‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 34 sur 68 · AFRIQUE SEPTENTRIONALE · texte numérisé non relu

AFRIQUE SEPTENTRIONALE

Amguid; ils ont préconisé surtout la construction à bref délai d'un chemin de fer, et Tadoption du tracé par rOued-Rir, Ouargla et Amguid. La ligne se dirigerait vers le Tchad, avec embranchement à Bouroum sur la boucle du Niger. Un comité s'est formé pour appuyer ce projet auprès du gouvernement français ; une lettre du cardinal Lavigerie a témoigné de sa sympathie à regard de cette œuvre « capitale pour les intérêts de la France et pour ceux de l'Algérie ». — Ce tracé, dit « tracé central », est celui qui paraît compter les partisans les plus nombreux et les plus actifs. Cependant, chacun des trois départements algériens continue à tenir pour la ligne qui traverse son territoire. Le projet oranais, qui, partant d'Aïn-Sefra, se dirige vers l'Oued- Messaoura et le Touat, est très sérieusement défendu. Le fait de passer au milieu de populations denses, et avec lesquelles nous n'entretenons pas des relations très amicales, est regardé par beaucoup comme un inconvénient de ce projet; d'autres, au contraire, y voient l'avantage de faire prévaloir l'influence française dans la région du Tidikelt et du Touat, et de ne pas s'y laisser devancer par le Maroc. D'autres enfin soutiennent qu'il faut passer par Ghadamès et Ghat, malgré les objections que soulèverait l'occupation de ces deux villes ; c'est la voie suivie et vantée par les voyageurs allemands, celle que suit actuellement le principal courant commercial qui traverse le Sahara.

Le caractère commun de ces projets divers, c'est que, si leurs auteurs s'étendent longuement sur les difficultés techniques et politiques, pour avoir le plaisir de les résoudre, ils sont plus sobres de renseignements sur les chances commerciales de la voie ferrée. Ils discutent sur les détails d'exécution supposant le principe admis. Pourtant M. de Vogiié, dans la Revue des Deux Mondes, i itré ce qu'avait d'inexact l'assimilation du trans- { j.rien au transcaspien, dont on invoquait l'exemple. ] itres réserves ont été formulées, et, jusqu'ici, malgré '""couragements quelque peu ironiques de Stanley,

la question n'est pas sortie du domaine purement théorique.

Le transsaharien 'est la forme la plus tangible et la plus connue que peut prendre la pénétration saharienne ; c'est loin d'être la seule. « Il faut, disait il y a quelques années M. le commandant Rinn, défendre le Sud en portant notre ligne de postes militaires en avant des terrains à protéger, c'est-à-dire sur la frontière même, tout contre les Areg, et à l'entrée des trois grandes voies naturelles ouvrant de larges chemins aux incursions de nos ennemis transsahariens. » — « Avant tout, écrivait de son côté le voyageur allemand Rohlfs, les Français devraient transporter leurs frontières jusqu'à l'Oued-Messaoura. » L'éventualité d'une démonstration militaire au Touat, ou tout au moins à Insalah, a été discutée, puis provisoirement écartée. D'autre part, des négociations ont été engagées avec les Touareg. Un targui du Sahara central est arrivé à Biskra, se disant chargé d'une mission par les Hoggar et leur chef Ahitaghel. Il est venu conférer avec le général Larroque, affirmant que le massacre de la mission Flatters avait été commis, non par les Touareg euxmêmes, mais par une de leurs tribus serves, les Aït- Messaoud. Il proposait un accord dont la conséquence aurait été la liberté de circulation rétablie du pays d'Aïr à Biskra, du Soudan à Alger. Malheureusement, il a été reconnu par la suite que ce targui n'avait pas qualité pour traiter, et rien n'a abouti de ce côté.

Il en a été de même en ce qui concerne les Touareg faits prisonniers il y a trois ans par les Chaamba et internés en Algérie. L'un d'eux, Kenan-ag-Tissi, a pris la fuite le 22 octobre ; il était interné au douar Medjaja, près d'Orléansville, où on le laissait dans une liberté relative, croyant qu'il ne pouvait s'évader sans savoir l'arabe. Il a fait seller de nuit, par son nègre Bou-Se les deux meilleurs chevaux du caïd Si-Henni, son { dien et son hôte; son serviteur et lui sont partis n'ont pas été retrouvés. M. Masqueray, qui avait am

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