A ce moment la voilette commence à remplacer le masque
Madeleine Aboi, femme du sieur des Essacts, possède uue voilette de velours vert estimée 18 livres ; une autre de point coupé, 2'i livres ; deux autres de futaine. 7 livre- (1667).
2. Espèce de taffetas venant d'Italie et de Lyon, et qui est de moyenne honte, dit le Dict. de Trévoux. \
'■'•. Ce mot paraît au milieu du wir' siècle avec le sens de corsage, qu il conserve par opposition au « corps de haleine ». "
'i . ha lingerie de celte époque comprend des coiffures, manches, cravates, mouchoirs, etc.. beaucoup avec dentelles, déformes diverses et de noms variés : ciissine de point de Sedan, romaine avec
l'habillement 91
Le greffier René Salmon épouse Jeanne Ronceray, celle-ci fail dresser étal du trousseau qu'elle apporte ; o un galant ', deux collerettes, un tablier, trois paires de manchettes, cinq cornettes, le tout orné de dentelles de Flandre et de passements, et estimé lus livres » ; le reste de son trousseau comprend quelques meubles, un « tableau de crucifix », un chapelet de « cristal de Venise », des gants, un masque, un manchon, trois habits en pou-de-soie noir, en camelot blanc, en toile blanche avec dentelle, des jupes de taffetas bleu, de taffetas incarnat, de futaine blanche, une paire de brassières et un cotillon de hannetonne rouge, une écharpe et une coiffe de taffetas noir, six paires de chausses de (il et de laine blanche, six chemises de toile de lin, quatre bonnets piqués, douze devanteaux de toile blanche (1660). Les dames de ce temps, nobles et bourgeoises, montent a cheval : c'est le moyen de transport le plus usité et le plus pratique pour faire un voyage de quelques lieues, pour aller à sa campagne ou dans ses métairies. Aussi trouve-t-on la mention d'habits de cheval pour femmes, comprenant robe et devanteau : celui i vaste, recouvrant complètement la jupe et la protégeant contre la pluie 2.
dentelle, bandeaux, coiffes, mouchoirs, cravates de point de Gênes (Françoise Cazet, 1664) ; bigotins de toile blanche, bonnets piqués, bandeaux ri coiffes de nuit, corps piqués (Louise Guays, I mouchoirs, coiffes, bonnets, tours de manche de point de France, tabliers de point de Paris cl de point d'Angleterre, bigotins ci mouchoirs garnis de dentelle, etc. (Anne Lefebvre, femme de Siméon I irmin d A.rgouges, 1674).
I Rosette on nœud de ruban.
'-. Habit de cheval couleur de pensée Marie Berson, femme de François Portier, marchand mercier, 1664); manteau ci devante. m de cheval de camelot noir (Marguerite \rnonl. femme de Léon Martin de la Blancherie. greffier, 1666 ; devanlière d'étamine couleur de quenelle pour aller à cheval (Mario Moreau, femme de Jean Le Balleur, chirurgien, 1676). - Près du portail de l'hôtel de Berset, rue Saint-Malhurin, existait jusqu'en L918 une borne cubique de fonte de 1er qui servait de marchepied pour monter a cheval.
92 LA VIE PRIVÉE DANS UNE PROVINCE DE Loi EST
En leur maison elles revêtent un déshabillé, ou « deshabilloir ». avec lequel elles reçoivent leurs visiteuses et vaquent aux travaux de l'intérieur ; ce vêtement est parfois fait de riches étoffes ; tel le déshabillé de velours orangé de Jeanne Cazet L657 . de velours bleu avec galon de soie de Marguerite Arnoul (1666), de velours rouge de Renée Le Conte (1674). Au siècle suivant, il est souvent remplacé à l'intérieur par le peignoir que rend nécessaire l'usage de la poudre, par le pierrot et le caraco, que Ton met aussi dans la rue en tenue négligée. A les juger sur leur inventaire, Renée Chemineau, femme de Duchemin de la Madeleine, contrôleur au grenier à sel, morte en 1665, et Anne Filoche, femme de Christophe M ou te au, juge en l'élection de Laval, devaient compter parmi les élégantes lavalloises du milieu du xvne siècle. Elles avaient des robes de satin blanc, vert, fleur de pêcher, de brocard à fleurs, de tabis rouge, des tabliers de soie garnis de dentelle : Mlle l Duchemin possédait un manteau fourré d'hermine, un corset garni de toile d'argent, deux éventails ; Mlle Mouteau, un « deshabillouer » de velours à fleurs rouges, une « capeline 2 » agrémentée de dentelle de soie ; chez l'une et l'autre la lingerie est des plus soignées, dentelles de Flandre, de Paris, de Sedan, ajustées aux cornettes, aux manchettes, aux mouchoirs ; et ce luxe n'empêche pas de confier au teinturier les jupes défraîchies, comme l'observe le notaire chargé en 1669 de dresser l'inventaire de « la demoiselle Mouteau qui a déclare avoir
1. Les femmes de la bourgeoisie sont qualifiées ainsi jusque vers
le milieu du xvnic siècle, où ou leur donne le litre de dame, réservé auparavant aux femmes de la noblesse : ainsi Louise de Marillac était dite mademoiselle Legras.
2. Chapeau que les femmes portent par galanterie et par ornement à la chasse ou en mascarade » [Dict. de Trévoux). Il se faisait avec ou sans plume. — On portait encore des capelines à Laval au milieu du xixe siècle ; mais ce u était plus qu'une coiffure de jardin, faite d'étoffe légère charpentée par des lames de carton.