J.-M. Richard, Lettres lavalloises du XVIIIe siècle
•'. Cette pensée est commune aux pères du xvue siècle « Je vois par \<>s lettres que vous êtes forl attaché à bien faire écril Racine à son lils le l'i octobre lt>'.».'>. mais surtout que vous craignez Dieu el que vous prenez plaisir à le servir. C esl la plus grande satisfaction que je puisse recevoir el en même temps la meilleure fortune que je vous puisse souhaiter. »
3. Doni Couturier : Vie de Mme de Cossé-Brissac. — Maxima debetur puero reverentia disail Lhoraond.
'i. A la lin (lu dernier siècle, écrit Bonald, des affections que la raison ne dirigea pas et une éducation molle el sans dignité prirent la place de ces relations .1 autorité el de soumission donl la génération qui finit a vu dans son jeune âge les dernières Ira Il j eut en France des pères, «les mères, des enfants : mais il n'j eut pins de pouvoir dans la famille, el le pouvoir politique en fui ébranlé jusque dans ses fondements.
1 iO LA VIE PRIVÉE DANS UNE PROVINCE DE L'OUEST
n'ignoraient pas d'ailleurs que la formation de l'homme remonte à ses jeunes années, que « les enfants retiennent ordinairement pour toute leur vie les impressions qu'ils ont reçues dans leur bas-âge L »
C'est auprès de la mère que se fait cette première éducation ; c'est à son appel que s'ouvre le cœur, que s'éveille l'intelligence de l'enfant. En plusieurs églises de Laval et des environs, on conserve encore quelqu'une de ces statues de sainte Anne, faites de terre du pays cuite aux fours des Agets, d'un aspect simple et pieux ; Anne est assise, vêtue en dame de son temps : elle a sur ses genoux un livre ouvert et guide de sa main le doigt que pose sur le livre la petite Marie toujours debout ; c'est la mère éducatrice du xvne siècle, et les lavalloises qui s'agenouillaient devant cette gracieuse image y pouvaient voir le modèle à imiter en même temps que la patrone à invoquer.
Ce livre où la mère enseigne à son enfant les premières lettres, c'est l'ABC, c'est le Catéchisme, c'est la Civilité, ces trois rudiments que l'on met en toutes les mains, que l'on trouve chez tous les merciers lavallois 2, et qui forment pendant longtemps toute la bibliothèque du jeune écolier.
M;iis la mère ne possède pas toute science ; elle a d'ailleurs à vaquer aux soins du ménage, et souvent au gain journalier de la vie ; puis l'isolement serait nuisible à l'enfant qui a besoin de condisciples de son âge pour stimuler son ardeur à l'étude et pour former son
I. Constitutions des Sœurs de la Charité d'Evron, rédigées au xvne' siècle.
'2. hivent. de François Portier, mercier : iOO catéchismes et civilités, estimés 50 s. le cent [1664) : de .lulien Le Mor, mercier : 100 catéchismes, 100 civilités, 50 s. le cent ; un paquet de livres <\<- A B C et de civilités. 60 s. 1672). — La Civilité est souvent éditée eu forme de fac-similé de diverses écritures, et vulgairement on lappelle le Manuscrit : les enfants étaient jadis exercés à lire les anciennes écritures, comme à lire et prononcer le latin.