CISLEITHANIE
C'est à Prague, et non à Vienne, que se sont agités en 1890 les principaux intérêts politiques. La question du compromis tchèque -allemand a dominé toutes les autres; elle a été le plus grand souci du cabinet Taaffe pendant toute l'année, elle a éveillé dans d'autres parties de la monarchie des espérances et des prétentions dont il a fallu tenir compte, elle menace de rompre l'équilibre instable si laborieusement établi par le comte TaafFe entre les nationalités et les partis. La Chambre des députés cisleithane a été l'écho des débats de la Diète de Prague, et la discussion du budget a été l'occasion pour tous les partis d'exposer leurs opinions sur le compromis et de juger à ce point de vue la conduite du gouvernement.
Les Chambres ont tenu deux sessions, la première du ^février au 20 mai, la seconde du 4 au 20 décembre. Elles n'ont entrepris aucun grand travail législatif. Comme lée précédente, elles se sont surtout occupées du jet. La loi de finances pour 1890 fixait les dépenses à 303,035 florins, et les recettes à 548,820,006 florins ; édent prévu de 2,516,971 florins a été réduit à
6B LA VIE POLTTIQnE A L'ÉTRANGER
1,690,000 florins par le vote de plusieurs crédil mentaires. Dans le projet de budget pour ' dépenses sont évaluées h 564,473,948 florif recettes à 366,759,572, ce qui laisse un de 2,285,624 ûorins. Grâce à cette situation prospère, due en partie à la loi de 1888 sur les alcools, M. de Dunajewski, le ministre des flnances, se propose d'employer 4 millions des recettes ordinaires à l'araortissemeut de la dette publique pour lequel il est autorisé, par une loi antérieure, à émettre annuellement 30 millions de titres de rente. Quoique les résultats obtenus soient satisfaisants, le système tinancier prête à quelques critiques. Les impdts directs notamment sont trop lourds et mal répartis; M. de Dunajewski a du reste promis à ce propos une réforme partielle dont il a tracé devant la Chambre les lignes fondamentales. Quelques personnes ont eu un instant l'espoir que l'on pourrait réussir prochainement à supprimer le cours forcé; mais la crise financière de Londres, provoquée par la liquidation de la maison Baring, qui s'est fait péniblement sentir sur le marché de Vienne, a fait évanouir ces illusions. On a voté quelques petites réformes fiscales, entre autres un nouveau système de paiement de l'impôt sur la bière, qui facilite l'exportation des bières fortes, et une réduction, très justifiée, de l'impôt surles propriétés bâties dans les pays alpins. On a essayé de donner au commerce une vive impulsion. Depuis le IS juin 1890, un tarif par zones est en vigueur sur les chemins de fer de l'État pour le transport des voyageurs. 11 a donné, comme en Hongrie, de si bons résultats qu'il sera d'ici peu adopté également par la plupart des compagnies privées. Il sera probablement étendu aussi au transport des marchandises, car la réforme introduite en Hongrie pour ces derniers tarifs crée au commerce autrichien une concurren redoutable. Des remaniements de tarifs sont encc nécessaires si l'on veut sauver Trieste, menacée p Fiume. — Le Reichsrath a voté un projet du gouv(
jortant des amé-
toses créé par la
)our l'ittstructioD e des facultés des aux ont renouvelé . A la commission î, les évéques ont laient des écoles ertaine participas maîtres d'école ruction religieuse, 1 dans toutes les la Chambre des outre les préten- ! ne plus assister jréait Té col e con-
;omte Schônborn, lu faire examiner on parlementaire, é la première vicine coalition pour nsi d'un nouveau tervention duquel s des négociations [,1e club du comte 'clouais, et, chose ! l'ajournement de nent de ce projet mt très favorable.
ndemnité aux vic-
laucoup préoccupé le proposition tenr a, sortes de comvriers,etchargées is ; cette proposi-
fi4 LA TIE POLITIQUE A L'ETRANGER
tion n'a pu, faute de temps, être discutée ainsi autre, émanant du même groupe, relative à Tinsl de Chambres d'ouvriers, destinées à permettre à d'avoir une représentation spéciale, puisque, d'i loi électorale actuelle, ils ne votent point, et i par conséquent, point représentés au Parlenii décembre, on a commencé la discussion d'un pi loi sur les caisses libres d'assurances.
Les grèves ont été fort nombreuses; quelqu se sont terminées par Teffusion du sang. A Vie maçons et les tailleurs de pierre grévistes ont la populace qui a dévalisé les magasins dans certains quartiers (8 avril). En avril aussi, de grandes grèves ont eu lieu dans le bassin bouiller d'Ostrau; au mois de mai, dans les mines de Nyran, en Bohême, et dans les verreries du nord de la Bohême. Dans ces divers endroits, il afallu recourir à la force pour rétablir Tordre ; des rencontres sanglantes se sont produites, la répression a été sévère. A Vienne, l'industrie des tourneurs de nacre, déjà périclitante, a été durement atteintepar le bill Mac-Kinley, car c'était aux États-Unis qu'ils exportaient la majeure partie de leurs produits. Le 1" mai s'est passé tranquillementpartout. Les ouvriers ont fait preuve d'une grande discipline ; ils se sont contentés de demander, sans violences aucunes, la journée de huit heures, le salaire à la journée et le suffrage universel.
En plusieurs endroits, ils se sont organisés d'une façon très intelligente, par exemple les tisseurs et les mineurs. Les délégués de tous les syndicats des petits artisans d'Autriche se sont réunis à Vienne le 7 et le 8 septembre.
Bohême. — L'histoire du compromis tchèqae-allemand remplit presque complètement l'histoire de I: Bohême en 1890.
Nous annoncions l'année dernière {v. 1889, p. 56), er terminant le récit des événements de 1889 dans le royaume de Sain t-Ë tienne, que, à la suite des succèf
Tes élections, le comte ilir et disparaître l'inmis dévoués et si utiles i pourparlers entre ces Bohème, en vue d'une fférentes questions qui s partis apaisés, sinon la Bohême, et que les n compromis un regain aisément des jeunes lommit une faute capiielles, préparées par le Vienne le 4 janvier, il ues. 11 avait peur qu'en dit tout accord imposà l'avance les effets de tenus à l'écart et sacrinion publique qui leur ; coniiaDce l'anoée préiage péniblement consmte Taaffe ne fut même ird des vieux Tchèques; égués, tandis qu'il laisloisir les leurs.
des conférences. Hais, les délégués réussirent, ntendre sur la question , Le 19 janvier, le comjblié; on se contenta de èques. 11 contenait onze umer :
publique se composera section allemande. Elles er les questions qui ina Bohème, ainsi que la de l'enseignement sera ts de la commune, — Le losera également d'une
section tchèque et d'une section allemande ; un comité directeur discutera les questions d'intérêt général ; le président sera nommé par Tempereur. — Une chambre de commerce sera créée dans la Bohême orientale pour les districts tchèques (ceux-ci relevaient précédemment de la chambre de commerce allemande de Reichenberg); le mode d'élection aux chambres de commerce sera modifié. — Les circonscriptions judiciaires ne comprendront que des communes d'une seule et même nationalité ; les divisions administratives doivent également répondre, autant que possible, à la répartition des nationalités. Quinze des juges du tribunal supérieur de la Bohême pourront ne point connaître la langue tchèque, mais les vingt-six autres juges devront connaître les deux langues. Deux Sénats disciplinaires seront créés, l'un pour les districts tchèques, l'autre pour les districts allemands. Des juges ne connaissant pas la langue tchèque pourront être nommés dans les districts où le service n'en souffrira pas. Lorsque Ton aura établi la nouvelle division judiciaire, on modifiera l'ordonnance relative aux langues du 9 avril 1880, chacun des partis réservant jusque-là sa manière de voir sur ce point. — La réforme de la législation électorale de la Diète de Bohême sera la même pour les deux nationalités; à la place des anciennes curies, on maintiendra l'ancienne curie des propriétaires fonciers et on créera deux nouvelles curies, une pour les députés allemands et une pour les députés tchèques ; chacune de ces curies aura le droit de vote sur certaines questions. — Les députés qui ont pris part à la conférence s'engagent formellement à soutenir l'adoption de l'entente; les députés allemands s'engagent à siéger à la Diète. — Dès que l'entente aura été adoptée par les coreligionnaires politiques des différents membres de la conférence, les décisions quN e a prises engageront toutes les parties, y comprir e gouvernement.
Le compromis fut d'abord accueilli avec une sa ;faction presque générale, comme le signe de la p x
iTct ngu( :ipe< luxp id'u:
lemi inité ieat 13 oi ans rien:
tlib les 1 prë itud Bnt ]
êvri( ■liclf des pren es • lurs qui pie pas andi les.
le 9 bruj onsi poui e se
ciellement, que les grands propriétaires conservateurs avaient fait une opposition très vive, et qu'un grand nombre des membres du club vieux tchèque s'étaient abstenus. Enfin, le gouvernement exerçait une pression administrative pour défendre son œuvre, comme s'il se fût agi de mesures de rigueur à appliquer. Il poursuivait les principaux journaux jeunes tchèques, notamment les Narodni Listxjy il confisquait le manifeste jeune tchèque sur le compromis (les tribunaux annulèrent cette confisation), il défendait de parler sur le compromis dans les réunions publiques, il forçait le « magistrat » de Prague à écrire en allemand à la communauté protestante allemande de Prague. Il se forma un courant d'opinion publique contre le compromis; les Tcjièques se demandèrent pourquoi ils paieraient de concessions exorbitantes l'unique satisfaction de voir rentrer à la Diète les députés allemands qui, suivant eux, en étaient sortis sans raison. Pour que les clauses arrêtées à Vienne eussent force de loi, il fallait qu'elles fussent votées par la Diète. M. Gregr et ses amis résolurent qu'elles ne le seraient pas. Ils ne disposaient que d'un sixième des voix à la Diète; mais ils comptaient rallier à eux un certain nombre de vieux Tchèques, obtenir la neutralité de quelques grands propriétaires, et organiser dans le pays une telle résistance contre l'adoption du compromis qu'il deviendrait impossible de la braver.
De nouvelles conférences entre les Allemands et les vieux Tchèques eurent lieu à Vienne du 14 au 16 avril ; il s'agissait cette fois de réglet les détails des points dont le compromis n'avait posé que les principes. Les délégués adoptèrent, ^auf de très légères différences, les projets de loi préparés par le gouvernement sur le conseil d'instruction publique, sur les écoles des minorités, sur le conseil d'agriculture et sur la réforme de la loi électorale de la curie des grands propriétaires. Quoique le secret des délibérations eût été prescrit, comme au mois de janvier, on sait que les discussions
avaient été très vives. M. Rieger, qui sentait Topinion lui échapper, essaya en vain d'obtenir des concessions. Au moment même où il conférait à Vienne, il reçut un avertissement significatif. Le circonscription de Jungbunzlau, toujours jusque-là représentée par des vieux Tchèques au Reichsrath, élut un jeune Tchèque.
M. Rieger perdit la tête. Pris entre ses engagements et ropinion publique, il essaya de tenir les premiers tout en donnant satisfaction à celle-ci. Il ne réussit qu'à se faire accuser de duplicité. Aux élections partielles, ses candidats furent tous battus. Le 19 mai, la Diète de Prague s'assembla. Le gouverneur déposa les projets de loi approuvés au^i conférences d'avril, et un autre sur les curies nationales. Une commission de vingt-sept membres fut chargée de les examiner. Quatre jeunes Tchèques en faisaient partie ; soutenus par deux vieux Tchèques, ils commencèrent par demander que, conformément aux stipulations de l'acte du 19 janvier, toutes les lois émanant du compromis fussent considérées comme un tout indivisible, et, en conséquence, publiées et sanctionnées toutes à la fois. Les Allemands s'y opposèrent ; ils voulaient faire voter d'abord les lois qui leur étaient favorables, quitte à laisser ensuite les autres de côté. Les vieux Tchèques, qui auraient pu trouver là un terrain de résistance, eurent la faiblesse d'appuyer leurs nouveaux alliés. On passa alors à la discussion du projet sur le conseil d'instruction publique. Les jeunes Tchèques s'ingénièrent à retarder les délibérations, et le projet, venu au « plénum » de la Diète le 30 mai seulement, occupa tout le reste de la session ; il fut sanctionné le 24 juin. En exécution de ses dispositions, la ville de Prague avait à élire deux délégués au conseil d'instruction publique ; elle choisit l délégué allemand M. Heinrich, un Allemand î întique, mais partisan connu de la conciliation c les Tchèques. Les Allemands crièrent à la trahis et menacèrent de ne pas prendre part à l'Exposit li devait avoir lieu à Prague en 1891, à l'occasion
POLITIQDE A L'ÉTRA:
la première expositioi le pour fêter le couronnement du roi Le 26 juillet, ils déclarèrent qu'ils Bur participation au vote du connpro- :hèques effectuèrent alors une évoiu- Burs journaux se mettaient à attaquer ions du pacte de Vienne, M, Rieger i) demander au comte Taaffe la coo-
iangue intérieure », c'est-à-dire de ingue tchèque dans les bureaux des e l'Ëtat dans les parties tchèques de nttout, dans les tribunaux. Une prei sa part au mois de juin avait déjà le eut le même sort ; l'empereur et le rlageaient l'idée des centralistes ailee de la langue allemande par les fonc- ^cessaire au maintien de l'unité de la ois-Joseph s'exprima nettement en ce
la délégation autrichienne, k Pesth.
incipe qu'on appliqua quand il s'agit
quelle langue se servirait le nouveau ion publique; on décida que l'on pareux langues aux délibérations, mais trait exclusivement employé pour le
la Diète se réunit de nouveau. Les Ali désiré qu'elle discutât de suite un B peuvent être votés qu'avec une ma- - majorité des deux tiers, les trois ires étant présents — , par exemple le iries nationales, afin de savoir s'il y une majorité en faveur du comproit qu'en cas d'adoption ou de refus, le lourrait pas se dispenser de leur faigouvernement, soit en gage de réco
urs avaient pris soin d'écarter tout ce c
pelesT les év( ésoluti que la ( xcite It
résoli -ux éle 891, et le vicU e loi SI 18 l'ob i de re le 24 E e, le c ompos
se 8»
'rojan, ti. Au erait k t 242r [it abs(
or, ;s Ichi isait ui 3te plu n am€
Consei lement Les A :iidemc
Malgr uilla 1( litre lî ivorab
que 3 a majo attus ] andsp
un manifeste, engageant officiellement les Allemands de Bohême à ne pas participer à l'Exposition de Prague de 1891. Le 29, la Diète fut prorogée au 3 janvier 1891, en raison de la session du Reichsrath qui allait s'ouvrir. Elle n'avait voté que 16 des 39 articles du projet de loi sur le Conseil d'agriculture.
Pendant le mois de décembre, la dislocation du parti de M, Rieger s'est continuée. La fraction des Vieux Tchèques dissidents qui s'en était séparée en novembre sans se rallier à M. Gregr s'est fusionnée avec lesjeunes Tchèques, ainsi que le groupe- des réalistes dont M. Massaryk est le chef. On peut considérer l'influence des vieux Tchèques comme définitivement ruinée en Bohême ; le compromis qui, dans leur esprit et celui du gouvernement, devait rehausser leur prestige, les a perdus. Les prochaines élections seront sans nul doute un triomphe pour H. Gregr.
— En dehors du compromis, les événements ou les questions qui ont occupé l'attention en Bohême sont les suivants : les inondations de septembre qui ont causé pour près de cinq millions de dommages et ont enlevé le vieux pont de Prague (Karlsbrùcke) ; la régularisation des fleuves, notamment de la Moldau, pourlaquelle on a voté deux millions de Qorins ; la Banque du royaume destinée à soutenir les agriculteurs; les manufactures de lin, une des sources de richesse du pays, gravement menacées par la concurrence du coton; l'Académie tchèque des sciences et arts, qui s'est constituée sous le protectorat de l'archiduc Charles -Louis ; les différends des étudiants de l'Université tchèque, en général partisans de M. Gregr, avec le Sénat académique, aux tendances vieux tchèques: le journal des étudiants a été supprimé, et de sérieuses mesures de rigueur ont été prises contre eux; mais, depuis l'installation d'un nouveau recteur n'appartenant à auc parti, l'harmonie s'est rétablie.
Basse- Autriche. — La création du .< Grand- Vienne est le fait principal à signaler. On a rattaché les fa
et formé ainsi une Je 1,332,604 habi-
Diète, les antiséi à plusieurs dispose nscrip lions élecessein de façon à sémites, au grand perdaient de plus actions à ta Diète, . sièges, les clérilands deux; pour es, et dix libéraux.
s ont plus du tiers ;orde aucune pari de procédés arbi-
recourent à l'obngtenips empêché stre de Vienne en ils soutenaient que raison de leur nom- !ction pour rendre
une loi établissant
s directes ; comme
lion.
'août, une réunion chant d'Autriche,
e exposition interlieu du 15 mai au
eur, le comte de du Tjrol; il a été ux élections à la nnajorité des deux confessionnelle, srdu la majorité à Diète n'a plus voté lorins à la Société
«4 LA VTE POLITIQnE A L'ÉTRAKGEK
fondatrice de l'Université catholique de Salzbourg; elle s'est réservée le droit de disposer de cette somme ea faveur de cette Université, comme elle l'entendrait.
Tyrol. — L'année dernière, les Italiens avaient fait perdre la majorité aux cléricaux en s' alliant aux libéraux allemands. Cette année", ils se sont alliés aux cléricaux contre les Allemands. Furieux de voir rejeter par ces derniers le vœu sur l'autonomie du Trenlin, ils ont rejeté à leur tour, avec l'appui des cléricaux, la proposition des Allemands relative à l'établissement de Kreisvertretungen, ou conseils d'arrondissement, dont l'un pour la partie italienne de la province. Le lycée italien de Roveredo, supprimé par M. d^ Gautsch, ministre de l'instruction publique, doit être rétabli.
La Diète a adhéré à la déclaration faite par les évoques à la Chambre des seigneurs au sujet de l'école confessionnelle,
Trieste et le Littoral. — La rivalité des Italiens et des Slaves a encore cette année été l'occasion d'incidents nombreux. La dénonciation des menées des irrédentistes à Trieste par le député slovèiie Tocjancic a causé une grande sensation. A différentes reprises, des gens, restés généralement inconnus, ont fait éclater des bombes à Trieste, A la Diète du Littoral, deux députés slaves invalidés ont été réélus.
Dalmatie. — Le gouverneur général Blazekovic a été remplacé par le général David. A l'occasion de l'inauguration du monument du poète croate Kocic, il y a eu une grande manifestation croate ; te gouvernement qui s'était longtemps opposé à cette cérémonie, parce que les armoiries de tous les pays croates figuraient
sur le monument, a fini par donner son autorisation,
A la Diète, le député Klaic, chef du parti croate, a demandé l'établissement de lycées croates; les représentants de la ville de Zara, qui sont italiens, ont protêt contre cette proposition.
Styrie, Carinthle et Carniole. — Les députés slo^ nés de ces trois provinces, se sont réunis à Laibat
Ils demandent Tunion de tous les territoires Slovènes en une seule province avec Laibach pour chef-lieu; une Cour d'appel à Laibach ; une école de droit Slovène ; des écoles nationales et confessionnelles. Le 11 novembre, un d'eux a fait des propositions à la Diète ; il s'est défendu de tendances panslavistes et a déclaré vouloir seulement protéger l'Autriche contre Tirrédentisme.
A la Diète de Styrie, les Slovènes ont obtenus que le nombre de députés nécessaire pour présenter une proposition fût réduit de 10 à 6 ; auparavant, étant moins de 10, ils ne pouvaient en fait user de l'initiative parlementaire. La Diète s'est principalement occupée des chemins de fer vicinaux. A Klagenfurt et à Laibach, les Slovènes ont fait, sans résultat, de grands efforts pour créer des lycées Slovènes. A Laibach, grâce à une libéralité privée, ils ont pu établir un lycée Slovène de jeunes filles.
Moravie. — La Diète de Brunn a tenu deux sessions, du 2 au 11 avril, et du 14 octobre au 22 novembre. Elle a été renouvelée au mois de juin. Dans 7 districts ruraux, les candidats des paysans l'ont emporté sans que cela changeât toutefois l'équilibre des forces des Allemands et des Tchèques. Mais dans les villes, les Allemands ont gagné deux sièges, ce qui leur a donné la majorité absolue, alors qu'auparavant ils ne pouvaient l'avoir qu'avec l'appui des grands propriétaires qui forment un groupe séparé appelé Centre. Ils ont repoussé une demande des députés tchèques tendant à introduire en Moravie un compromis analogue à celui de Bohême. Les jeunes Tchèques n'ont pas manqué de crier à l'intolérance : les Allemands, disent-ils, ne tendent qu'à maintenir leur domination où ils ont la majorité, et à 1 iconquérir- dans les provinces où ils l'ont perdue. I )aysans réclament la réforme de la loi électorale. I '.udiants demandent la création d'une Université t le à Prague.
ne. — La Diète a siégé du 14 octobre au 22 no-
rembre. Elle a été renouvelée au mois de juin séc exclusivement d'Allemands auparavant, elle comprend aujourd'hui six Tchèques ou Polonais. En conséquence, les déhats ont pris une force nouvelle; les Slaves ont pu d'autant mieux se faire entendre que dans plusieurs circonstances ils ont été soutenus par les grands propriétaires.
Galicie. — Les Ruthènes ont enfin obtenu en 1890 des satisfactions partielles. Une sorte de compromis a été conclu entre eux et les Polonais par l'intermédiaire du gouvernement.
Jadis indépendants, plus tard assujettis parles Polonais, les Rnlhénes furent réduits pendant des siècles à l'état de servage. Us réussirent en 1848 à se débarrasser du joug. Mais le grand mouvement libérateur tes trouva endormis dans une léthargie séculaire, et ils eurent peine à se réveiller. Ils n'avaient plus ni bourgeoisie, ni aristocratie : tous les riches, toutes les familles princières, les Sapieha, les Sanguszko, les Potocki et nombre d'autres, d'origine ruthène, étaient depuis longtemps polonisés et ne songeaient pas à leur servir de guides. Ce "furent de modestes savants qui durent se constituer leurs chefs et travailler au réveil de ridée nationale. Ils commencèrent par recueillir les vieilles chansons ruthènes, ils fondèrent des revues, éditèrent des livres et des calendriers propres. En 1860, afin de donner une plus vive impulsion à leur renaissance, ils résolurent d'adopter officiellement la langue russe en ne gardant leur dialecte petit-russien que pour leurs relations privées. Peu à peu, ils reprirent un rdle politique. Les gouvernements autrichiens qui se succédèrent depuis 1818 consentirent parfois à diriger leur attention sur ce peuple : de 1861 à 1864, le gouvernement n'eut pas d'amis plus dévoués. Mais ^ïnt le fameux ministère Belcredi, et par lui fut inaugui u la politique polonaise " : aux Polonais, toutes 1 faveurs. I-es Ruthènes, qui avaient pris quelque exj rience, entrèrent dans l'opposition, et les Polon*
demeurant les maîtres, ils y restèrent jusqu'à nos jours. Ce peuple de 3 millions d'hommes, connu par son attachement à la dynastie des Habsbourg, n'est aujourd'hui encore représenté au Reichsrath que par une députation insignifiante; en Galicie, dans leur propre patrie, ils ne possèdent qu'un seul lycée, à Lemberg, ce qui force leurs fils à entrer dans les écoles polonaises, d'où ils sortent naturellement polonisés. Chaque année, à la Diète^ galicienne, leurs députés répétaient vainement les doléances de leur nation.
Grâce au comte TaafiFe, le groupe polonais leur fît quelques avances au mois de novembre à la Diète. Leur chef, M. Romanczuk, y répondit; le 25 novembre, il exposa le programme de conciliation suivant : maintien du dialecte petit-russien ; pas de conversion à la religion orthodoxe (les Ruthènes sont uniates) ; pas de panslavisme. Ces conditions rassuraient le gouvernement. En retour, le comte Taaffe promit aux Ruthènes qu'ils auraient huit à dix sièges au Reichsrath et qu'à partir du 1^' janvier 1891, le Journal Officiel en langue polonaise, de Lemberg, paraîtrait avec un supplément en langue ruthènç. Le 12 décembre, les principaux membres du parti ruthène, le métropolite Sembratowics, le professeur Romanczuk, trois évèques et plusieurs députés publièrent un manifeste dans lequel ils engageaient tous les Ruthènes à se rallier au programme national dont la réalisation n'est possible, disaient-ils, que du fait de l'Autriche. Les jeunes Ruthènes, il est vrai, et un certain nombre de Polonais ne se sont pas tenus pour satisfaits ; mais, en somme, un progrès assez notable a été réalisé, quoiqu'il reste encore beaucoup à faire pour que les Ruthènes aient la situation à laquelle ils ont droit.
Kn dehors des questions de race, l'émiettement des I est extraordinaire en Galicie; les Polonais se issent en quatre groupes au moins, la gauche, les t ates, les socialistes et les grands propriétaires. ^ Tniers forment une coterie, appelé la Szla-
LA VIE POLITIQUE A L'ÉTRANGER iLâ, qui a la haute main sur toute l'admiDistration.
La translation des cendres de Mickiewicz à Cracovie été dans cette ville l'occasion d'une grande manifestion patriotique des Polonais d'Autriche, de Russie
d'Allemagne (juin).
La dette galicienne, formée par le montant des fanées faites par l'État en 1848 pour permettre aux lysans (ruthènes pour la plupart) de racheter les terres l'ils cultivaient jusque-l^ en qualité de serfs, a été ipprimée : elle se montait à 106 millions de florins. 3S paysans étant dansTimpossibilité absolue de rem- )urser les avances ; le gouvernement pensa qu'il imporit de liquider ce compte et proposa la suppression ire et simple de la dette. Les Polonais s'y opposèrent es vivement; mais la proposition du gouvernement fut liée par le Reichsrath, grâce au concours des jeunes ;hèques et des députés italiens du Tyrol. La situation lonomique de la Galicie justifie complètement une esure aussi radicale. La misère a été si grande en 1890 le le Reichsrath a dû voter 7,000,000 florins de secours,
instituer une commission d'enquête, — Dans le disict de Koloméa, il y a eu une petite émeute de paysans mtre la noblesse et les juifs. Un procès monstre a été tenté à des agents juifs d'émigration; il s'est terminé ir la condamnation des inculpés. — Les étudiants pololis de Cracovie ont eu des démêlés bruyants, mais sans mséquence, avec les autorités académiques; celles-ci ur ont refusé l'autorisation d'organiser un congrès ts étudiants slaves pour les fêtes de Micliievv'icz, — ^Les )lonai5 se sont montrés très blessés de ce que le inistre de la guerre se soit plaint que les soldats )lonais connaissent trop peu l'histoire de l'Autriche
de la maison des Habsbourg.