C est le terme le plus employé dans nos inventaires du
cle : il me parait être surtout appliqué aux coffres couverts de cuir et munis de bandes ou de clous de fer. que leur couvercle fut plat ou bombé : bahut ferré fermant de clef avec son soubassement de noyer i 1627) : coffre de fer peint portant sur un sou bassement fid.)\ bahut couvert de cuir de truie (1666) : grand baliut garde-robe couvert de truie avec soubassement de noyer, fermant de clef 1 1620 1 ; grande garde-robe couverte de truie façonnée de clous i 1630). etc.
2. Dans un inventaire de 1659. on distingue une armoire, un grand coffre de cliène à serrure et deux bahuts couverts l'un de peau de truie. L'autre de veau, avec leurs soubassements.
3. Petit bahut de Flandre fermant à deux serrures |1669| ; de cuir doré, de cuir de Russie (1672); couvert d'étamine i1683i ; petil coffre d écaille garni d'argent fermant à clef (1708). Cf au .Musée de Laval un coffre de cuir doré aux armes des seigneurs.
celle d'un meuble à quatre vantaux carrés ; ils désignent les diverses armoires par le nombre de leurs huissets ou volets et de leurs bettes ou tiroirs ; ils ne les décrivent pas, mais on peut attribuer aux armoires du Bas-Maine un système d'ornementation, sinon exclusivement, du moins généralement adopté, qui les distingue des armoires de Bretagne, de Normandie, du Poitou '. Ils notent aussi le jean-debout, armoire haute et étroite à un seul volet, et les armoires dites presses qui ont deuxvolets superposés, surmontés chacun d'un tiroir.
Plusieurs cabinets sont vitrés et l'on y dépose pour être vues les curiosités que Ton a recueillies ; d'autres sont des meubles d'apparat, parfois de provenance étrangère, des Pays-Bas, de l'Italie, les premiers marquetés de bois colorés, les autres incrustés d'ivoire et d'étain sur fond d'ébène ': : quelques autres, de très petite dimension, sont recouverts de broderie ou de pailles ingénieusement disposées.
A ces meubles on peut ajouter le prie-Dieu. Il est souvent muni, au-dessus de L'appuie-mains, d'une petite armoire où l'on serre les livres de prières, surmontée elle-même d'un crucifix ou d'une statuette. Il suit le sort du lit : de la salle, on le monte dans la chambre 3.
1. Les volets se composent d'un panneau carré, enchâssé dans un Cadre formé d'une grosse moulure ou orné à plat de guirlandes faites à la gouge, les quatre angles de ce panneau étant remplacés par un quart de rond dans lequel est sculpté un motif d'ornementation, lettre ou fleuron.
'1. Cabinet garni de verre et de petites figures et doreries (Urbain Rezé, 1634) ; cabinel d'ébène (Jeanne Cazet, 1657 1 : de Lois noir en forme d'ébène à deux huissets, garni dr licites (Daniel Pelisson, lt>72); cabinet d'Allemagne (François Marest, 1662); cabinet vitré (Guillaume Jolly, marchand, 1665); petit cabinet de pailles avec des tiroirs (Renée Débonnaire, 1 659 1 : petit cabinet à diverses licites, couvert de broderies (1680).
'■'•■ A huisset et à liettes (Hardy de Lévaré, 1709| ; fermant à clef avec une image de la Vierge [René Moraine, avocat, 1709) ; avec un crucifix et trois autres ligures de bois (Michel Trois, concierge des prisons, 1688).
Au xviii6 siècle, les inventaires signalent l'apparition de
quelques meubles nouveaux : la commode, avec ses tiroirs, ses poignées et ses entrées de serrure de fer, de bronze, si recherchées de nos jours ; la « chiffonnière » avec ses nombreux tiroirs, plus haute et moins large que la commode.
Si nous retournons à la salle du xvne siècle, nous y vovons encore d'autres objets mobiliers, les uns d'un usage nécessaire, comme les accessoires de foyer et le luminaire, les autres destinés à L'agrément de la demeure : images, tableaux, vases, bibelots, objets de piété, d'ornement, de fantaisie.
La cheminée a ses landiers et ses chenets ; les deux sont souvent réunis dans le même foyer, fréquemment surmontés dune « pommette de cuivre. » Tels on les trouve dans la salle de Lefebvre du Rosay. receveur des tailles ^1664), dans la chambre de Françoise Cazet(1684) ; tout naturellement le foyer possède des pelles, des pincettes (1646 . dites aussi fourchettes, parfois un « attisefeu » et un souillet « à tuyau de fer. »
Pour se garantir des étincelles, on a un « garde-cheminée de fonte de fer » 1672'. une « plaque de fonte à mettre au-devant du feu » 1692 , huit plaques de fer blanc » (1666) : c'est notre garde-feu articulé. Pour se parer de l'ardeur du feu, on a les écrans faits d'un cadre de bois dressé sur des pieds, garni d'étoiles diverses, de tapisserie à l'aiguille ou plus modestement de canne, de clisse, de papier peint. En 1742. Maurice Anceny possède o un écran brodé en soie avec son cadre doré. » Dès la lin du xvne siècle, les inventaires signalent ces petits écrans de main dont la vogue fut si grande au siècle suivant : « un écran garni de drap vert et quatre écrans de carte (1692) ; « douze escrannes de carte à la mode et deux de clisse » (Duchemin de Valbléré, négociant. 1712). On sait que ces petits écrans cartonnés étaient agrémentés de petits vers, de devises, d'images colorées représentant des scènes des comédies à succès.
Toute maison contient des instruments portatifs de chauffage : ce sont les belles bassinoires de cuivre rouge
ou jaune, dont le couvercle est si joliment travaille ; d'autres réceptacles dénués de recherche esthétique, appelés chauffe-lit, bonhomme, moine ', les chaufferettes a mettre sous les pieds, les « pottines » en terre rouge de Thévalles, si populaires encore au xixe siècle.
En tout logis il faut un luminaire, si modeste qu'il soit. Dans les vieilles maisons et dans les rues étroites, la nuit, tombe vite ; de bonne heure, l'éclairage est nécessaire, et celui dont on usait jadis nous paraîtrait aujourd'hui d'une intolérable insullisance : de petites lampes fumeuses 2, des chandelles de suif — la bougie était encore objet de luxe — éclairaient les veilles de nos arrière-grands-pères. Pour les plus belles sortes, chandelles moulées, chandelles de cire, les ciriers les fabriquent dans leurs ouvroirs et les merciers en sont fournis en leurs boutiques ; mais en mainte maison bourgeoise on fait sa chandelle ordinaire en se servant d'un moule en bois3 : on achète le suif que Ton fait fondre et le spécialiste, dit chandelier, vient à domicile exercer son art. La chandelle de suif est le mode d'éclairage communément adopté à Laval ; la résine ne s'emploie que dans les campagnes, chez les gens très pauvres et dans quelques cuisines : elle est serrée dans une pince de fer, appelée bégaud, fixée au mur ou suspendue par un crochet dans l'intérieur de la cheminée ; chaque maison a
1. Boucstons à chauffer le lit ; chauffe-lit de cuivre (1665) ; deux bonhommes de bois avec leurs boues tons servant à mettre au lit (Hardy de Lévaré, 1707).
2. Les inventaires inscrivent peu de lampes : nue ou deux dans les maisons aisées, mais une certaine quantité de chandeliers.
3. Moule de bois à faire chandelles (Hardy «le Lévaré). — Kucore au milieu du xixe siècle, cel usage était conservé dans quelques familles vitréennes ; le jour où venait opérer le chandelier était fête pour les enfants auxquels il ne manquail pas d'offrir de petites chandelles faites sous leurs yeux.
généralement une lampe de cuivre ou de potin, souvent unique.
Les chandeliers varient de forme et de matière : chandeliers de bois, de cuivre, de fer, chandeliers « à fusée » ', à branches, à ressorts, etc., chandeliers avec figurines (« avant figure d'Adam et d'Eve », 1627) ; le luminaire de Bidault de la Naillère, de la communauté des marchands, se compose de deux flambeaux d'étain, deux de cuivre de taille inégale, deux falots dont un est dit sourd, un chandelier de bois noir avec manche garni de cuivre, un chandelier de bronze ayant un cupidon et deux raobèches2(1642) ; l'avocat Julien Martin (1646) possède un chandelier de table à six branches, un grand chandelier de bois « à l'antique », plusieurs chandeliers de potin, une lampe de cuivre « avec son lampron » ; chez Jean Delaporte,en sa maison du Manoir de la rue de Paradis, on compte cinq flambeaux de cuivre, dont deux sont argentés, trois flambeaux de cristal, deux de corne de cerf, trois d'étain. une lampe et un lampron de cuivre (1710). Ces flambeaux argentés, dits façon d'argent, se multiplient rapidement à cette époque, et dès lors dans les maisons riches les flambeaux d'argent ne sont pas rares.
Dans quelques salles on a des chandeliers suspendus de cuivre, de bois peint, à plusieurs branches ; le mot de lustre n'apparaît dans les textes lavallois que sous le règne de Louis XV 3 ; il désigne en même temps les appliques, dites aussi placards, fixées aux murs, le plus souvent aux côtés du trumeau ou de la glace qui surmonte la cheminée.
Les chandelles nécessitent l'usage des mouchettes et porte-mouchettes de fer. de cuivre, parfois d'argent ;