‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 3 sur 68 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

péen, menacé par les exigences économiques du Nouveau Monde, a compris qu'il faudrait tirer un jour de l'Afrique des denrées mises à trop haut prix par les Américains. Des convoitises communes à tant de rivaux ont acéléré le mouvement; nous avons vu se succéder les conventions de partage; partage idéal, le plus souvent, et qui portait sur des lots insaisissables. Un grand fait n'en subsiste pas moins : Tannée 1890 a réglé le sort et décidé l'attribution future de la presque totalité du continent africain. De grandes compagnies se forment partout pour l'exploitation du nouveau champ. Les imaginations se sont passionnées, des connaissances renfermées jusqu'alors dans un petit cercle de spécialistes ont été répandues dans les masses. On a discuté sérieusement des projets gigantesques, celui du Transsaharien entre autres. Tandis que les intérêts s'abattaient sur l'Afrique avec leur âpreté accoutumée, l'esprit d'humanité y retrouvait ses droits et se traduisait par la croisade anti-esclavagiste. L'ensemble de ces efforts tiendra une large place dans notre recueil; il suffira de jeter un coup d'œil sur cette récapitulation pour mesurer la puissance du raz de marée qui a poussé la vieille Europesur un monde vacant.

Ainsi, deux traits caractéristiques accusent la physionomie de cette courte période : un soulèvement interne qui a remué profondément nos assises sociales ; une force centrifuge qui nous a précipités

! continue et le, l'historien Dnéel890;et [)ellations qui e, année afri-

premier rôle, a si conforme parer par une les, dans leur ensemble et leur aetaii. i>ios jeunes gens le comprennent, puisqu'ils s'associent pour rédiger des livres si utiles, des livres dont leurs aînés ne sentaient pas assez le besoin. Grâce à eux, le mot de Commines ne sera plus vrai, dans un pays qui donna trop longtemps raison à ce mot, par incuriosité d'esprit ou par vanité nationale. Cette noble et chère partie du monde, qui est la France, n'ignorei'a plus comment les autres vivent et se gouvernent.

E.-M. DE VoGiiÉ.

ITIQUE

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