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La robe se compose essentiellement de deux parties, le corps de robe el le lias de robe ; celui-ci est appelé à Laval jupe, jupon, cotillon ; le corps garde ce nom : c'est la taille ajustée, souvent remplacée par le blanche! (taille plus ou moins large, généralement faite de cotonnade ou d'étoffe légère), par la hongreline ' qui est une taille a longues basques ou par la brassière chemisette à liras sans basques); la robe peut être complétée par le devanteau, tablier d'étoffe riche ou vulgaire, selon sa destination d'apparat ou d'utilité. On se revêt de manteaux plus ou moins luxueux 2, de capes qui abritent la tète et les épaules contre la pluie et le froid ; on se drape dans une écharpe : on se couvre la tête d'un bonnet de taffetas, de toile, de dentelle, dont la forme et le nom varient au gré de la mode, et cette capricieuse autorité règle aussi la forme des manches, des cols, des autres parties de la toilette ; sur le visage on porte encore un masque de velours que remplace, dans la seconde moitié du xvne siècle, une voilette de crêpe. Gomme les hommes, les femmes réchauffent leurs mains dans un manchon fait de peau de chien, quelquefois de martre, de plume, souvent de velours.
Bien variées sont les .'toiles : les inventaires des marchands lavallois en fournissent une longue nomenclature. En 1638 on dresse le bilan de Jacques Le Mercier,
1. D'origine hongroise, selon Quicherat : taille à basque conservée dans !'• costume des Pilles de la Charité de Saint-Vincent-de- Paul.
-. I.e manteau d'alors était la jupe 'le dessus (Quicherat, Hist, iIk Costume) : au Dict. de Trévoux (édit. 1752), ce mol d
• 1 1 1 • ■ espèce 'I'- robe de chambre que mettent les femmes par-desbus leurs jupes », plusieurs inventaires lavallois mentionnent des manteaux avec leurs jupes : un manteau d'étamine brune avec sa jupe, un autre de ras de Chypre avec sa .jupe etc. 1709, Louise Delaporte, veuve «le l'avocal Hardy). < l'es! «loue un corsage flottant, allongé, donl les basques se drapent sur la jupe. I. inventaire île Marie Cazel (1710) mentionne ■ un m an te. m de lit avec des manches un autre p. 'lit manteau de pelisse : cela s esl conservé jusqu a dos jours BOUS le nom et la forme de manteau de nuit.
sieur de Coibouc, marchand de draps de soie; on trouve en sa boutique quantité de marchandises, les unes achetées à la foire de Guibray ', les autres à des marchands de Paris, de Rouen, de Lisieux, de Caen, d'Amiens, de Tours, de Lyon : draps, serges, velours, talfetas. camelots, futaines, soieries et un grand assortiment de passements, galons, tavelles, boutons, rubans, dentelles, gants et autres accessoires de l'habillement. Des femmes aisées, pour peu que leur bourse fût garnie, pouvaient ainsi se procurer à Laval ce superflu de la toilette que bien souvent elles se sont plu à confondre avec le nécessaire. Aussi possèdent-elles une garde-robe fournie de bonnes et belles robes, du linge souvent orné de dentelles, de galons d'or et d'argent, au temps où la mode recherchait ces brillants accessoires. Mais il convient de remarquer que ces robes, faites de bonnes et solides étofles, n'étaient pas souvent renouvelées ; défraîchies, on les fait teindre, soit à Laval, soit ailleurs, jusqu'à Tours. La quantité des objets de toilette suit d'ailleurs une progression constante: elle augmente avec l'accroissement des fortunes : leur transformation accompagne celle de l'habitation et du mobilier.
En 1627, Charlotte Gaudin, qui vient de perdre son mari René Bidallier. sieur des Courbes, marchand, fait inscrire à l'inventaire deux robes complètes (corps et bas
1. On lit dans l'inventaire de Marguerite Emond, veuve en 1646 de François Boulain, sieur du Grillon, marchand : « 5 aunes de pou de soie noir, 4 aunes de satin incarnat. 4 aunes de dentelle d'argent, 20 autres de dentelle de soie noire, 20 aunes de petit pied, 4 aunes de ruban noir, un bas de laine incarnat, deux paires de gants, lune garnie de dentelle d'argent, l'autre de soie, un éventail et 6 aunes de ruban de couleur, le tout acheté par le défunt sieur du Griffon à la foire de Guibray de l'année 1645, pour faire un habit à la dite Emond, 100 livres ». Les lavallois fréquentaient cette foire célèbre qui se tient chaque année près de Falaise au mois d'août.
Non moins curieux est l'inventaire du marchand mercier Nicolas Troys, rédigé en 1646 (Bibl. de Laval),
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de robe : l'une d'étamine garnie «le satin blanc et passement estimée 12 livres, l'autre de tabis ' noir du prix di" 80 livres ; quatre cotillons, de taffetas srert-de-mer doublé de serge de Caen, de damas incarnat doublé de même, de camelot couleur de pastel ■'. et de satin couleur de pensée : un vieux bas de robe d'étamine noire : un corps de (lamas vert ; deux brassières, l'une de futaine. l'autre de toile blanche ; une écharpe de taffetas noir ; un manteau noir orné de jais avec fausses manches de tafl'etas ; deux eoilles de taffetas noir garnies de velours noir ; un manchon garni de velours rouge : une paire de gants avec des nœuds de ruban ; huit paires de bas de laine ; trois paires de jarretières enrubannées : trois paires de souliers, et une quantité non détaillée de chemises, mouchoirs, eoilles de jour et de nuit, manchettes, le tout avec ou sans dentelles, et des chaussettes et chaussons.
A la mort de Gabriel Bidault de la Naillère, membre aussi de la communauté des marchands, sa jeune veuve Marie Emond, mère dune fillette de huit mois, déclare à l'inventaire (1642) deux manteaux, l'un de taffetas noir avec dentelle de soie, l'autre de serge écarlate paré de taffetas : un cotillon3 et une jupe de taffetas noir ; un autre habit composé de jupe et cotillon de ratine rouge ornée de dentelle de soie noire ; un habit de tabis feuille morte et blanc : un cotillon et une hongreline de tatîetas rouge ; un cotillon de taffetas bleu a (leur enrichi de dentelle de soie incarnadine ; un cotillon de futaine : un blanchet de ratine, un autre d'étamine jaune ; deux coiffes d'étamine de soie garnies de dentelles, une autre de taffetas, une autre de crapaudaille '• : un cachemains de