Affermé à un fermier par le propriétaire du fiel
'i . A la mort de Jean de Laiiuav (1704), on inscrit dans ses dettes 100 sols dus pour cuisson de pain.
l'on cuisinait dans la salle, un grand matériel eût été encombrant, même conservé dans la décharge, comme cola devait être, et les anciens inventaires des plus riches maisons ne révèlent pas une grande quantité d'ustensiles. Ce sont des marmites, des chaudrons, des grils, des bassins plus ou moins grands, des casses et poêles avec ou sans queue l, des coquemars, des broches, avec le tourne-broche et ses poids, avec lèchefrite que Ton plaçait sous le rôt 2, des « cuillers à poisson » ou poissonnières, inscrites aussi comme « chaudron ovale à cuire poisson », des « cloches à cuire fruits avec leur écuelle d'airain » 1734 dont la mention est fréquente, des passettes, écumoires, etc.
Dans tous les ménages, "les plus riches comme les moins fortunés, on trouve la tuile à galettes avec son trépied et sa « tournouer » et la poêle à châtaignes ; dans les familles aisées, les tourtières où les maîtresses de maison s'exerçaient à l'art de la pâtisserie. Presque partout aussi, on a des garde-plats, des garde-nappes en osier ou en métal que l'on place sous les plats, des réchauds, des coutellières contenant invariablement six couteaux.
Au xviii' siècle, la batterie de cuisine, comme on dit aujourd'hui, devient plus abondante, et les inventaires signalent la présence de quelques objets nouveaux. Aux tourtières s'ajoutent des gaufriers, des moules à biscuits3, des « poêles rondes à faire confitures », et autres ustensiles destinés à la confection de friandises : en même temps la nomenclature fournie par les textes s'allonge
1. Le terme de casserole ne me paraît avoir été employé à Laval qu'au milieu du xvme siècle.
2. La rôtissoire n'apparait que vers la lin du xvne siècle : un rôlissoir de fer blanc : un petit rôtissoir et une broche do fer
3. Chez Marie Delaporte, dame de Monloeler, cent moules de fer blanc à biscuits et macarons, un gaufrier, une rôtissoire à pain
de casses à faire saucisses, de râpes de fer blanc, de râpes à muscade, de moulins à café et de cafetières, de « boitons de plomb a mettre le thé » 1716).
Parfois on mentionne des porte-à-dîner en cuivre ou en '-tain avec couvercle ; on en rencontre à la campagne chez les métayers '.
Depuis longtemps on distille : Charles Duchemin possède un alambic d'airain (1665); Guédé du Bourgneuf L678 , un « alambic de cuivre à tirer l'essence » ; Hardy de Lévaré, d'antres bourgeois en sont pourvus.
Dans la cuisine se trouve le garde-manger, le grand dressoir qui dans la salle a été remplacé par le bulfet et, comme chez Pichot, « une grande table avec deux liettes et deux bancelles pour les domestiques ». Bien souvent la cuisine comporte un lit de servante ; là encore sont déposés le coll're à chandelle, le « sabot servant à mettre l' al u mette » 1767), les bassinoires de cuivre, les cbautl'elits, les chaufferettes et autres objets utiles, sinon nécessaires à la vie ; on y voit même chez un négociant, Duchemin de Vaubernier, « un fourneau à bain avec trois triangles et les grilles » (1762).
La Vaisselle et l'Argenterie.
A Laval, au xvne siècle, la vaisselle est presque totalement faite d'étain ; les familles arrivées à l'aisance y ajoutent quelques pièces d'argenterie, en nombre restreint d'abord, mais toujours croissant. La faïence n'apparaît qu'exceptionnellement au milieu de ce siècle ; sa quantité augmente rapidement, si bien «pie cent ans plus
1. Los marchands onl des pois d'étain avec nu couvercle en forme de plat, «|ii ou appelle porte-dîner, dont ils se servent quand ils sonl à leur boutique (Dict. de Furetière).
tard, l'étain, qui forme encore la majeure partie de la vaisselle populaire, est relégué à la cuisine des riches, dout la table est servie en vaisselle de faïence avec quelques pièces de porcelaine, de cristal et d'argenterie.
' Tantôt les notaires énumèrent les divers objets qui composent l'ensemble de la vaisselle d'étain, tantôt et le plus souvent ils l'estiment en bloc, d'après son poids ; au xviie siècle, le prix est ordinairement de 12 à 15 sous la livre pour l'étain sonnant ou étain fin ; il s'abaisse à 10 sous lorsque la vaisselle est vieillie ou usée ; au siècle suivant, le prix est de 15 à 18 sous; il s'élève exceptionnellement à 20 et 25 sous chez Louis de Brun en 1 734, prix très élevé, si l'on tient compte du pouvoir de l'argent, et bien supérieur à la valeur actuelle de l'étain. Si d'autre part on remarque qu'une assiette d'étain pèse de cinq à six cents grammes, c'est-à-dire environ une livre, et qu'il convient de déduire du poids global celui d'une certaine quantité de pichets, écuelles, salières et autres objets, on arrive à cette conclusion qu'en bien des maisons le nombre des assiettes n'était pas considérable et qu'on n'en changeait pas à chaque service. Aussi beaucoup d'assiettes etd'écuelles portent-elles gravé au couteau le nom de leur possesseur ; en mainte famille chacun avait ainsi son écuelle et son assiette affectées à son usage personnel, comme la mode en a persisté pour quelques fidèles des vieux usages, surtout à la campagne, avec les écuelles et les tasses de faïence imagées et les verres gravés de lettres entrelacées.
Ces poids de la vaisselle pesée en bloc sont nécessairement variés. Pierre Laisné et Jean Helbert, marchands, possèdent l'un 42 livres pesant d'étain en 1647, l'autre 36 livres en 1699 : François Collet, marchand tissier, en a 56 livres en 1695 ; Michel Nupied, apothicaire, 60 livres en 1703. Dans les familles opultMiIrs. c'est a une centaine de livres, et pins, qu'il faut porter le poids de celte vaisselle : 105 livres chez l'avocat Julien
Martin, à quoi il faut ajouter « un plat d'étain déglace ' en ovale » estimé 70 sous, et « un plai d'étain rond à laver de 50 sous » (1646): 02 livres chez Raoul Delaporte (1662); 172 livres chez François Boulain, sieur du Griffon, marchand (id.) ; L02 livres chez le grenier Léon Martin, sieur de la Hlaneherie 1666 ; 10.") livres chez l'avocat Leclerc du Moulin ; 121 livres chez le bourgeois Jacques Le Censier, comprenant : 13 grands plats, 8 moyens, une fontaine et un plat-bassin, 3 écuelles à oreilles2, 3 égouttoirs :;, 21 assiettes, un pot, 2 [tintes, une chopine et demi-chopine, une assiette percée, un vinaigrier (1691). Ces poids, qui plus d'une fois dépassent L50 livres, tendent à diminuer a mesure que se répand l'usage de la faïence.
On connaît ces assiettes au contour rond ou ondulé, bordé d'un double filet, parfois i\'m\e guirlandede perles, ces écuelles liasses aux plates oreilles ; les inventaires mentionnent beaucoup d'autres pièces '*; celui de Daniel Le Balleur, négociant (1695 , constate l'existence de 20 fruitiers, 26 assiettes, 8 plats, un égouttoir, un pot5, une pinte, une chopine, une demi-chopine, un porte-àdîner avec son couvercle, un pot-à-1'eau, 14 écuelles à oreilles, le tout pesant 109 livres à 10 sous la livre, plus une grande salière, 3 tasses, un vinaigrier, un « crocque-
1. L'étain de glace esl une sorte d'étain luisant qu'on appelle autrement bismuth (Dict. de Furefière, 1690/.