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histoire de l'empire ■s mois du règne de de se rendre compte de l'esprit du jeune pour lui, on peut le sai ou d'étude; c'est ivoir se montrer tout tes, désormais mares modifié la politique ivaient engagé l'Alleen face de l'Europe ; en ce qui touche au e l'empire, il a prémeat complet et la larck a été la mani- ! évolution, qui peut our l'avenir du pays ies détails.
fAUME DE Prusse.
miers jours de 1890, oyale : l'impératrice
Augusta, veuve de Guillaume P' et grand'mère de rempereur, est morte d'une fluxion de poitrine le 7 janvier. L'année qui s'ouvrait sous d'aussi fâcheux auspices s'est au contraire bien terminée : le 17 décembre, un sixième fils naissait à Guillaume IL Le 19 novembre, la princesse Victoria, sœur de l'empereur, née en 1866, avait épousé Adolphe, fils cadet du prince régnant de Schaumburg- Lippe, capitaine dans l'armée prussienne. Notons encore que le 17 avril une fille était née du prince Frédéric- Léopold, cousin germain de l'empereur, et de sa femme Louise-Sophie, sœur de l'impératrice Augusta- Victoria.
Ministère prussien et secrétaires d'État de l'empire. — Le ministère d'État prussien a subi plusieurs remaniements : non seulement le prince de Bismarck, son président, qui était aussi ministre des aflFaires étrangères, cédait la place à M. de Caprivi en même temps que celui-ci lui succédait à la Chancellerie de l'empire le 20 mars; mais le 25 juin, M. de Scholz, ministre des finances, était remplacé par M. Miquel; le général Verdy du Vernois, ministre de la guerre, était mis à la retraite le 28 septembre et le général de Kaltenborn- Stachau, nommé le 7 octobre à ce poste; enfin le 16 novembre M. de Heyden, président de la province de Francfort-sur-l'Oder, remplaçait au ministère de l'agriculture le baron LuciusdeBallhausen. Dès le 1*"^ février, le prince de Bismarck avait cru devoir abandonner le ministère du commerce au baron de Berlepsch; les autres ministres sont : MM. de Maybach, aux travaux publics; de Gossler, à l'instruction publique et aux cultes; Herrfurth, à l'intérieur; de Schelling, à la justice.
Le comte Herbert de Bismarck, secrétaire d'État à l'office impérial des affaires étrangères, a suivi son père dans la retraite et a été remplacé, le 29 mars, par un ancien magistrat badois, le baron Marschallvon Bieber stein, ministre du grand-duché à Berlin. Les autres secrétaires d'État sont demeurés les mêmes : M. de Bœtticher, à l'office de Tintérieur; M. de Stephan, à celui
des postes, et M. d'Oehlschlaeger, à celui de la justice; M» de Maltzahn a conservé la Trésorerie. Le comte de Berchem, sous-secrétaire d'État aux affaires étrangères, a été, quelques mois après la démission du prince de Bismarck, remplacé par M. de Rothenan. Le contreamiral Heusner, secrétaire d'État de la marine, a été remplacé par le contre-amiral HoUmann, le 22 avril.
Relations extérieures. — Les relations de Tempire avec toutes les puissances européennes ont été absolument pacifiques, et aucun incident n'a troublé l'horizon politique. Au lendemain de la chute du prince de Bismarck, qui avait aimé, durant près de vingt ans, à passer pour le plus vigilant gardien de la paix de l'Europe, on aurait pu croire que l'impétuosité du caractère de Guillaume II serait de nature à troubler le repos du monde ; il se trouva au contraire que jamais la tranquillité n'en fut plus assurée.
Naturellement, la triple alliance survécut à son auteur. L'empereur reçut le prince de Naples à Berlin et il envoya son nouveau chancelier porter ses hommages au roi Humbert et yisiter M. Crispi à Milan, le 7 novembre; M. de Caprivi demeura deux jours avec son collègue et fut reçu à Monza par le roi, qui lui remit lecolUerde l'Annonciade. Guillaume II était allé rendre visitelui-mèmeàVienne,lel®'octobre,àFrançois-Joseph qui, quelques semaines auparavant avait assisté aux manœuvres de l'armée allemande à Rohnstock en Silésie. Ce n'était là sans doute qu'un échange de politesses sans grande portée, tout comme l'accueil cordial que fît la population de Berlin aux Autrichiens venus prendre part au concours de tir (mai) ; ce qui fut infiniment plus important, ce sont les négociations entamées à Yienne, le 2 décembre, entre l'Allemagne et l'Autriche, sous la présidence du comte Kalnoky pour arriver à une entente < nerciale; on sait, en effet, que les deux empires, ] iquement liés, se font une véritable guerre écono- 1 le. C'est à cette situation, assez fâcheuse, que l'on ^ it porter remède; mais la difficulté était grande de
concilier les revendications des industriels cisleithans et des agriculteurs hongrois et de les accorder avec les prétentions des producteurs allemands de toute sorte ; aussi, à la fin de Tannée, malgré la bonne volonté que Ton avait mise des deux parts et malgré les encouragements d'une partie de la presse, quand les plénipotentaires s'ajournèrent à l'occasion du jour de l'an, rien n'avait encore été réglé. Au reste, aucun détail sur les négociations en cours n'a été communiqué au public, et les polémiques entamées avec une extrême vivacité par la presse progressiste ne reposent que sur des conjectures.
En ce qui concerne l'Angleterre, Guillaume II, après avoir, au commencement de son règne, marqué peu de sympathie pour elle, paraît être complètement revenu de sapremière impression. L'an dernier, il avait maintes fois manifesté son estime particulière à la flotte britannique ; au mois de janvier, à la mort de lord Napier, il crut devoir adresser dans une lettre ses compliments de condoléance à l'armée anglaise. Ses relations personnelles avec sa grand'mère, de froides qu'elles étaient, sont devenues parfaitement courtoises ; il vint la saluer quand elle passa à Darmstadt, et le prince de Galles a passé quelques jours à Berlin (mars). Et pourtant, quelle que fût la sympathie réciproque des hommes d'État de Berlin et du cabinet conservateur de Londres, il était impossible de se dissimuler que sur certaines questions la presse des deux pays et une partie de l'opinion étaient en querelle. Depuis que l'Allemagne s'est attachée à se créer en Afrique un empire colonial, l'Angleterre en. surveille les progrès d'un œil jaloux; sur bien des points les deux puissances avaient été amenées à agir de concert, mais les rivalités s'étaient plutôt aigries, à ces actions communes ; toute annexion d'une part soulevait de l'autre des protestations infinies ; et, si aucun confj à main armée n'était assurément à craindre, ces pol^ miques n'en présentaient pas moins de sérieux incoi vénients. On résolut d'y mettre fin et de résoudi
en un seul traité toutes les difficultés pendantes. Les négociations s'engagèrent en mai à Berlin, où sir Perey Andersen s'aboucha avec M. Krauel, de l'office colonial ; les premiers pourparlers furent singulièrement laborieux : à plusieurs reprises on annonça qu'une rupture était imminente, et tout espoir parut abandonné quand le plénipotentiaire anglais retourna à Londres. Mais précisément le dénouement était proche ; les conférences se poursuivirent au Foreign Office, et, le 17 juin, la publication des bases de l'accord (transformé le i®'juillet en traité définitif à Berlin) vint surprendre les deux paysetTEurope. Nous examinerons plus loin les détails de cette convention; une des clauses du traité, non la moins importante, et celle qui flatte peut-être le plus l'empereur, concernait l'Europe. Depuis le commencement du règne de Guillaume II, à plusieurs reprises, la presse ayait parlé de négociations engagées pour la cession à l'Allemagne de l'Ile d'Héligoland, mais ces bruits avaient été démentis officiellement à la Chambre des Communes. Contenaient-ils une part de vérité ? on n'en sait rien; toujours est-il que par ce même traité du 1®' juillet, l'Angleterre céda à l'Allemagne cette île d'Héligoland . Ce traité fut généralement bien accueilli par l'opinion allemande, quoique les fougueux coloniaux déclarassent que l'acquisition d'Héligoland ne valait pas ce que l'on perdait en Afrique ; aprèâ des criailleries qui durèrent quelques semaines, le calme se rétablit. « Nous nous sommes inspirés de motifs de politique générale, dit le Chancelier dans, un mémoire justificatif imprimé au Moniteur de V Empire; nous avons voulu avant tout assurer notre entente avec l'Angleterre ». Quelques semaines après la signature du traité, le 7 août, Guillaume II fut reçu à Osborne, dans l'île de Wight, où il '^''sista à des manœuvres navales, et il profita de la ci ustance pour aller au retour visiter ses nouveaux SI s d'Héligoland.
e la Russie et la France, les relations de l'Allemagne 0, ^ tout à fait correctes. Il y eut bien, à certains
moments, des articles assez vifs contre la Russie dans une partie de la presse allemande, mais ils ne tirèrent pas à conséquence ; le 14 août, Guillaume II s'embarquait pour Saint-Pétersbourg, invité à assister aux grandes manœuvres des environs de Narva; il passa une semaine avec le czar ; celui-ci envoya le czarevitch et le grand-duc Vladimir rendre sa politesse à Fempereur. Quant k la France, une détente se produisit évidemment dans ses rapports avec FAUemagne, surtout après la chute du prince de Bismarck. Dès ce moment, on ne connut plus aucun de ces incidents de frontière, si fréquents auparavant, ni aucune de ces périodiques querelles de presse qu'un rien soulevait et qu'on avait tant de peine à oublier ensuite. Au contraire, c'a été des deux parts une parfaite courtoisie ; on remarqua même dans plusieurs journaux et revues, la Deutsche Rundschau en particulier, des articles presque élogieux pour la France ; on a vu également émettre dans la presse l'idée d'une union douanière destinée à protéger l'Europe centrale contre les effets du bill Mac-Kinley et qui, comprenant avec l'Allemagne, non-seulementl'Autriche- Hongrie, l'Italie, la Belgique, la Suisse, mais aussi la France, créerait entre l'Allemagne et ces divers pays une étroite communauté d'intérêts. Sans doute personne ne prit au sérieux la brochure du colonel StofTel, qui préconisait une alliance franco-allemande, et l'on ne crut pas davantage à l'authenticité des informations de la Gazette nationale qui se plut à parler une première fois d'une entrevue probable de M. Garnot avec l'empereur à Bruxelles, et, bientôt après, de l'envoi d'une mission allemande à Belfort, pendant le voyage qu'y fit au printemps le président de la République. Mais le gouvernement et les Chambres françaises acceptèrent volontiers l'invitation d'envoyer une délégation officiel '^ à la conférence ouvrière que l'empereur avait conv< quée à Berlin, et la plupart des journaux, hormis 1< boulangistes, approuvèrent cette attitude ; Guillaume fit à cette délégation et notamment à son présiden
M. Jules Simon, un accueil des plus flatteurs. De même quand plus de cent cinquante médecins français, dont plusieurs délégués officiels des ministères de Tinstruction publique, de la guerre et de la marine, se rendirent, au commencement d'août, au congrès médical international de Berlin, leurs confrères allemands leur iirent fête et M. Virchow lui-même, qui n'a jamais passé pour un ami de la France, se plut à leur témoigner une bonne grâce toute particulière. C'étaient là des symptômes très réels d'apaisement à la fois dans l'opinion publique et dans les cercles officiels. Les relations diplomatiques ne purent qu'en profiter ; ainsi, à la suite des accords anglo-allemand et anglo-français au sujet de l'Afrique, une négociation habilement menée à Berlin entre l'ambassadeur de France, M. Herbette, et le baron de Marschall, aboutit, le 17 novembre, à une double déclaration, qu.i régla à l'entière satisfaction des deux parties la question de Zanzibar et celle de la reconnaissance de notre protectorat à Madagascar.
11 nous faut considérer de même les adoucissements dans le régime des passeports exigés à la frontière de F Alsace-Lorraine, comme une marque de bonne volonté de la part de l'empire. Cette mesure, prise sous le règne de l'empereur Frédéric, était, on l'a su depuis, personnelle au prince deBismarck; dans une interview qu'il laissa publier après sa retraite, l'ancien chancelier en revendiqua tout l'honneur, déclarant qu'à son gré le seul moyen d'activer la germanisation du Reichsland était d'en diminuer, d'en interrompre, si possible, les relations avec la France et que pour cela il fallait élever une « muraille de Chine » entre les deuxpays ; c'est ce qu'il avait prétendu faire. Quelques semaines après l'arrivée de M. de Caprivi au pouvoir, le h"nt se répandit dans la presse qu'il songeait à abroger écret sur les passeports. C'était aller trop loin : on it bien dans la discussion qui eut lieu au Reichstag ► juin : M. Richter, qui interpella le gouvernement sujet, et dont le discours assez agressif était d'ail-
leurs de nature, comme le remarqua M. Pétri, député de Strasbourg, à détruire chez le chancelier les bonnes intentions qu'on lui prêtait, ne reçut qu'une réponse assez vague : M. de Caprivi laissa entendre que le moment n'était pas venu de prendre des mesures de clémence. L'affaire paraissait, une fois de plus, ajournée ; cependant, quinze jours après, le 24 juin, on annonçait officiellement à Strasbourg que dorénavant les voyageurs qui se borneraient. à traverser l'Alsace en chemin de fer et qui seraient munis d'un billet pour une des stations d'au delà du Reichsland, n'auraient plus besoin d'exhiber un passeport à la frontière. Ce n'était sans doute rien ou presque rien pour les Alsaciens-Lorrains, mais c'était l'adoucissement d'une des clauses les plus vexatoires du décret primitif, et peut-être le prélude d'un adoucissement réel du régime qu'on appliquait en pratique avec un peu moins de rigueur.
On ne saurait relever aucun incident d'une importance quelconque dans les rapports politiques de l'Allemagne avec les autres États : la presse allemande chercha à donner un grand retentissement au voyage de l'empereur à Christiania, le 7 juillet. Le voyage de l'empereur à Ostende avant son séjour en Angleterre, le 3 août, et la visite que lui rendit le roi Léopold à Berlin, étaient de simples manifestations de politesse, comme la visite du prince royal de Grèce. Pour la succession du J^uxembourg que l'on représentait comme grosse de dangers, la transmission des pouvoirs du feu roi Guillaume au duc de Nassau s'est accomplie des plus aisément; le grand-duc héritier a passé quelques jours à Berlin, après l'installation de son père.
L'Allemagne a signé l'acte général de la conférence de Bruxelles, un traité de commerce avec la Turquie et un traité d'établissement avec la Suisse.
Questions sociales. — L'année 1889 avait été marquée en Allemagne par une série de grèves, les plus sérieuses et les plus longues qu'on y eût vues depuis longtemps. L'empereur, nous l'avons montré (année 1889), en avait
été très frappé ; il avait voulu se rendre compte de tout par lui-même, interrogeant non pas seulement ses ministres, mais les hommes spéciaux, quelles que fussent leurs tendances diverses, et les sentiments qui s'éveillèrent alors en lui, les idées qui se présentèrent pour la première fois à son esprit ou qui lui furent suggérées, eurent sur la suite de sa politique une influence considérable. Il avait reconnu que tout n'était pas pour le mieux dans l'organisation du travail en Allemagne; que, dans les charbonnages particulièrement, il se produisait des abus condamnables et que les ouvriers < qui avaient proclamé la grève y avaient trop souvent été poussés par la misère ; aussi ne craignit-il pas de se montrer, à différentes reprises, très sévère à l'égard des patrons, exprimant au contraire toute sa sympathie aux ouvriers. Il leur promettait son entière et efficace protection, mais il n'y mettait qu'une condition : qu'ils se fiassent absolument en lui et se tinssent éloignés du socialisme et de son agitation. L'opinion publique, étonnée d'abord, avait néanmoins approuvé plutôt l'attitude hardie du jeune souverain, auquel sembla donner raison le rapport d'une commission nommée au plus fort de la grève, et qui révéla lorsqu'il fut publié ('21 janvier 1890) des agissements d'une brutalité et d'une injustice révoltantes du fait des compagnies.
Il est certain pourtant que, dès ce moment, la politique nouvelle qu'avait esquissée l'empereur comptait déjà un ennemi, et quel ennemi : l'homme qui paraissait encore le plus puissant de l'empire, celui auquel Guillaume II n'avait j allais cessé d'adresser, en toutes circonstances, le témoignage de son respect et de sa gratitude, le prince de Bismarck. Nous avons marqué, l'an dernier, les premiers symptômes de désaccord qui se "'"'^'Testèrent entre l'empereur et son chancelier; à vrai on ignorait alors sur quels points les dissentiments nt le plus profonds, et l'on pouvait croire qu'il ssait surtout d'une sorte d'incompatibilité d'humeur un souverain, jeune et impétueux, et un vieux mi-
nr».
nistre, habitué durant tantd^annéesà vaincre facilement toutes les résistances. Il paraît aujourd'hui établi que c'est la politique sociale de Guillaume II, qui, heurtant de front celle du chancelier, fut la cause principale de la rupture.
Le prince de Bismarck, aussitôt qu'il avait vu le socialisme grandir, lui avait déclaré la guerre et avait prétendu en venir à bout à force de le pousser et de le faire traquer dans ses derniers retranchements par une police supérieurement organisée; s'il avait imaginé, pour préserver des atteintes des agitateurs les ouvriers qui n'étaient pas encore contaminés, d'employer le socialisme d'État et de créer des caisses d'assurances contre les accidents, contre la maladie, etc., cela, semble-t-il, n'était que l'accessoire, la répression étant, à son gré, le vrai remède. Au contraire, pour l'empereur, son devoir de chrétien et de souverain l'obligeait, jugeait-il, à user de tous les moyens avant de sévir, et, moins sceptique que son chancelier, quelque peu sentimental même, peut-être il estimait qu'il suffirait de réformes loyalement entreprises et poursuivies avec l'intelligence des besoins des classes pauvres, pour « ramener au bien » des malheureux que, seule, l'organisation défectueuse du travail avait jetés dans les bras des meneurs socialistes. D'ailleurs, si Texpérience, contre son attente, ne réussissait pas, et si le socialisme continuait ses progrès, alors, mais alors seulement, il serait temps d'user de rigueur et de se montrer implacable dans sa justice. On voit la différence des deux conceptions des devoirs du gouvernement ; peu accentuées d'abord, elles finirent par diverger absolument, et le maître, impatient d'appliquer ses idées dans toute leur ampleur, dut congédier son serviteur.
Pendant plusieurs mois, à la fin de 1889 et au commencement de 1890, on sent les deux conceptions ei. lutte ; la politique sociale de l'empire n'a plus l'unité qu'on lui avait si longtemps connue. Sous l'influence des doctrines du prince de Bismarck, le procureur impéria
a\ chefs socialistes, ation secrète inter-
, . , , ,.ittement, interjetait
a minima (1 janvier) un appel qui d'ailleurs ne devait jamais sortir du rôle. En même temps, une commission spéciale, présidée par le ministre de l'intérieur, M. Herrfurth, cassait un grand nombre d'arrêts de poUcequi avaient interdit des brochures réputées dangereuses. De même, le gouvernement insistait sur l'adoption par leReichstag de la nouvelle loi de répression contre les socialistes, destinée à remplacer celle qui devait expirer au l'' octobre ; le ministre de Tintérieur réclamait avec insistance (23 janvier] de l'Assemblée qu'elle rendit cette loi permanente, au lieu de continuer à ne la voter que pour une période de deux ans, et qu'elle accordât, comme auparavant, à la police le droit d'expulsion de certains centres particulièrement contaminés ; il se livrait à de laborieuses négociations avec les partis, et, au jour décisif, le chancelier, revenu tout expr('tsà Berlin, et dont on annonçait-un grand discours, ne paraissait même pas au Reichstag pour soutenirun projet quilulétait si cher et faisait le fondement de sa politique. Enfln, après que la loi eut été repoussée par 169 voix contre 98, — les " ennemis de l'empire o, socialistes, progressistes, catholiques et protestataires de toute sorte l'avaient rejetée en bloc ; les nationauxlibéraux avaient voté la permanence et rejeté le droit d'expulsion, et les conservateurs, jugeant insuffisante une loi ainsi châtrée, s'étaient décidés à. la repousser dans son entier, — l'empereur, dans le discours qui vint clore la législature (25 janvier), ne toucha pas un mot de l'adaire, comme s'il s'en était désintéressé.
Dès les premiers jours de février, il fut aisé de voir de — ', côté penchait la balance, quand les journaux ancèrent que le prince de Bismarck, se sentant fatigué, onçait à continuer plus longtemps ses fonctions de listre du commerce (1" février), et que l'empereur ',t résolu de donner ce portefeuille à M, de Berlepsch,
président supérieur de la province du Rhin ; on savait que le nouveau ministre avait des idées sociales fort semblables à celles du souverain, et celui-ci, pour lui marquer mieux encore sa faveur, le chargea du même coup du département des mines, un service singulièrement délicat après les récentes grèves, et qui fut enlevé par décret au ministère des travaux publics. A partir de ce moment, les événements se précipitèrent, et quel qu'ait été le rôle du chancelier durant la courte période qui nous sépare de sa chute, en admettant même que ce soit dans ses bureaux, comme il Fa laissé entendre plus tard, qu'aient été rédigés, avec toutes les atténuations possibles, les documents que l'empereur signa et qui étonnèrent l'Europe, ce n'en est pas moins la politique personnelle de Guillaume II qui triompha dès lors.
Le 5 février, parurent dans le Moniteur de l'Empire les rescrits impériaux. Jusque-là, l'empereur n'avait fait que laisser soupçonner ses tendances : cette fois, c'était un véritable programme qu'il présentait à son peuple. Voici te rescrit adressé à M. de Berlepsch :
En montant sur le trône^ j'ai fait connaître ma résolution de favorâer le développement de notre législation dans le sens que lui a donné feu mon grand-père. J'ai assumé la tâche de protéger les classes pauvres en m'inspirant de l'esprit chrétien.
Les mesures que les pouvoirs Tégislatif et adiDinistratif ont prises en vue d'améliorer la situation des ouvriers, tout en étant très précieuses et très heureuses, n'ont pourtant pas suffi complètement à la tâche que je me suis imposée.
Il faudra tout d'abord compléter la loi sur les associations ouvrières. Ensuite, nous aurons à examiner les dispositions de la. loi actuelle sur l'industrie, en ce qui concerne la situation faite aux ouvriers. Satisfaction sera donnée aux plaintes et aux aspirations des travailleurs dans ce qu'elles ont de légitima. Il appartient au gouvernement de régler la durée et la nature du travail de telle sorte que la santé des ouvriers, leurs intérêts moraux, leurs exigences économiques et leurs aspirations vers l'égalité devant la loi soient sauvegardés.
Dans l'intérêt du maintien de la paix entre patrons et employés, il y aura lieu de faire voter par voie législative des dispositions en vue d'assurer la représentation des ouvriers par
des hommes jouissant de lear conûance et chargés du soin de régler leurs intérêts dans les négociations et avec les autorités gouYemementales .
Une institution de ce genre facilitera aux travailleurs Texpressiou libre et pacifique de leurs vœux et de leurs griefs. Elle fournira aux représentants de TÉtat les moyens de se tenir renseignés d*une façon suivie sur toutes les questions ouvrières, et de rester en contact avec la masse des travailleurs.
Je désire qu'en ce qui concerne la protection économique à accorder aux ouvriers les mines de TEtat puissent devenir des institutions modèles. Quant aux mines privées, je désire la création d une inspection analogue à celle qui fonctionne pour les établissements industriels.
Le Conseil d'État procédera sous ma présidence aux travaux préliminaires qu'exigera Texamen de toutes ces questions ; il pourra entendre les personnes compétentes que je jugerai nécessaire -de désigner à cet effet.
Un autre rescrit, adressé au chancelier, exprimait l'idée que les difficultés provenant de la concurrence internationale, et qui s'opposaient à Tamélioration du sort des ouvriers, pouvaient, sinon disparaître complètement, du moins être atténuées, à la seule condition de s'entendre avec les pays qui participent au commerce international. C'est pourquoi l'empereur désirait que ses représentants en France, en Angleterre, en Belgique et en Suisse demandassent officiellement aux gouvernements auprès desquels ils étaient accrédités s'ils étaient disposés à entrer en pourparlers en vue d'aboutir à une entente internationale sur la possibilité de donner satisfaction aux besoins et aux aspirations des ouvriers ; en ce cas, le chancelier inviterait tous les gouvernements s'intéressant à la question ouvrière à se réunir à Berlin dans une Conférence où ces questions devraient être traitées.
C'était l'annonce d'une révolution dans le régime social
de l'Allemagne et peut-être du monde ; avant que la sur-
î causée par les rescrits fût tombée, Guillaume II
-ut commencer à tenir ses promesses : dès le 15 fé-
T, il réunissait à Berlin le Conseil d'État prussien
uel il avait eu le soin d'adjoindre plusieurs person-
nages particulièrement compétents dans les questions ouvrières, tels que son ancien maître, M. Hintzpeter, M. de Stumm, le grand propriétaire des mines de Saarbruck, et, dans son discours d'ouverture, il développait une fois de plus ses idées sociales. C'est à ces idées que l'assemblée était chargée de donner la forme pratique d'un projet de loi : M. Miquel fut nommé rapporteur. Ce n'était qu'une partie de l'œuvre que le jeune souverain avait entreprise; restait à inviter les puissances européennes à la conférence internationale du travail et à les décider d'y prendre part.
Une difficulté préliminaire était à vaincre; la Suisse, dès 1881, avait songé, elle aussi, à porter la question du travail devant l'Europe, et, après d'assez longs pourparlers, son projet venait d'aboutir (5 février) à la convocation d'une conférence pour le 5 mai; il fallait obtenir d'elle qu'elle y renonçât; cette négociation semble avoir été assez aisée. Convaincre les autres puissances étrangères d'adhérer au programme de la conférence était une bien autre affaire. Ce programme, publié le 12 février, indiquait comme questions à étudier : le repos du dimanche, la restriction du travail des femmes et des enfants et la limitation de la journée de travail; les deux premiers points ne pouvaient guère présenter de difficulté, la plupart des pays ayant réglé la matière par voie législative; mais il n'en pouvait être de même du troisième, le plus considérable sans doute aux yeux de l'empereur, mais aussi le plus grave, car le moindre engagement qui serait pris porterait atteinte au principe de la liberté du travail. En effet, l'Angleterre et la France s'étaient entendues pour faire des réserves formelles et déclarer qu'elles ne discuteraient aucune question relative à la réglementation ou à la durée du travail des adultes ; c'est avec ces restrictions que, le 15 mars, la conférence s'ouvrit; ell fut présidée par MM. de Berlepsch, ministre du com merce, et Magdeburg, sous-secrétaire d'État, et compri des représentants de presque toutes les puissanceî
)ré sentants de la France lain, sénateurs ; Linder, ; Burdeau, député, et
sciencieusement quinze re par l'intérêt qu'y prel'émission de vœux tenndre, sinon à interdire, er à l'âge de douze ans afants dans les ateliers, Ettantpag l'assimilation ne mineure, à interdire les pendant les quatre ches; 3° à, interdire les s de moins de quatorze
desiderata que la con- )mmander à l'adoption )ays ; elle n'avait même ation internationale, et réserves le vote de ses e des diiFérences qui lutions des divers pays; le fut pas vaine, puis-
furent saisis peu après des vœux émis par la
pour Guillaume II une valoir ses idées sociales.
t commencé à les battre lient produites, n'avait ;, quand il fut question lutte de tous les jours ilier. Le public en avait iprenait à demi les cris ■fois à l'empereur, par ète de Brandebourg du lui qui m'appuie, s'écria n'est pas avec moi, je
Técrase. » Cependant, malgré certaines insinuations de la presse officieuse, on se refusait à croire à une rupture : il fallut bien se rendre à l'évidence ; le 18 mars, la nouvelle que Tempereur avait demandé la démission du chancelier devenait officielle et, le 20, le successeur du prince était trouvé : c'était le général de Caprivi, ancien secrétaire d'État pour la marine.
En apparence, tout se passa fort correctement. L'Empereur approuva solennellement qu'un monument fût élevé au prince de Bismarck sur une des places de Berlin, et, pour donner une dernière marque de reconnaissance à son serviteur, il le créa (2 avril) duc de Lauenbourg et feld-maréchal. Quand l'ancien chancelier quitta la capitale pour se rendre à Friedrichsruhe, la population, imitant l'attitude du souverain, se porta tout entière à la gare et fît au ministre tombé un glorieux cortège ; ce furent aussi de toutes parts des adresses de sympathie. Il faut bien le reconnaître néanmoins, le prince de Bismarck ne fut pas beaucoup plus regretté de la grande majorité des Allemands que de son souverain. L'attitude de la presse, qui dès le lendemain de sa chute, labandonna, et passa, sans transition, de l'entière admiration à la condamnation la plus irrémédiable, cette attitude n'est sans doute pas la pierre de touche du sentiment public ; mais celle du Landtag de Prusse, celle du Reichstag, plus tard, sont autrement significatives : ces deux assemblées accueillirent M. de .Caprivi avec une bienveillance marquée, sans un mot de regret pour son prédécesseur, pour le fondateur de l'Empire.
Ce n'est pas seulement qu'on se sentait respirer enfin, après trente années de dure obéissance ; chacun avait plus ou moins conscience que, dans les circonstances difficiles que traversait l'empire, les idées sociales du chancelier et sa politique de répression à o trance n'étaient plus de mise. Durant douze ans et plu il avait poursuivi le socialisme avec une ténacité imp toyable et précisément le socialisme venait de donn^
aux élections générales une nouvelle et plus éclatante preuve de sa vitalité ; il fallait donc essayer d'autre chose, et les vastes projets de Fempereur appelaient la sympathie de son peuple ; on l'attendait à Toeuvre.
Presque au moment même où l'empereur lançait ses rescrits, les éleetions générales avaient eu lieu (20 février) ; on ne doutait guère en Allemagne qu'elles ne dussent être très favorables aux socialistes ; leur propagande incessante leur avait amené de nombreuses recrues, et toutes les mesures prises contre eux n'avaient pas réussi à entraver leur action ; mais ce fut une sorte de stupeur, lorsque après le vote, le public apprit que leur nombre avait doublé depuis 1887; que, de 763,000 voix, ils étaient passés à 1,300,000, et qu'ils allaient avoir 36 députés au nouveau Reichstag. Décidément le système de répression avait fait ses preuves ; il était condamné, et ce fut, pendant quelques semaines, dans presque tous les journaux, une série d'articles dithyrambiques sur les bienfaits futurs de 1' « ère nouvelle ». On se plaisait à montrer le système répressif servant uniquement les intérêts des agitateurs socialistes ; à dire que le socialisme d'État avait été faussé par le prince de Bismarck ; de ces lois d'assurances, qui, dans l'idée de Guillaume P', leur promoteur, devaient si fort améliorer le sort des ouvriers et balancer les avantages qu'ils attendaient du socialisme démocratique, le trop sceptique chancelier n'avait fait qu'une sorte de gigantesque machine administrative ot politique, utile seulement pour augmenter l'action de l'empire sur les petits États; les travailleurs n'avaient pu comprendre le profit réel qu'ils en auraient dû tirer. L'empereur, au contraire, entouré d'hommes de cœur soucieux uniquement de l'intérêt des travaill**"'*^, saurait appliquer si bien les principes par luiï e posés dans ses rescrits, que l'ouvrier, voyant sa î tion améliorée et ses légitimes revendications
< tées, n'aurait plus d'intérêt à se fier aux utopies
< ocialistes et se détacherait d'eux graduellement;
il ne fut plus question de renouveler la fameuse loi sur les socialistes, qui devait expirer le i" octobre.
Cependant le Conseil d'État prussien, chargé de rédiger les nouvelles lois ouvrières, avait terminé ses travaux. On attendait avec impatience que le Reichstag en fût saisi, car le public et la presse n'avaient guère discuté qu'en l'air. Le texte des projets fut publié dans les premiers jours de mai, et l'effet ne répondit pas à l'attente. Deux sentiments très différents semblent s'être fait jour à ce moment. Les grands industriels, tant qu'ils n'avaient eu aucun document précis devant eux, avaient eu beau jeu à se montrer bons princes et à laisser leurs journaux soutenir la nécessité d'une politique plus franchement favorable aux ouvriers : ils se récrièrent quand le Conseil d'État vint leur déclarer que désormais le travail du dimanche serait interdit; que les enfants ne seraient plus employés dans les manufactures, audessous de treize ans, et que, pas plus que les femmes, ils ne travailleraient la nuit; que l'on aurait à prendre dans les ateliers certaines précautions morales et hygiéniques négligées jusque-là ; que les patrons seraient tenus de dommages-intérêts à l'égard de leurs employés dont ils auraient rompu le contrat sans raison, et que le Conseil fédéral, par l'intermédiaire de la police, tiendrait la main à ce que les lois et règlements fussent strictement exécutés. La plupart des grands industriels protestèrent que (pétait leur rendre la tâche impossible et qu'il ne leur resterait plus qu'à fermer leur établissement, si le Reichstag votait de pareils projets. L'emperçur avait eu beau appliquer dans les mines royales et à Spandau, à la manufacture d'armes, une partie des réformes qu'il avait en tête (ce qui tendait tout au moins à prouver qu'elles n'étaient pas absolument impraticables), il n'avait pas convaincu les grands manufacturiers dont l'opposition n'est pas près sans dou de finir.
Ils n'étaient pas seuls à manifester leur niauvai humeur. Une partie du public, à lire le nouveau doc
ut le bruit qu' s était bien ji I succès final, i travailleurs ormes qu'on k tenaient le pb le la journée enfindecomp lené grand bn politique socia se bornait à p e au niveau ce n'était cert allemands. Bn mait peu à pe 'ck qui, dans s nsolait pas de s dans de noi
. . ^, son journal, !
Hamburger Naekrichten, pour attiser le feu et monti
l'inanité des grandes conceptions du nouveau gouvE
nement. Cette sorte de réserve, pour ne pas lui donn
un nom plus fort, fut sensible dès le jour où le Reich
lag discuta en première lecture le projet de réform
juvrières ; la discussion fut assez brève ; elle ne du
]iie trois séances; à côté des orateurs qui soutenaie
ie projet, deux partis se dessinèrent très nettement
l'un côté, ceux qui estimaient que l'on cédait trop ai
luvriers {conservateurs et nationaux-libéraux pour
plupart) et de l'autre, ceux qui jugeaient les réform
insuffisantes {centre, progressistes, socialistes, etc
Ce sont ces derniers qui l'ont emporté dans la commi
sioD; M. Hitze, un des membres les plus distingués (
""■"".pe catholique, en a été nommé rapporteur, f
rès les débats, dont les journaux ont donné di
Jtes rendus sommaires, il semble que différent!
ifications aient été introduites dans le projet pi
qui ne seront pas sans aggraver en une certaii
mesure les charges des patrons, sans donner d'ailleurs aux ouvriers tout ce qu'ils attendaient ; le rapport doit être distribué au Reichstag au mois de janvier 1891.
Ce n'est pas à ce seul effort que se borne l'activité réformatrice du gouvernement et du Reichstag; on peut croire même que peu d'années ont été aussi fécondes que celle-ci en projets de lois ayant un caractère social. Il nous faut nous borner à les signaler. La loi du 29 juillet a créé des tribunaux chargés de prononcer sur les difficultés entre patrons et ouvriers [gewerbegerichte). Le gouvernement s'est occupé activement de demander aux différents États de l'Allemagne de faire voter par leurs Landtags les mesures nécessaires pour permettre à la loi d'assurance contre l'invalidité et la vieillesse votée en 1889, d'entrer en vigueur le l'*" janvier i891, et il a travaillé, par l'élaboration de divers règlements, à en assurer l'exécution; des polémiques de toutes sortes se sont élevées à ce sujet dans la presse ; car si sur le principe même de la loi, les économistes allemands sont assez généralement d'accord, ils estiment que beaucoup de détails en sont tout à fait défectueux; que l'on aboutira sur certains points à des conséquences imprévues et souvent injustes et que l'on risque par là de compromettre le succès de la loi auprès des intéressés ; il paraîtrait qu'il a été tenu compte de certaines critiques émises. La commission impériale nommée pour élaborer le Code civil allemand a poursuivi ses travaux : elle propose de modifier certaines dispositions relatives à la réserve, confirmant le droit spécial appelé kofrecht, par lequel les pères de famille peuvent laisser tous leurs domaines à un seul de leurs descendants, désigné par testament ou par la coutume locale, à charge pour celui-ci de donner des soultes en argent à ses cohéritiers; on espère éviter ainsi le morcellement plus grand des terres. Dès le coi mencement de l'année, une réforme que l'on souhaita depuis longtemps avait été réalisée, à savoir Taugme tation des traitements des fonctionnaires inférieur