‹ La vie politique de M. Royer-CollardChapitre 11 sur 27 · LA PREMIÈRE ANNEE DE LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE ANNEE DE LA RESTAURATION

tîon publique dans notre royaume, nous avons reconnu qu'elle reposait sur des institutions destinées à servir les vues politiques du gouvernement dont elles furent l'ouvrage, plutôt qu'à répandre sur nos sujets les bienfaits d'une éducation morale et conforme aux besoins du siècle. Nous avons rendu justice à la sagesse et au zèle des hommes qui ont été chargés de surveiller et de diriger l'enseignement; nous avons vu avec satisfaction qu'ils n'avaient cessé de lutter contre les obstacles que les temps leur opposaient et contre le but même des institutions qu'ils étaient appelés à mettre en œuvre ; mais nous avons senti la nécessité de corriger ces institutions, et de rappeler l'éducation nationale à son véritable objet, qui est de propager les bonnes doctrines et de former des hommes, qui, par leurs lumières et leurs vertus, puissent rendre à la société les utiles leçons et les sages exemples qu'ils auront reçus de leurs maîtres,

« Nous avons mûrement examiné ces institutions que nous nous proposons de réformer, et il nous a paru que le régime d'une autorité unique et absolue était incompatible avec les intentions libérales de notre gouvernement; — que cette autorité essentiellement occupée de la direction de l'ensemble était, en quelque sorte, condamnée à négliger ces détails, et cette surveillance journalière qui ne peut être confiée qu'à des autorités locales, mieux informées des besoins et plus directement intéressées à la prospérité des établissements placés sous leurs yeux ; — que le droit de nommer à toutes les places, concentré dans les mains d'un seul homme, en laissant trop de chances à l'erreur et trop d'intluence à la faveur, affaiblissait le ressort de l'émulation et réduisait les maîtres à une dépendance mal assortie à l'honneur de leur état et à l'importance de leurs fonctions; <— que cette dépendance et les déplacements trop fréquents qui

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en sont la suite inévitable rendaient l'état des maîtres incertain et précaire, nuisaient à la considération dont ils ont besoin pour se livrer avec zèle à leurs pénibles travaux, ne permettaient pas qu'il s'établît entre eux et les parents de leurs élèves cette confiance qui est le fruit des longs services et des anciennes habitudes, et les privaient ainsi de la plus douce récompense qu'ils puissent obtenir, le respect et Taffection des contrées auxquelles ils ont consacré leurs talents et leur vie. »

Le dispositif de rordonnance instituait dix-sept universités; chacune devait être composée d'un conseil présidé par un recteur, — de facultés, — de collèges royaux, — de collèges communaux.

L'enseignement et la discipline , dans toutes les universités, devaient être réglés et surveillés par un conseil royal de l'instruction publique. Une école normale, établie à Paris, était destinée à former les professeurs pour l'enseignement des lettres et des sciences dans les universités.

Cette complète révolution dans le système de l'instruction aurait sans doute suscité un vif mouvement dans l'opinion publique , d'autant qu'aucune discussion préalable ne l'avait précédée, ni dans les Chambres, ni dans la presse. De graves questions étaient ainsi tranchées sans examen contradictoire. Mais Tordonnance du 17 février n'avait pas eu encore un commencement d'exécution , lorsque Napoléon débarqua sur la côte de Provence. Dès lors, toute autre préoccupation fut impossible.

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