LES MARIAGES L
apporte deux métairies, une maison sur la place publique el la charge de conseiller du roi et ancien président à l'élection estimée 16.0001. 1722. François Périer de la Racinière, négociant, fils de François Périer «lu dray, négociant et banquier, apporte 20.0001. el des métairies : la dot de sa future, Marie de Brun, d'une famille de riches commerçants, consiste en immeubles ; en «'as de dissolution de la communauté, elle aura droit à ses habits et joyaux, et à une chambre d'une valeur de L.500 I. L739 .'
Ces exemples, que l'on pourrait multiplier1, suffisent pour montrer quelles étaient, avec quelques variantes. les conventions matrimoniales acceptées par la bourgeoisie lavalloise à cette époque. Quant au trousseau, il devait être « lionneste », proportionné à la fortune et à la considération sociale des futurs époux. Ils comprennent, en quantité plus ou inoins grande et avec un luxe variable, des vêtements, du linge, parfois des meubles et de la vaisselle, le rouet de la jeune fille et quelques objets de parure. Dans aucun inventaire on ne trouve la mention ni d'un voile ni d'une couronne, ni d'une robe blanche pour la cérémonie du mariage : la mode n'y était pas. On citait seulement quelques princesses mariées en blanc ; mais il n'est pas douteux que la fiancée ne se parât ce jour-là de sa plus belle robe et de ses plus brillants atours 2.
1. François Richard, négociant, qui vient de Mayenne se Bxer .i Laval el y épouser Françoise, fille d Hamon de la Haye, maître tanneur, reçoit de ses parents 7.000 I. el un trousseau de 500 I. les époux Hamon donnent à loue fille 2.000 1.. un trousseau honnête, el pendant six is i<' loge ni el la nourriture aux jeunes
époux : chacun d'eux verse 500 1 à la comn auté si après !>■
décès du mari la veuve accepte la communauté, elle .i le droit de prendre 1 .000 I. par préciput.
2. Quicheral \ffist. du costume) signale ('(11111111' mariées en blanc Marie Stuarl el Mlle de Blois dans une estampe d Abraham Bosse reproduite p. iT'.t. la mariée a une robe de brocard à fleurs el les cheveux tombant Bur le dos ce qui au moyen ace était un Bymbole
La signature du contrat de mariage pouvait être l'occasion d'une fête ou d'une réception mondaine ; les signatures y sont souvent nombreuses ; on en compte près de trois cents sur la minute du contrat de François Hardy et de Catherine Rayer des Biglions le 17 octobre 1747 : ce jour-là, le « tout-Laval » avait dû défiler dans le salon du premier magistrat de la cité.
En ces temps où les voyages sont rares, où Ton vit sur la terre natale, en relations quotidiennes avec compatriotes et ses voisins, on se marie le plus ordinairement en son pays, et les alliances sont continuelles entre familles lavalloises ; on en peut seulement citer quelques-unes avec Mayenne et Vitré, de plus rares en Anjou et au pays manceau. Mais dans cette population resserrée autour d'un même clocher, il y a toute une hiérarchie sociale avec ses idées, ses convenances, ses préjugés surtout, consacrés par l'usage et les mœurs, sentiments intimes plus faciles à constater qu'à raisonner, inspirés dune manière inconstante peut-être par le désir inné d'élever sa famille à un degré supérieur, causée aussi par ce dédain trop fréquent du travailleur intellectuel pour le travailleur manuel, pour l'œuvre ser vile. Mercier, raillant ce « mélange de fierté, de bêtise et d'ambition ' », prétend que de son temps le mariage
de la virginité. C'est ainsi que sont Ggurées les mariées dans les estampes champêtres du xvme siècle. Quicherat cite ce passage du Mercure : « Comme c est la coutume des mariées de mettre derrière leur tète une manière de petite couronne de fleurs, qu'on appelle le chapeau. .Mlle de Blois eu avait un de cinq rangs de perles au lieu de fleurs ; et ce fut le roi qui lui lit 1 honneur de les attacher. » L usage de ces petites couronnes de boutons d oranger artificiels s est conservé longtemps en Normandie. — Au xvie siècle, à Vitré, Guillemette de Gennes, mariée le 8 août 1535 à Olivier Nouait, a « une robe de mariée parée de velours tanné « du prix de 25 livres ; sa sœur Catherine, mariée le 8 novembre 1543 à René Le Moyne, a aussi une robe de velours tanné. Andrée de Gennes. qui épouse le 19 septembre 1570 Lucas Ravenel, met une robe d écarlate doublée de damas noir (Bibliothèque nat.. Mémorial de Jean de Gennes i.