‹ La vie politique de M. Royer-CollardChapitre 8 sur 27 · LA KIEMIÈRE ANNÉE DE LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

LA KIEMIÈRE ANNÉE DE LA RESTAURATION

Trois mois après le moment où M. Royer-Collard prononçait ce discours, Tinfaillible issue de la guerre perpétuelle et des conquêtes indéfinies avait amené les armées de l'Europe a Paris. L'Empire, c'était la victoire -, il devait tomber le jour où la victoire était devenue impossible. Sa chute avait pour conséquence nécessaire le rappel de la maison de Bourbon. Aucune autre royauté n'aurait pu préserver la France de conditions plus dures encore que la perte de ses conquêtes.

M. Royer-Gollard ne fut pour rien dans les combinaisons d'où résultèrent un gouvernement provisoire et l'abdication de Napoléon. L'abbé de Montesquieu fut membre de cette commission, puis du conseil que forma Monsieur, lieutenant général du royaume, avant l'arrivée de Louis XVilL 11 avait constamment conservé les mômes relations d'intime confiance avec M. Royer, qui, dans les derniers jours d'avril 1812, fut nommé directeur de la librairie.

Peu après, pendant que le Roi était à Compiègne, où il s'arrêta avant d'entrer à Paris, M. Royer-Collard alla lui présenter ses hommages *, il fut accueilU avec une

affabilité bienveillante, telle qu'il la pouvait espérer après vingt années de fidélité et de dévouement.

L'abbé de Montesquiou avait, sur Tindication de M. Royer, choisi M. Guizot pour secrétaire général du ministère de Tintérieur, où il avait été appelé par le Roi. M. Becquey fut nommé directeur général du commerce et des manufactures.Tel était l'entourage du ministre qui était destiné à avoir le plus grand rôle dans l'essai qu'on allait faire du gouvernement représentatif. Quoiqu'il n'eût pas émigré, quoiqu'il eût vécu pendant beaucoup d'années parmi la France nouvelle, il ne la connaissait pas assez. Aux opinions raisonnables et modérées qu'il avait toujours professées se mêlaient des préjugés d'ancien régime. Depuis l'Assemblée constituante, il n'avait pas été mêlé aux affaires publiques. Hormis dans le comité royaliste, il n'avait pas conversé avec d'autres amis que la société aristocratique, où sa supériorité était justement reconnue. Comme il avait beaucoup d'esprit, il ne tarda pas à voir qu'il avait affaire à un monde dont il ignorait les lois, les habitudes, le^ passions et même les véritables intérêts.

Quant aux principes politiques, M. de Montesquiou appartenait à cette école qui, pendant le dix-huitième siècle, avait compris que de grandes réformes étaient nécessaires. Sans vouloir des libertés politiques, sans même y penser, elle reconnaissait comme indispensables des institutions administratives et des libertés accordées aux provinces, aux communes et au commerce, y voyant la garantie d'une bonne gestion des

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