Le premier vénérable est Letourueurs du Teilleul
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lit disposition de la Nation, qui devra en échange assurer aux ecclésiastiques une rente convenable ; à quelques mois de là, plusieurs, conséquents avec ces idées el ce programme, achèteront de ces premiers biens «I église, qui se refuseront à accepter les biens des émigrés, mais quelques années plus lard, eux ou leurs lils, remettront la valeur réelle de ces acquisitions aux mains de l'autorité religieuse, afin de légitimer une possession légale mais illégitime.
Car, si avec la réunion des États -Généraux cette société lavalloise s'est bercée de l'espoir de réformes justement désirées ; si elle a pu même, pour des causes diverses, adhérer a des mesures blâmables, elle se garde de toute participation aux crimes du régime terroriste : elle demeure fidèle à la loi de ses ancêtres : la religion chrétienne la si profondément pénétrée qu'elle se ressaisit sans cesse. L'autorité du pape et des évêques désapprouvant la Constitution civile du cierge lui montre sa voie, elle la suit, elle s'écarte alors des prêtres jureurs, elle s'attache aux prêtres réfractaires, elle les cache dans ses demeures, elle les assiste dans leur détresse, dans leur captivité : des lettres d'ecclésiastiques internes a Laval attestent avec reconnaissance la générosité lavalloise : elle mérite que l'évêque du Mans. M. de Gonssans, lui adresse de Londres une lettre ou il rend témoignage du dévouement et de la générosité des lavallois eu faveur des prêtres persécutes '. Lux-mêmes
1. Boullier, Mémoires ecclésiastiques, p 101. — Voici quelques témoignages, M . Arthuis, vicaire a Livré : Parmi les ecclésiastiques qui se rendirent a Laval le 1". avril 1792, nu grand nombre manquaient .les moyens de subsistance : il- en trouvèrent on abondance dans la u. nérosil «les habitants de Laval. (Quand il fallut partir pour l'exil . beaucoup manquaient .1 argent il- trouvèrent encore d< ces auprès des honnêtes gens de Laval, dont la conduite envers les ecclésiastiques malheureux a été au-dessus .le tous 1rs éloj M. Epinette, vicaire à Cossé le-Vivieu 11 faut rendre un hommage <le reconnaissance a la charité des bourgeois catholiques de Laval Ils Dousonl fourni libéralement tous les secours dont nous
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attestent cette charité dans leur lettre au Saint-Père du 23 avril 1792'. Ce n'est pas non plus un témoignage banal de leur fidélité que cette longue liste d'affiliés formant une association pieuse avec les prêtres exilés à Winchester pour refus de serment ; là se retrouvent les noms des femmes de cette société lavalloise 2, où les influences jansénistes et philosophiques avaient pu séduire et troubler les esprits, sans cependant déraciner leur foi et tarir leur charité.
Les chroniques, les actes notariés, d'autres documents établissent ce fait : le lavallois est charitable, il est facilement aumônier; ses sentiments religieux, les statuts de ses Confréries, ses dispositions naturelles l'inclinent à la compassion, à la bienfaisance, à la pratique des œuvres de miséricorde. Au soulagement des misères corporelles, les Confréries ajoutent le soin des misères morales ; de là cette préoccupation d'assurer aux malades et aux agonisants les secours de l'Église ; de là l'institution des Compagnies de charité et ces fondations de petites écoles, œuvres de secours corporel et spirituel, que l'on ne sépare pas. et qui, conduites avec une hauteur de vue incomparable, même dans leurs détails les plus vulgaires, ont provoqué au xvne siècle tant d'efforts et de dévouements.
avons eu besoin pendant noire détention. D'abord on leur a permis d entrer dan* les maisons (de détention'! et de nous apporter de quoi subsister. Ensuite on réduisit celte permission à ceux seulement qui avaient une carte signée du procureur de la commune. Par la suite, notre patience, bien loin d'adoucir nos persécuteurs, ne faisant que les irriter, on ne permit plus à personne d'entrer, de sorte qu il fallait (pie chacun de nous se. présentât à la porte pour recevoir ce que ces personnes charitables continuaient d'apporter pour notre subsistance. » (Semaine religieuse, 26 oct. et 2 nov. 1918).
1. Perrin \/.es Marins <la Maine, t. 11. p. 20) donne le texte de cette lettre. Boullier doute qu'elle soit parvenue au Pape: elle n'en exprime pas moins les sentiments du clergé persécuté; elle aurait été rédigée par l'abbé Chatizel. — Elle fui publiée dans la Gazette de Paris |n° du 12 mai 1792).
2. La liste contient quatre cent quarante-sept noms de temines, dont plusieurs de Chàteau-Gontier et quelques religieuses.
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Nul ne saurait nombrer le chiure des aumônes faites aux portes et clans les troncs des églises ; île rares fragments de comptes ne sont <|ue des indices insuffisants : et l'on sait moins encore ce que la main du ricin' ;i versé sans témoin dans celle du pauvre : quelques souscriptions publiques conservées en quelques livres de comptes attestent seulement l'effort de la charité lavalloise dans les temps de grandes calamités. Moins discrets sont les actes de donation et les testaments qui nous ont gardé dans les archives intimes des notaires la teneur de dons faits aux pauvres et aux établissements hospitaliers : nous en avons cité, nous en citerons encore quelques-uns ; les mentionner tons serait chose impossible l.
Grâce a ces actes de charité, le vieil hôpital Saint- Julien voit s'accroître le nombre de ses lits et le chiffre de ses revenus. A la lin du xvne siècle, on fonde un lit pour 50 livres de rente. Quand Marie Le Maître, veuve de Pierre Gigault, sieur du Chàtellier, donne cette somme, on décide d'ajouter un lit avec sa garniture de serge verte pour répondre aux intentions de la bienfaitrice ; c'est la même somme que donne le chanoine Pierre Guays de la part de « personnes charitables qui ne veulent pas être nommées » (1699). On élevé de nouveaux bâtiments en L619, en 1650 ; cette année-là on installe les religieuses hospitalières de Saint-Joseph de la Flèche, dont l'institut a été fondé par Le Royer de la Dauversière. Au siècle suivant, on agrandit encore, on construit un logement pour les incurables, transférés en I7IÔ du petit hospice Saint-Liboire qu'on leur avait aménagé quelques années auparavant en la rue des 1 uvaux. En
I. Ce Boni pour la plupart dea actes de charité posthume : ils n'en sont pas moins utiles et ils ont leur mérite. Plus généreu* cependant fsi l'acte de celui qui, «le sou vivant et Bouvenl obscurément, paie de sa personne ou île son bien sa dette volontaire à la Charité : mais l'historien u'esl le plus souvent informé que sur les actes qui ont laissé quelques traces dans le* documents d'archives.
même temps que l'Hôtel-Dieu agrandi peut accueillir un plus grand nombre de malades, ses revenus s'élèvent en un siècle de 9.000 livres en 1698, à 50.000 livres en 1789 L Depuis le commencement du règne de Louis XIII, on nourrissait à Paris l'idée d'un hôpital général, où Ton pût recueillir les pauvres et les enfants abandonnés, procurer aux uns et aux autres leurs nécessités et l'exercice ou l'apprentissage d'un métier, et par ces moyens apporter un remède au vagabondage et à la mendicité, à la fainéantise et au vice, qui constituent à certaines époques un véritable fléau social. On avait tenté divers essais, plus ou moins infructueux, jusqu'au jour où M. Vincent et ses dames de Charité se donnèrent à cette œuvre que les misères de la Fronde rendaient plus urgente ; un nouvel essai fut fait en 1652, sous la direction du grand apôtre de la Charité, et quatre ans plus tard l'hôpital général était fondé 2. A Laval, on se mit à l'œuvre dès 1676, à la suite d'une lettre pastorale de l'évèque du Mans 3 ; on tâtonna d'abord, comme il est naturel en des entreprises où la prudence est si nécessaire, puis l'éloquente parole du P. Chaurand, et la générosité de quelques bourgeois provoquèrent l'achat de terrains situés au bord de la Mayenne, près de la Chiffolière, et la construction des bâtiments indispensables ; en 1682, des lettres royales consacraient l'existence de l'hôpital général de la charité de Saint-Louis : à ce