‹ La vie privée dans une province de l'OuestChapitre 30 sur 95 · Manchon, comme on dît caclie-nez · texte numérisé non relu

Manchon, comme on dît caclie-nez

chat d'Espagne paré de toile d'argent. Des vêtements de deuil, que la coutume donnait à la veuve, ne figurent pas dans cette énumération.

La mode est, en ce milieu du xvne siècle, aux brillantes passementeries, aux rubans et aux dentelles. On en trouve chez les merciers lavallois ; le bilan d'Alain Jouet, dressé en 1653. constate un bel assortiment d'aiguillettes de soie, de rubans, de gants, masques de velours ', manchons, autres objets de toilette, et tout cela rencontre acheteurs. Si les roturiers revêtent les costumes de couleur noire ou grise qui caractériseront en 1789 les membres du tiers-état, leurs femmes recherchent les couleurs brillantes et les colifichets que la mode et la coquetterie accommodent à leur convoitise. Renée Loriot, première femme de René Salmon, greffier au grenier à sel, morte en 1689, laisse un cotillon de satin bleu orné d'une dentelle or et argent, et doublé de taffetas bleu, une jupe de taffetas rouge, une autre de taffetas jaune, une autre d'armoisin - avec de la nonpareille d'argent, des jupes et hongrelines de serge, de futaine, deux corsets 3 avec leurs jupes de taffetas et de drap noirs, deux blanchets de toile blanche, des coiffes, une écharpe et un mouchoir de col de taffetas noir, trois masques de velours noir, un habit de cheval de camelot ronge et noir, une cape de camelot, un mouchoir de batiste el trois gorgières ornées de dentelles de Flandre.

Cette lingerie est d'un prix élevé'4. Lorsque, en [660,

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