‹ La vie politique de M. Royer-CollardChapitre 25 sur 27 · TROUBLES A L'ÉCOLE DE DROIT · texte numérisé non relu

TROUBLES A L'ÉCOLE DE DROIT

« torîté compétente; 3* que les désordres graves qui « ont précédé la pétition ne permettent pas à la K Chambre d'accueillir une réclamation formée sous de « tels auspices : — déterminée par ces motifs , la com* « mission vous propose de passer à Tordre du jour. )i M. Daunou parla contre les conclusions de la commission ; il dit que passer à Tordre du Jour serait déclarer justes et réguliers les actes contre lesquels les pétitionnaires réclamaient, et qu'il s'agissait seulement de recommander la pétition à Texamen du gouverne^ ment. M. Royer-Collard lui répondit :

«Personne, j'espère, n'attend de moi, en ce moment, une apologie des arrêtés de la commission de l'instruction publique. La pétition dont il vous a été rendu compte n'est pas une pétition ordinaire ; elle ne peut pas être entièrement séparée des événements qui l'ont précédée. Je crois donc entrer dans les vues de la Chambre, je crois comprendre sa sagesse en m'abstenant de toute controverse, soit sur les faits, soit sur la juridiction de la commission. Ce que la commission de l'instruction publique a fait, elle a pu le faire, elle a dû le faire ; ses actes sont soumis au gouvernement.

(( Cependant, Messieurs, vous apprécieriez mal sa conduite, si vous ignoriez quelles sont les circonstances qui la pressent, et dans quelle lutte elle est engagée.

(c Chacun de vous sait qu'il a éclaté quelques désordres, il y a environ six mois , d'abord au collège royal de Louis-le-Grand, ensuite au collège royal de Nantes. Mfiûs ce que vous ne savez pas, Messieurs, c'est qu'en même temps, des désordres semblables ont ^té tentés, quoique sans effet, dans un grand nombre de collèges

éloignés les uns des autres, et qui n'avaient entre eux aucune communication. Je citerai particulièrement les collèges de Rennes, de Bordeaux, de Périgueux, de Caen, de Lyon, de Toumon, de Vannes. Et ces désordres ont été tentés, pour ainsi dire, en pleine paix, au milieu de la surveillance la plus active, sous l'empire de la discipline la plus régulière, contre des chefs expérimentés et respectables, dont la fermeté les a prévenus ou étouffés. Ce que vous savez bien moins encore. Messieurs, c'est que dans quelques-uns au moins de ces établissements, il est certain, il est prouvé que le désordre est venu du dehors, qu'il a été inspiré, excité par des proclamations insensées répandues sous le nom du collège de Louis-le-Grand. Ces malheureux enfants, qu'on poussait à des actes de la plus criminelle violence^ se sont trouvés hors d'état de dire ce qu'ils demandaient, de former une plainte, d'articuler un grief. Le seul aveu qu'on ait obtenu de quelques-uns, c'est qu'ils avaient espéré de faire tomber le collège, et de retourner dans leur famille.

« Il y a beaucoup d'exemples sans doute de scènes tumultueuses dans les collèges ; mais il n'y a pas d'exemple d'une attaque de ce genre, dirigée sur un grand nombre de points à la fois, et qui n'a pu s'exécuter que par la corruption la plus odieuse de la jeunesse et même de l'enfance. Ce crime est nouveau ; il manquait à l'histoire des partis.

(( L'agitation ne s'est pas renfermée dans l'enceinte des collèges. On a vu quelque temps après les élèves d'une faculté de médecine pousser l'opposition à l'autorité jusqu'à déserter l'École pendant plusieurs mois.

« Voilà les événements qui ont précédé, je ne dis pas préparé les troubles de l'École de droit de Paris. Je souhaite qu'ils n'aient eu d'autre cause que l'imprudence

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