MONTENEGRO
La!amille du prince de Monténégro a été en 1890 tristement éprouvée par la mort de la princesse Zorka {17 mars). La fille aînée du prince Nicolas était mariée âu prince Pierre Karageorgewitch, et cette union qui, lorsqu'elle s'était faite, avait donné lieu à bien des commentaires, en causa d'autre genre lorsqu'elle se rompit. Des bruits qu'il est bien difficile de contrôler coururent au sujet des relations du prince Karageorgewitch avec son beau-père.
Dans la politique extérieure du Monténégro, on ne peut signaler cette année que le voyage à Belgrade, Vienne etConstantinople, du ministre des affaires étrangères de la principauté, M. Gavro Voucovitch. On prélendit alors que ce personnage, honoré de longue date de la confiance particulière de son maître, allait contracter l'alliance du Monténégro avec la Serbie. Quoi- <iue rien ne soit venu confirmer ces bruits, on ne peut ûier que les relations entre ces pays n'aient été très cor- <liales. Le voyage de M. Voucovitch à Constantinople eut un heureux résultat. Il permit de terminer la question <1 s longtemps en suspens de la Boyana. L'irréguit 'i du cours des rivières le Kir, le Drin et la Boyana <îi lit de grands dommages aux environs de Scutari. C rade du sultan a sanctionné un projet, que des << '^3rations stratégiques avaient fait jusqu'ici ajour-
{ui consiste à. reconduire le Dria dans son it, à régulariser le Kir et à rendre la Boyana e jusqu'à. Scutari ; les inondatioos du lac de esseront ainsi, et les États riverains, le Hod- ;t la Turquie, gagneront pour l'agriculture une ndue de bons terrains.
.érieur, le Prince a conliDué ses efforts pour r la condition assez précaire de ses sujets ; 1 surtout encouragei' la culture de la vigne et er ; il a ordonné que chaque soldat ou officier n Dombre de ceps ou d'oliviers variant suivant ; toute personne ayant planté deux mille ceps :ourant de l'année jouira pendant dix ans de ion d'impdts.
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L'année 1890 a été marquée par la mort du Toi Guillaume III, attendue et redoutée depuis si longtemps. Ce n'est plus aujourd'hui un mystère pour personne que Tamélioration physique et mentale qui avait permis au roi en 1889 de reprendre le pouvoir avait été des plus précaires. Ses ministres ne discutaient point avec lui les affaires de TÉtat; ils ne le voyaient même pas et ils devaient se contenter de recevoir les signatures indispensables. On raconte que ce n'est pas toujours du premier coup qu'il mettait son nom au bas des pièces officielles ; il lui arrivait plus »d'une fois d'emprunter le nom d'un autre souverain. Vers la fin de septembre, à la suite d'un manifeste retentissant de M. Henry Tindal qui dénonçait la situation inconstitutionnelle, il a fallu avouer la vérité au pays. Les forces physiques du roi avaient tellement baissé qu'on ne pouvait plus obtenir de lui une signature. Sur la proposition du ministère et de l'avis conforme des médecins, les États généraux en séance plénière ont prononcé l'incapacité du roi et le Conseil d'État, aux t 3s de la Constitution, a été chargé provisoirement à . régence. Mais bientôt une loi confiait ces fonct s pour le temps de la maladie du roi à la reine ! Qa qui, le 20 novembre, prêtait serment; le 23, C ' 'ime III mourait dans son château du Loo.
LA TIE POLITIQUE A L'ETEANGER Constitution ne réservant pas le trOne à la ligne mas- I, la princesse Wilhelmîne devenait reine; comme 'est âgée que de dix ans, sa mère, aux termes de ïstitution, était régente. En revanche, la souve- ,é du grand-duché de Luxemhours cessait de lui tenir. Dès le lendemain du décès, uoe proclan de la régente annonçait l'avènement au trône reine dont la majorité, fixée à dix-huit ans, n'ari que le 31 août 1898. Les funérailles du roi ont eu Delft le 4 décembre au milieu d'un immense conde peuple et devant les représentants de toutes lissances de TEurope; le 8, la reine Emma a de lau prêté serment comme régente pendant la ■ité de son enfant, et la vie politique a repris sans sse son cours accoutumé,
n'est pas à dire cependant que la situatioii soit . Le pays est très attaché à son indépendance, très ivant l'étranger, et célèbre volontiers les anniverde 1813 et de Waterloo, comme pour montrerau e cL quel point il tient à son autonomie, mais il est iivisé à l'intérieur. Il faut y compter au moins e grands partis qui ne s'entendent pas très bien eux. Le parti anti-révolutionnaire est composé lodoxes prolestants, de calvinistes purs: il a pour MM. Kuyper, Keuchenius, Savornin Lohman; il se m adversaire déclaré de la Révolution française,
qu'elle a proclamé les droits de l'homme et inu les droits de Dieu ; il veut un Etat « chrétien » ites les lois soient subordonnées à l'autorité de la s de Dieu, de la Bible. 11 accepte loyalement la rchie, mais il n'a pas d'objections contre la Répu- ! ; il s'accommode de toutes les formes de gouverit, professant, avec saint Paul, que toutes les mces viennent de Dieu : son idéal serait une soc: able à la Genève de Calvin. Ce mélange de relig
politique, ou plutôt cette confusion des di lirs qui, de nos jours serait en tout autre p :ause de défiance ou de défaveur, a fait ici
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succès du parti. Avec une rare persévérance, il a élevé ]
des générations de pasteurs ; ceux-ci ont étendu leur influence d'année en année sur les populations qui ont suivi sans peine le drapeau de ceux qui exaltaient les traditions des ancêtres. On ne leur a marchandé ni les encouragements ni les donations, et aujourd'hui le parti a son université libre, des écoles et des maîtres, des temples et des pasteurs dans toutes les grandes villes et dans beaucoup de communes rurales.
Le parti catholique a pour chef un homme d'un grand talent et d'une remarquable habileté: c'est le prêtre Schaepman, qui exerce une autorité incontestée sur ses coreligionnaires dans les États généraux et dans le pays. Deux provinces, le Limbourg et le Brabant septentrional, sont absolument acquises aux catholiques; dans les autres provinces, les catholiques, bien qu'ayant augmenté en nombre par l'arrivée des étrangers, restent partout en minorité ; mais en se portant d'un côté ou de l'autre, ils peuvent quelquefois faire pencher la balance, soit en faveur des anti-révolutionnaires, soit en faveur des libéraux. Leur programme est celui que professe le parti catholique dans le monde entier; il se résume dans la prépondérance de l'influence de l'Église, mais les conditions de la lutte varient suivant les pays et les circonstances. Ici, il fallait d'abord conquérir l'égalité civile et religieuse ; les catholiques n'ont pas hésité à s'appuyer alors sur les libéraux. Ce résultat obtenu, pour se faire une plus large place dans les administrations, dans la justice, pour assurer à leurs écoles libres dans les provinces non catholiques les subsides de l'État, pour entrer dans les ministères, ils ont fait alliance avec les protestants les plus rigides, les anti-révolutionnaires.
^^« libéraux forment un peu plus des deux cinquièmes c . seconde Chambre, environ quarante-cinq membres s ;ent; mais ils n'ont pas de chef reconnu, soit parce c s n'ont pas rencontré une personnalité assez puiss " pour s'imposer, soit parce qu'ils n'ont pas de pro-
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gramme commun. Les uns suivent M. van Houten, les autresM.Roell.d'autresH.GIeichmaa. Quand ils étaient au pouvoir, ils n'ontjamais pu s'entendre sur la manière d'accomplir la révision de l'impôt qui leur semblait à tous nécessaire, et beaucoup de ministres sont tombés sur cette question. Aujourd'hui qu'ils sont en minorité, ils ne sont pas parvenus à se mettre d'accord au sujet de la défense nationale : les uns sont opposés au service personnel, par haine du militarisme; les autres en sont les défenseurs résolus. L'an dernier, dans la discussion de la loi sur l'instruction primaire, ils se sont encore divisés, une partie acceptant le principe de la subvention des écoles libres par l'Étal, tandis que les autres s'y montraient hostiles. 11 y a parmi eux des radicaux, des modérés, des opportunistes : c'est le triomphe et la confusion de l'individualisme. Est-ce à cet émiettement qu'il faut attribuer les échecs du libéralisme? En tout cas, il convient de noter que l'extension du droit de suffrage lui a chaque fois été nuisible. A l'extrême du parti libéral, il faut placer le parti ouvrier représenté à la Chambre parle député Heldt, d'Amsterdam, tandis qu'à son extrême droite, se mêlant le plus souvent à la droite, siègent les conservateurs, les libéraux d'autrefois, maintenant passés à l'état d'exception et dont un des chefs les plus distingués. M, Heemskerk, a été le président du dernier cabinet libéral.
Enfin, isolé dans la Chambre, se trouve M. Domela Nieuwenhuis, ancien pasteur, le chef des socialistesdémocrates, arrivé au scrutin de ballottage par le concours des an ti- révolutionnaires qui, forcés de choisir entre un démocrate et un socialiste, n'ont pas hésité à se prononcer pour ce dernier. Mais si M. Domela Nieuwenhuis est seul à la Chambre, il a derrière lui, non seulement dans les grandes villes, à Amsterdam, à '" Haye; à Rotterdam, à Leyde, mais encore dans les c pagnes, un nombre respectable d'adhérents. Sans de, les rixes fréquentes qui se produisent dans les n entre ouvriers orangistes et socialistes montrent qup
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locrate-socialiste ne sont pas tendu, mais sa propagande est res matérielles, qui ne sont pas moindres ici qu'ailleurs, lui viennent efficacement en
C'est au milieu de ces partis que la régente devra se mouvoir. La situation parlementaire reflète exactement l'état du pays : la première Chambre, nommée par les États provinciaux — (qui correspondent aux Conseils généraux de France) — est presque entièrement libérale ; la seconde Chambre a une majorité conservatrice formée de catholiques (2G) et d'anti-révolulionnaires (28). Le ministère, qui gouverne depuis les élections généitiles de 1889, est un ministère de coalition: il a pour président M. Mackay. Le 31 janvier 1890, la première Chambre ayanf repoussé le budget des tolonies présenté par M, Keuehenîus, M. Mackay a pris le portefeuille des colonies et a cédé à M. de Savornin Lohman, uu des chefs an ti- révolutionnai res, le ministère de l'intérieur qui a dans ses attributions l'instruction publique et les cultes. Les catholiques ont pour leur part la justice et la guerre, et l'année s'est écoulée sans difficulté. Le ministère n'a présenté qu'un projet important pour le rachat du réseau du chemin de Snan, qui, malgré l'opposition des Chambres de erce d'Amsterdam et de Rotterdam, a été défini- ;ni voté le 22 juillet. Le réseau racheté a été parntre les chemins de fer de l'État et la Compagnie emins de fer hollandais.
ut aussi relever la loi du 19 janvier 1890 ordonine enquête sur les conditions du travail afin de jusqu'à quel point il est nécessaire de compléter slation dans les questions sociales. L'enquête se lit en ce moment dans toutes les provinces. A aussi, comme un signe des temps et bien qu'elle ne pas du gouvernement, la proposition du député ique Bahlmann tendant, pour protéger l'agricul- ' établir un droit sur les céréales.
ixtérieur, la Hollande a pris part à la cooféreoce lin sur les questions ouvrières et à la Conférence ixelles (voir : Congrès et Conférences). Dans i, jusqu'à la fin de l'année, le délégué du gouvert a persisté dans une opiniOD que les Pays-Bas, après avoir consenti aux demandes de l'État du , considèrent comme conforme à. la lettre et à t des traités. Le différend entre la France et les tas au sujet des limites des (juyanes a été soumis itrage du Tsar.
ludget de 1891, présenté aux Chambres par le ère le 18 septembre, s'élève pour la Hollande, ;ettes, à 126,536,0^.) florins; en dépenses, à 0,841 florins, d'où un déficit de 9,394,813 florins. dget des Isdes a -des recettes de 116,414,345 , tandis que les dépenses sont de 136,840,646 ; le est de 20,426,331 florins. Quoique vivement atta- !elui des Indes surtout, les budgets ont été rapiit et à peu près intégralement votés. Lors de la sion des crédits des affaires étrangères, le minispromis d'examiner avec bienveillance s'il n'y pas lieu d'établir une ambassade hollandaise i du Vatican.
r la première fois aussi, les divisions qui travaili coalition ministérielle se sont fait jour à la tride la seconde Chambre. Le gouvernement a i un projet de réforme militaire basée sur le serersonnel (30 juin); les catholiques, au moins une e partie d'entre eux, ne veulent pas en entendre ; les anti-révolutionnaires, qui ont inscrit cet ; dans leur programme, en exigent la réalisation élai, et au moins avant les élections législatives n 1891. L'organe catholique le plus autorise, le voudrait l'ajournement de la question et tiendrait ue la coalition se présentât unie devant les él mais les deux partis se croient engagés vis-àurs comités et chacun d'eux pense pouvoir ' d'alliés. C'est ce qui rendra intéressante l'am
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ce, et c'est peut-être dans cette iuprême chance du parti libérai.
Nécrologie.
icien ministre dea SQaaces. — J,-C. v.
„ .. du département des eaux, digues et
Écluees. — Le baron v. Ziiylen v. Nijvell, ancien ministre des affaires Étrangères, membre de la I" Chambre. — M. Blusaé, membre de la i" Chambre. — H. de Veer, rédacteur en cliet du Keua» ran den Dag.
BlBLlOORAPKIÊ.
Priocipaux journaux et revues : Nituiae Rolterdamsche Courant |<8" année). Directeur-éditeur : Nijgh et fils, libéral, tirage ; '" à 12,000; parait tous les jours, le dimanche excepté, à Rottern. — Algemeen HandeUblad (64" année), libéral ; directeur-édiif : Diederichs frères, b, :^msterdam, paraît tous les jours, les rs de fête exceptés; tirage ; S à 10,000. — Nieuies nan den g\ directeurs : Donnenfelser et Beijer; libéral; pavait tous jours, dimanche et jours de fête exceptés ; tirage : 38,000. — gUad van Zuid-lioUand; paraît tous les jours; conservateur; :til, éditeur à ta Haye. — Het Vaderland; directeur: M. van et, à la Haye, libéral. — De Tijd (40° année), catholique, parait is les jours ouvriers à Amsterdam chez van Langen-Huysen. ■ Se Slandaard (20* année), anti-révolutionnaire, parait tous jours, fÈtes et dimanches exceptés, à Amsterdam, chez Kruyt. De Gids, revue mensuelle, sous ta direction de MM. de Beaufort, j's, van Hamel, Honigh, Hooijer, Quack, Sillene. — De Amstermmer, à Amsterdam, organe des radicaux — A La Haye, Rechl w aileit, journal des socialistes.
Da trouvera des renseigne<nents complets sur les journaux en Uande dans l'ouvrage de M. R. van der Meulen : De Courant, fol. chez A.-W. Sijthoff, à Leyde.