‹ La vie privée dans une province de l'OuestChapitre 42 sur 95 · Tablier · texte numérisé non relu

Tablier

•2. Cf. in J.-M. Richard, Lettres lavalloises du XVIII* siècle p. 59), le marché et les difficultés qu il suscite.

de paille reposait le petit Jésus aux blonds cheveux, aux bras roses, fabriqué par les ciriers lavallois '.

• L'enfant ne dédaignait pas pour cela d'autres jeux. On était gai jadis en France : nos grand'pères chantaient et jouaient volontiers. Que faut-il d'ailleurs à l'enfant ? Un rayon de soleil qui le mette de belle humeur ; un rien dont il fait un jouet. Il a même, dans la proportion de son milieu, ces jeux que l'imagerie du xvme siècle s'est plu à reproduire, les billes, les boules, les quilles, et les parties de barres, de colin-maillard, et les mille fantaisies sorties de la féconde imagination des écoliers. Il y en a d'autres encore dont le petit matériel figure parfois aux inventaires ; après la mort de Mme Hardy de Lévaré, en 1767, le notaire Dondeau inscrit « une religieuse et un pantin de papier, 3 sols ; un petit bers (berceau) à poupine, 2 s. » Ce sont des joujoux.

C'est l'âge où les pères, comme le roi Henri IV , jouent avec leurs enfants, où les mères leur prodiguent les embrassements et les caresses qui deviendront rares à mesure que l'enfant grandira. « Les caresses si libéralement prodiguées dans les deux ou trois premières années de l'enfance, écrit Yves Besnard, devenaient insensiblement plus rares à partir de cette époque, pour n'avoir plus lieu que dans certaines occasions, comme le départ ouïe retour de la pension, la veille du premier de l'an ou de la fête des parents. Ceux-ci tenaient singulièrement à la soumission et à l'obéissance de leurs

1. Il ue faut pas conclure de tout cela que les enfants de Laval fussent moins turbulents que d'autres. A diverses reprises, 1 autoi ii est obligée de menacer de ses châtiments les » polissons qui commettent des désordres dans les rues, même dans les cimetières <'l dans la cour des Cordeliers. (Ordonnance de police de 1763). Mais il leur restait toujours quelque chose de l'empreinte religieuse des premières années : ce qui permettait au curé de Saint-Médard d'écrire que « les Lavallois reviennent à L'Eglise ". quelquefois d'assez loin, peut-on ajouter.

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enfants, qui de leur côté semblaient redouter par-dessus tout la négligence de leurs devoirs à cet égard, o

Qu'on lise les lettres échangées entre Hardy de Lévaré et ses fils *, on y pourra constater les mêmes préoccupations : l'affirmation de l'autorité paternelle, la respectueuse soumission des enfants : tel esl le fondement de leurs communes relations. C'est sur la crainte de Dieu que le père insiste auprès de ses fils : « Surtout craignez le Seigneur, écrit Hardy de Lévaré; c'est le commencement de la sagesse '-'. »

Respect de Dieu, respect des parents, mais aussi respect des enfants : « On veillait sur ses paroles, écrit la fondatrice «les Bénédictines de Craon : mon père et ma mère avaient devant nous cette réserve qui a bien disparu des mœurs actuelles :i. »

lieue Delaporte, juge du comté, mourant en 1706, recommandée sa mère, Marie Cazet, ses jeunes enfants déjà orphelins ; il la prie de « les instruire dans l'amour et la crainte de Dieu, en leur faisant apprendre ce que des enfants de leur condition doivent savoir. » Telle était la règle alors ; telle, la mission des parents qui apportaient à l'accomplir une autorité alors incontestée • et la conscience qu'ils accomplissaient un devoir. Ils

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