‹ La vie politique à l'étrangerChapitre 42 sur 68 · MEXIQUE · texte numérisé non relu

MEXIQUE

L'année 1890 débuta par une agitation constitutionnelle. Le gouvernement avait soumis à la fin de 1889 aux législatures d'Étals un projet modifiant le régime de l'élection présidentielle, et permettant des élections successives sans intervalle. Cette proposition, faite, paraît-il, en vue de permettre la prolongation des pouvoirs du général Porfirio Diaz, a été votée par le Congrès. On a mis à Tétude une loi nouvelle sur les mines, et divers projets de colonisation par des nègres des États-Unis, des Chinois, des Japonais. D'autre part, une lutte religieuse assez grave semble à la veille de s'ouvrir entre le parti libéral et le clergé catholique. Toutefois la paix intérieure a continué de régner, et le pays paraît être en voie de prospérité, grâce à une administration prudente, au fonctionnement normal des institutions, et à l'altitude tranquille des partis.

Les entreprises de chemins de fer se multiplient. Outre les 9,000 kilomètres déjà construits et qui relient la capitale à la Vera-Cruz et au golfe du Mexique, d'une part, à l'océan Pacifique, d'autre part, et enfin aux États- T^-^'s et à New-York, par deux grandes artères prin- ( les (le National Mexicain et le Central Mexicain), il ; de nombreuses lignes en cours de construction qui 1 îsent entre eux les divers États de la Fédération et 1 *ent en communication de riches régions minières

Al

et agricoles. C'est ainsi que sont déjà reliés entre eux les États de Mexico et de Michoacan, au Sud-Ouest, ceux de Mexico, Guanajuato, Jalisco, Aguascalienles, San-Luis Potosi, Zacatecas et Durango, au Centre ; ceux de Chihuahua, Nuqvo Léon et Tamaniipas, au Nord ; ceux de Mexico, Hidalgo, Tlaxcala, Puebla et Vera-Cruz, à TEst. Bientôt FÉtat de Mexico sera relié à ceux de Oaxaca, Chiapas et Tabasco, au Sud-Est, et la ligne du Sud qui aboutira au port d'Acapulco progresse rapidement. Cette année, on a inauguré la ligne reliant Mexico au port de Tampico, sur l'Atlantique. Il y a plus de 30,000 kilomètres de lignes télégraphiques et téléphoniques en exploitation.

Au point de vue économique, le commerce français est honorablement représenté au Mexique, mais l'industrie est exclusivement aux mains des Américains du Nord, des Anglais et des Allemands ; les mines sont à peu près monopolisées par les Anglo-Américains. Une statistique récente évalue à 16,630,000,000 de francs le total des métaux monnayés au Mexique de 1537 à 1888; sur celte somme, on compte environ 16 milliards en monnaie d'argent, soit 96 p. 100. De 1878 è 1888, le Mexique a frappé en moyenne 130 millions de francs par an.

La production agricole du Mexique est en voie de développement. Il fournit à l'exportation du café de bonne qualité, un peu de sucre, la fibre « henequen » du tabac. La culture des plantes textiles, du chanvre et de l'ixlle, donne d'excellents résultats. Ce sont des étrangers qui tiennent également la tête de cette branche du travail. Des Américains du Nord ont commencé en 1890 à monter une raffinerie de sucre à Linares.

Le Mexique possède, paraît-il, un remarquable élément de richesse, encore inexploité ou à peu près, dans ses sources de pétrole. On assure que sur toute la longueur de la côte Atlantique, à faible distance de l'Océan, l'h minérale sort à fleur de terre en sources abondar formant par évaporation d'énormes dépôts d'asphall»

Le budget des recettes qui n'était, il y a quelr

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