TROUBLES A L'ÉCOLE DE DBOIT
était reproduite au milieu d'une discussion qui se rapportait à un tout autre sujet.
La complète liberté de la tribune et de la presse, l'abolition des mesures de police, la direction suivie par le ministère, loin de satisfaire le parti qui se disait libéral par excellence, avaient pour résultat le faire éclater sa malveillance, et de lui donner toute facilité pour agiter les esprits, pour exciter la haine contre le gouvernement de la Restauration, pour mettre en mouvement les opinions et les passions hostiles et implacables. C'était particulièrement sur les élèves des écoles qu'était exercée cette funeste influence.
Un juge au tribunal de première instance de Paris, professeur à TÉcole de droit depuis plusieurs années, attirait depuis quelque temps à son cours de procédure un beaucoup plus grand nombre d'élèves que par le passé. Il critiquait, avec blâme, les dispositions du Code pénal et en attaquait les principes. Les élèves n'étaient pas tous de la môme opinion. A une leçon du 25 juin, les uns applaudissaient, les autres sifflaient*, on était prêt à en venir aux mains. Le doyen de la faculté de Droit entra dans la salle, et, ne pouvant apaiser le tumulte, il déclara qu'il suspendait le cours. Le professeur protesta, et les élèves manquèrent de respect pour le doyen.
La commission d'instruction publique approuva la conduite du doyen et prononça la suspension du professeur. Les élèves étaient venus au jour et à l'heure du cours 5 ils trouvèrent la porte fermée et l'arrêté^ de la I. 28.
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commission affiché; ils le déchirèrent, firent ouvrir la porte, s'établirent sur les bancs, mirent en délibération ce qu'ils avaient à faire, et décidèrent qu'ils présenteraient une pétition à la Chambre des députés.
Le procureur du Roi et le préfet de police arrivèrent avec la force armée. Les élèves insultèrent Tautorîté publique, et le désordre fut grand. L'École de droit fut fermée par arrêté de la commission de l'instruction publique. Le professeur et quelques élèves furent arrêtés pour être traduits en cour d'assises.
Repoussés de l'École, les étudiants se réunirent au boulevard du Mont-Parnasse, et signèrent une pétition par laquelle ils priaient la Chambre des députés d'intercéder auprès du gouvernement pour qu'ils ne fussent pas privés de l'enseignement d'un professeur distingué par ses talents, ses vertus et son attachement à la Charte constitutionnelle.
La commission fit son rapport à la séance du 10 juillet : elle proposait à l'unanimité la décision suivante : — « Attendu — 1* que l'autorité judiciaire est saisie des (1 plaintes portées contre l'enseignement du professeur « et contre les auteurs et les complices des troubles qui a ont eu lieu à l'occasion de son cours -, 2® que l'examen de « sa conduite, sous les rapports administratifs, est dans (( les attributions du gouvernement, et que la Chambre « ne peut y intervenir, même indirectement ; qu'elle ne c( peut ni ne doit manifester aucun préjugé favorable « ou contraire, et moins encore intercéder en faveur <( d'un professeur dont la doctrine est soumise à l'au-