MEXIQUE
années, que de 16 millions de piastres (environ 80 millions jïg
de francs) s'est élevé, Tannée dernière, à 43 millions de francs (225 millions de francs), ce qui a permis au gouvernement de consolider ses dettes, extérieure et intérieure, et de faire exécuter de grands travaux. Cette augmentation des recettes publiques a eu aussi pour conséquence le relèvement du crédit du pays à l'étranger ; les emprunts contractés avec des maisons allemandes ont été couverts deux et trois fois.
On s'occupe avec une véritable fureur de propager renseignement public ; le gouvernement fédéral et les gouvernements des États rivalisent de zèle pour multiplier les écoles populaires, spécialement pour la race indigène, autrefois si négligée (1). Une loi a été promulguée en 1890 sur les brevets d'invention.
Il y a des écoles normales dans presque tous les États ; celles de Vera-Cruz et de Mexico se distinguent surtout par leur bonne organisation. Le mouvement scientifique et littéraire est assez actif. Il y a plusieurs, académies des sciences; la Société de géographie et de Statistique tient
(1) A l'époque de la conquête du Mexique, les moines espagnols qui vinrent évangéliser le pays s'aperçurent que les Indiens avaient une facilité merveilleuse pour apprendre l'espagnol, le latin, les sciences, etc., et ils s'amusaient à les instruire. Quand arriva le premier vice-roi, Mendoza, ils lui firent constater ce fait et le vice-roi en fut tellement frappé qu'il écrivit à Charles- Quint une lettre conservée dans la « Hecopilacion de Indias », par laquelle il conseillait à l'empereur de prohiber l'enseignement parmi les Indiens, en montrant qu'ils étaient au moins huit ' millions et que, si on les instruisait, ils finiraient par dominer et absorber l'élément espagnol. Charles-Quint fit un rescrit par lequel il ne permettait d'enseigner aux Indiens que la doctrine chrétienne, et seulement verbalement, par l'entremise des curés et dans la sacristie des églises; défense absolue d'enseigner ailleurs et de leur apprendre à lire et à écrire. C'est ainsi que pen- '^«Tit trois siècles et demi la race indienne fut vouée à l'ignorance, ist au général Diaz, le président actuel, qu'on doit la fin de i état de choses. Hidalgo, après la guerre de l'Indépendance, ! s'en était pas occupé ; l'empereur Iturbide tomba dans .les rements de la domination espagnole ; puis vint une telle succes- >n de révolutions qu'on n'eut pas le loisir d'y songer.
parmi elles le premier rang. Il y a éj îilléraire essentiellement mexicain qui Mexicain >.
L'armée est aujourd'hui réguliën le Président Diaz, qui en est un des distingués, lui donne uneattention li est équipée et armée à l'européenne. E temps deguerre à 200,000 hommes.
Une convention d'arbitrage, signé Mexique et le Guatemala, a été appr Parlements au début de 1890. Touti réciproques doivent être jugées par mixte nommée par les deux gouvern à Mexico. Le Mexique a signé en outr merce avec l'Italie.
Il a étéde nouveau question en 189C de la Basse-Californie par le gouve Unis. Mais, sur la protestation imm ce bruit a été démenti par le cabinet mai, OD a, dit-on, découvert une coni séparer violemment la province, pou aux Etats-Unis.
BlBUOGRAFUlE.
Principaux journaux : £' MoitUor Republi fort bien rédigé ; El Diario del Hogar, The l'
■<an Financier.
lÉRIQUE ET ANTILLES
i gros événement polilique de l'année ssayée en Salvador par le président e juillet; la lutte qui s'en suivit et le ;tionnel qu'elle causa faillirent amener ement. Ce mouvement était dirigé par aqui, battu parle président Barillas, m navire nord-américain. Poursuivi fénéral Barrundia fut livré, voulut ins la lutte. On prétendit alors que le
, M. Mizner, avait contribué h faire
livrer le général ; la fille de celui-ci, pour le venger, pénétra prés de M. Mizner, et lui tira un coup de revolver sans l'atteiudre. Arrêtée ausaitôt, elle fut ensuite exilée, le gouvernement n'osant la punir en face des démonstrations sympathiques de la population. La courte lutte engagée contre le Salvador s'est terminée par une paix signée en août sur la base du statu quo ante.
Honduras. — Le Honduras a profité des troubles du Salvador pour faire une incursion dans ce pays. Il a été repoussé sans grande difficulté par le général salvadorien ""'ina. En novembre, une révolution a éclaté, dirigée M. Sanchez contre le président Bogran.
lalvador. — Dès le début de l'année, le pays était en ie à des troubles graves. Le général Rivas avait fonte un soulèvement dans le district de Cuscatlan. Il a
élé battu et chassé dans le courant de janvier après une série de petits combats, puis arrêté avec ses principaux artisans sur le territoire de Honduras, où il s'était réfugié, et fusillé. On aura une idée du caractère de ces luttes, en disant que le 31 janvier, la Chambre a mis en accusation Tex-président Zaldivar (1876-1885), accusédes faits suivants : 47 fusillades ayant le caractère d^assassinat ; 31 flagellations ; arrestations illégales, incendies, détournements de fonds publics! Il est juste de dire que M. Zaldivar a protesté énergiquement.
La tranquillité paraissait rétablie, lorsqu'à la fin de juin un autre militaire, le général Ezeta, réunissant 600 hommes, marcha sur la capitale. Le président, général Menendez, surpris au milieu d'une fête, fut tué sur place, et on essaya de faire courir le bruit qu'il était mort subitement d'émotion. Son compétiteur put ainsi s'emparer aisément du pouvoir, mais bientôt après le Guatemala envoya des troupes pour intervenir au Salvador; celles-ci furent repoussées d'autant plus aisément qu'un mouvement insurrectionnel éclata en juillet au Guatemala même, et que l'anarchie s'étendit par là à ce pays. D'autre part, le Honduras voulut également prendre parti contre Ezeta à la fin d'août; il fut aussi repoussé; le Guatemala se décida alors à demander la paix, qui fut signée le 29 août. En septembre, Ezeta fut élu président et prit possession à titre légal sans autre difficulté.
Nicaragua. — L'événement marquant de la fin de 1889 est l'ouverture officielle des travaux du canal interocéanique par les entrepreneurs nord-américains. Assez actifs au début, ces travaux n'ont pas tardé à se ralentir. Pourtant, vers la fin de 1890, on prétendait que la compagnie concessionnaire avait dépensé dans le courant de l'année 3 millions de dollars, consacrés à la jetée de Greytown, aux travaux préparatoires sur le tracé, et à la constrn^tion de dix milles de chemin de fer ; quinze cents indi dus peuplaient les chantiers, et huit dragues étaient travail, dont six achetées à la Compagnie de Panama. ( a tracé à l'embouchuredu canal, sur l'Atlantique, le pi
NTRE-AMERIQUE ET ASTILLE8 517
portera le nom d'America. En Gomme, les raissent pas avoir fait de grands progrés
été réélu président de la République pour
— La fin de l'année 1889 avait amené une mtielle, laquelle a donné lieu à quelques odriguez a été élu pour une période de a pris possession de son siège le 8 mai
a, resté calme au milieu des agitations qui thmeen i890, a refusé d'adhérer au pacte e de 1889 tant que l'ordre ne serait pas eux pacte reste donc encore en suspens. 11 ['il ne s'appliquera pas de sitôt,
mblique dominicaine. — - La République noire avait signé avec sa voisine un traité de commerce autorisant le libre-échange entre les deux États dominicains. Des négociants étrangers en profitaient, avec la connivence des autorités de la République dominicaine, pour introduire leurs articles en Haïti sans payer de droits. Le président Hippolyte, voyant sa seule source de revenus, la douane, tarie par ces pratiques, a dénoncé le traité (juillet), ce qui amena des hostilités entre les deux pays.
Léon Poinsard,
Cuba. — A Cuba,lasituationaplutAtempirë. Le général Salamanca qui avait réussi à introduire quelques améliorations, est mort le 6 février, et son successeur, le général Chinchilla, ne put ni empêcher les fraudes et les abus, ni réprimer le brigandage. Le mécontente- )t augmenta dans la colonie quand on vil le cabinet rai renversé et les Cortès dissous avant le vote du jet de loi qui étendait aux Antilles la loi sur le suf- ;e universel, fit quand le général Polaviéga, un ultra-
conservateur, vint prendre la place du général Chinchilla. La crise économique est en outre arrivée à Tétat aigu; les déplorables effets de la loi de 1882 sur le cabotage, qui tendait à compenser les moins-values dues à la réduction du droit sur les produits de la péninsule par des surtaxes sur les produits étrangers, se sont faits de plus en plus sentir. Au mois de décembre, une commission est allée à Madrid, à la demande du gouvernement, exposer les desiderata des Cubains: abrogation immédiate de la loi du 20 juillet 1882, sur les taxes douanières; ajournement de l'application du nouveau tarif qui doit entrer en vigueur le 1" janvier 1891 ; conclusion d'un traité de commerce avec les États-Unis, afin d'amener dans des conditions avantageuses l'exportation des sucres et des tabacs.
Le budget pour 1890-1891 est fixé (loi du 18 juin) à 25,815,376 piastres pour les recettes et 25,446,810 piastres pour les dépenses. Le gouvernement a donné l'autorisation dé procéder à la conversion de toutes les dettes de Cuba au moyen d'une émission de titres garantis par la nation. En attendant la réalisation de cette importante opération, on a émis 340,000 billets hypothécaires 5 0/0 d'une valeur nominale de 500 francs (en réalité 471 francs environ), destinés au remboursement de la dette flottante.