‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 36 sur 68 · OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

OCCIDENTALE

ir Salaga, et au N.-E. à travers

la ligne franco-allemande de

; au 9" lat. Le D' Wolf (voir

nchi le prolongement de cette

m voyage n'ont été connus que

oposait d'explorer les contrées

îy, déjà parcourues en 1845 par

n, d'étudier la route du Borgou

ir par Abomey à Bismarckburg.

t d'intersection de la frontière

9° lat. le Chautjn ou Sogodé,

p Krause eu 1887, dépendant

I bassin de la rivière Mono et

iloir nouer des relations avec

& peu près droit au Nord à

[u'au 10° lat.; puis pénétrant

lomey et marchant vers l'E., il

- ou Bariba, plus connu sous le

iconnuTOti et TOffo ouMoussi,

ï juin 1889, il est mort à Ndali

t d'arriver à Nikkî, capitale du

ui a eu les résultats géographi-

;ts, il a trouvé partout de gros

lit de marchés d'esclaves ; les

guerres sont conunueiies ; les musulmans forment une

sorte d'aristocratie. Le Sougou est tributaire du Borgou;

epuis huit ans envirop, celui-ci a cessé de dépendre

u Sokoto, La Compagnie anglaise du Niger a prétendu

tendre son action jusque dans ce pays, avec qui elle

urait passé un traité. Les pays presque inconnus, le

habe, le Mahi, qui séparent le Sougou et le Borgou

u Dahomey sont exposés aux incursions des guerriers

e ce royaume. Wolf avait, paralt-il, quand il était

a— le Chautjo, prévenu de sa visite le roi du Tado,

u H. d'Albeca a vu depuis (année 1889, p. 271). Le

a a des relations suivies avec le Mahi, qui semble

e oup moins montagneux que ne l'a dit Skertchley

Q '■'1. On assure que, d'après les derniers relevés.

Togodo serait dans la zone française ainsi que tout le cours inférieur du Mono.

La campagne dirigée par la France contre le Dahomey s'est terminée au bout de quelques mois. D'une part, le roi de Dahomey ravageait les territoire du roi Toffa de Porto-No vo, notre protégé ; d'autre part, il contestait nos droits sur Kotonou qu'il nous a cédé en 1878 et où il continuait de percevoir les douanes. Averti, à la suite de la mission du D' Bayol à Abomey, des intentions hostiles du nouveau roi, Behanzin ( voir année 1889, p. 273), contre un pays où des maisons françaises font du commerce pour plusieurs millions par an, le gouvernement français expédia d'urgence des renforts au commandant des troupes. Le 21 février, le D' Bayol somma le yévoghan de Kotonou d'évacuer ce point; le 23, MM. Ballot et d'Albeca, escortés par le capitaine Septans, s'y installèrent; mais, à Whydah, les Dahoméens s'emparèrent de six négociants français et du père Dorgère qu'ils emmenèrent pieds nus à Abomey. Les hostilités commencées, le commandant Terrillon, établi à Kotonou, disposait de trop peu de monde pour prendre l'offensive. « 11 faut, disait à la Chambre, le 8 mars, M. Etienne, sous-secrétaire d'État des colonies, un effort vigoureux et décisif pour défendre nos nationaux, sauvegarder nos intérêts et faire respecter notre drapeau. » Il ne parut pas opportun de faire une expédition à Abomey, en raison* du nombre d'hommes nécessaire, des difficultés d'un débarquement, et des dangers du climat dans la saison qui allait s'ouvrir; il fîillait se contenter d'affermir notre situation sur la côte.

Le blocus fut établi, un arrêté défendit la vente de la poudre et des armes dans nos établissements; les gouvernements anglais et allemand prirent des mesures analogues dans leurs colonies limitrophes. D. > engagements eurent lieu dans le cours de février ( ? mars. Peu à peu, le roi s'enhardit; il passa sur la > gauche de l'Ouémé et ravagea les environs de Po Novo; le 20 avril, au combat d'Atchoupa, M. Terril

avec 330 hommes, lui iofligea une sanglante dé bien que les 6,000 guerriers et les 2,000 ama; eussent montré une bravoure folle. Porto-Novo dégagé, nos troupes restèrent dans leurs cantonnen pendant l'hivernage. Placés sous les ordres du tenant -colonel Klipfell , elles comptaient en 900 hommes d'infanterie de marine et 300 lirail indigènes; Toffa nous avait fourni quelques cent d'auxiliaires; le blocus était assuré par 4 crois l'amiral de Cuverville avait, en outre, 2 aviso: transport, et 3 canonnières. Le 1" mai, des pou 1ers engagés avec le roi avaient abouti à la restil des otages enlevés à Whydah. L'amiral, ayant d'amener aussiti^t que possible une solution pac des difQcultés, profita du découragement des I méens pour entrer en négociations par l'entn du P. Dorgère. Le 3 octobre, M. de Montesquiou-Feze capitaine de vaisseau, et le capitaine Decœur sigc avec trois fonctionnaires dahoméens un traité par 1 le roi reconnaissait notre protectorat sur Porto-Ni confirmait notre droit d'occuper indéfiniment Kot( il en retirait son bureau de douanes et receva échange promesse dune rente de 20,000 franc évalue à 120,000 francs environ les revenus de douane. Le blocus a été levé. Le gouverneur Ba remplacé (juin) M. Bayol avec une mission sp dans les rivières du Sud et au Bénin.

Une ligne télégraphique a été établie entre Porto

et Kotonou. Les transactions n'ont pas subi d'aircl

nos établissements du golfe de Bénin ; les prévisic

recettes, de 123,000 francs, ont été dépassées de 2(

francs, de sorte qu'il reste dans la caisse de réseï

la colonie une somme importante qui pourra étr

/ée à des travaux publics, soit à Grand-Popo,

onou ; les douanes ont rapporté 203,000 francs

les bureaux de Porto-Novo et de Kotonou ne c

du 1" mai. Le chiffre des importations a i

}0,000 francs (tissus, tabac, etc.) ; celui des e

talions de 5,930,000 (amandes et huile de palme surtout).

Le !•' mars, M. Ballot a procédé avec M. Denton, gouverneur de Lagos, à l'échange des territoires que la France et TAngleterre se sont cédés réciproquement par le traité du 10 août 1889. M. Tracou, lieutenant de vaisseau, et M. Mac Kintry, commandant l'aviso anglais Alecto^ ont procédé du 26 mai au 6 juin à la délimitation de la frontière, à la crique Ajarra et près du village de Djofi appartenant au royaume de Pocrah.

Une compagnie anglaise, formée sous l'impulsion de M. Bennett (de Liverpool), avait préparé une expédition 'd'études, commandée par le célèbre Cameron, pour mettre en relations directes le commerce britannique avec certaines régions de l'Afrique occidentale qu'on n'a pas désignées clairement. Le gouvernement, après lui avoir accordé son appui officiel, a déclaré le lui retirer, >et Cameron a renoncé à la conduire; elle a débarqué à Lagos en décembre.

Compagnie britannique du Niger ; Cameroun ;

LA course au lac TcHAD ; LA MOUNY.

Les régions qui entourent le lac Tchad et qu'aucun

' Européen n'a vues depuis quinze ans passen t pour les plus

fertiles de l'Afrique ; quelque éloignés qu'en soient les

• établissements européens de la côte, les nations coloniales s'en disputent déjà la souveraineté, et c'a été celte année, entre les explorateurs, comme une course au clo-

• cher vers ces rives inconnues. La convention du 5 aoôt fixe à Barruala limite méridionale de la zone d'influence reconnue à la France par l'Angleterre, au sud du Sahara, et le capitaine Monteil, dont nous avons annoncé le part pour Say, poursuivra peut-être sa route vers le Tchad ; les membres du comité de l'Afrique franc.

• ont organisé deux autres expéditions dont nous p*»'

AFRIQUE OCCIDENTALE rons tout à l'heure : l'une, celle de M. Crampel, par de rOubanghi, cherche à relier noire colonie du Ce à la rive méridionale du lac en plaçant dans notre s d'influence le bassin du Chari, de sorte que nos pos sions de la Méditerranée et les riches régions du Sou seraient unies, au moins sur les cartes, au Congo f çais ; M. Crampe! voudrait revenirparle Bornou et le ] des Touaregs; une autre mission, dirigée par M. Mi ancien lieutenant de vaisseau, devait se rendre le rapidement possible au lacTchad pour étudier les sources des contrées voisines et rapporter en quel sorte un catalogue de ce qu'ony peut vendre et ache le Syndicat français du kaul-BenUo et de V Afrique iraU, présidé par M. Tharel et composé des mêmes sonnes qui ont subventionné M. Béchet (voir p. 39Î M, Macey (voir p. 332), a accordé son appui à M. M et lui a demandé de revenir autant que possible du T( au Congo par la Sangha, en explorant les lerritoiret lesquels le syndicat étendrait son action, à l'est e sud-est des possessions allemandes. L'expédition pi de France le 10 septembre et composée de M. Mizon capitaine Silvestre, de trois autres Européens et de Muf tirailleurs ou laptots, était munie d'une chak à vapeur et d'une collection d'échantillons destin former une sorte de bazar des produits français sui marchés du Baghirmi. Nous dirons comment M. M fut arrêté par la Compagnie britannique du Niger, Les Anglais et les Allemands cherchent aussi i teindre le Tchad parla Bénoué; leurs explorateurs, i le verrons, n'ont pas dépassé l'Adamaoua. Par le ti du 1" juillet, il a été stipulé :

Lea trailÉs conclua par l'une oh l'autre puissance au noi U Bénoué ne pourront affecter le droit qui est réservé à l'a i' -"mmercer librement avec les pays riverains du lac 1 i payer de droits de transit. Chacune des deux puissi ^ i DOtifier k l'autre les traités conclus dans les pays i « la Bénoué et le lac Tcbad. -. (Art. 5.)

~ formé en Angleterre le plan d'unir les rég

du Niger au Soudan égyptien par des territoires que de grandes Compagnies exploiteraient ; ce projet ne paraît guère réalisable, mais la Compagnie du Niger cherche à profiter dans la plus large mesure de la convention anglo-française en étendant à la fois ses territoires et son commerce. La charte qui lui a été concédée la place sous Tautorité supérieure du gouvernement britannique :

Si à une époque quelconque notre secrétaire d*État juge bon de s'opposer à tel ou tel acte de ladite Compagnie à l'égard d'une Puissance étrangère et de faire à la Compagnie une suggestion fondée sur ce dissentiment, la Compagnie conformera ses actes à cette suggestion. (Art. 5.)

A l'ouest du Niger, la Compagnie prétend avoir passé un traité avec le Borgou. La convention du 5 août met dans la sphère d'influence anglaise « tout ce qui appartient équitablement au royaume de Sokoto », et le président de la Compagnie, lord Aberdare, a annoncé que le souverain de ce royaume s'était placé sous le protectorat de la société ; mais on sait quelles discussions a soulevées la prétention de la Compagnie au protectorat du Noupé ; ses droits sur Sokoto ne sont peut-être pas de meilleur aloi. Au Bornou, elle a envoyé M. Mac-Intoch pour obtenir un traité. Sur la Bénoué,la dernière station est Ribago, dans TAdamaoua, au-dessus de Yola, dans une région convoitée par la colonie allemande de Cameroun; le major Macdonald a remonté, au delà de ce point, un affluent du fleuve, le Mayo Kabbi, qui, contrairement à ce que l'on supposait, n'a pas de relations avec les grands marais de Toubouri dépendant du système fluvial du Chari.

La Compagnie a en tout quarante-deux stations ; les principales sont Akassa, résidence de l'agent général et point d'attache des vapeurs ; Assaba, résidence du c' * justice, et Lokodja. Les agents sont peu nombre soixante-et-onze Européens en tout ;leur solde n'est très élevée ; après un séjour de deux ans, ils ont dro un congé de six mois ; le personnel indigène est peu <

CE OCCIDENTALE im

pilai à Assaba, el deux observaaulre à Akassa. La force publique laoussas. « Les changements poence, dit M. Mizon ; le gouverneur l'agenl général sont fixes, et l'on al. La Compagnie a trois jardins e café est très prospère. Elle ne ■ce de Niger,qu-oiqu'elle ait doublé peine en relations avec un dixièine mlchouc et l"ivoire sont très abont dans l'Adamaoua. Le Sokoto, Iq cultures de coton et d'indigo. Les esFoulbé pasteurs donneront des nie, qui a accepté la charge des été, entend ne point partager les B avec les autres Compagnies. Or, a Charte a reproduit les termes, vigation du Niger et de la Bénoué ; ipagnies rivales auraient donc pu 1 du Niger ; mais pour cela deux essaires : des terrains pour établir aes lacDoreries et au dois pour chaufferies vapeurs, qui ne peuvent emporter assez de charbon pour faire des voyages fructueux. La Compagnie a d'abord racheté les terrains des deux compagnies françaises. Restaient les terres des indigènes. A son arrivée surle Niger, la compagnie avait trouvé un traitant noir, originaire de Sierra- Leone qui, depuis de longues années, était lin termédiaire commercial entre les Européens elles indigènesdu Niger et de la Bénoué et avait acheté une grande influence. La Compagnie lui a assuré un titre élevé et en a fait en quelque sorte son agent diplomatique ; depuis deux ans, il a remonté le Bas-Niger, traitant avec tous les chefs. » La Compagnie aurait ainsi acheté la propriété des rives liger et de la Bénoué sur 48 kilomètres de large :perne ne peut y acquérir de terres ni y couper de bois ; irait plus loyal de fermer la route : car le faible ton- *% des bateaux et la force du courant rendent indis-

pensable un ravitaillement fréquent. Grâce à cette mesure et à rétablissement de droits d'entrée considérables, elle a interdit le commerce et la navigation même à ses concurrents, notamment la British Merchant Association. Après Taffaire Hônigsberg, qui n'est pas encore réglée, un autre incident analogue a montré quel cas la Compagnie fait de l'acte de navigation du Niger.

M. Mizon, arrivé le 10 octobre dans la rivière Forcados, a été attaqué à Timproviste dans la nuit du 15 au 16 ; blessé par les assaillants, il dut rentrer à Akassa pour se faire soigner; là, il reçut de Tagent général Flint (22 octobre) Tavis suivant :

a La navigation de la rivière est libre, mais, sans l'autorisation de la Compagnie, il me sera impossible de vous laisser toucher terre à aucun endroit. »

Saisi des réclamations de M. Mizon, le ministre des affaires étrangères pria le gouvernement britannique de faire lever une interdiction « qui aboutirait à l'interdiclion de la navigation elle-même ». L'ambassadeur d'Angleterre invoqua « les règlements locaux pour le maintien de la paix et de l'ordre, que doivent nécessairement observer les voyageurs communiquant avec le rivage ».

« Nous avons alors, a dit le 22 janvier 1891 à la Chambre des députés M. Ribot, répondant à une question de M. le prince d'Arenberg, demandé quelques éclaircissements sur ces règlements locaux et nous avons fait toutes réserves en tant que ces règlements ne seraient pas absolument conformes à la lettre et à l'esprit de l'acte de Berlin. Le gouvernement anglais nous a donné acte de nos réserves, et il a immédiatement envoyé l'ordre à l'agent de la Compagnie de lais* ser passer librement M. Mizon. Cet ordre a été exécuté. »

Le major Macdonald a été nommé consul en rcL cément de M. Hewett; il est chargé en même temp: s fonctions de commissaire du gouvernement dan s territoires de la Compagnie du Niger et dans les Ri^ 5

iCCIBBNTALE 411

[|ue tout s'y passe conformé-

ternatioDaux.

sation du pays des Rivières

réglée (année 1889, p. 282).

jice la juridiction en vertu nt de 1885. En 1889, la ma- ; qui ont des établissements isons de Liverpool, de Glaséclarés opposés à ce que le ministration, soit de la co-

Compagnie du Niger; ils se 'rican Associalion, ayant son pital de 2,000,000 1. st. qui le possède -iû factoreries ; le es Rivières d'huile est delandé une charte royale en rs des indigènes n'admettent [ir une administration colo- ,ent l'esclavage et même le

les frontières de la zone d'incolonie allemande de Camedû être modifié à la suite de e de la région frontière parun fleuve, mais un estuaire iépendant du Vieux Calaba^ ité du 10 juillet, la frontière- .ire et courra en droite ligne -pids » sur la carte de i'ami- T et Macdonald, chargés de ï Cameroun, ont eu à Berlinis résultats (novembre); la merait, dans certains terri- :re d'influence allemande, le its commerciaux qu'elle a

1 est habitée par 103 blancs-

dont 65 Allemands. On y a, cette année, établi un service de statistique. Gomme à Togo, le budget local (270,000 marks de recettes) prévoit pour 1891-1892 un excédent (12,000 marks) qui sera mis dans la caisse de réserve. Mais une partie des 200,000 marks demandés au Reichstag pour les explorations scientiflques (jusqu'ici on n'avait voté que 150,000 marks) sera consacrée à Cameroun, et 20,000 marks pris sur cette somme ■seront employés à l'organisation d'un nouveau district administratif dans la région de Malimba. En 1889-1890, on a prélevé sur ce fonds des voyages 77,000 marks pour l'exploration de Zintgraff et 116,000 pour celles de Kund «tde Morgen. On a proposé d'élever les droits sur les alcools qui entrent en grand nombre. On a ouvert deux écoles et appelé dans la colonie des missionnaires catholiques allemands. L'avenir de Cameroun est dans le dé- Teloppement des plantations et dans l'ouverture de relations directes avec les contrées de l'intérieur. Il y a cinq grandes plantations de tabac ou de cacao, qui donnent d'excellents résultats. MM.Knutson, Valdau et Heilborn (de Stockholm) ont depuis 1883 un certain nombre de factoreries. Les négociants de Hambourg font pour 8 millions de marks d'affaires, mais ils se plaignent des obstacles apportés au commerce par les intermédiaires Douallas qui gagnent parfois 500 p. 100. Le 14 décembre 1889, une ordonnance du gouverneur a décidé que des privilèges pourraient être concédés pour dix ans, moyennant la perception d'un droit de 5 p. 100 aux commerçants qui exploiteraient des contrées vierges, ou aux planteurs qui introduiraient la culture d'un nouveau produit ; aux premiers, on pourra donner le monopole du commerce dans la contrée qu'ils auront ouverte au commerce allemand, à condition qu'aucun blanc n'y soit installé; aux agriculteurs serait reconnu le droit exclusif de cultiver le produit acclimaté par eux. 'telles entreprises sont un saut dans l'inconnu, et > privilèges peuvent seuls décider des capitalistes àf des frais considérables de premier établissement &

é concurrente pourrait profiter latre ou cinq concessions ont été dées aux maisons Knutson et totzen et Thormâhlen : celle-ci a lu commerce autour de Jaunde- Barombi. Une autre société de ncession du territoire situé entre

ibre, le docteur ZintgrafT a enlyage auquel il assignait comme station chez les Bali. MM. Jantzen depuis 1889 un agent à Barombi, jédition une caravane de 200 trois agents européens; ils se les communications et de re- ' des travailleurs pour les planai le lieutenant de Spangenberg, e quelques jours, a conclu un i des Banyangs, qui s'est placé ! l'Allemagne et a promis vingtuiuq umiits u ivuire. L.e docteur est arrivé à la fin de décembre chez les Bali. On prétend qu'il cherche à atteindre le lac Tchad.

Le lieutenant Morgen est allé (novembre et décembre 18S9) de Kribi à Jaunde et k Ngila, dont le chef lui a promis d'envoyer son ivoire aux marchés de la colonie ; Morgen entendit dire qu'à sept jours au nord se trouait Tubaci ou Tubîcci que Flegel a, en vain, cherché L atteindre en partant soit de Bagnio soit de Ngaunlere ; il a reconnu à. l'ouest de Ngila le fleuve Mbam, lont avaient parlé le missionnaire KiiUe (1830} et, près le trente ans après, Flegel, et qui est un affluent du iannaga. La maison Jantzen a fondé une factorerie à. ide. M. Zenker a amélioré la station allemande sur oint, où il commande depuis la fin de 1889; il a comicé des plantations et s'est appliqué à combattre la tuœe de tuer les veuves sur la tombe de leurs marisv gens de Malimba, qui considèrent la navigation

<lu Sannaga comme leur appartenant, ont à plusieurs reprises attaqué les Européens. Le 2 juin, Morgen est jparti de Kribi pour Ngila, Ngaundere et la région des sources de la haute Bénoué ; jusqu'à Ngila, il a été accompagné par deux agents de Jantzen qui ont rap- ,porté à la côte (en décembre) une cargaison de mille Jivres d'ivoire. Qu'il Tait tenté ou non, Morgen n a pas dépassé TAdamaoua; de Bagnio, il s'est rendu àlbi sur la Bénoué, en janvier 1891.

Les Allemands, comme on le voit, sont encore loin de 12° 40' long. Paris, méridien où s'arrête la démarcation méridionale de Cameroun, effectuée par l'accord ifranco-allemand de 1885. On sait qu'au Nord et à l'Est les frontières n'ont pas été fixées; il en résulte que dans cette région Français et Allemands conservent leur liberté d'action.

M. Cholet, administrateur de la colonie française du •€ongo, a remonté la Sangha, grand affluent qui reçoit le Congo entre l'Alima et l'Oubanghi, jusqu'à un point situé par 3° 30' lat N. et 12° 30' long. E. (31 mars- 15 mai) ; il a dû revenir faute d'approvisionnement; J^ien accueilli par les indigènes, qui sont paisibles, riches et très adonnés au commerce, il a passé des traités avec eux ; la rivière paraît navigable en toute saison, et pendant la période des hautes eaux on pourrait sans doute remonter très loin vers le Nord-Est son affluent la Masa qui a son confluent par 2° 50' lat. N. et 14° long. E. MM. Fourneau et Fondère ont été chargés de continuer l'exploration de la Sangha.

M. Musy, chef du poste français de Bangui établi au coude du fleuve Oubanghi en 1889, a été tué le •S janvier par les indigènes d'un village salanga que, trompé par de fausses dénonciations, il avait attaqué. La situation a été assez inquiétante toute l'année '^^ ^poste de l'État libre, établi dans une île du fle entre Bangui et la station belge de Zongo, a été î que plusieurs fois au mois de septembre et les gard • ont été tués. M. Crampel, parti de Bordeaux le 10 ff

AFUIQTTE OCCIDENTALE

et arrivé à Bangui le 24 septembre, a, sur la deman des commaDdantsdes postes des deux gouvernemeu brûlé le village habité par les assaillants ; il a f chAtier les meurtriers de M. Musy, dont on a retrou les restes ; le mouvement commercial a repris da la région pacifiée (octobre et novembre) (voir É du Congo). M. Ponel avait remonté l'Oubanghi jusqi Sô kilomètres; prenant Bangui pour point de départ sa marche vers le Tchad (voir p. 407), M, Crampel a pous tout d'abord une reconnaissance sur le haut fleuve ; a atteint Bamanga par 5° lat., a remonté i'afûut Kouango jusqu'à S° H' et a signé trois traités. La cai dressée relève de près d'un degré au nord le cours l'Oubanghi. M. Crampel a installé un camp à Dioukoi à l'embouchure du Kouango; il en est parti au commi cernent de décembre pour atteindre leChari, et n jaU ner sa route par une ligne de traités qui s'opposerc à l'extension vers l'Est des possessions allemandes anglaises ». Il a avec lui trois Européens, des int( prêtes arabe et targui, la petite Niarinzhe, qui lui été donnée par un chef pahouin lors de sonvoya de 1889, et cent vingt porteurs.

Litige franco-espagnol. — Entre l'estuaire du Gab et la frontière méridionale de Cameroun, que le gouv< nement allemand a promis à la France de ne f dépasser (protocole du 24 décembre 188^»), débouche le Benito et la Mouny. Les voyages de MM, Crampel Fourneau en 1889 ont montré que le Benito et Gampo sont des rivières entières moins considérab: que ne l'avaient dit les explorateurs espagnols Mon deOea et Ossorio (1884-188C) ; mais la Mouny a u certaine importance ; l'affluent de ce fleuve appi Timbauy ou Outambani parait identique au N'te <■" luvert par Crampel à l'ouest de l'Ivindo, affluent I )oué; le bassin de ce dernier fleuve limite ce I petites rivières sur lesquelles l'Espagne conte; 1 Iroits. Dès 1839, la France a établi son proteclo î ute cette côte ; d'autres traités ont été passés

416 LA VIE ï>OUTIQUE A L'ÉTRANGER

1843 et 1845 avec les chefs de cette région, dont dépendaient Corisco et les Elobey ; un traité a encore été conclu en 1855 avec les chefs du cap Saint-Jean et des îles Elobey et renouvelé en 1860. L'Espagne invoque des traités de 1843 et 1846 avec Corisco, qu'elle a occupé effectivement en 1853. L'atlas publié en 1850 par le colonel Coello n'indique pourtant comme possessions espagnoles dans ces parages que Fernando -Po et Corisco. Mais les prétentions de T Espagne ont atigmenté ; en 1858, elle a traité avec un indigène de Corisco qui s'intitulait chef des Elobey ; elle a manifesté l'intention de les occuper en 1860, 1862, 1866; elle y a établi un poste en 1875 et y a nommé en 1885 un sous-gouverneur dépendant du gouverneur général de Fernando-Po. Dans la rivière Mouny, nous avons exercé la police à plusieurs reprises, notamment en 1854. Des postes français ont été établis en 1883 sur des points où nos droits n'avaient jamais été contestés, à l'embouchure des rivières Campo et Benito et à Bâta.

Depuis quelques années, les publicistes espagnols réclament non seulement la rivière Mouny et le cap Saint-Jean, en vertu de traités conclus avec les indigènes postérieurement à celui de 1839, mais toute la côte entre la Campo et le cap Esteiras, situé un peu au nord de l'estuaire du Gabon ; ce serait nous enlever la banlieue même de Libreville ; on parle d'un traité de cession consenti en 1778 par le Portugal au profit de l'Espagne, mais s'il était valable, il infirmerait aussi bien nos droits sur le Gabon et ceux de l'Allemagne sur Cameroun. Quant aux traités avec les indigènes, ils sont non seulement postérieurs à ceux que nous avons conclus, mais, en partie, à notre occupation effective. La commission franco-espagnole, chargée de régie ' t question du cap Blanc, s'est occupée aussi des poî sions du golfe de Guinée en 1886 ; mais elle vil i arriver à une entente et ne s'est pas réunie depui i fin de 1887 : on était convenu de maintenir da'^ i

Mouny le statu quo ; les deux Ëtats s'abstiendraient d'y établir des douanes et d'y faire acte de souveraineté^ mais les nationaux des deux pays pourraient y fonder des établissements particuliers. En 1888, le gouverneur du Gabon rétablit Tordre dans TOutambony à la demande des négociants étrangers ; nous avons vu (année 1889, p. 285) que notre intervention a encore été réclamée en 1889 dans la Mouny par le sous-gouverneur d'Elobey lui-même qui n'avait aucune force effective à sa disposition. A plusieurs reprises les Espagnols, sous prétexte de nous interdire tout- acte de souveraineté, ont enlevé le pavillon des maisons de commerce françaises ; ils ont envoyé plusieurs fois des navires de guerre dans la rivière et ont distribué aux indigènes des drapeaux espagnols, notamment en juillet 1890. En juillet 1890, le poste du Benito ayant été renforcé, l'Espagne a protesté ; au mois d'août^ elle a fait planter sur la rive gauche de cette rivière un mât de pavillon ; le navire le Fernando-Po y est entré en octobre et a remis des pavillons aux indigènes. C'a été par contre un cri d'indignation dans la Péninsule lorsqu'en octobre, les postes de Campo, du Benito et de Bâta ont été autorisés à prendre des mesures de surveillance sanitaire à la suite de l'épidémie de petite vérole qui a éclaté à Saint-Paul de Loanda. Les deux gouvernements ont décidé de réunir de nouveau, au mois de janvier 1891, la commission mixte. Les prétentions exagérées de l'Espagne rendront sans doute nécessaire le recours à un arbitrage : dans une notice jointe à une carte récente, le colonel Coello revendique non seulement la côte jusqu'au Gabon, mais tout Vhin- /er/anrf jusqu'à l'Oubanghi, sans tenir compte ni de nos traités ni de notre occupation effective.

^TAT DU Congo — Cabinda — Angola — Mouata-Yamvo

La situation internationale de TËtat indépendant ►du Congo a subi cette année une modification considérable. Cet État n'avait jusque-là, çivec la Belgique, qu'une union personnelle ; cependant la loi du 29 juillet 1889 avait autorisé le gouvernement belge ^à participer aux frais d'un chemin de fer dans le Bas-Congo (année 1889, p. 289). Le 5 août suivant, le roi annonçait à M. Beernaert, dans une lettre qui n'a été publiée qu'en 1890, que, par un testament signé le 2, il avait légué le "Congo à la Belgique dont le commerce trouverait ainsi • de nouveaux débouchés. On a décidé cette année de faire connaître cet acte et de demander au Parlement belge de venir dès aujourd'hui en aide à l'État fort obéré. Les Chambres ont approuvé la convention du 3 juillet •en vertu de laquelle la Belgique pourra annexer le Congo même du vivant du roi ; elle promet de prêter à l'État libre 25,000,000 de francs, dont un cinquième payable immédiatement, le surplus en dix annuités; cette somme ne sera pas productive d'intérêts; au bout -de dix ans, la Belgique pourra décider si elle entend annexer le Congo. « Si à ce moment, disait l'exposé des motifs du projet de loi, c'est, contrairement à notre conviction, à une conclusion négative que Ton aboutit, la Belgique n'aura fait qu'un simple prêt, et, en retour d'un sacrifice temporaire d'intérêts, elle aura obtenu un droit d'option dont la valeur ne saurait être méconnue, tout en assurant au travail national de vastes débouchés ». Le capital avancé pourrait, dans ce cas, être conservé dix ans encore par l'État du Co: — à charge d'en servir l'intérêt à 3 1/2 0/0, L'État doit faire aucun emprunt sans l'assentiment de Belgique et devra lui donner communication de .budgets.

la question du droit de préemp- )btenu. Uq livre jaune a montré quen is»/ le gouvernement français a pris acte purement et simplement de la déclaration par laquelle le ministre des alTaires étrangères de l'Ëtât l'avait avisé que, dans son opinion, le droit de préemption n'était pas opposable à la Belgique, en raison de l'union personnelle. « Depuis le dépdt du projet de loi, dit H. Beernaert à la Chambre, le cabinet de Paris ne aoQs a adressé aucune observation tendant à mettre «Q doute le droit de notre pays. D'ailleurs, la Belgique, *n prenant le Cbngo, le prend avec la charge du droit (le préemption. Il ne déplaît pas à la France que le Congo soit soumis au même gouvernement et au même régime que l'Escaut, et elle a toujours exprimé sa sympathie pour l'œuvre africaine. Dans une préoccupation dont l'absolue loyauté sera reconnue par toutes les puissances, nous serions même prêts à déclarer l'inaliénabilité de la future colonie. " Ce dernier engagement a été pris, en effet, le 21 juillet 1890.

Le roi doit donner pondant dix ans un million chaque année à l'État. L'œuvre entreprise est gigantesque, et elle exige des ressources considérables. Le badget des dépenaes est de 4,33o,000 francs pour 1891, Au point de vue financier, la situation de l'État est d'autant plus pénible que l'acte général de la Conférence de Berlin a placé son territoire entier dans la ïone du commerce libre, a établi la liberté de navigation et a interdit la perception de tous droits d'importation et de transit et de toutes contributions autres que des taxes destinées à rémunérer (directement) des services rendus. Les mesures fiscales prises par le gouvernement du Congo (décrets du ?" ,ars, du 9 et du 16 juillet; arrêtés du gouverneur ( rai du 13 juin, du 2 et du 3 septembre), ont paru ( inées à tourner les prescriptions de l'acte de 1883, 1 droits d'exportation exhorbitants ont été établis f '- caoutchouc et sur l'ivoire ; on a créé des droits

de patente rigoureux et un droit de licence élevé sur le trafic des spiritueux. Ces mesures ont coïncidé avec des dispositions restreignant la liberté de navigation sur le Congo : les agents de l'État ont été autorisés par le décret du 10 mars, directement contraire à Tarticle 14 de Tacte de Berlin, à faire arrêter et décharger les bateaux et les embarcations pour procéder à la vérification des marchandises ; un autre décret (octobre) a ordonné l'inspection et la visite de tout bâtiment naviguant sur le Haut-Congo, afin d'empêcher le transport des esclaves, des armes à feu et des spiritueux. On trouvera dans une autre partie de cet ouvrage le compte rendu de l'acte général de la Conférence de Bruxelles ; il a imposé à l'État, pour l'œuvre anti-esclavagiste, de nouvelles charges ; mais on a tenu compte de la nécessité de fournir de nouveaux revenus au gouvernement du Congo, et on a autorisé l'établissement de droits d'entrée ne devant pas dépasser 10 % ad valorem. Un tarif de droits ne dépassant pas cette limite doit être fixé par l'État libre d'accord avec la France et le Portugal ; l'État du Congo a promis au gouvernement français d'atténuer la rigueur des droits de sortie et de patente, de l'impôt personnel, etc.

Le P. Augouard, vicaire apostolique de l'Oubanghi, s'est plaint que les missionnaires fussent traités sur le même pied que les négociants ; à ce point de .vue, a-t-il dit, comme à celui de la prospérité du commerce dont le développement est la meilleure arme contre l'esclavage et la traite, la création de droits élevés est très fâcheuse. Les droits* établis en 1890 étaient, au dire des maisons françaises, anglaises et hollandaises, si onéreux qu'aucun négociant n'aurait pu y résister. A en croire les intéressés, l'État n'aurait pas eu seulement pour but de se procurer des ressources fisca^'^"*il aurait voulu aussi gêner des rivaux : il ferait même le commerce au grand désavantage de la con< rence privée ; d'après la Nieuwe Afrikaaniscke Haut vervootschap, il serait défendu aux indigènes de cert* ►

villages, sous peine de la prison, de vendre de Tivoire à d'autres qu'à TÉtat; le gouvernement prétend, au contraire, que ses fonctionnaires n'achètent d'ivoire qu'à titre exceptionnel, soit pour amorcer le commerce, soit par nécessité politique , ou enfin pour atténuer quelque peu les dépenses de l'Etat. On affirme, d'autre part, que la Compagnie du Congo pour le commerce et industrie ne serait guère que le prête-nom de l'état ; retrouvant d'un côté ce qu'elle aurait perdu de l'autre, elle serait seule en mesure de résister aux droits draconiens qui ruinent les autres négociants.

Quoi qu'il en soit de ces accusations, qui ont donné lieu à une polémique ardente, il faut constater le développement économique des entreprises belges. La Compagnie du Congo, qui est une société d'études, au capital de 12,370,000 francs, destinée à favoriser la création d'autres œuvres, a contribué à îonàQvldu Société pour le commerce du Haut-Congo y dont le capital a été porté cette année de 1,200,000 francs à 3,000,000 de francs et qui s'occupe particulièrement de l'achat de l'ivoire ; la Compagnie des produits du Congo, fusionnée cette année avec la Compagnie de Mataba^ la Compagnie des magasins généraux (1,200,000 francs), et la Compagnie du chemin de fer, qui continue les travaux commencés l'an dernier. Un groupe de capitalistes français s'est intéressé dans l'entreprise du chemin de fer pour une somme considérable, ce qui rend presque inutile et impossible la construction d'un chemin de fer de la côte à Brazzaville, mais assure une entente entre les intérêts belges et les intérêts français, représentés dans le conseil d'administration. Un tramway a été établi à Boma. Une Société des pêcheries du Bas- Congo s'est fondée au capital de 100,000 francs.

La création de nouvelles stations a marché de front ; l'exploration du territoire de l'État. Les missions i .cliques belges, qui ont reçu une organisation indé- ] dante, ont créé une station à Bangala. Le gouver- ] ''ent ne saurait avoir la prétention de maintenir

Tordre dans tout son territoire, mais il y a travaillé- II consacre à l'entretien de la force publique une somme de 2,271,688 francs (budget de 1891), il a 3,000 hommes à son service, et il a donné à quelques-uns de ses explorateurs une véritable petite armée ; d'autres^ dont l'œuvre sera sans doute plus efficace et moins critiquée, ont fait des reconnaissances pacifiques.

Avec huit Européens, le capitaine Yan Gèle a remonté rOubanghi jusqu'à 23^ 4' long. ; on sait que ce fleuve, dans son cours supérieur, porte les noms de Makoua et d'Ouellé; il a traité avec Bangasso, chef des Sakarras, qui habite près du confluent de la Makoua et du M'Bomou par 4° 45' lat. et 23° 8' long. Dans les premiers mois de l'année, après avoir étudié les affluents du haut Arouhimi, le capitaine Roget a descendu l'Ouellé depuis la zériba de Djabbir jusqu'à la zériba d'Abdallah atteinte par Van Gèle. Il a fondé une station chez Djabbir, marchand d'ivoire de Dongola, qui est maître du pays compris entre l'Ouellé et le Mbili et qui aurait reconnu la souveraineté du Congo; ce chef a aidé M. Roget à explorer le pays situé au nord de l'Ouellé. Le cours de ce fleuve se trouve tout entier connu si on rapproche les explorations belges et françaises de celles de Junker. Il y a lieu de remarquer que les possessions de Bangasso et de Djabbir sont, en partie au moins, en territoire français d'après la convention du 29 avril 1887. M. Hodister a exploré la Mongalla. Le capitaine Becker a été de Yambouya, où. Stanley avait laissé son arrière-garde en 1887-88, et qui est la limite de la navigation de rArouhimi^ vers, le N.-N.-O. ; il a atteint des contrées qui ont été explorées du temps de la domination égyptienne dansle Soudan.

La sphère d'influence de l'État du Congo se trouve

étendue presque jusqu'aux limites du bassin du ili

-à travers les régions parcourues par Stanley, a.

publication des livres de l'illustre explorateur et dt s

lieutenants, et celle des documents ofûciels nous X

révélé les vues politiques multiples du chef de cette «xpéditioiv. On sait qu'il avait proposé à Emin-Pacha de revenir à la côte, ou bien de gouverner sa province, à son choix, soit au nom de la Compagnie britannique de l'Afrique orientale, soit au nom de 'l'État du Congo. De la part du roi Léopold, il offrait à Emin le titre de général et 250 à 300,000 francs annuellement pour l'administration de la province Êquatoriale, qui serait devenue partie intégrante de l'État du Congo sans que le Roi ait eu de capital à verser pour cette acquisition. Le revenu ajouté aux 300,000 francs du roi auraient suffi pour maintenir vingt stations du lac Albert à Yambouya. C'est en vue ^de l'acceptation d'Emin que Stanley avait traité avec Tipo-Tip et avait établi dans le camp de l'Arouhimi l'arrière-garde commandée par le major Barttelot ; on «ait à quelles discussions ont donné lieu les accusations portées par Stanley contre ses deux lieutenants, morts en 1888, Barttelot et Jameson ; il semble établi que celui-ci a toléré un acte de cannibalisme dans des conditions qui équivalent à la complicité, et a froidement pris le croquis de la scène : fait bien capable, tout comme les violences de Stanley, de donner aux indigènes une haute idée des Européens ! Barttelot paraît avoir été très sévère, mais il a bien exécuté les •ordres de son chef dont il ne connaissait pas les projets politiques. Il est certain que si Stawley a laissé son arrière-garde sans approvisionnements suffisants, sans porteurs, livrée au voisinage dangereux des Arabes, avec qui il avait des arrangements secrets, c'est qu'il était préoccupé de visées personnelles, et qu'il se réservait, le cas échéant, de servir soit la Compagnie britannique, soit l'État du Congo, dont il avait accepté des mandats contradictoires. Des quatorze directeurs la Compagnie, huit n'ont rien souscrit pour l'expéion ; M. Mackinnon a donné 3,000 livres, et les res 1,875 1. st., tandis que le gouvernement égyp- ^ a versé 14,000 livres sur 33. C'est cependant la

Société qui a eu le bénéfice de Taffaire, Stanley lui ayant passé les traités qu'il avait conclus. Ëtant donnés les prétentions et le texte du traité anglo-allemand du !•' juillet (voir Afrique orientale), il y aura lieu à une délimitation entre les possessions anglaises et les territoires acquis sur TOuellé et TAroubimi par les offlciers de TÉtat du Congo.

Dans le haut fleuve, le rôle de Tipo-Tip peut prêter à discussion. Le lieutenant Henck doit s'installer sur le haut Lomami à Touest de Nyangoué et surveiller la route du Tanganyika.

La Compagnie du Congo a organisé une expédition placée sous le commandement de M. Alexandre Delcommune, qui a quatre compagnons européens; il doit explorer la région comprise entre les lacs Tanganyika, Movero, Bangouelo et Landji. Son expédition, qui a quitté Stanley-Pol le 6 octobre, prépare la voie à rétablissement de relations commerciales avec cette rér gion, qui comprend le Katanga ou royaume de Msiri convoité aussi par la Compagnie Witannique de V Afrique méridionale (voir plus bas) : une difficulté de délimitation se produira sur ce point. M. Hodister et M. Le Marinel, commandant le camp du Sankourou, ont exploré le Lomami. La station de Loulouabourg s'est développée. Les commissaires de ce district ont conclu avec les chefs des pays plus méridionaux des traités d'amitié et d'alliance dont le Portugal conteste la validité.

Le xir district de TËtat, constitué sous le titre de Koango oriental entre le cours du Koango et les districts de Kassaï et de Loualaba (décret du 10 juin), comprend le Mouata-Tamvo, où, depuis le départ de Garvalho, il n'y a plus de résident portugais (voir année 1889, p. 296) et qui, s'étant divisé entre plusieurs États indigènes, ne présenterait plus, pour s'opposer à l'influence européenne, la force de résistance que lui nait son unité : depuis deux ans, les agents de H Van de Velde, Liénart, Dhanis le parcouraient; dernier a été nommé administrateur du xa* di"'

dont la formation a provoqué les réclamations du Portugal. Il s'agit moins de discuter la valeur des traités conclus avec les indigènes que d'interpréter la convention du 14 février 1885 qui a défini les sphères d'intérêts des deux puissances : elles ont adopté comme limite le parallèle de Noqui jusqu'à son intersection avec le Koango, et, à partir de ce point, dans la direction du Sud, le cours du Koango. Faut-il entendre par là le cours du Koango jusqu'à sa source, comme le veut l'Etat libre? les Portugais le contestent; il faut, disent-ils, pour connaître l'intention des parties contractantes, se reporter à des documents émanés de l'État du Congo en 1885, notamment la déclaration de neutralité du 1" août signée de M. Van Eetvelde : la limite méridionale de l'État du Congo, dit expressément ce dernier acte, est au 6** lat. S. D'ailleurs, aucune des cartes publiées par l'État ou par les géographes belges ne comprend le Mouata-Yamvo. « Le fait est vrai, répond l'organe officieux de l'État (le Mouvement géographique); mais quelle est la valeur de cet argument? Le roi souverain, en 1885, n'a pas voulu englober les territoires que lui abandonnait le Portugal, parce que le moment ne semblait pas venu d'assumer sans visite, sans pourparlers, sans traité, la responsabilité d'un protectorat. Le moment est venu. » Il a été décidé (décembre) que si l'entente était impossible, les négociations se continueraient sous la médiation du Pape.

Une autre difficulté de frontières entre le Portugal et le Congo, relative à l'enclave de Gabinda, a été soumise à l'arbitrage du gouvernement helvétique : le Portugal voulait percevoir les droits de sortie d'une factorerie hollandaise établie dans le sud de Cabinda, et qui, d'après l'État du Congo, serait sur son territoire; la rnmniission de délimitation réunie en avril n'avait pu î *ir directement à un accord.

gouvernement général d'Angola a réprimé une r Ite assez sérieuse du Bihé. Le chemin de fer de I --''•* a été ouvert jusqu'à Cassoneca (à 88 milles).

Territoires allemands du Sud-Ouest

Les possessions allemandes du Sud-Ouest ne sont guère dans une meilleure situation qu'il y a un an. Le capital de la Société coloniale, qui possède la côte, est à peu près anéanti; sur 1,500,000 marks, elle a employé un million à Tacquisition du territoire et des droits miniers ; il en est résulté qu'elle ne pouvait plus diriger d'entreprises elle-même, avec les 500,000 qui lui restaient et qui ont été dépensés pour les voyages de découvertes et d'études, pour l'administration et pour l'organisation des troupes de protectorat, à Ji'exception de 83,000 marks qui restaient en caisse le i" avriL C'est pour se mettre en mesure d'exploiter au moins la partie méridionale de son territoire que la Compagnie avait engagé avec un consortium anglo-hollandais, en vue de la vente de la partie septentrionale, les négociations dont nous avons parlé l'an dernier. Le prince de Bismarck et son successeur lui ont, l'un après l'autre, refusé l'autorisation nécessaire à la vente; on parle de la formation d'une nouvelle compagnie allemande qui se substituerait à l'ancienne. Le Syndicat de Vor que celle-ci avait fondé s'est dissous. Le lieutenant Hermann, nommé agent principal de la Compagnie, a promisd'établir une station d'élevage dans le Sud, bien qu'on se plaigne de la rareté de pluies et de l'absence d'eaux courantes. On vante la prospérité de la ferme du colon Dominicus à Stolzenfels, près du fleuve Orange ; c'est à peu près la seule création utile, avec la fabrique de conserves de Sandwichhafen. L'exploitation des mines a été soumise (1*"^ avril) à la nécessité d'une concesc*'^" du commissaire impérial. Plusieurs sociétés angla' ont, paraît-il, obtenu Tautorisation de s'installer ^ le Namaqualand.

Les querelles entre les indigènes ont continué, .

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