C. Pallu d
M. de Andrade Corvo, ancien ministre de la Marine et Jfis Colonies, ancien ministre de Portugal à Paris.
Les crises ministérielles de 1889 ne se sont pas renouvelées cette année; le ministère de coalition formé par le général Mano, le 16 novembre 1889, a su triompher des vieux conservateurs ou boyards de M. Catargi et des conservateurs libéraux de M. Vernesco, des libéraux dissidents de M. Démètre Bratiano, comme des libéraux nationaux de M. Jean Bratiano. Le ministère du 16 novembre doit sa force à Talliance des junimistes et des néo-conservateurs; ces derniers étaient représentés par le général Mano (Présidence du Conseil et Intérieur), par MM. Lahovary (Affaires étrangères) et Peucesco (Domaines); MM. Th. Rosetti (Justice), Marghiloman (Travaux publics), et Holban (Instruction publique) formaient l'élément junimiste. En novembre 1890, M. Peucesco ayant donné sa démission et M. Th. Rosetti ayant été nommé gouverneur de la Banque nationale, M. Marghiloman prit le portefeuille des Domaines, et un junimiste, M. Majoresco, le remplaça aux travaux publics. — M. Triandafîl, qui appartient au parti néo-conservateur, fut mis à la tête du dénartement de la justice, de sorte que les deux partis c nuèrent à être représentés au sein du cabinet ^ ^es mêmes proportions.
jarp se fit à la Chambre le leader de la majorité ^ rnementale, qui s'accrut, dans les premiers mois
1890, de vingt députés jadis opposants, si bien qu'à [in de la session l'opposition ne comptait plus que Lrante-cinq membres. On vit pourtant se produire avril la fusion des libéraux sincères de M. Démètre tiano avec les bbéraux nationaux de M. Jean Bra- 10. Le premier avait désavoué avec éclat en 1882 le gramme de son frère et constitué avec MM. Catai^i l'ernesco ropposition unie. Mais ce schisme n'avait été proQtable aux intérêts de leur maison; après ir contribué pour une grande part à la chute du listère national libéral en 1888, M. Démètre Bratiano it vu ses alliés politiques entrer dans diverses comaisons ministérielles d'où il était lui-même exclu, mauvaise fortune provoqua une réconciliation dont libéraux se promirent de grands résultats : c'était, riaient-ils, non sans quelque lyrisme, le <c frissonnent du lion qui allait chasser les moucherons » (1). Démètre Bratiano donnait d'ailleurs à entendre que cien premier ministre, se ralliant aux convictions ion frère aîné, avait promis de défendre les libertés liques, au besoin même contre le pouvoir royal, ne cher aux dissidents de 1882. M. Jean Bratiano lit même promis de s'appuyer un peu moins, le cas éant, sur l'alliance austro-allemande. En réalité, le lifeste lancé par les libéraux réunis ou " coUecties a ne contient, en matière de politique exlére, que des déclarations un peu vagues : « nous ;ndrons toujours, disent-ils, une politique nationale, jpendante de toute influence étrangère. » algré les assurances que les libéraux s'étaient proléesà eux-mêmes, ilsnepurentrien contre le cabinet lO, et la seule crise qu'il traversa fut provoquée par arti des boyards. Il y eut en décembre ballottage au at, lorsqu'il s'agit de désigner le président de e assemblée, entre M, Cretzulesco, candidat i vernement, et un vieux conservateur, le gér l
Discours de M. N. Fleva.
u, àlamajorité d'une seule voix, fut vive. Le ministère offrit sa is acceptée par le roi, et on put isolution du Sénat n "allait pas oreaco fournit lui-mÊme la solui qu'il ne pouvait considérer son comme un vote de blâme contre n côté, le président de la Chamnt déclarer que le cabinet Mano toute autre combinaison. Puis, ( vice-présidents des candidats al, ce qui fut la fin heureuse de
Ot. — La Commission chargée de lits reprochés à M. J. Bratiano eut, p. 187, 188), a déposé son i'ier, après avoir laissé passer le avait été fixé et dont elle avait ment. Ce rapport ne parut pas Bbre; deux membres de celte ['ailleurs refusé de le signer.
Chambre, le i2 février, repoussa accusation par une majorité de dernières catargisles ou radies ministres, sauf M. Lahovary, itention, avaient voté contre les Les autres membres du cabinet jet de votes successifs, sortirent cette épreuve.
it été convoquées en session d'avril, les péripéties de la polinui à leurs travaux. Elles ont <ensions civiles et, ecclésiastiques :
nt droit aune pension, qui, pour ! aux appointements que le foncr lieu (1) ; 2° une loi sur torganiis militùres, à peu près semblable, a
sation judiciaire : les conseillers des cours d'appel et les présidents des tribunaux ont été rendus inamovibles; les magistrats de la Cour de cassation jouissaient seuls jusqu'à présent de Tinamovibilité ; 3® une subvention d'un million de francs à une société de navigation roumaine qui transporte en Serbie les produits nationaux, surtout le sel (v. infra) ; on espère qu'elle étendra bientôt son action sur tout le Bas-Danube, et peut-être plus loin; 4"* une subvention d'un million de francs, à titre de prêt, aux sociétés de crédit agricole qui ont eu de grosses avances à faire aux paysans en 1889 ; 5** une loi autorisant l'État à renoncer, en faveur de ses débiteurs, aux arriérés des dettes provenant du rachat de la corvée et de la dime.
La session de 1890-1891 a été ouverte le 27 novembre dernier; le Parlement semble disposé à s'occuper tout particulièrement cette année des intérêts de la classe agricole (réponse au discours du trône).
Pendant l'exercice 1889-1890, le montant de la dette publique a été de 900,771,506 francs, en augmentation de 27,722,702 francs sur l'exercice précédent. Un emprunt de 50 millions de francs, en titre de rente amortissable 4 p. 100, a dû être contracté pour continuer les travaux extraordinaires commencés en 1888 ; divers petits prêts, d'une valeur totale de 127,658 francs, ont été pris sur la caisse des dépôts; mais d'autre part les amortissements se sont élevés à 22,404,955 fr. La dette publique est en augmentation de 329, 721, 109 fr., soit 57.8 p. 100 sur celle de 1881. Mais les annuités qu'elle exige (actuellement 56,926,950 francs) ne se sont pas accrues dans les mêmes proportions, n'ayant augmenté depuis cette époque que de 15,853,005 francs, soit de 38.6 p. 100. Cette différence fait honneur au crédit de la Roumanie. Il n'est plus question, lorsqu'elle emprunte, de lui imposer des intérêts de 7 p. 1' comme les frères Stem, ou de 8 p. 100, comme la n son Oppenheim, emprunts d'ailleurs maintenant am tis. Aujourd'hui, il n'y a plus que le capital d'étab'
sèment de 51,307,153 francs de la ligne Lemberg-Czernovitz-Jassy qui rapporte aux actionnaires 7 1/2 p. 100. Les titres 6 p. 100 forment à peu près le tiers de la dette publique, les titres 5 p. 100 les cinq neuvièmes et les titres 4 p. 100 un dixième. Le ministre des finances, M. Germani, a opéré la conversion des obligations 6 p. 100 émises en 1880 pour le rachat des chemins de fér roumains. Une loi du 16/28 juin 1890 a disposé qu'un emprunt de 274,375,000 francs en rente 4 p, 100 serait émis, pour être afiFecté à la conversion et au remboursement du solde encore en circulation. Il est amortissable, au pair, dans un délai de trentetrois années. Dans son exposé des motifs, M. Germani démontrait la nécessité de la conversion par ce fait que le cours des obligations 6 p. 100, remboursables au pair, ayant dépassé le pair, ne pouvait s'élever davantage et ne correspondait plus au crédit réel de l'État. L'économie ainsi réalisée est de 2,123,207 francs. Le budget roumain pour 1890-1891 présente aux recettes le chiffre de 163 millions et aux dépenses celui de 162,269,359 francs ; le budget de la guerre est de 35,023,254 francs.
En 1889, le commerce total a été de 642,111,145 francs, dont 367,944,099 aux importations et274,167,146 aux exportations, soit une différence de 93,776,953 francs en faveur des importations. Depuis 1877, et malgré le régime de protection sévère que la Roumanie s'est 'donné, ce sont ces dernières qui l'ont constamment emporté; une des causes de ce fait paraît être l'essor que les grands travaux publics ont pris depuis cette époque.
On sait que la Roumanie soutient contre l'Autriche- Hongrie une guerre douanière, les cultivateurs hongrois redoutant l'affluence des blés roumains sur leurs 3hés, et l'industrie moldo-valaque craignant fort, on côté, la concurrence des industriels hongrois, relations commerciales entre les deux pays ont donc "coup diminué, sans que les Roumains aient eu
230 LA yiE POLITIQUE A L'ETRANGEE
pourtant à en souffrir, car ils ont su' se créer des débouchés dans les autres États européens. Depuis 1884, les exportations roumaines en Belgique sont passées de 2 à 31 millions; en Angleterre, de 61 à 143 millions; en Italie, de 3 à 10 millions; en Turquie, de 7 à 9 millions. Par contre, elles sont tombées en Russie de 9 à 4 millions. En France, elles sont demeurées stationnaires : 17 millions en 1884, 18 en 1888/ Les États dont les importations en Roumanie ont fait depuis 1884, les progrès les plus considérables sont : TAngleterre (58 millions en 1884, 84 en 1888) ; TAllemagne (43 millions en 1884, 83' en 1888); la Hollande (67,000 francs et 3 millions pour les mêmes années) ; la Suisse (2 et 19 millions); la Belgique (3 et 16 millions); la France {23 et 28 millions). Les importations de TAu triche- Hongrie ont baissé de 79 millions depuis 1884 ; celles de la Russie, de 3 millions.
Le Gouvernement a eu à se préoccuper cette année de la question du renouvellement des traités de commerce. Le traité de 1881 avec TAUemagne, sur lequel sont calqués tous les traités qui accordent aux autres États la clause de la nation la plus favorisée, expire le 12 juillet 1891. 11 semble que le Cabinet Mano ne soit pas disposé à conserver les traditions ultra-protectionnistes consacrées par M. Bratiano. On lui attribuait le projet de remanier le « tarif autonome » et d'en faire un instrument de protection, modérée, permettant de discuter sur des bases raisonnables avec les Puissances qui pourraient prétendre à quelque faveur particulière. Il a môme été question de reprendre avec FAutriche- Hongrie les négociations interrompues en 1888. Dans Fintention du gouvernement roumain, les tarifs prohibitifs n'auraient plus été appliqués qu'aux produits de la petite industrie et des industries agricoles; par contre, les céréales roumaines auraient été admiseï i franchise dans l'empire austro-hongrois. Ces pro j ont rencontré une vive opposition de la part des lectivistes; de son côté, la Chambre de commerc »
Bucarest a exprimé le vœu que le gouvernement roumain ne signât plus de traités de commerce jusqu'en 1892. Notons que les agriculteurs hongrois avaient déjà manifesté le même désir dans un mémoire adressé au gouvernement royal; on jugera par là des difficultés que rencontre la conclusion d'un arrangement commercial entre les deux pays. Une société « Tlndustria », dont le programme est le protectionnisme à outrance, s'est constituée en juillet à Bucarest, pour la défense de l'industrie nationale.
Travaux publics. — Depuis 1863, la Roumanie a construit en moyenne 390 kilomètres de routes par an; son réseau actuel est de 13,000 kilomètres ; il faudra encore construire 18,000 kilomètres pour le compléter. On a commencé, à Cernavoda, les travaux d'un pont de 750 mètres qui reliera les deux rives du Bas-Danube et réunira deux tronçons de chemins de fer qui mettront Bucarest en communication directe avec le port de Custendgé, dont on s'efforce d'augmenter l'importance commerciale. Cette entreprise a été concédée, moyennant 7 millions, à la Compagnie de Fives-Lille. Le 23 juin, la Chambre a voté un crédit de 1,500,000 francs pour le pavage du quai du port à Braïla, et 1,200,000 francs pour la construction de la garefrontière à Burdujeni. Un crédit extraordinaire de 8,269,000 francs a été alloué pour le prolongement de ia ligne ferrée deTargu-OcnaparDarmanesli, Moinesti, Telcani, sur une longueur de 21 kilomètres; on estime que le trafic de cette nouvelle voie sera de 13,260 tonnes de pétrole et 170,000 mètres cubes de bois de sapin.
Le Gouvernement s'occupe actuellement de la création d'une société nationale de navigation sur le Bas- Danube, qui transporterait les céréales roumaines jusqu'à Anvers et Hambourg.
ime en 1889, les Chambres ont voté (mai), un crédit ex jrdinaire de 15 millions de francs pour les travaux de rtifîcation de Bucarest, Galatz, Focsani et Namoloi WM. Catargi et Jonesco ont vu dans ces travaux
î provocation contre la Russie ; M, Lahovary s'en est t bien défendu, et M. Carp a fait observer que la umanie pouvant être impliquée, malgré elle, dans la ichaine phase de la lutte de TOccident contre l'Orient, préparer n'était qu'une patriotique prudence, Lctes iuteruatioDanx. — L'arrangement commercial iclu avec la France, le 11 juin 1886, a été prorogé qu'au 10 juillet 1891. Un traité de commerce a été iclu en avril avec la Serbie ; la promesse du traitent de la nation la plus favorisée y est faite des deux ■ts, et les marchandises doivent justifier de leur gine. Les agriculteurs hongrois ont pris quelque [uiétude de ce traité, parce que la frontière hongroise
ouverte à tous les envois serbes, sans distinction rigine ; le cabinet de Vienne aurait fait, à ce sujet, elques observations à Belgrade. D'ailleurs, les protionnistes roumains ont fait entendre aussi leurs .intes; les Chambres de commerce de Bucarest et Craïova ont protesté contre le traité; on aurait dû, .près elles, les consulter lors des négociations. Les éréts en jeu n'avaient pourtant qu'une médiocre portance: en 1888, les exportations en Serbie ont
d'un million de francs, les importations serbes de ),000 francs. Le contrat pour la fourniture du sel a
renouvelé au mois d'août avec la Serbie, qui s'enje à prendre en Roumanie pendant cinq ans, au X de 31 francs la tonne, le sel qui lui sera nécesre. En décembre, la légation roumaine en Turquie a jrimé à la Sublime-Porte le désir que des négociaus fussent entamées, en vue du renouvellement du ité de commerce qui expire le 20 juin 1891. Politique extérieure. — La Roumanie a entretenu, te année, de bonnes relations avec les autres puisices. Le Roi a visité à Ischl l'Empereur François- .eph, et le ministre de la guerre a assisté aux uvres autrichiennes en Transylvanie. Le cabi t no, plutôt porté peut-être à rechercher l'allia î , pays germains, ne peut pourtant pas déplaire. ■ i
Russie. A la Chambre, M. Jonesco, ancien ministre des affaires étrangères, a développé la possibilité d'une entente avec l'Autriche -Hongrie, au cas où celle-ci entrerait en conflit avec un État qu'il est facile de deviner. M. Lahovary ne pouvait répondre qu'évasivement. Le 29 décembre, répondant à uixe interpellation de M. Gradisteano, le ministre des affaires étrangères a nié qu'aucune convention militaire eût été conclue entre la Roumanie et la monarchie austro-hongroise, lors de Tentrevue des deux souverains. La Roumanie, a-t-il dit en substance, n'a pas accédé à la triple alliance, bien qu'elle ne puisse qu'approuver cette entente faite pour maintenir la paix en Europe ; elle n'a pas encore décidé du choix d'une politique précise. Le cas échéant, elle considérerait où est le péril, où est le salut, et, faisant appel au patriotisme éclairé de tous les partis, déciderait au mieux de ses intérêts.
Les libéraux conservateurs ont adopté, cette année, en matière de politique extérieure, un programme assez original : la neutralité de la Roumanie, garantie par les grandes puissances. Mais on ne s'abuse pas à Bucarest sur les chances d'éclosion de ce projet.
L'idée pan-roumaniste a fait peu de progrès : une interpellation de M. Jonesco, critiquant l'attitude des Magyars vis-à-vis des Roumains de la Transylvanie (janvier); une manifestation des étudiants de Bucarest (décembre), dénonçant des « atrocités hongroises », tel est le bilan de l'année. D'ailleurs les Roumains de la Transylvanie ont protesté, à cette occasion, de leur attachement à la couronne de Sainl-É tienne ; un de leurs organes, la Trihuna^ rejette avec horreur toute idée d'insurrection. De leur côté, les journaux officieux de Bucarest ont proclamé bien haut que, la Transylvanie n'-'-ant jamais cessé de faire partie du royaume hong s, la « Romania irredenta » n'était qu'un contres historique.
imission européenne du Danube. — La Commiss uropéénne a établi un nouveau tarif pour les taxes
de navigation; il y est stipulé que dans le cas où aucun des bâtiments de guerre stationnés aux embouchures du Bas-Danube, n'aurait qualité pour sévir contre un délinquant (leurs droits ne peuvent s'exercer que sur leurs nationaux et protégés), on aurait recours à Tintervention du navire roumain en station à Sulina. Pendant la dernière session, le commissaire turc, Maxim Effendi, à la suite d'une altercation avec le commissaire roumain, a été remplacé par Azarian Efifendi, consul général à Corfou.
Nécrologie.
Prince Nicolas BibescOj député à la Chambre roumaine et ancien officier au service français. — Prince Alexandre Couza^ fils adoptif de l'ancien prince de Roumanie, Alexandre-Jean Couza. — M. AlecsandîH, poète estimé, ministre du roi à Paris.
Bibliographie.
La Roumanie, la Russie et la Triple alliance (Romania, Russia, si intreita alianta), par J. Soimescu. — Die Hohenzolle7m in Rumanien, par le D^ Zingeler. — La Roumanie, pendant, avant et après l'Exposition universelle de i890, par le prince G. Bibesco. — Les Codes roumains, par C. Serbesco.
. Pendant Tajanée 1890, comme en 1889, la politique intérieure de la Russie a été pacifique et inspirée par l'esprit national ; le gouvernement a consacré ses efforts d'une part aux réformes administratives et financières, et d'autre part à la russification des pro-r vinces baltiques et de la Finlande.
Le 2-14 janvier, l'empereur a répondu par le rescrit suivant aux vœux que le prince Dolgoroukov, gouverneur général de Moscou, lui avait adressés à l'occasion du nouvel an : « Ces vœux répondent à mon ardent désir et à. ma sollicitude sincère de rétablir l'ordre dans l'administration intérieure, d'affermir le bien-être du peuple sous la protection des lois et des autorités légales, et d'organiser le mieux possible la vie intime et économique de toutes les classes de la population. J'adresse mes prières au Tout-Puissant pour qu'il donne à notre très chère patrie la possibilité de se développera l'intérieur sans aucune interruption ni obstacles en jouissant de la paix que tout le monde désire et qui est le salut général. »
Autorités centrales. — Président du comité des mi- D s : M. Bunge. — Ministres : le général comte ^ itzov-Dachkov (maison de l'Empereur). — De Giers (' es étrangères). — Général Vannovski (guerre). — ^ mirai Tchikhatchev (marine). — Dournovo (inté-
rieur). — Delianov (instruction publique). — Vichnegradski (finances). — Ostrowski (domaines). — Man asseine (justice). — Hiibbenet (voies de communication). — Filipov (contrôle général). — Président du Saint- Synode : le métropolitain Isidore. — Procureur général : Pobiedonostzev. — Président du conseil de l'Empire : le grand-duc Michel.
Politique extérieure. — Le prince héritier d'Italie a visité l'Arménie, le Caucase, la province transcaspienne et a, été reçu à Moscou et à Saint-Pétersbourg de la manière la plus somptueuse (mai-juin); la Russie a montré en cette circonstance qu'elle était disposée à oublier l'attitude que le gouvernement italien a eue dans les négociations relatives aux affaires d'Orient. L^archiduc Charles-Louis est aussi venu à Saint-Pétersbourg (juillet).
Un hôte plus illustre encore a été reçu par le tzar; c'est l'empereur Guillaume II (17 au 23 août, n. s.) qui était accompagné de son nouveau chancelier; sans attacher d'importance politique particulière à ce voyage, qui rentre dans les traditions de famille des deux maisons, il convient de remarquer la bonne impression qu'aurait faite, d'après les journaux, le général de Caprivi, sur le tzar et son entourage; il a reçu l'ordre de Saint-André.
Le Congrès pénitentiaire de Saint-Pétersbourg (août) a été pour le gouvernement impérial l'occasion d'accorder à des étrangers notables une splendide hospitalité, non seulement à Saint-Pétersbourg, mais encore à Moscou et en Finlande ; Tun des principaux rôles a été joué par la délégation française, présidée par le conseiller d'État Louis Herbette.
Il n'y a pas lieu d'accorder une signification notable aux démonstrations de sympathie qui ont eu lieu en France lors du séjour du général Vannoski à Vichy t du mariage de M^^* de Mohrenheim, fille de l'amba deur de Russie, avec le capitaine de Sèze. Le succès î l'emprunt russe a été une manifestation plus im'
tante de Topinion; et le gouvernement de la République a donné de son côté, à la Russie en 1890, une preuve d'amitié, tout en témoignant de son horreur pour les Crimes des terroristes : l'arrestation de plusieurs anarchistes russes et le procès qui leur a été fait à Paris a montré que la France n'entendait pas fournir un lieu d'asile à des hommes qui sont les ennemis de tous les pouvoirs établis; la presse russe a exprimé cependant le regret que quelques journaux de Paris aient accueilli avec une complaisante crédulité les récits des inculpés sur leur origine et leurs malheurs. L'opinion russe a été défavorablement impressionnée, d'autre part, par les démonstrations qui ont eu lieu en Angleterre en faveur des Israélites de l'Empire, et par la malveillance avec laquelle les publicis te s anglais s'expriment en toute occasion au sujet du système pénitentiaire de la Russie.
Les gouvernements de Londres, de Vienne et de Rome ont manifesté encore cette année pour le gouvernement bulgare une complaisance qui choque tout particulièrement la Russie. La chancellerie impériale attend avec patience « la fin delà tragicomédie de Sofia», a dit le P^ord, L'attitude calme, réservée et dédaigneuse de la Russie suffit à rendre fort précaire la situation du prince Ferdinand. En vertu de l'article 22 du traité de BerUn, la Russie a protesté contre la conclusion de l'emprunt bulgare. Cette opération doit entraîner en effet des aliénations qui diminueront le gage affecté au remboursement des frais de l'occupation russe; peu de temps après, l'agent allemand à Sofia, comme représentant des intérêts russes, a réclamé le paiement des frais de l'occupation. Le procès et l'exécution du major Panitza ont produit en Russie une profonde et pénible impression. (Voir : Bulgarie).
Iministration intérieure. — L'an dernier, le gouverent impérial avait modifié les lois relatives à l'admiration rurale des provinces auxquelles s'appliquait la ul«'-13 janvier 1864 (les provinces baltiques, les neuf
ÎM LA VIE POLmQLT; A L^É
proTinces occidentales, la Pologne, Astrakan, Arkhange et Orenhourg n'étaient pas sonmises k cette loi) : la nouvelle loi est entrée eo rigueur le 1" janvier 1890, Nous avons exposé l'an dernier les principes de cette réforme qui soumet an contrùle des chefs de districts les communes rurales jusque-là autonames à qui on reprochait à la fois de manquer d'autorité et d'abuser de leur pouvoir. On sait que la réorganisation de l'administration rurale a été inspirée par l'idée de rehausser le prestige de la noblesse locale ; les chefs de districts sont choisis, sauf approbation du ministre de l'intérieur, par le gouverneur de la province, après entente avec le maréchal de la noblesse, parmi les nobles ayant des propriétés dans la province. L'exécution de la réforme se heurte à une difflculté ; c'est que la noblesse propriétaire est peu nombreuse; cette classe, à qui on veut rendre la première place, dans l'administration des campagnes, émigré dans les villes et laisse la terre lui échapper peu à peu; elle se soucie peu, d'ailleurs, d'exercer des fonctions fastidieuses et absorbantes ; les propriétaires nobles indépendants ne mettant aucun enthousiasme à rechercher les titres des chefs de district, il est à craindre que ceux qui les briguent n'y voient moins une fonction sociale qu'un moyen d'existence. La loi n'a exigé des candidats qu'un cens peu élevé, et il leur suffit, d'autre part, de posséder un diplôme d'un établissement d'enseignement secondaire. La suppression des juges de paix, émanée des zemtsvos, était un coup porté à ces assemblées, organe du self-government local ; elles voyaient d'autre part leur importance diminuer du fait des fonctions conférées aux nouveaux chefs de district. On a, en 1890, modifié, dans un sens réactionnaire, l'institution des zemtsvos ; le contrôle de l'Ëtat a été rendu plus strict etplus effectif; on a augmenté le nombre des représentants propriétaires. Dans chaque province, il a été créé i Chambre spéciale des affaires de zemtsvos, compc de représentants de diverses administrations et de
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légués du zemtsvo ; elledoit juger les affaires litigieuses et connaître, notamment, des protestations des gouverneurs. En cas de désaccord, le ministre de l'intérieur soumettra la solution de la question au comité des ministres ou, s'il s'agit d'une élévation des contributions locales, au conseil de TEmpire. Des mesures disciplinaires ont été édictées contre les membres des zemtsvos qui manqueraient aux séances (réprimande, amende, exclusions de la session). Les employés des zemtsvos seront assimilés aux fonctionnaires de l'État pour tout ce qui a rapport à leurs devoirs, à leurs droits et à leurs prérogatives. '
Finances. — En 1889, l'excédent des recettes a été de 47,843,000 roubles. Les prévisions des recettes ont été dépassées de 115 millions.
L'année financière 1890 a été marquée principalement par la conversion des emprunts 5 0/0 de 1855, 1864 et 1866, qui avaient été contractés en réalité respectivement à 5,47, 5.99 et 6,12 0/0 et avaient une valeur totale de 360 millions de francs. Le nouvel emprunt de 360 millions émis fut couvert trente-neuf fois; le succès qu'il eut sur la place de Paris prouva la confiance inspirée par le crédit de la Russie (mars). Sur les 720,000 titres 4 0/0 offerts, 562,715 furent réclamés par les porteurs des anciens emprunts amortis, de sorte qu'il n'y eut que 157,285 titres pour les nouveaux souscripteurs.
Peu de temps après, un oukase du 9 mars décréta la conversion de l'emprunt 5 0/0 de 1862 (15 millions de livres sterling) ; on devait payer une soulte pour le remboursement partiel de cet emprunt et couvrir le reste par un nouvel emprunt de 11,865,000 livres sterling (soit 75 millions de roubles).
Le budget pour 1891 a été établi avec prudence, 1 ^ é l'importance des plus-values de 1890. Les éva- 1 ^ns de recettes sont très modérées.
;ettes et dépenses (en équilibre), 962,302,000 rou-
pi :
Dépenses extraordinaires :
33,900,000 roubles pour la construction de chemins de fer ;
8,900,000 pour la construction de ponts;
20,000,000 pour la transformation de Tarmement.
Le 4 0/0 russe a atteint le pair et s'y maintient à peu près. Le rouble, qui valait, il y a un an, 2.73, se cote à 2.97; mais on ne peut du jour au lendemain supprimer le cours forcé.
La hausse considérable du rouble a entraîné une modification du tarif des douanes. L'ancien tarif était naturellement établi en roubles or; on payait au cours du jour avec des roubles papier, la seule monnaie usuelle qu'on voie dans la vie journalière ; soit environ, au commencement de 1888, 18 roubles pour un objet taxé à 10 roubles. Aujourd'hui, en raison de la hausse du rouble, le même objet paie à peine 13 roubles. Le budget, calculé sur la base d'un cours moins élevé, menaçait de se déséquilibrer. Dans ces conditions, on a haussé le tarif des douanes fixé en roubles or, de manière à ce que les importateurs payassent la même quantité de roubles-papier qu'autrefois. Un oukase du 17- 19 août a frappé d'une surtaxe de 20 p. 100 les droits que payent les marchandises étrangères ; pour certaines denrées, l'ancien tarif sera maintenu, notamment pour le thé, le café, le sucre ; le charbon de terre paiera 40 p. 100 de plus.
Instruction publique. — On a modifié les programmes d'étude des gymnases classiques : on a réduit, au profit de l'instruction religieuse, de la langue russe, de la physique, de l'histoire nationale et du dessin, le temps consacré aux langues mortes et aux mathématiques. Les écoles ecclésiastiques allemandes de Pétersbourg ont, en vain, demandé à être soustraites aux nouveaux règlements. Une circulaire ministérielle a prescrit n'employer, autant que possible, que des Russes cornu professeurs de langues anciennes.
Au mois de mars, des troubles ont eu lieu à l'Ar
RUSSIE aM
demie agronomique de Moscou, ainsi qu'aux Universités de Moscou et de Saint-Pétersbourg et à Vlnstitut vétérinaire de Kharkov, à la suite de la répression d'infractions à la discipline intérieure. On a expulsé 15 élèves, et renvoyé 181 autres. Ces désordres n'avaient aucun caractère politique.
Travaux publics. — Une somme de 12 millions et demi de roubles a été allouée (29 avril) au ministre des voies de communication en vue de la réorganisation du système fluvial et de la construction d'écluses sur la Schenksna ; les ports de la Volga se trouveront ainsi rapprochés de plus de 1,000 verstes de Saint-Pétersbourg ; la population du bassin de la Volga sera unie par une voie sûre à la Neva ; c'est un grand avantage pour les céréales de Samara et de Sarapoul. On a formé le projet d'un chemin de fer de Vologda à Arkhangel. Un seul groupe, la Société des chemins de fer du Sud- Est y réunit les lignes Koursk-Kharkov-Azov ; — Kozlov- Voronej-Rostov ; — et Orel-Tzaritzin.
Législation industrielle. — Une loi a réglementé le travail des enfants et des femmes dans les fabriques; une autre loi a interdit aux femmes et aux jeunes ouvriers de quinze à dix-sept ans le travail de nuit. — A partir du l""" janvier 189J, il sera interdit d'employer en Russie des ouvriers étrangers aussi bien pour les usines que pour les travaux des champs.
Armée et marine. — Un oukase a transféré à Théodosie le port commercial de Sébastopol; un autre a affranchi (2 juin) les habitants de Sébastopol du paiement de l'impôt sur les immeubles.
U a été rendu cette année toute une série de mesures concernant Vopoltchenie ou milice, en vue de lui donner en cas de mobilisation une valeur militaire. C'est, aux termes de la loi du 13 janvier 1874, une sorte de réserve
< armée territoriale divisée en deux bans ; on en fait ] e de vingt à quarante-trois ans; le premier ban
< prend, sans distinction d'âge, les jeunes gens le ] susceptibles de faire un bon service, par exemple,
les soldats libérés de la réserve. La milice compte environ 8,403,760 hommes, dont 4,422,000 pour le premier ban : jusqu'ici 570,000 seulement étaient instruits ; un ordre du 21 février a établi pour les quatre plus jeunes classes de ce premier ban deux périodes d'exercice de six semaines au plus ; c'est en 1890 qu'a eu lieu la première période d'exercice, qui a duré quatre semaines. D'autre part, on a créé pour la milice des cadres à raison de deux sous-officiers par compagnie, assistés d'un certain nombre de sous-officiers de l'armée active, de manière qu'il y ait un instructeur pour chaque groupe de vingt miliciens. Les miliciens n'auront qu'à apprendre les principes de tir, la prière dominicale, les titres de l'Empereur, de l'Impératrice et dutzarévich, la théorie des devoirs de la discipline.
Dans le projet de budget pour 1891, le ministre de la guerre a obtenu une simple augmentation de quatre millions de roubles, dont deux pour de nouvelles casernes; la marine, quatre millions et demi de plus pour les constructions navales. La dépense extraordinaire pour les nouveaux fusils a été cette année de vingt millions de roubles. Les grandes manœuvres de Volhynie, qui ont réuni 150,000 hommes sur un terrain de 60 kilomètres d'étendue, ont montré la rapidité possible de la mobilisation dans la Russie occidentale.
Affaires religieuses. — La commission ministérielle chargée de reviser les statuts de l'Église évangélique a adopté une résolution tendant à ce que les terres et autres propriétés des Églises luthériennes fussent placées sous la gestion de comités spéciaux, composés de représentants des paroisses et des autorités gouvernementales, et à ce qu'avec les revenus de ces biens il fût alloué un traitement fixe aux pasteurs qui jusqu'ici administraient ces biens. En vertu d'une décision du Saint-Synode, les élèves luthériens des écoles pu ques orthodoxes auront à passer, avant de faire L service militaire, un examen d'instruction religiei d'après le programme de ces écoles. Le nouveau eu
teur du district scolaire de Saint-Pétersbourg, M. Kapoustin, se montre un adversaire déclaré des écoles protestantes.
Le gouvernement a cru deyoir rappeler aux autorités la nécessité de faire exécuter la mesure qui assigne aux Israélites quinze provinces seulement pour domicile (outre les provinces de la Vistule). On leur reproche de faire Tusure et d'enlever des enfants qu'ils rendraient moyennant rançon. On les accuse aussi, mais à tort, de se soustraire au service militaire et aux travaux manuels (il y a, en fait, proportionnellement plus de juifs que de chrétiens exerçant une industrie). Une commission spéciale a été chargée d'étudier la condition des Israélites : elle a conclu à étendre à la Pologne la législation spéciale qui interdit aux juifs d'acquérir des terres dans les communes rurales et leur laisse un délai de cinq ans pour vendre leurs biens. Les lois qui interdisent aux juifs la plus grande partie de la Russie paraissent enrayer le développement industriel et commercial des provinces d'où ils sont exclus et notamment des villes : en Russie, les Israélites forment les deux cinquièmes de la population urbaine.
Gouvernement général de Varsovie et des provinces de la Vistule (Gouverneur général : le général Gourko) ; — provinces occidentales. — En vertu de l'oukase, qui interdit en Russie l'emploi d'ouvriers étrangers, 11,000 ouvriers allemands et autrichiens, pour la plupart juifs, vont être obligés de quitter la Pologne russe.
Les tentatives de russification de la Pologne se poursuivent ; une société s'est formée pour acheter des propriétés dans le sud-ouest de l'ancienne Pologne ; elle a établi sur les bords de la Vistule (à Novogeorgiesk, etc.) des colons russes qui n'ont pas tardé à vendre leurs 1 On a remarqué d'ailleurs que les femmes polo-' I js gagnaient vite leur famille à leurs sentiments. 1 ligration polonaise dans l'Amérique méridionale a ] '^ne extension considérable.
Le Conseil de TEmpire est saisi d'un projet qui détacherait des gouvernements de Lublin et de Siedlce les districts de l'Est, habités par une population uniate pour en former le gouvernement de Chelm qui ferait partie du gouvernement g 3néral de Vilna ; englobés dans des provinces russifiées, les uniate s de la nouvelle province seraient sans doute plus accessibles aux sollicitations de l'évêque orthodoxe.
Provinces baltiques. — Les mesures de russification prises Tan dernier ont été appliquées cette année dans ces provinces. Les nouveaux tribunaux d'arrondissement de Riga, Revel, Mittau et Liban sont, à certains égards, bien supérieurs aux anciens dont on critiquait les lenteurs et l'arbitraire et qui ignoraient la langue et le droit russes; ils connaissent les codes locaux; ils ont déjà réussi à liquider nombre d'affaires. Pour lutter contre le caractère processif des paysans lettes et esthoniens, les juges de paix ont appliqué les peines prévues contre les plaideurs téméraires. C'est une grande gêne pour l'immense majorité de la population que l'emploi du russe dans la procédure. Le russe a été imposé comme langue officielle à toutes les administrations communales; le Conseil municipal de Riga doit délibérer en russe. Les statuts de l'Université de Dorpat ont été modifiés dans un sens centralisateur : le ministre de l'instruction publique exercera une plus grande influence désormais sur la nomination du recteur et des professeurs. Plusieurs pasteurs luthériens de Courlande ont été condamnés pour avoir empêché leurs paroissiens de s'unir à l'Eglise grecque-orthodoxe . On a projeté de réorganiser les Diètes de la noblesse qui, au lieu d'administrer les provinces, seraient simplement assimilées aux assemblées de la noblesse des autres parties de l'Empire; leurs fonctions administratives passeraient à des administrateurs des province' des districts.
Grand-Duché de Finlande. — Gouverneur gé rai : le général comte Heyden; ministre secré^=
urg) : le général Ehrnroth.
luché jouit d'une constitution jarlementaires et de lois pari politiques de la Diète, suéer plus libéral, sont d'égale a obtenu l'admission de sa que le suédois. Les uns et les paratisme par la presse panit russe a, par des mesures !n 1890 l'absorption du Grandité chargés, sous la présidence e metttre les systèmes moné- 1 de la Finlande en con- 'Empire. Leurs délibérations
Le 7 juillet, l'administration a été placée sous l'autorité e l'intérieur; l'empereur doit lirecteur général des postes ninistre, après entente de r général ; les autres fonctionir le Sénat de Finlande après
général des postes de l'Em- ;péciaux sont supprimés; les tre la langue russe, le Sénat tes finlandaises. Pour laprede l'administration est souse du gouvernement fmlan dais.
3ndu obligatoire en Finlande papier : les administrations ivoir, aussi bien que ses frac-
qui sera fixé deux fois par s de la Bourse de Londres lument en Finlande le régime siste en une circulation fldu-
ont eu lieu au mois de sepibres n'appartenant pas à la Is du clergé, 7 de l'université
d'Helsingfors, 57 des villes, 61 des communes rurales), 150 forment le parti finnois; les 5 autres, le parti suédois. Les 145 nobles appartiennent en général au parti suédois. La Diète est convoquée pour janvier 1891. On annonce qu'après Télaboration du nouveau tarif douanier russe, les douanes finlandaises seront rattachées au ministère des finances de Russie ; que le Sénat de Finlande n'interviendra plus dans les affaires ecclésiastiques des églises orthodoxes du Grand-Duché, que le secrétaire d'État sera remplacé par un simple fonctionnaire relevant du ministre de l'intérieur, et que toute la législation sera soumise d'abord au Sénat russe.
Le budget de la Finlande, établi en marcs valant 1 franc est en équilibre (54458,831 mitres) ; en 1889, on a contracté en Allemagne un emprunt à 3 1/2 p. 100, de 40,480,136 marcs. 2,845,509 marcs sont consacrés aux travaux publics.
Un nouveau Code pénal préparé depuis 1863 devait être introduit en Finlande à partir du 1®' janvier 1891. Un ukase en a suspendu l'application jusqu'au jour où des modifications y auraient été apportées par la Diète. Cette décision a provoqué un vif mécontentement parce qu'on l'attribue au désir d'unifier la législation des États de l'Empereur-Grand-Duc.
Nécrologie.
Le professeur Boikine^ célèbre médecin. — Le général Théodore Radetzky^ né en 1820, chef du 8® corps d'armée pendant la guerre turco-russe, et défenseur de la Chipka. — Le général baron de Tornau, né en 1810, écrivain militaire, attaché à l'ambassade de Vienne de 1856 à 1872. — Le comte Pierre Valouïev, né en 1815, membre du Conseil de l'Empire, ministre de Tintérieur de 1861 à 1868 et des domaines de 1872 à 1881, un des auteurs de la réforme rurale qui a accompagné l'émancipation des serfs. — Mgr Al — *" archevêque orthodoxe de Vilna et de Lithuanie. — Leiieutenanti rai SmékaloVy lieutenant-ataman des Cosaques du Térek. — Le c Brevern de la Gardie^ né en 1814, général de cavalerie, mei du Conseil de l'Empire. — M. de Catacazy^ ancien ministre nipotentiaire à Washington, connu par ses démêlés avec je
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vernement des Elats-Unis. — Le lieutenant général Rauch^ un des héros de la guerre de 1877. — Le comte Michel de Reuterriy un des collaborateurs des réformes d'Alexandre II, ministre des finances de i862 à 1878, et président du comité des ministres de 1882 à 1887. — M. de Bulmerincq, né à Riga en 1822, conseiller d'Etat russe, ancien professeur à l'Université de Dorpat, professeur depuis 1875 à Heidelberg, où il est mort; auteur d'ouvrages remarquables sur le droit des gens. — M. de Tchihatchev, né en 1812, géographe et naturaliste, explorateur de l'Asie-Mineure, correspondant de l'Institut de France à qui il a légué 100,000 fr.
Bibliographie.
développement du droit public finlandais (en suédois), par E. Berh. — La Finlande d'autrefois et d'aujourd'hui^ par A. Meurïûan. — La Finlande et les Finlandais^ par A. Reuter. — Eii Finlande^ par H. Joly (Correspondant^ 25 septembre). — Russes et Slaves, par L. Léger. — Recueil des instructions données aux ambassadeurs de France en Russie de 1648 à 1789^ par A. Rambaud. — Souvenirs et correspondance du pnnce de Sayn-Witt- ^ensteii}.