité du peuple égyptien. »
Tout cela était fort clair. Le h'oreign Office estimait évidemment que la France devait se contenter des concessions qu'elle avait obtenues en donnant son adi sion à la conversion : l'occupation anglaise, il étj impossible d'en prévoir le terme. Il faut noter, nous répétons, que cette déclaration du « Premier » coïm