‹ La vie privée dans une province de l'OuestChapitre 33 sur 95 · Cet inventaire mentionne « un simarre de taffetas gris · texte numérisé non relu

Cet inventaire mentionne « un simarre de taffetas gris

une robe de chambre avec collet rond de même étoile, très poi à «-elle époque ; Marguerite Leclerc possède un simarre de >.itiu à (leurs garni de dentelle.

2, Leur boutique contienl plusieurs douzaines de sabots de Couteau . chaussure qui n'est pas signalée dans les inventa

sans doute à cause de son peu de valeur, mais dont on se servait beaucoup à Laval. Dans un livre de dépenses d habillement d une famille de commerçants lavallois (1789 se trouve la mention fréquente de sabots achetés pour le père, la mère el les enfants Livre de comptes obligeamment communiqué par M. Queruau- Lamerie).

d'or avec un tour de galon d'or, loi) livres ; des dentelles de haut prix : « une belle coiffure avec dentelle de point d'Espagne et le bonnet, 100 livres ; les engageantes 1 et un tour de manteau de point d'Espagne. 100 livres ». Ainsi de plus en plus se fait sentir l'iniluence du luxe, la recherche des parures brillantes, des étoffes et dentelles de prix chez les lavalloises enrichies par le commerce, par la banque, par les charges de finances 2. Elles ornent leur corsage dune « pièce d'argent 3 », tandis que Mme de Reclesne, de la noblesse, y place « une pièce d'or » et l'accompagne d'une ceinture de même, estimées ensemble au prix de 300 livres. Mais les bonnes ménagères, tout en arborant aux jours de fête ces toilettes d'apparat, n'en conservent pas moins les solides étoffes dont elles savent apprécier la résistance et la durée.

Anne Gigault, mariée à Gabriel Duchemin du Tertre, marchand en la rue de Paradis, reste veuve en 170.""). avec huit jeunes enfants ; la même année meurt sa cousine Marie Lebouvier. laissant sept enfants mineurs de son mariage avec Jacques Duchemin du Yalbléré, marchand lui aussi : elles sont l'une et l'autre de vieille et honorable famille de commerçants lavallois : leur situation n'est point différente, et leurs inventaires se ressemblent avec leurs habillements de bon drap, de ras de Saint-Maur. de gros taffetas : elles ont chacune deux ou trois robes de brocard, de damas de moire, en couleur

1. Manches pendantes, larges et courtes, laissant lavant-bras à découvert.

2. Marie Garnier, femme de Sébastien Frin, sieur des Touches, négociant blanchisseur au Dôme, morte en 1731 laissant une fille mineure, possédait « deux paires de mules garnies et brodées d'or estimées 7 livres ; deux vieilles paires de soie et une de fil, 6 livres : une paire de bas de soie neuve couleur de rose, 8 livres ; un corps de baleine. I livre 10 sols ; six compères de Grenade, 7 livres 10 sols », etc.

3. « Une pièce de corps d'argent » (Louise Richard, femme de Jean Le Geay de la Raiugeardière, 1743).

l'habillemi 95

claire, des corps piqués, des compères ' de taffetas bleu, une robe de chambre de cotonnette raj •■< . des coiffes de taffetas, de batiste, des palatines, etc.

Ainsi se suivent et se repètent les inventaires de ce temps avec1 les inévitables variantes dans les formes et les appellations du costume léminin : on ;i des « apollons », corsages flottants à demi-jupe dont la vogue se manifeste surtout de ÎT.'ÎO à I7.">(> ; des palatines en fourrure que les femmes « mettent sur leur col en hiver pour couvrir leur gorge » ; des m recloses » de peluche, d'étoffe forte doublée de flanelle ou de molleton : des «< capotes » de camelot ou de taffetas qui enveloppent de la tête aux pieds, des « causoirs » de piqué, de flanelle, de satin que l'on trouve au nombre de six chez Marguerite lluet, veuve du procureur Niot des Loges (1734).

En 174 1, meurt. Agée d'une quarantaine d'années, Louise Guay s, femme de Pichot de la Graverie ; elle est des notables de la bourgeoisie Iavalloise et, à ce point de vue, rémunération de son vestiaire n'est pas dépourvue d'intérêt. Il comprend : une robe et un jupon de damas brun, robe et jupon de gros de Tours, robe et jupon de popeline brune, deux robes de siamoise •' et de toile blanche, une autre doublée d'espagnolette avec le manteau de même étoile ; dix jupons de dessous d'espagnolette, de peluche, de basin rayé, de siamoise; trois tabliers de cette étoffe ; six autres de toile, six paires de manches de coton ; une écharpe à frange ; un apollon douhlé de llanelle ; quatre capes de gros de Tours ou de camelot. Tune fermée par un crochel d'argent, tonte- de couleur brune ou « minime » ; nombre de coiffes variées, quatre douzaines de bonnets <■ Irises », deux bonnets

I. Les compères étaient destinés, comme les «devants d< ■i couvrir la |><>ï t i-ï lit- au défaut de la robe. « On entendait par là, dit Quicherat, deux petits devants qui étaient cousus -"us les échancrures de la robe ; ils s'assemblaient par des boutons

- Klolfe rayée faite de (il et coton : on en fabriquait à Laval.

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« piqués », dos bagnolets 1, steinkerkes 2, mouchoirs, chemises, deux douzaines de « denuits » de mousseline unie ou rayée entoilée de toile blanche ; des gants et mitaines ; des bas de coton, de fil, deuxpairesde bas de soie, quatre douzaines de chaussons, etc. : tel était au milieu du xvme siècle le vestiaire d'une femme d'avocat, appartenant par elle et son mari à deux vieilles familles de roture lavalloise ; son inventaire est celui d'une honnête femme, comme on disait jadis, de la meilleure société, s'habillant à la mode, mais sans exhiber les toilettes tapageuses que nous révèlent les inventaires de quelques-unes de ses contemporaines.

Il v a plus de coquetterie chez Marie Aoustin, femme de Vincent Busson, conseiller du roi au tribunal de l'élection et négociant en toiles, morte en 1742 après quatre ans de mariage. Ses vêtements sont les atours d'une femme jeune et riche, sensible aux charmes de la toilette ; elle n'a pas moins de seize robes minutieusement décrites par le notaire Jardrin : en toile de coton, taffetas rose, damas cramoisi, popeline, basin, ras de Saint- Maur, damas jaune, damas à fleurs, etc., quelques-unes accompagnées d'un apollon de même étoffe ; elle a deux habits de cheval de camelot bleu avec des galons d'argent, deux bagnolets de même avec dentelles d'argent ; elle a huit jupons de damas, de grenade, de satin, de taffetas, quatorze frusquins de toile, de flanelle, de basin, de damas, trois autres de siamoise pour la nuit : trois capes de camelot, de soie, de taffetas ; trois mantelets de

1. Bagnolet ou bagnoletle, coiffe de dames, se faisait pour l'hiver en velours, peluche, et même en toile cirée (1736) ; pour l'été en gaze blanche ou mouchetée, garnie d'une dentelle de (il ou d'une blonde de soie.

2. La steinkerke est un « grand mouchoir de toile, de coton ou de soie, que les femmes nouent autour du cou, et dont les deux bouts pendent devant ou sont entrelacés dans les rubans ou lacets de leurs corsets » [Dict. de Trévoux) ; on les garnissait de dentelles de fil, de tissu argenté, de franges, etc.

l'habillement !»/

liasin doublé d'espagnolette, de ras de Saint-Maur, (\>gaze : deux palatines de chenille, une autre de hlonde ; des tabliers de coton, un de taffetas brodé ;i fleurs : des paires de pochettes de toile et de siamoise : un < corps de baleine ouvert, devant » ; deux « paniers de baleine couverts de toile de Gholet ».

Longue est rémunération de ses coiffures de soie, de toile, de gaze, des bagnolets de velours, de chenille, de taffetas, de toile jaune, des fontanges 1 aux rubans d'or et d'argent, des mouchoirs de col, des gants et mitaines, des pièces de corsage enrubannées ; elle a vingt-trois paires de bas de fil ou de coton, trois de bas de laine, neuf de bas de soie ; vingt et une paires de chaussons ; des souliers couverts de damas, des mules brodées en argent ; deux manchons, l'un de velours, l'autre de plumes de coq; puis il y a son éventail, sa boîte à poudre, des boîtes contenant des « pompons », tous ces riens frivoles qui, au milieu du xvih8 siècle, composent l'accessoire obligé de la toilette d'une femme à la mode

En 170!», on enterrait a Laval deux femmes de notables négociants, Catherine Renusson, femme d'Etienne Letourneurs du Teilleul, et Françoise Crosnier, femme de Gabriel Guitet de la Houllerie ; la première laissait onze robes, la seconde neuf, sans compter les jupons, apollons, frusquins, mantelets, etc. On peut déjà remarquer dans ces inventaires l'abondance des étoiles rayées dont la vogue fut grande dans l'ameublement el l'habillement de la seconde moitié du XVIIIe siècle : Mine Letourneurs du Teilleul a un « bonnet de paille ». un manchon de martre 2 et, chose rarement portée aux inventaires, « dvux paires de sabots » ; Mm»' Guitet de la Houllerie a des colliers et bracelets de velours et de

1. Nœud de ruban qui les femmes se mettent sur le devant do leur coiffure, un p<u au-dessus du Iront ei qui lie la coiffure /'ici. de Irévoux).

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