‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 38 sur 68 · africaine à laquelle il n'avait jamais · texte numérisé non relu

africaine à laquelle il n'avait jamais

ncu après une longue guerre n'aurait pas eu à subir de plus cruelles conditions ; il commença parprotester énergiquement que jamais il ne subirait semblable humiliation, mais l'Angleterre fit savoir à loint, à ce moment, qu'au cas où le Volksraad refuseait de ratifier le traité, elle occuperait immédiatement e Souaziland, et des troupes furent en effet dirigées de ;e côté. Du Cap, on envoya k Pretoria le chef du parti ifrikander, le chef des Boers de la colonie, M. Hofmeyr, [ui profita de ses bonnes relations avec ses congénères, lu Transvaal pour leur donner de bons conseils et les mgager à la résignation. Il réussit eu partie dans sa nission : la convention du Souaziland fut présentée au Volksraad dans les premiers jours d'août; la discussion m fut d'une violence extrême; l'acte fut pourtant ratifié par 20 voix contre 10, sauf l'article relatif k l'adoption: lu tarif douanier commun, qui fut rejeté. On se plaignit rivement au Cap et à Londres de cette modification, nais on ne crut pas devoir protester, et l'on se con- «nta des avantages obtenus, sans les pousser à fond..

Possessions portugaises et territoires de la Compagnie

BRITANNIQUE DE l'AfRIQUE MÉRIDIONALE

Nous avons, plus haut (voir : Portugal) raconté Thistoire des négociations relatives à la détermination des sphères d'influence de TAngleterre et du Portugal en Afrique. Il nous reste à exposer les événements qui se sont passés dans lei^ territoires contestés.

Au moment même où le cabinet de Lisbonne, après VultimafMrn anglais, ordonnait Tévacualion des districts litigieux, il apprenait que les chefs Hakololos, défaits par Serpa Pin to , avaient fait leur soumission. D'autre part le lieutenant Cordon, ayant pris possession, dans le district de Zumbo, du pays compris entre le Zambèze, le Sanyati etTOumfouli, y avait fondé le fort Amélie. Vers la même époque, le voyageur anglais Selous avait (septembre 1889) visité la vallée de la Mazoe, et M. Knf^* Bruce, évêque de Bloemfontein, avait parcouru le p situé au sud de Zumbo pour y étudier Tinstallation missions anglaises. Le gouverneur de Mozambi donna sa démission à la réception des ordres de

bonne, mais procéda néanmoins à Texécution de ses instructions.

Le traité du 20 août a consacré les prétentions britanniques.

« Les possessions portugaises dans T Afrique orientale sont limitées au nord par le Rovouma jusqu'à son confluent avec le M'sinje, puis par le parallèle prolongé jusqu'au Nyassa. La frontière suit la rive du lac dans la direction du sud jqsqu'à 13o 1/2 lat. S.f puis une ligne droite vers le sud jusqu'au lac Cbiroua, la rive orientale de ce lac jusqu'à son extrémité S.-E., et une ligne droite tirée jusqu'à l'affluent oriental du Ruo, environ par 36® long.; le Ruo vers l'O. jusqu'à son confluent avec le Chiré, et une ligne droite jusqu'au Zambéze, qu'elle atteint à un point situé entre les cataractes Karoa-Bassa et Tête. Les rives S.-E et S. du Nyassa, le plateau du Chiré, Blantyre, sont laissées à l'Angleterre. La limite est formée par le Zambéze jusqu'à un point fixé à 10 milles anglais à TO. de Zumbo; là, elle quitte le fleuve, se dirige au S. vers le 16» lat., le suit vers TE. jusqu'au 31° long., et, traversant le Mazoe, suit ce degré au S. jusqu'à la rencontre du 180 1/2 lat. ; elle court le long de ce parallèle vers l'O. et atteint le Machike à son confluent avec le Savi. La frontière suit une ligne parallèle à ce dernier fleuve, vers le S. jusqu'à son confluent avec le Lundi; elle se dirige en ligne droite vers le S.-O. jusqu'à l'extrémité N.-E. du territoire du ïransvaal ; longeant la frontière du Transvaal, puis celle du Souaziland, elle atteint le Mapouto et le suit jusqu'à son confluent avec le Pungolo; elle longe ensuite jusqu'à la mer le parallèle passant par ce point. Une disposition particulière étendra jusqu'à, une distance de 10 milles de Zumbo le territoire portugais au nord du Zauibèze.

a Dans l'Afrique occidentale, la limite des sphères d'influence du Portugal et de la Grande-Bretagne court, à partir des chutes de Catima, le long du Zambéze jusqu'à son confluent avec le Rabompo, puis le long de ce fleuve vers le nord jusqu'à la frontière de l'État du Congo. Il est entendu que la Grande-Bretagne ne s'oppose pas à l'extension de l'influence portugaise, à l'est de la limite ci-dessus désignée entre Angola et la frontière ouest du Congo, sur une surface de 400,000 kilomètres carrés; elle reconnaît comme territoire portugais Vhinterland d'Angola à partir de la limite où les fleuves (vers le 11° 1/2 lat.) courent au Nord etau Sud, •""*" ^~, frontière septentrionale des possessions allemandes.

Grande-Bretagne doit avoir une voie libre entre ses

î 3s d'influence septentrionale et méridionale en Afrique ; tout

< li est à l'ouest du Nyassa est territoire britannique. Le Por-

l se réserve le droit de maintenir une union entre ses terri-

^ de l'E. et de l'O., le long du Zambéze*, il pourra, dans la

zone délimitée par deux lignes passant Tune à dix milles an sud du fleuve, Tautre & vingt milles au sud, établir des routes, des chemins de fer et des lignes télégraphiques. D*autre part, la Grande-Bretagne se réserve le droit d'établir des routes et des chemins de fer de l'extrémité N. E. de sa sphère d'influence au sud de Zambèze, jusqu'à un point situé entre le Mazoe et les rapides de Karoa-Bassa, dans une bande large de 10 milles.

« Le Zambèze et ses affluents doivent être ouverts à tous les pavillons; les fleuves compris dans les sphères dlufluence des deux États déterminées par ladite convention seront ouverts aux navires des deux nations. — Si le Portugal est amené à faire des cessions de territoire, la Grande-Bretagne aura un droit de préemption. — Tous les différends des deux États relatifs aux sphères d'influence en question seront soumis à l'arbitrage. — Les droits de transit qui seront établis par le Portugal sur les marchandises envoyées à travers le territoire portugais des sphères d'influence britannique à la riier, ne devront pas dépasser le taux de 3 0/0 ad valorem établi par le tarif portugais de 1877. »

L'Angleterre ne pouvait guère rêver une convention plus avantageuse que celle-ci. Le Portugal devait se contenter d'une route à travers les contrées dont il avait rêvé la souveraineté ; ses prétentions territoriales n'étaient accueillies que dans le voisinage de Zumbo et, dans une assez large mesure d'ailleurs, à l'est d'Angola. On sait l'impression que fit le traité en Portugal. La compagnie britannique de TAfrique méridionale manifesta clairement qu'elle ne tiendrait pas compt-e des limites, si larges qu'elles fussent, imposées à son expansion : au cours des négociations, elle avait entrepris dans les territoires litigieux des expéditions; elle les poursuivit pendant le délai stipulé pour la ratification du traité et les poussa au delà même des nouvelles frontières ; quand le rejet de la convention fut certain, la Société prétendit avoir les mains libres, quoique le Portugal se crût tenu à observer le statu quo durant les nouvelles négociations.

De mars à juin, le voyageur anglais Sharpe a expl^'*'^ une partie du district de Zumbo, entre le Nyassa > monts Mchinga et le confluent du Loangoa ave ' Zambèze. Un agent de la Compagnie s'est rendu en r chez les Barotsés; il a obtenu, paraît-il, du roi un ti

de protectorat stipulant Tabolition de Tesclavage, et la concession générale de toutes les mines, moyennant le paiement d'une redevance sur les produite de Texploitation et d'une rente annuelle de 2,000 1. st. Le territoire des Barotsés aurait pour limites : au Sud, le Zambèze, du confluent du Chobe à celui du Kafoui ; à l'Est, ce dernier fleuve ; au Nord, la ligne de partage des eaux du Zambèze et du Congo ; àTOuest, la frontière anglo-portugaise. Des missionnaires protestants français et suisses sont établis à Secheké. Dans la région du Nyassa, le consul Johnston, au cours d'un voyage accompli en 1889 et connu seulement celte année, a négocié la paix entre les Arabes et la station anglaise de Karonga ; il s'est ensuite rendu, explorant en route le lac Rikoua, à l'extrémité méridionale du Tanganyika; les missions écossaises ont un sanatorium au nord-ouest du Nyassa, plusieurs établissements aux abords du Tanganyika, et, sur la rive du lac, à Niamkolo ; Johnston noua des relations avec les Arabes de l'Ouroungou et de ritaoua, voisins de la pointe sud du lac. A la suite de ce voyage, la Compagnie a fondé la station Abercron près de la baie Rhodes (branche orientale de la baie Hore). La carte dressée par Johnston et son compagnon le docteur Kerr Cross a servi de base aux négociateurs du traité anglo-allemand du !•' juillet qui fixe ainsi qu'il suit la démarcation des sphères d'influence respectives dans cette région :

Elle suit le fleuve Songoué jusqu'à son intersection avec le 33* lat., puis ce degré jusqu'à ce qu'il rencontre la limite du bassin du Congo, telle que l'a fixée la carte jointe au 9« protocole: de la conférence de Berlin; la frontière suit cette limite jusqu'au 32* long., et court en droite ligne jusqu'au point où se réunissent les bras septentrional et méridional du Kilambo; elle longe cefleuve jusqu'à son embouchure dans le Tanganyika.

î traité réserve à l'influence britannique toute la «e Stevenson. Ce pays, « le jardin de l'Afrique », est asté par les pillards de la région des sources du ambézi, auxquels les Arabes fournissent des armes-.

Des traités ont été passés, dans les pays séparant le Nyassa du lac Moero, par des agents britanniques. Par les deux conventions de 1890, la sphère anglaise comprend la rive orientale des lacs Moero et Bangoueloet du fleuve Louapoula. M. Sharpe, parti du Nyassa au mois de juillet dernier, a atteint ce fleuve et a pénétré dans le Garenganzé ou Katanga, royaume de Msiri où sont établis des missionnaires anglais, mais qui est compris dans les limites de TÉtat du Congo, fixées par la déclaration émanée du ministre des affaires étrangères de cet État le l*'^ août 1885. La Compagnie de TAfrique méridionale affirme, paraît-il, qu'elle n'est pas teaii€ par la déclaration unilatérale de 1865 ; le traité du 16 décembre 1884, par lequel la Grande-Bretagne a reconnu TËtat du Congo, ne déterminant pas de limiles, elle serait libre d'occuper un territoire que Les agents de TËtat libre n'ont pas encore visité et qui n'est lié par traité avec aucune puissance européenne. Ce pays a des mines d'or et de cuivre. MM. Thomson et Grant s'y sont rendus récemment.

La South African Company n'a fondé jusqu'ici d'établissements importants que dans le Bechuanaland protégé et dans le Machonaland. Un ordre en conseil a étendu jusqu'au Zambèse les pouvoirs du commissaire du Bechuanaland (27 avril). Les forces locales y montent à 500 hommes. Des communications postales régulières existent entre le Cap et les rives de Zambèze; la Compagnie a ses timbres spéciaux. Khama, depuis un an. a transporté sa capitale à Cuapong ou Machouapong, à 100 milles de son ancienne résidence de Chochong; une mission anglaise y est fixée. Le haut commissaire, sir H. Loch, a rendu visite à Khama le 18 octobre. Le télégraphe a été établi chez le chef Sechele à Molepole. Lobengoula, roi des Matebeles, à < M. Maund a ramené (juillet 1889) les deux chefs re nus émerveillée de leur ambassade à Londres (vo. année 1889, p. 313) a permis à deux équipes de pp< pecteurs de travailler au sud de Gouboulawayo ; '

IQUE ORIENTALK 4ib

issioanaires è. loyati, et il a autorisé la coDStruction d'une route reliant le Bechuanaland britaDuique au Machonaland. Cette route contouraerait le territoire du Transvaal, qui, par le traité du i août, relatif au Souaziland et mentiouné plus haut, a promis de ne pas entraver dans cette région l'action de la Compagnie et qui renonce, par suite, à ses prétentions au nord du Limpopo. Le colonel PennefaUier, à la tète d'une troupe de 3ÛU hommes, dont 200 blancs, commandée par 24 officiers de l'armée anglaise, et de plusieurs centainesde pionniers dirigés parH. Selous, a été chargé d'établir cette route qui continur jusqu'au mont Hampden le chemin de fer de Kimberley à Vrybourg inauguré le 3 décembre dernier, et la route de Vrybûurg à Mafeking. La première section, longue de 5^ milles, longe de très près la frontière occidentale de la République Sud-Africaine jusqu'à la rivière Macloutsie, affluent du Limpopo; la route, après avoir suivi quelque temps ce dernier fleuve, se dirige presque droit au Nord à travers un pays tributaire des Matebélés ou plutôt périodiquement pillé par cu\.. Elle est protégée par plusieurs forts que gardent des troupes de la Compagnie : le fort Touli, prés de la Macloutsie ; le fort Victoria, à la Gorge Providentielle par 20° lat. et 31° long. Gr; le fortCharter, a 30 milles à l'ouest du mont Wetsa, et enfin le fort Salisbury qui a été bàli au mois de septembre 1890, par 17" 35' lat. et ai" 2' long, à S milles au sud du mont Hampden, dans un pays bien arrosé, fertile, où on a trouvé de riches placers d'or. Le télégraphe va jusqu'à 26o milles du Ûafeking. On reproche à cette route d'être fort longue, ce qui rend le prix des transports 1res élevé ; il faut ajouter sans doute qu'elle est exposée aux attaques des sujets peu dociles de Khama et de Lobeugoula. Les Compagnies q int obtenu des concessions de Lobengoula ont formé u United Company qui fusionnera sas doute avec sa r "e, la puissante South African Company.

est du fort Salisbury se trouve le pays de Hanica,

dont la richesse aurifère est proverbiale, et où on trouve, à côté de monuments d'une civilisation inconnue, les traces d'anciennes exploitations. Le chef de ce pays, Moutassa, est vassal du royaume de Gaza. Le roi de Gaza, Oumzila, a conclu en 1861 avec les agents de S. M. T. F. un traité de protectorat et a obtenu le drapeau portugais ; son successeur (frère, fils ou neveu) Gougounhama a renouvelé en 1885 ce traité, qui ne faisait d'ailleurs que confirmer les antiques relations du Portugal et du Monomotapa ; depuis un an, il réside près d'Inhambane. Les Portugais avaient jusqu'en 1833 une station à Manica ou Massikessé; ils ont, depuis, conservé un capitaô mdr à Gorongoza. Celui-ci, Manoël Antonio de Souza, a obtenu de Moutassa en 1873 la cession de ses droits de propriété ; il a transmis le bénéûce de son contrat à la Compagnie de Mozambique, où des capitalistes français sont intéressés. Cette société, en 1881, a fondé des établissements miniers dans le Manica (1); le capitaine (aujourd'hui colonel) Païva d'Andrade a fait renouveler par le roi Moutassa son hommage de fidélité. Nous avons mentionné la création du nouveau district de Manica (voir année 1889, p. 34o), dont Souza est gouverneur. La Compagnie de Mozambique a terminé les études préliminaires d'un chemin de fer qui joindrait ses mines à la côte, le long du fleuve Poungoué, dont une partie seulement est navigable. La Compagnie anglaise a tenté de s'emparer des mines et en même temps de la tête de la route la plus courte qui unisse le Machonaland et le Manica à la mer. M. Colquhoun, nommé administrateur du Machonaland par la Société anglaise, pénétra dans le Manica .au commencement de septembre; M. de Rezende, agent de la Compagnie de Mozambique et intendant des affaires indigènes, protesta aussitôt contre cette invasion. Le 19 octobre, le colonel Païva de Andrade, a( î-

(1) Notes sur la géographie de quelques régions voisin( u Zambèse (avec carte), par H. Kuss, Bulletin de la Soc, d( >graphie de Paris, 1882.

AFRIQUE OEIENTALE î la Compagnie, arrivait à Massikes; : du fort Sali sbury lui adressa, le 5 n( Ire l'engageant à évacuer le Manies rait cédé, par un traité en date du 1' i Compagnie britannique. Le coIoe npagné seulement de porteurs, au kri ur lui demander des explications (i roi affirma sa fidélité ; mais, dura:

capitaine Forbes, à la tète de dix bissait le village et faisait prisonn ris sans armes, ainsi que Manoel Ai igénieur français Llamby et M. de Rei et le gouverneur furent conduits ai dirigés ensuite sur le Cap; en roui eur de la Compagnie anglaise les rei

.s dit (voir : Portugal) que lorsque ce

s à la connaissance de lord Salisbi

lisposé k donner tort à. la Compagni

iioi que prétende celle-ci, il ne para

■■ le kraal de Moutassa ne soit (si o:

i position donnée dans les meilleures

i pays) dans la sphère d'influence

gaise ueieruiinée par le traité du 20 août; la ce

tion passée par M. Colquhoun avec Moutassa ap

conclusion du traité et avant son rejet n'aurail

pas de valeur.

Les limites du traité doivent être provisoiremei

pectées aux termes du modus vivendi du 14 nove

qui a eu pour but de prévenir des incidents semb

à, celui de Manica, connu d'ailleurs en Europe v

Un de décembre seulement. La clause par laqu

Portugal a promis l'ouverture des fleuves à la n.

tion était, d'autre part, rendue inévitable par la :

, d'éviter un conflit : dès le lendemain de la

e du traité du 20 août, sans attendre même qi

sente aux Cortès, lord Salisbury annonça l'en

'X canonnières qui remonteraient jusqu'au N;

elles furent en effet amenées à rembouchure du Zambèze au commencement de septembre et le remontèrent le & octobre, malgré la protestation des autorités portugaises. L'ouverture au commerce anglais du Pongoué, qui a été descendu en octobre par MM. Jameson et Johnson, donnera à la Compagnie britannique Tusage de la route qu'elle convoite.

L'affaire du chemin de fer de la baie Selagoa n'a pas donné lieu aux mêmes difficultés que la question territoriale. La Compagnie dépossédée demandait une indemnité de 1,750,000 livres sterling, et la veuve du colonel Mac Murdo, soutenue par le gouvernement des États-Unis, 760,000 1. st. Le différend a été soumis, comme il a été dit déjà, à l'arbitrage du Conseil fédéral helvétique (juillet). Des commissaires portugais et transvaalien délimitent la région frontière voisiae du point où le chemin de fer traversera les monts Lebombo. Nous avons dit qu'une convention provisoire de tarifs avait été signée à la fin de décembre 1889 entre l'administration portugaise du chemin de fer de Delagoa à la frontière et la Compagnie néerlandaise : celle-ci a émis un emprunt de 6 millions de florins à 4 p. 100, garanti par le Transvaal; il y a 500 kilomètres de moins des placers de Johannesburg à la baie Delagoa que de cette ville h Port-Élisabeth, à qui ils doivent être unis par la ligne de la mer à Colesberg, prolongée à travers l'Etat d'Orange. Par le traité du 2 août, l'Angleterre (voir : Afrique australe) a donné son assentiment à la concession, faite par le roi des Souazis à la République Sud-Africaine, d'un chemin de fer qui doit être prolongé jusqu'à la baie de Kosi; le gouvernement de Pretoria compte acheter cette baie aux Amatonga : le bruit de l'envoi d'un résident portugais dans ce pays ne s'est pas confirmé, et le cabinet de Lisbonne paraît avoir fait, au contraire, un accueil assez froid aux bassadeurs amenés par un Allemand, gendre d i reine (janvier) ; le Tongaland est placé dans la sp î d'intérêts britanniques par le traité du 20 août, i

IIQUE OEIENTALE 449

t les droits du Portugal sur la baît; de fer de Kosi fera concurrence k

U Angelvy a été chargé par le gou- ) de faire la recherche de la houille irise entre la Rovouma, le Msala tembi'e). Le traité anglo-allemand Rovouma la frontière méridionale LUX du sultan de Zanzibar, tandis '< la fixait à la Miningani ; le Por- 1er la baie de Tunghi que lui disanzibar depuis 1886.

s ALLEMANDES ; ZANZIBAR

npérial dans l'Afrique orientale a poursuivi la pacification du littoral. Après sept combats, Banaberi, qui tenait la campagne à l'ouest de Saadani, s'est soumis (avril). Wissmann a occupé du i au 14 mai Quiloa, Lindi et Mikindani : en douze jours, il a mené à bien une entreprise qu'on avait représentée comme la partie la plus difficile de sa tâche ; et le 26 mai, il a pu s'embarquer pour l'Europe, laissant le commandement à M. Schmidt. Les troupes du protectorat se composaient à ce moment de 1,200 Soudanais, 380 Zoulous et 120 Askaris (soldats de Zanzibar), sous les ordres de 50 officiers et ISSsous-ofUciers allemands. Elles occupaient, indépendamment des places de la côte, huit autres stations, parmi lesquelles Mpouapoua, à dix marches de Bagamoyo, au crolse-

it des routes des lacs. Le 6 août, un ordre du ' missaire impérial a déterminé les limites du ler- ; ire des stations qui ont été groupées en deux dis- 1 ts séparés par le cours du Roufidji. Au Nord, le

~andjaro a été l'objet de plusieurs tentatives d'éta-

blissement : M. Ehlers a porté au roi Mandara (voir : année 1889, p. 327) des présents de Tempereur Guillaume (mars); M. de .Eltz a créé le. poste d'Aroucha; le vicaire apostolique français, Mgr de Courmont, a visité Mandara et a fondé une station à Machamé. Le D' Meyer, après avoir gravi le sommet du Kilimandjaro, a exploré le Paré. On a fait le projet d'un chemin de fer qui joindrait Tanga à Aroucha ; c^était Tobjet de la mission confiée à Baumann par la Compagnie allemande de l'Afrique orientale dans FOusambara et le Paré, dont il vante la riche végétation, les forêts et les pâturages.. Le pays a eu beaucoup à souffrir des incursions de Simbodja, chef de Masinde ; au mois de janvier 1890, il a fait sa soumission, a payé Tamende à laquelle Wissmann l'avait condamné, et a accepté le pavillon allemand ; dans le courant de Tannée, une station a été établie chez lui.

En l'absence de Wissmann, M. Schmidt a dirigé une expédition contre les Matiti qui ravagent la région méridionale (juillet) ; les succès remportés par ses lieutenants entre Lindi et la Rovouma (octobre) n'ont pas découragé les tribus pillardes : elles trouvent dans le pays difficile qu'elles habitent un refuge assuré ; à peine de retour en Afrique, Wissmann a dû organiser une nouvelle campagne contre les Yaos (21-29 décembre). 11 semble que, dans le Nord, la paciiicatioD du littoral soit complète. C'est un grand résultat dû au commissaire impérial, que l'Empereur a récompensé par un titre de noblesse. Les tentatives de colonisation n'ont cependant repris que timidement : des essais de culture ont été commencés près de Pangani et de Tanga ; il y a plus de projets que de résultats. M. Vohsen, représentant de la Compagnie de F Afrique orientale y a distribué des graines à un certain noi ' 8 de chefs, et leur a promis d'acheter les produite e leurs cultures. Les caravanes de l'intérieur ont rec mencé à venir à la côte ; on en a signalé qui compta t plusieurs milliers de porteurs. C'est l'effet de Focc

ann s'est particulièrement qui conduisent aux lacs; in-Pacha.

pas arrivés à la côte que pacha comme un homme , de son côté, reprochait à ment d'avoir inquiété les iiatoriale et d'avoir ainsi, r révolte ; mais aussi d'avoir ire des postes du Haut-Nil.

;ment parti pour Emin, tanîcience de la réclame où il miser, en son honneur, des oclamail les droits de l'Anicain. La querelle de deux 'un épisode de la rivalité de 1 entra au service de l'AUele commandement d'une les possessions allemandes

Sts de l'Angleterre et de l'Allemagne en Afrique, particulièrement dans la partie orientale de ce continent, étaient si opposés que la possibilité d'un accord n'apparaissait pas. Elles avaient des prétentions l'une et l'autre sur plusieurs points. Toutes deux convoitaient Zanzibar; les Arabes de cette Ile, hostiles aux dispositions prises contre la traite et secrètement favorables aux révoltés, étaient impuissants à repousser le joug des étrangers, mais très capables de fomenter une conspiration. Ce malheureux et faible sultan venait de signer (10 janvier) un arrangement réglant, d'une manière très désavantageuse pour lui, les conditions de l'administration des douanes ifiées à la Compagnie allemande, lorsqu'il mourut bitement (13 février). Son frère Saïd-Ali, Éigé de ;nte-six ans, lui succéda. C'est au nouveau sultan 'il était réservé de voir le démembrement de l'em- "6 fondé par son aïeul.

Partage du sultanat de Zanzibar ; traité anglo-aile • mand ; accord avec la France. Le désir de consacrer un rapprochement intime de FAngleterre et de TAUemagne, la pensée de limiter, afin de le mieux exploiter, un domaine colonial qui a donné déjà bien des soucis, la perspective enfin d'acquérir Helgoland, ont décidé le gouvernement de Tempereur Guillaume à de notables sacrifices; par Taccord du 17 juin, qui a servi de base au traité du !•'' juillet, TAUemagne renonça à toute velléité d'action dans l'Ouganda, abandonna à l'Angleterre Zanzibar dont on avait tant vanté la valeur, satisfit les prétentions britanniques dans le Sud-Ouest, céda enfin Witou qui était en sa possession ; en échange, elle obtint carte blanche pour Texlension de sa domination jusqu'aux grands lacs, sur la région qu'elle revendiquait avec persistance à titre d'hinterland. Pour vaincre sur ce dernier point les résistances assez vives de TAnglelerre, les plénipotentiaires allemands oflFrirenl d*assurerà travers TAfrique orientale, libre transit aux maix^handises anglaises : ce qui, au point de vue économique, unit les domaines des deux Compagnies britanniques du Sud et de TEst : on a stipulé au profit des sujets des deux États, dans la zone déterminée par la conrerence africaine de 1885, le maintien du régime de la liberté, pour le cas où les dispositions de Tacte génénU de Berlin seraient modifiées par les puissances si^natairt^s.

Le Iraile du !•' juillet laisse à l'Allemagne OuangaL, dont les arnxngemenls antérieurs ne déterminaient pas clairtnuent la position^ el prolonge à Touest du lac A'iotona Nvanza la li^ne de démarcation établie en 188(Li :

Tto^vers^mt le îcic îe îon^ Ju l» !at. S.. eUe suit ce parallèie Juijqu à. U iVotitin-rt? de fÉtit du Coa^o. Il est enlendo qax îjt^'iïére jlL eLLiatide dlutérèt» ue couiprtfBttl pas le moQt Mfoo birv>... A l ou- <t» U s^t^bère d'iatitutruct* allemande est Umifcêe j uue lUue qui de reujLboucîriice du. tteave KHambo JdaiK !e T; ^auyiîvi au t^ Ut. S. ?e wojCotid arec £a firv^atiêre de rÉIat Cwiio... Art. l»*^.'

AFRIQUE ORIENTALE 4ô3

L'Allemagne retire, en faveur de la Grande-Bretagne, son protectorat sur Witou. Elle renonce aussi à son protectorat sur le littoral compris entre la frontière septentrionale de Wilou et Kismayou, ainsi qu'à ses prétentions sur les territoires situés au nord du Tana et sur les îles de Patta et de Manda. (Art. 2.)

Les deux puissances s'engagent, pour toutes les parties de leurs territoires faisant partie de la zone du commerce libre désignée danà" l'acte de la conférence de Berlin et auxquels s'appliquent les cinq premiers articles de cet acte- au moment du présent traité, à mettre en vigueur les dispositions de ces arti~ clés. Le commerce y jouira d'une complète liberté; la navigation sera libre pour les deux pavillons; il n'y aura aucun traitement différentiel en ce qui concerne le commerce de la côte ou le transit; les marchandises de toute provenance ne paieront pas d'autres droits que ceux qui, à l'exclusion de tout traitement différentiel, rembourseront les dépenses faites dans l'intérêt du commerce ; il ne pourra y avoir ni droits de transit, ni monopoles, ni traitement commercial de faveur. Les nationaux des deux États pourront s'établir librement dans les territoires des deux États, en tant que ceux-ci appartiendront à la zone du commerce libre. Il est entendu particulièrement qu'en exécution de ces dispositions le trafic entre le lac Nyassa et l'État du Congo, entre le Nyassa et le Tanganyika, sur le Tanganyika, et entre ce dernier lac et la limite septentrionale des deux sphères («te), doit être libre de toute entrave et de tout droit de transit. (Art. 8.)

La Grande-Bretagne emploiera toute son influence à faciliter on accord amical par lequel le sultan de Zanzibar cédera à l'Allemagne sans réserve ses possessions continentales comprises dans la concession faite antérieurement à la Compagnie allemande de TAfrique orientale, avec leurs dépendances, ainsi que Mafia. Il est entendu que Sa Hautesse recevra en même temps une indemnité modérée pour la perte des revenus qui résultera de cette cession. L'Allemagne s'engage à reconnaître le protectorat de la Grande- Bretagne sur les autres possessions du Sultan, y compris Zanzibar et Pemba, ainsi que sur les possessions du sultan de Witou et le territoire voisin jusqu'à Kismayou (Art. 11.)

Bien que le traité constituât, aux yeux des coloniaux allemands, uu recul, la part qui restait à l'empire peut passer pour belle, surtout si Ton songe que six ans i aravant l'Allemagne n'avait pas un pouce de terre i s l'Afrique orientale, que l'Angleterre dominait, ( îctement ou indirectement, par l'influence qu'elle € rçait sur le khédive, sur le sultan de Zanzibar et sur 1 Portugal, toute la ligne des côtes, et qu'en 1878 Saïd-

Bargach lui avait offert toutes ses possessions continentales. Dans le mémoire quHl a publié pour expliquer la conclusion du traité du 1®'' juillet et qui développe les idées exprimées, dans les mêmes termes, par une noie de la Gazette de r Allemagne du Nord le 17 juin, le chancelier de Caprivi, après avoir exposé les motifs de politique générale dont il s'est inspiré, justifie la cession de Witou, qui n'a pas de valeur sans la possession de Manda, de Patta et de Lamou (occupées par l'Angleterre en 1889: voir année 1889,p.315)etdesfleuvesTanaetJuba, les grandes voies du commerce, dont les riverains ont traité avec l'Angleterre. Il rappelle(et c'est un fait qui a son importance pour l'histoire des relations du prince de Bismarck avec l'Angleterre), que dès 1887 il y avait eu entre les gouvernements de Londres et de Berlin des négociations (dont un licre bleu publié en 1888, et un article donné en 1890 par Sir F. de Winton à la Nineieenth Century avaient parlé sommairement) au sujet de Vhmterland de leurs possessions respectives dans TAfrique orientale. Le 19 août 1887, le comte Hatzfeldt a expressément déclaré à Lord Salisbury que l'Ouganda, Ouadelaï et les autres contrées situées au nord du 1*^ lat. S. étaient en dehors de la sphère des intérêts allemands :

Nousi avons toiUq, dit ]e rapport du chancelier, nous assurer un ternkotr^ cv>mpact el en écarter toute influence étrangère, afin de pouvoir travailler au dêveloppemeul économique du pays et à la prv>pa^aKi«.>n du chn»ti;&ui$aie» {NTotê^eer les routes des carayaoes et p^Htr^uîvre la réprt>$^ioa de ta traite. Ce n*est plus le moment de ivnclure de* tratte* et de planter aoire drapeau; la période d>:&teu$ioa dvûC être teruiiaée : il faut utiliser maintenant ce que ûou* avou5 aci^virs: un demi-àècle de sérieux efforts sera vraisetubUbiecueut bien rempli par cette cturre. A Zaniîbar, il était uece$$tun;f «ie mettre 6a à ttoe sttuatiîoii dexenae ÎDSopportable el dVtjdbiir Jk cet effet la prépoctierauce de Tun des deux gouT «»em$. iN. L'AUemo^tte avaii: place ZajBm£»ar sous son proleci r elle iutrxi.: choque Le seDtiwetLt public es An^terre et, ans à rîib<,-^o -itf ;a décl^uratioa de tîJifâ. ea France; ei!e anraôt pré f uc} rd^Nvcvcà-'Cueat de ces deux. pays,. àunoos-BOos p« emp^ r ^'jul: ear^ l" Aa^iec«?n:e> le iour au. ellje Taiurait tq«Iti^ «ie s'em r

AFRIQUE OBIEKTALE

d« 009 porta de l'Afrique orientale, Tnfme si nous avioni Zaniibêtr? Dans les mains de l'Angleterre, Zanzibar ne oc pas plus nos colonies que Malte ne menace Tunis ; en cas i taire noii9 et une tierce puissance, la neutralité de l'An empEcbera l'occupation de l'Ile par l'ennemi. Au point commercial, l'importance de Zanzibar Tient de ce que 1 cipaux négociants s'y sont établis, mais la concentration ( Tement commercial entraîne des transbordements coAti port est moins bon que ceux de la cOte. Hien ne prouii doiTe conserver toujours fb position privilégiée; pour colonies en soient iodépendantes, il faut établir le poini de nos intérêts sur la cÂte, dont, i vrai dire, le commerce i et domine celui de Zanàbar (1). »

L'Angleterre et !a France ayant collectivement | riodépendance des Ëtats de Zanzibar le 10 mar par une déclaration i laquelle l'Allemagne a adl 1886, il était nécessaire d'obtenir le consentem gouveroetneot de la République au partage du Su Bien que nous nous soyons désintéressés peu & [ affaires politiques de Zanzibar, nous avons encoi les Ëtats du sultan des intérêts représentés pi sieurs maisons de commerce et par d'importan blissements religieux; le port de Vile est une esc portante de nos navires, et eotlu elle est en re fréquentes avec nos possessions de Madagascar Comores; si peu différente que la situation de de l'état de droit dont l'Angleterre et l'Allemagi jetaient l'établissement, la proclamation du ; torat ou de la souveraineté de ces deux puissanci vait produire dans l'Océan Indien un effet défai à notre prestige. Pour corriger cette impression, absolument nécessaire de consolider notre situ Madagascar. Le 5 août, Lord Salisbury et M, dington ont échangé deux déclarations aux term iiuelles la France promet de reconnaître le prot tatinique sur Zanzibar, et l'Angleterre recon

) * L'Angleterre est plus importante pour nous que '. tute l'Afrique orientale « avait écrit le Prince en 1B89, port que son successeur a cité au Re.ichstag le 6 févr

protectorat de la France sur Madagascar avec toutes ses conséquences et s^engage à demander Vexequatur pour ses consuls par Tentremise du résident général de France. A Zanzibar, à Madagascar, les missionnaires des deux pays seront protégés; la tolérance religieuse^ la liberté pour tous les cultes sont garanties. L'accord ne doit pas préjudicier aux droits et libertés dont jouissent les nationaux français à Zanzibar et anglais à Madagascar. Le 17 novembre, M. Herbette, notre ambassadeur à Berlin, çt le baron de Marschall ont échangé deux lettres aux termes desquelles l'Allemagne reconnaît le protectorat français sur Madagascar avec toutes ses conséquences, et la France promet de ne pas s'opposer à l'annexion par l'Allemagne de Mafia et d'une partie des possessions continentales du sultan de Zanzibar; les ressortissants respectifs jouiront dans les territoires en question du traitement de la nation la plus favorisée. Les Français auront donc la même situation qu'ont les Portugais (traité de 1886) et les Anglais.

Le 7 novembre, le protectorat britannique a été proclamé à Zanzibar; dans le courant d'octobre, le sultan avait promis de céder à l'Allemagne ses droits de souveraineté sur la partie du littoral comprise entre la Rovouma et Ouanga, moyennant le paiement d'une indemnité de 4 millions de marks ; cette somme a été versée le 30 décembre entre les mains du représentant du sultan, et le 1*"^ janvier 1891, il a été procédé à l'annexion officielle du littoral par M. de Wissmann.

Le gouvernement impérial a arrêté le plan d'une nouvelle organisation politique et administrative de TAfrique orientale, qui sera transformée en une colonie de là couronne. Le baron de Soden, qui a été chargé pendant l'automne 1890 d'une mission de quelques semaines à Zanzibar, exercera à partir du 1" avril ^'^'^ fonctions de gouverneur et administrera les pos sions allemandes au nom de l'Empire ; des fonct naires de TÉtat percevront les revenus ; ils toucher les droits de douane à partir du 1" avril, en rempl*^

rmQUE ORIENTALE 4S7

e la Compagnie, qui du 1" janvier itteroDt de cette fonction pour le neinent. La Compagnie, qui était !té autorisée (en vertu d'un accord signé le 20 novembre) à émettre un emprunt de 10,530,000 marks : elle a prêté à l'Empire 4 millions; elle devra d'ici dix ans employer le reste de l'emprunt à des travaux publics (ports, phares, etc.) et à des entreprises économiques, mais touchera 600,000 marks par an sur le produit des douanes. Elle a reçu le privilège d'une banque d'émission, la propriété des territoires sans maître, un droit de préférence pour la concession des chemins de fer et des mines. De souveraine, elle devient privilégiée.

Le projet de budget présenté par le gouvernement pour 1891-1892 prévoit une dépense de 3,500,000 marks pour l'Afrique orientale (500,000 pour l'Administration, 100,000 pour les travaux publics, 140,000 pour les douanes, etc.). On se propose de faire passer au service de l'Empire les troupes indigènes engagées par le commissaire impérial. Le siège du gouvernement sera à Dar-es-Salam, où le télégraphe a été installé (ainsi qu'à Bagamoyo). Le service de navigation allemand de l'Afrique orientale fonctionne depuis le 1"' juillet. Le 24 décembre, le Moniteur officiel de l'Empire a annoncé qu'à partir du l^"' janvier, les marchandises provenant de Zanzibar seraient soumises dans les ports du littoral allemand au paiement des droits de douanes, et que, dans ces conditions, les négociants européens auraient intérêt à nouer des relations directes avec les possessions allemandes. 11 n'était pas besoin de ceL avis pour faire eonnaitre une rivalité dont les manifestations se multiplient. Les maisons de commerce allemandes vont transporter sur la côte leurs principaux tlissements; la prospérité de l'tle souffrira sans te beaucoup des effetsde cette concurrence. es mesures prises par le sultan de Zanzibar contre xaite et l'esclavage choquent à la fois les préjugés

elles intérêtsde ses sujets ; elles rendentla main-d'œuvre plus rare et plus chère. Il y a eu des scènes tumultueuses dans son palais lorsqu'il a, sous la pression des Anglais, rendu le décret du i" août, défendant Tachât, la vente et réchange de tout esclave, prescrivant la fermeture de tous les bazars où sont vendus les esclaves de maison, interdisant de les traiter avec rigueur, et autorisant tout esclave à se rachètera son gré. Un décret du 9 août, rendu à la suite des menaces des Arabes, a modifié ces deux dernières dispositions ; et, en fait, la réforme n'est guère appliquée. Sur le continent, elle ne l'a pas été du tout. C'est un avantage notable pour les propriétaires et les commerçants indigènes des possessions allemandes; le limes a provoqué un vif sentiment d'indignation en Angleterre en publiant une prétendue proclamation par laquelle le commissaire impérial aurait promis de tolérer le trafic des esclaves. Tout en démentant l'authenticité de ce document, le Moniteur officiel de V Empire a déclaré impossible d'abolir du jour au lendemain l'esclavage dans un pays où la main-d'œuvre libre n'existe pas. A la suite d'un accord entre le major Wissmann et le représentant de la Compagnie anglaise en vuede la restriction du commerce des armes et des spiritueux et des ordres rendus par le Commissaire Impérial (28 février, i*"" août, 5 août), l'usage des fusils perfectionnés n'est autorisé qu'exceptionnellement; les autres armes devront porter le timbre de l'administration coloniale allemande ; le trafic des spiritueux a été sévèrement réglementé.

Un hôpital allemand a été créé à Bagamoyo ; la société évangélique allemande et les bénédictins bavarois ont quelques établissements ; M. de Wissman a en estime particulière les Pères du Saint-Esprit, qui sont en majorité Français, et les missionnaires du cardinal Lavigerie ; ces congrégations ont sur les bords du Tan nyika, dans TOusegouha, dansl'Ounyanembé, à lapoi méridionale du Victoria Nyanza et dans l'Ouganda stations dont la situation est actuellement fort dar

ules, daQsles régions les plus loininfluence allemande, à représenter éenne.

ose, pour l'organisation de ces conplan dont l'exécution, à l'en croire, les mettrait rapidement en valeur. Il recommande de les partager en trois provinces et ne demande que deux millions de marks pour mettre en état de se suffire à lui-même le district compris entre Mpouapoua, le Tanganyika et le Njanza. Il distribuerait des terres à ses soldats autour des stations et imposerait aux noirs un faible tribut en nature : il arriverait ainsi à, développer les cultures ; il protégerait les missions qui enseigneraient auK indigènes des métiers ; persuadé que les progrès du commerce amèneront l'extinction de la traite, il s'entendrait avec les grands marchands arabes; il installerait près des principaux marchés des stations. Que ce plan, divulgué en octobre par la Gazette coloniale, ait concordé, plus ou moins, avec les vues du commissaire impérial et du gouvernement, Emin reçut mandat de fonder un poste sur la rive méridionale de la Victoria (avril). Wissmann pensait faire de cette station le point \ d'un départ d'un bateau à vapeur : pendant son congé, a provoqué une souscription nationale pour l'achat de ce bâtiment destiné à assurer à l'Allemagne la suprématie commerciale surlesrivesduNyanza, Le négociant ' irlandais Stokes, chargé de fonder une station dans l'Ousambara, partit de Bagamoyo en juin pour aider Emia.Celui-ci,sur toute sa route, avait conclu des traités avec les Arabes de Condoa (mai), avec ceux de Tabora, et avec les principaux chefs de l'Ounyanembe (août). Chargeant M. de Bulow de secourir contre les Ouangoni le chef de l'Ourambo, qui demandait le protectorat allemand, il marcha vers le Nyanza et invita M. Stokes à staller au sud de ce lac, tandis que lui-même, dési- X de se rapprocher de son ancienne province, s'insérait dans le Karagoué, pour être à portée de secourir ■nissionnaires catholiques de l'Ouganda ; le 27 sep-

tembre, il arrivait à la crique Oukereoue; le 31 octobre, il s'établit à Boukoba, près de la ligne de démarcation anglo-allemande ; malheureusement, les lieutenants qu'il a laissés en arrière avec des forces insuffisantes sont fort exposés dans la région comprise entre TOurambo et le lac ; d- autre part, les relations des Anglais de l'Ouganda avec M. Stokes, qui est arrivé au lac en novembre, ont paru suspectes à Emin. Il a dû recevoir en novembre la nouvelle du traité anglo-allemand qui lui interdit toute immixtion dans l'Ouganda. Sa poli tique indépendante a provoqué le vif mécontentement de M. Wissmann qui l'a accusé de dépasser ses instructions, de dilapider ses ressources, de disperser ses forces en expéditions multiples et périlleuses, et enfin d'avoir compromis le succès de la mission de M. Stokes près des noirs de rOunyanembé par son entente avec les Arabes. Au commencement de décembre, avant de connaître l'établissement de Boukoba, il a enjoint à Emin de s'arrêter sur la rive méridionale du lac et de revenir après y avoir créé une station. Les rapports malveillants de M. Stokes semblent avoir donné à un malentendu les proportions d'une désobéissance formelle ; la lenteur des communications a sans doute décidé Emin à ne pas attendre l'arrivée des ordres qu'il avait demandés.

Afrique orientale anglaise ; régions du Haut-Nil ;

PAYS DES SOMALI ET DES DaNAKIL

La Compagnie britannique de l'Afrique orientale a augmenté son capital, qui monte actuellement à 28millions de livres, à la suite de la délimitation anglo-allemande qui lui assure des territoires plus vastes enc« que ceux qu'elle revendiquait. Elle paie au sultan Zanzibar une redevance annuelle de 56,000 dollars ;i prélève tout d'abord cette somme, puis ses frais d'.

EIQXJE ORIENTALE *6l

: revenus des douanes; l'excédent est partagé par moitié entre le sultan et ta Compagnie. Celle-ci a une monnaie, des timbres et une banque locale. Elle a fait venir des colons persans qui enseignent le maniement de la charrue aux 4,000 esclaves rachetés et engagés par la Compagnie pour les plantations. Un câble a été posé entre Zanzibar et Mombaze ; cette ville possède un tramway et on a construit un débarcadère. Dès l'an dernier on a projeté la construction d'un chemin de fer jusqu'au lac Victoria, sur lequel la Compagnie doit lancer un bateau à vapeur, M. Pigott a, en 1889,concludes traités le long du Tana jusqu'à 230milles de la cdte ; il a établi une station de commerce dans le Korokoro. Une route, gardée par six stations fortifiées, a été établie le long de la Sabaki, jusqu'à Machako, à 4tX> kilomètres. Les travaux du chemin de fer du lac Victoria ont élé commencés le 26 août, et on annonce pour mai 1891 l'ouverture de la première section de la ligne, longue de 60 milles. Ces remarquables résultats sont dus à l'importance des capitaux mis en œuvre non moins qu'à l'intelligente direction de la Compagnie. Elle n'a pas craint d'organiser des expéditions coûteuses pour explorer le pays et en préparer l'exploitation et pour étendre sa sphère d'action.

M. Jackson était depuis plusieurs mois dans le Kavlrondo quand le docteurPeters(voir année 1889, p. 314) traversa ce pays, en janvier, se dirigeant vers la Province équatoriale ; Peters, qui avait établi déjà le protectorat allemand dans la haute vallée du Tana et sur les rives du lac Baringo, fit signer encore un traité au sultan du Kavirondo. Quelqi»es jours après, il apprit qu'Emin-Pacha avait quitté Ouadelaï. Le voyage si difficile qu'il avait accompli se trouvait inutile ! Sachant 1' ,t de trouble de l'Ouganda et les dangers qu'y couri nt les missionnaires catholiques, il écrivit au Père L rdel pour se mettre à sa disposition. Le 23 février, il Tivait à Roubaga; accueilli fort amicalement par l€ -i, il lui donnades munitions et exerça ses soldats au

maniement des armes. Aidé de M. Stokes, Mouanga avait battu son rival Karema (octobre) qui, avec Talliance de rOunyoro, reprit l'avantage, mais qui, à rapproche de Peters, se retira vers le Nord-Ouest. Grâce à l'appui donné à Peters parles religieux français, tout-puissants sur l'esprit de Mouanga, celui-ci, le 28 février, signa un traité ouvrant l'Ouganda au commerce européen et mettant en vigueur les dispositions de l'Acte général de Berlin ; le 16 mars, il prononça l'abolition de la traite. Peters gagna, par eau, la rive occidentale du lac et obtint de tous les chefs des traités les plaçant sous la suzeraineté de l'Ouganda. A la pointe méridionale du lac, il arbora le pavillon allemand.A Mpouapoua, il rencontra Emin-Pacha (voir plus haut) et lui conseilla d'établir une station à proximité de l'Ouganda.

Mouanga a déclaré le christianisme religion d'Etat et a enlevé aux musulmans toutes leurs dignités. Il est mal disposé pour les missionnaires protestants, et d'une manière générale pour les Anglais qui ont vainement essavé d>xcitersaméûance contre M. Peters. M. Jackson, arrivé dans l'Ouganda le 14 avril, lui a inulilemenl proposé son alliance en échange de l'acceptation du protectorat. Les ambassadeurs que le roi a envoyé depuis lors à Zanzibar ont déclaré que leur pays voulail demeurer indépendant. Jackson est parti au mois de mai, après avoir donné à Mouanga des munitions; il a laissé dans le royaume M. Gedge, qui a travaillé à se créer im parti : les missionnaires français, amis du roi, sont fort exposés au milieu de ces troubles. Le capitaine Lu^ard, se rendant de Mombaze dans l'Ouganda à la tète de plusieurs <;entaines d'hommes, est arrivé le 1*^ novembre à Kikouya après avoir élevé six stations. La guerre continue entre TOnnyoro et Mouanga.

Aux termes du traité anglo-allemand, la frontière *''* la sphère ana:Uiise est formée au nord par une ligne suit la rive septentrionale du Juba et se confond a la frc>«tière du territoire qui est réservée à rinflae de ritalie dans le pays des GaUas el en Abyssini^

IQUE OKIEKTALE 4fi3

l'Egypte ; et à TOuest, par l'État gae des eaux du bassin du Hautiglais ont profité de cet article pour î, à la sphère d'influence britanniutorité, non seulementlaProvince [ordofan et une partie du Darfour.

pays que de rares informations.

m, l'un des compagnons de Stannous ont montré l'étatde désordre une partie au moins est, depuis nains des Mahdistes. Les Senyusyâ 1 Kordofan. Stanley a remis à. la !S traités qu'il a passés avec divers Ubert, du Semliki et de la rivière

avait conclu le 7 avril un traité avec le sultan de Witou, a abance pays, y compris la partie du iuait en propre à la compagnie de ociété avait, le 10 mai, cédé à la i de l'Afrique orientale. Ce n'est ue l'Angleterre a pris possession !mands ayant été tués dans une ï gouvernement impérial demanda r de ce massacre une vengeance Of^ee déféra avec empressement ,e 26 octobre, l'amiral Freemantle 1 930 soldats ou marins, qui ont du sultan a été mise à prix. Le de trouble qui ne permet pas aux ilir. Le protectorat anglais y a été ivembre, ainsi qu'à Port-Durnford, pavillon allemand qui avait été

incé à toute prétention sur la cdte e mars, le sultan d'Halule a déclaré ut de la Compagnie allemande, lui ni Européens ni Arabes. Les

négociations engagées depuis le mois de mars pour la délimitation des sphères d'influence de TAngleterre et de l'Italie, tant du côté du Juba que dans la région du cap Guardafui, n'ont pas abouti. M. Simon a conclu des traités entre le Juba et le Tana au nom de la Compagnie britannique; celle-ci a transféré à l'Italie ses droits sur les ports zanzibarites qu'elle avait affermés en 1889, ne conservant que Kismayou. Un officier du navire italien Volta, chargé de présents pour les chefs sômalis, le lieutenant Zoaghi, a été assailli subitement à Ouarcheik et massacré (mai). M. Brichetti-Robecchi, plus heureux, s'est rendu sans encombre d'Oppia à Halule. Le capitaine italien Baudi di Vesme s'est avancé, au sud de Berberah jusqu'à Bourao (avril). Ferrandi doit remonter le Juba et, s'il est possible, gagner Ankoler par cette voie.

Des pourparlers avaient eu lieu en 1884 entre la France et l'Italie pour la délimitation des possessions d'Obock et d'Assab ; ils ont été repris en juillet 1890. D'après le gouvernement italien, tous les chefs danakîl qui nous ont cédé leur territoire en 1862, 1884 et 1887, sont vassaux du sultan d'Aoussa, Mohamed Anfari, son protégé (traité du 9 décembre 1888, ratifié à Monza le 13 novembre et reconnaissant à l'Italie la souveraineté de la côte de Ras Doumeirah à Hamfîla). La France estime que, depuis plusieurs siècles, ces chefs sont indépendants de l'Aoussa.

Massaoua et Abyssixie (1)

Le général Orero a inauguré l'année 1890 par u' démonstration sur Adoua, capitale du Tigré, cen

(1) Depuis le 1^ janvier 1890, les colonies italiennes d'Afric] portent officiellement le nom d'Erythrée,

stratégique entre le Uamazen et l'Anihara. Il y avec 600 hommes et deux batteries le 26 janvier, l'anniversaire du massacre de Dugali, après avoi versé le défilé de Gudda-Guddi, où 4,000 Égyi trouvèrent la mort en 1815. Le 3 février, il repa! Hareb. Peu de temps après, le comte Antanelli an Hakalé avec le dégiac Makonnen ; Ménélik ratifi obligations prises par Makonnen en Italie, mais voulut pas se laisser couronner par le représe du roi Humbert. Après avoir accepté les propos de paix de son rival Mangascia, fils du défunt ni Johannès, il lui confia la vice-royauté du Tlgi se retira sans combattre. Le comte Antonelli, p pal agent de la politique italienne au Choa dep mort du marquis Antiuori, et le comte Salimben signé pour résider auprès de Ménélik comme ei extraordioaire du roi Humbert, furent reçus sol* lement à Adoua par Mangascia, qui proclama er présence la fin de la guerre et signa un mani exhortant la population du Tigré à reprendre le vaux delà paix. En octobre, le ras Mangascia, ch Tigré, et le dégiac Sabath qui partage avec le d Woldejé le gouvernement de TAgamé (province ou moins indépendante), firent solennellement la entre eux ; toutefois, cette paix n"a guère amélioi relations peu cordiales de ces chefs, et n'a attén l'ambition du premier, ni les idées d'indépendani second. Le ras Mangascia ne tarda pas k accuse rival de manquer à la foi jurée; ce dernier, q trouvait en présence des forces unies de Man^ et d'Aloula, reconstitua ses troupes, recueillit a et munitions, et, prenant une attitude ouvert* hostile vis-à-vis du Tigré, se déclara entièreraei "■"'endant. Mangascia, après la paix d'octobre, tention de se rendre auprès de Ménélik poi e nommer roi du Tigré ; l'attitude de Sabath, < t, et, d'autre part, certains dissentiments qu' " Aloula, lui firent remettre ce voyage à plus

une nouvelle guerre entre ces chefs n'est donc pas impossible. Cet état de choses oblige les Italiens à une surveillance plus active sur les frontières de TAgamé pour empêcher les razzias que ferait sur leur territoire celui de ces chefs qui le premier viendrait à manquer de vivres. Tout cela empêche d'atteindre à une situation relativement stable qui permette de développer le commerce dans cette région.

Au nord de TÉrythrée, au contraire, il semble que la tranquillité soit complète depuis que les troupes italiennes se sont avancées jusqu'à moitié chemin entre Keren et Kassala.Dans la vallée de Barka, la population indigène, se sentant protégée, a repris les travaux des champs et l'élevage du bétail ; plusieurs chefs de tribus de cette région sont allés faire leur soumission à Massaoua; les derviches eux-mêmes se sont apaisés peu à peu et semblent assez bien disposés maintenant pour les Italiens. On espère que, si cet état de choses continue, les Soudanais se décideront à envoyer leurs caravanes à Massaoua.

A la suite de divergences de vues entre le général Orero, le comte Antonelli et le cabinet de Rome, le général Orero a été remplacé au mois de juin par le général Gandolfi, comme gouverneur civil et militaire de l'Erythrée. Ce dernier a publié, le 24 juillet, une ordonnance qui fixe les attributions des trois conseillers coloniaux italiens dans la colonie. Le conseiller pour les affaires intérieures est chargé de l'administration civile, de l'administration de la justice, de la police, de la sûreté publique, de l'instruction publique, de la salubrité publique, des maisons de détention, des services municipaux et enfin des rapports avec les représentants des gouvernements étrangers qui ont des possessions dans la mer Rouge et dans le golfe d'Aden. Le conseiller pour les finances et travaux publics s'occupe de l'administration fii cière, des douanes, impôts et contributions, compti lité générale de la colonie, viabilité et travaux publ

ports, phares, signaux, postes et télégraphes, chemins de fer. Il tient les caisses du gouvernement. Le conseiller pour Tagriculture et le commerce administre les domaines de TÉtat, les routes des caravanes, le transit entre les diverses tribus, les relations entre les indigènes ; il nomme les sultans, les naïbs, les cadis et autres autorités locales; enfin il est chargé des relations politiques avec TÉthiopie. Le conseil de gouvernement de la colonie est présidé par le gouverneur.

La ville de Massaoua a pris un certain développement au point de vue des constructions, mais il n'y a aucun progrès commercial à signaler dans la colonie, malgré les encouragements officiels et les efforts personnels du conseiller colonial, M. Franche tti. Aussi longtemps qu'on n'aura pas remis en culture les terres ravagées par les dernières guerres, et reconstitué le bétail détruit par les épizoties, Tltalie n'a rien à attendre du commerce avec l'Abyssinie. Cette situation ne se modifiera pas de sitôt, parce que les guerres trop récentes ont laissé après elles toute une queue d'ambitions mal satisfaites, de haines individuelles et d'habitudes turbulentes.

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tique et militaire, la situation de estée telle que nous l'exposions Toupes khédivales ont continué i qu'elles avaient prises après la enter aucun effort sérieux contre leur côté, ne sont point venus inemies. Les Anglais ont conr l'administration intérieure du pays et en particulier sur la gestion des finances. Sous ce rapport, la situation de l'Egypte est prospère; à certains points de vue, toutefois, beaucoup reste à faire. Ainsi, le Times, redoutant les approches du choléra, avouait qu'on n'avait rien fait en Egypte pour s'en défendre; ii constatait l'élévation de la mortalité, la malpropreté des villes, le délabrement des hôpitaux indigènes, le mauvais approvisionnement d'eau au Caire et avouait qu'on avait mis les habitants h la merci de toutes les épidémies dans le seul but de « réaliser un excédent dans le budget égyptien »,

Après de longues négociations, la France a consenti à donner son adhésion au projet de conversioii de la te privilégiée, pourvu que l'emploi des sommes lomisées fût réservé. M, Ribot sépara la question tique de la question financière: il permit une opéon dont les effets financiers devaient être excel-

lents pour TÊgypte, mais il voulut que rien ne fût préjugé au sujet des conséquences politiques. Les sommes provenant des économies ainsi réalisées (environ 7 à 8 millions de francs) seront déposées à la caisse de la Dette et y resteront jusqu'à ce que les puissances dont le consentement est nécessaire pour la conversion se soient mises toutes d'accord pour en déterminer l'emploi. M. Ribot s'attacha à sauvegarder les intérêts des habitants en même temps que ceux des porteurs de titres : il consentit à ce que la conversion eut lieu non seulement pour la dette privilégiée, mais encore pour la dette des domaines, pour la dette des Daïra et pour l'emprunt de 1888; par contre, il s'opposa à l'unification de ces diverses dettes qui eut pu faire disparaître certaines des garanties des porteurs de titres. De plus, la conversion doit se faire en trois et demi ou quatre pour cent, et aucune autre ne pourra être effectuée avant quinze ans; le remboursement de la dette de la Daïra (domaines) se fera sur le pied de 85 0/0, et il ne pourra être délivré pour plus de 300,000 livres par an de biens de la Daïra. Tout en consentant à traiter séparément la question de la conversion, M. Ribot lui donnait une portée politique qui la rattachait à la question de l'occupation. Questionné à ce sujet à la Chambre des députés (séance du 10 juin), il déclarait que les économies provenant de la conversion devaient mettre le peuple égyptien en mesure de se suffire à lui-même et préparer le retrait de l'occupation anglaise. Il rappelait en même temps les promesses d'évacuation faites par l'Angleterre, plusieurs fois renouvelées et, à ce moment encore, objet d'une négociation entre elle et le gouvernement du sultan. Après accord entre les puissances intéressées, les économies de la conversion pour l'année 1890 ont été consacrées à l'exemption de la taxe pour la corvée en 1^ (août).

D'après le compte général officiel du gouvernemi pour le budget de 1890, les comptes définitifs de

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décembre, présentent un excédent ptiennes, soit 10,236,612 Uv. pour les recettes et 9,637, 774 liv. pour les dépenses desquelles il faut déduire 113,717 liv. de crédits non employés. Le fonds de réserve, au 31 décembre 1890, s'élevait à 1,744,038 liv. dont 1,339,999 pour la réserve générale et 384,039 pour la réserve spéciale. Le projet de budget pour 1891 est établi de la manière suivante : les recettes sont évaluées à 9,820,000 liv.; les dépenses, à 9,320,000; l'excédent des recettes est de 500,000 liv. dont 300,000 proviennent des conversions de l'année courante et ne peuventêtre employées par le gouvernement anglais sans le consentement des puissances. Des impôts pour une valeur de 30,000 livres ont été abolis; ajoutés à la somme des réductions de l'année courante, ils constituent une réduction de 223,000 livres.

Le commerce extérieur en 1890 se chiffre par 8,315,413 livres à l'importation et 11,861,432 livres à l'exportation, soit, comparativement aux chiffres de 1889, une augmentaton de 1,724,933 livres à l'importation et une diminution de 79,739 livres à l'exportation. L'augmentation des importations est due en grande partie aux tabacs.

Une commissionjudiciaireinternationale s'est réunie pendant les mois de février et de mars pour examiner une série de propositions présentées par le gouvernement égyptien relatives au fonctionnement des tribunauxde la réforme et à leur compétence. La commission s'est trouvée d'accord pour soumettre à la juridiction des tribunaux mixtes les faillites et les affaires réelles immobilières.

Le gouvernement égyptien demandait aussi l'extension de la compétence des tribunaux mixtes en matière pénale. La France et la Russie ont demandé de leur c à ce qu'on y ajoutât la réforme des parquets. Il en e: résulté des atermoiements et la conférence s'est a -rnée .

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