Arch. de la .Mayenne, B 950 el sq
d'Orléans art. 96 obligeait par toute la France les propriétaires à abattre et retrancher les saillies, et, s'ils voulaient rebâtir les façades sur la rue. à n'employer d'autres matériaux que les pierres de taille, briques ou maçonneries1. Lorsqu'il s'agit de construire sur le mur de ville ou d'y percer des ouvertures, comme le lit en L788 Aurat de la Chauvinière, près de la porte Beuche- . l'autorisation du comte de Laval est nécessaire: elle n'est pas refusée. Cet acte rappelle le vieux dicton : « nulle terre sans seigneur ». et de fait beaucoup de maisons lavalloises relèvent de quelque fief; les censifs qui nous ont été conservés 2 contiennent ces remembrances et énumèrent les redevances et les charges auxquelles ces maisons étaient assujetties. D'aucunes, situées près des portes de la ville, doivent le logement des hommes d'armes commis à leur garde, beaucoup une redevance en argent, très faible d'ailleurs ; quelquesunes, des objets dont la nature révèle l'origine féodale : le manoir Ouvroin.enla rue de Paradis, doit à la Pentecôte un gant de paume brodé de fil d'or et deux esteufs3; d'autres doivent des gants d'epervier, des éperons, des bouquets, un « chapel de roses à la Feste-Dieu », de la
1. L Ordonnance de décembre 1607 prohibe toute construction nouvelle de pan de bois. «... ni faire aucun encorbellement en avance pour porter aucun mur. pan de bois ou antres choses en saillie,... ains taire le lout continuer à plomb depuis le rez-de-chaussée. » Elle détend aussi de faire aucun ouvrage accessoire en saillie, bornes, jambes, étrières, cages de menuiserie, enseignes, etc., les auvents ne devant pas être « plus bas de 10 pieds à prendre du rezde-chaussée en amont », les marches ne devant pas gêner la circulation, etc. Ces défenses sont renouvelées en 1666 et 1667 : il est ordonné de recouvrir les pans de bois « de lattes, clous et plâtre — de telle manière qu'ils soient eu état de résister au feu » : il est défendu d'en construire de plus de 8 toises de haut, du rez-dechaussée à l'entablement. — Ces ordonnances eurent certainement leur influence sur la construction des habitations et l'aspect général des villes de France.
2. Bibl. de Laval, Collection Couauier. Aj. et Arch. de la Mayenne, E, comté de Laval, table d'un censif de 1690 environ.