‹ La vie privée dans une province de l'OuestChapitre 38 sur 95 · Ordonnance de police de · texte numérisé non relu

Ordonnance de police de

4. Les archives de la Mayenne conservent (B 9G 1-979 ) le prix des grains sur le marché de Laval de 1660 à 1790.

5. En 1739, année de disette, la fabrication du pain blanc dit pain mollet fut interdite, « vu la misère des temps. »

I M.IM ENT \ilii\

il d( police, inspectenl la viande mi--*' en vente, ei cette inspection peul elle-même être contrôlée par les délégués du juge de police : les statuts de la corporation énumèrenl les prohibitions à observer et les mesures imposées par l'intérêt général '.

A Laval, comme en beaucoup d'autres villes, la vente de la viande pendant le carême est un monopole réservé aux hospices, et le procureur fiscal en fixe le prix qui es1 un peu supérieur au prix ordinaire «lu reste de l'année. Ce prix était-il aussi l'objet d'une taxation? Si cette taxation n'est pas de règle, elle est au moins fréquente. Elle s'applique à la grande ei a la petite boucherie, dont les étals se trouvent aux petites balles pour la première, aux grandes balles pour l'autre ; une ordonnance de police de 1721 édicté que dans la grande boucherie on vendra « bon bœuf gras, \ s. : franc mouton gras, 5 s. ; bmi veau aussi gras et bonne qualité, \ s. » ; dans la petite, « vache de bonne qualité et tores grasses, \ s. ; bonne brebis et veau, 3 s. » ; dans Tune et l'autre o les saignées, veines, testes et jarrets ne seront pas vendus à la livre, mais seulement a la main» ; en 1767, une ordonnance, fixant le prix de la viande, mentionne a propos de la petite boucherie la <> pièce de chair d'une qualité inférieure nommée vulgairement la réjouie o : elle ajoute ipie « les pieds, la teste et la saignée ne pourront estre distribués pour réjouie, mais seront vendus seuls o et qu'il ne peut y avoir qu'une livre de réjouie par pesée de sept livres

1. I.a Beauluère, Recherches sur les corporations*, édit. 1884. Comme 1rs bouchers citadins, les forains son) soumis à 1 inspection : il leur esi défendu 'le débiter en ville des viandes sans être préalablement -vues el visitées par experts, pour être ensuite vendues sons les halles h non ailleurs, o En 1735, nu bœuf déclaré par 1rs inspecteurs atteint de poulmonie ■ est rendu par le boucher .01 vendeur, qui rembourse le prix d achat <'t y ajoute des dommages-intérêts. Des mesures spéciales, très rigoureuses -oui prises pour la viande de porc.

2. Tour se rendre compte de la valeur des choses, spécialement

Les taxes sont l'objet de réclamations fréquentes de la part des bouchers ; ils se plaignent vivement au lendemain de l'établissement du tarif, et dans leur requête ils font valoir que leurs confrères de Chàteau-Gontier, taxés aux mêmes prix, ont de moindres frais ; les bestiaux de ces deux villes viennent en effet du midi, de l'Anjou et du Poitou, mais la distance est plus grande qui les amène à Laval l. La municipalité lavalloise, réunie au bureau de police, parait s'être toujours inspirée de la variation des prix du bétail, causée par les fluctuations du commerce, par les intempéries, par les difficultés del'élevage. En ce régime délicat des taxations, elle se préoccupe visiblement de concilier avec équité, en les sauvegardant, les intérêts du producteur et du consommateur2.

des denrées, on a souvent multiplié leur prix par un coefficient

représentant la valeur relative de l'argent ; ce procédé est défectueux : cette valeur relative est en effet très variable selon les pays (où certaines productions étaient abondantes ou rares) et selon les temps : ainsi aujourd'hui, nous vivons en un état anormal où le pii x des denrées augmente avec 1 accroissement des salaires et l'abondance toujours croissante du papier monnaie. Mieux vaut se servir des chiffres donnés par les documents anciens pour constater dune année à l'autre, par exemple, la hausse ou la baisse d un produit ; pour comparer entre elles les valeurs réciproques des différentes denrées : pour établir la relation de ces prix avec ceux des salaires, des fermages, des rentes : encore faut-il tenir compte îles habitudes et des goûts d une époque, des besoins plus ou moins grands de luxe et de confortable. — Ces observations faites à une autre époque m'ont permis de constater qu'au commencement du xive siècle les choses indispensables à la vie coûtaient moins cher que de nos jours, mais que les objets de luxe ou même seulement de confortable étaient plus coûteux qu'aujourd'hui : il est vrai qu ils étaient solides (meubles, vêtements, etc.) et se transmettaient à plusieurs générations.

1. De plus on trouve à Chàteau-Gontier des herbages où placer ces bestiaux à leur arrivée ; à Laval, il les faut mettre à 1 établi' et nourrir au foin.

2. Souvent des taxes ou marchés sont établis pour les hôpitaux, les couvents. les bureaux de charité, la manufacture de toiles peintes. Au milieu du xviii1" siècle, le public paie généralement le bœuf 6 s. la livre, le veau i s., le mouton 5 s. Ce régime des taxes, qui avait la faveur des édiles lavallois, n était possible qu'à ces deux

Page 1