II. — Politique extérieure
Nous avons analysé, dans la Vie politique à Vétranger en 1889, les difficultés relatives à la situation respective de l'Allemagne, de l'Angleterre et des États-Unis aux îles Samoa. Nous avions fait allusion à une conférence tenue à Berlin où un traité avait été élaboré. Cette convention établit que les îles Samoa forment un territoire neutre et que les nationaux des trois puissances signataires y jouiront de droits nouveaux. L'indépendance de Samoa est reconnue ; aucune des trois puissances ne pourra exercer séparément aucune autorité. Maliétoa est reconnu comme roi et une cour suprême ayant à sa tête un juge supérieur nommé par les piiissances signataires est créée. Au cas où celles-ci ne réussiraient pas à se mettre d'accord sur le choix de ce juge, ce sera le roi de Suède et de Norvège qui le désignera. Le traité s'occupe des conditions de la propriété foncière ; il restreint l'aliénation des terres par des indigènes et stipule la constitution d'une commission de trois membres qui décidera en ces matières. Chacune des puissances nommera un de ces membres. Il est aussi pourvu à une administration locale. Le président du conseil municipal sera nommé par les puissances. En cas de divergence de vues, on s'en remettra pour ce choix au chef d'un des États suivants : Suède, Hollande, Suisse ou Brésil. Le traité règle la percepl des droits d'importation, fixe certaines taxes et dél mine les conditions à la vente des armes à feu et • spiritueux.
ETATS-UNIS DE L'AMÉRIQUE DU NORD Avec TA-ngleterre un traité d'extradition qui d'abord été rejeté au Sénat a été conclu.
Les difficultés qui divisent l'Angleterre, et les Unis relativement é. la pêche des phoques dans I de Behring vont probablement être tranché Grande-Bretagne, se rangeant aux propositions par M. Blaine, va soumettre la question à un arbi Lord Salisbury a annoncé au ministre d'Anglet Washington, sir Julian Pauncefote, son adhésic moins en principe, au plan de M. Blaine. M. Bl reconnu que les États-Unis n'ont pas le droit de la mer de Behring de mare clausum et que le goi meut de Washington n'a d'autres privilèges que ce lui sont attribués par le droit commun internatic H. Blaine soutenait que la Russie, en transféi territoire d'Alaska aux Ëtals-Unis, leur avait c droit, revendiqué par elle en 1821, d'interdn bâtiments étrangers d'approcher à plus de cent les côtes de la mer de Behring. En 1821, les État avaient bien protesté contre cette prétention; disait M. Blaine, l'Angleterre, n'ayant pas protesté par cela même reconnu le bien-fondé de la prêt de la Russie. Lord Sahsbury a répliqué en cit dépèche de protestation de lord Londonderry au Lieven (janvier 1822} et en reproduisant le traité russe de 1825, « Les sujets des hautes parties co tantes, dit l'article 1", neserontni troublés, ni m( dans aucune partie de l'océan Pacifique, soit en guaot, soit en péchant, soit en débarquant sur les inoccupées. » Toutefois ce texte n'est pas déci. mer de Behring fait-elle oui ou non partie de 1 Pacifique? M. Blaine le nie ; lord Salisbury, noi raison, dit qu'elle fait partie du Pacifique con: golfe de Gascogne fait partie de l'Atlantique ou li Lion de la Méditerranée. L'arbitrage devra dé 1° Quels étaient les droits exercés et réclam Russie jusqu'à la cession d'Alaska; 2" Jusque int l'Angleterre a concédé ces droits ; 3" Les
LA TIE POLITIQUE A LÉTBANGER Dt les Etati^Unis relalÎTement aux pêcheries en >rs des limites des eaux territoriales; 4" Quels sont [omm3ges et intérêts qui doiveut être alloués aax nent^ anglais et canadiens saisis en cas de déci-
contraire aux États-Unis; o' Doit-on interdire la le des phoques pendant un certain temps tous les
pour empêcher la destruction de la race ? gnalons le projet de traité d'extradition arec la (ie qui a donné lieu à de longs débais au Sénat et i été renvoyé k lexameD de la Commission des Lions extérieures.
nêrique du Centre et du Sud. — Un congrès com- I des délégués des puissances de l'Amérique du 1, de l'Amérique du Sud, de l'Amérique centrale, ongrës Panaméricaio, a siégé k Washington du ovembre 1889 au 20 avril *890.
ins ce congrès, on devait prendre des mesures tea- , à maintenir la paix et à encourager la prospérité divers États américains, former une union doua- B, établir un système uniforme de droits et douanes i chacun des Ëtats américains indépendants pour r le mode d'importation et d'exportation des maridises, et une méthode uniforme pour déterminer assification et l'évaluation des marchandises dans lorts de chaque État ; adopter un système uniforme )oids et de mesures et une commune monnaie ^ent émise par chaque gouvernement et ayant coars I dans toutes les transactions commerciales entre
les citoyens et les États d'Amérique. Sur aucune questions d'ordre économique dont cette grande mblée avait été saisie, l'entente n^a pu alors avoir
Le D' Nin, délégué de l'Uruguay, a montré combien ide était la chimère que caressait M. filaine. Selon l'établissement d'un zollverein américain est incomtile avec tes traités qui lient toute l'Amérique es] e & l'Europe. Une circulation d'argent commune e l'Amérique est également une pure plaisanter que chacune des nations américaines fait i
affaires énormes avec des pays d'Europe qui ont adopté Tétalon d'or; il faudrait donc adopter Tétalon d'or avec une monnaie d'argent pour l'appoint, ce que ne voudra jamais faire le Congrès des États-Unis.
Contrairement toutefois à ces prédictions, les relations des États-Unis et du Brésil ont offert un vif intérêt. Le gouvernement impérial était tombé de la veille et déjà M. Turpie demandait au Sénat, le 16 janvier 1890, que l'on reconnût immédiatement la République brésilienne ; et, en février 1890, le Sénat, par un vote solennel, félicitait le peuple brésilien d'avoir adopté la République comme forme de gouvernement.
Il y a plus. A la fin de l'année, il se négociait entre les deux nations un traité de commerce. Tous les produits et instruments agricoles, les fers et aciers américains seraient reçus eu franchise dans les ports du Brésil. D'autres articles bénéficieraient d'une réduction de 25 p. 100. Le Brésil jouirait de son côté de la franchise aux États-Unis pour ses sucres, peaux et autres articles pour lesquels la loi de Mac Kinley prévoit la possibilité d'exemption de droits.
— Nous avions signalé, en 1889, l'ouverture d'une Conférence internationale maritime à Washington. On n'a publié aucun rapport officiel de ses conclusions; les décisions du congrès ont été rapportées par les délégués à leur gouvernement sous forme de simples recommandations. Cinq séances de la conférence ont été consacrées à la discussion des règlements pour prévenir les collisions en mer.
juin, M. Simonds, député du Connecticut, déposait et \ ait agréer par la commission un nouveau bill favo-
Joseph Chailley.