L HABITATION
cire, île l'hypocras, du vin, des pâtisseries, échaudés el gaufres, des ustensiles mis au rebut depuis longtemps : écuelles et tranchoirs de bois : quelques-unes encore, des redevances en grains, en corvées. C'était la reconnaissance du droit de iief plutôt qu'un impôt : il s'y ajoutait l'obligation de faire cuire le pain au four banal (et il y en avait plusieurs que le seigneur du ûef affermait à un boulanger; plus onéreux était le droit de relief ou de mutation.
L'administration municipale s'occupe du pavage et du nettoiement des rues ; le pavé de Laval était jadis tellement défectueux (pie des plaintes en furent faites à l'Intendant et transmises au procureur fiscal ; les pavés sont, dit-on, employés tels qu'ils viennent de la carrière, posés en une terre glaise où ils s'enfoncent, « ce qui donne lieu aux étrangers qui passent dans cette ville de croire qu'il y a de la négligence de la part des propriétaires des maisons riveraines et du ministère public à veiller au rétablissement dudit pavé 9 L742 ; on décida de le refaire en pierres échantillonnées de 5 à 8 pouces posées en un lit de sable ; et chaque année, l'administration municipale dressa par rue un état du pavage à payer par les riverains L
Les rues sont régulièrement nettoyées : le mardi et le jeudi dans la matinée, le samedi entre 4 et ô heures du soir, chacun doit balayer devant sa porte et former des débris et des ordures un tas que le fermier des boues enlèvera. Le juge de police applique les ordonnances royales, enregistrées au siège; de Laval, qui interdisent toute installation encombrant l'abord des maisons et entravant la circulation dans les rues déjà trop et roi I particulièrement aux abords de l'unique pont sur la Mayenne.
1. La ville paie les pavés, le propriétaire riverain le travail dc^s ouvriers. Plus tard, l'entretien du pavage sera L'objet d'une adjudication.
Antérieurement aux constructions nouvelles du xvn* siècle, la maison lavalloise ouvre directement sur la voie publique ; derrière elle sont les bâtiments accessoires accolés, ou plus rarement séparés, et la petite cour intérieure, le jardinet qu'égayenl quelques fleurs. De distance en distance, à ^c< intervalles irréguliers, débouchent sur la rue des ruelles e1 des impasses bordées de demeures de modeste apparence, dissimulées par les liantes maisons qui bordent la voie publique : ces impasses étroites aboutissent souvent a de petites places possédant un puits commun, entourées aussi de maisonnettes auxquelles elles servent de cour et de jardin '.
Au xvie siècle, les maisons lavalloises, alignées sur la rue. sont construites sur une cave voûtée ; leur rez-dechaussée est clos d'une muraille percée d une porte et d'ouvertures de dimensions variables, éclairant la pièce principale, boutique, ouvroir. plus généralement la salle : sur ce mur repose soit directement, soit sur des modillons la poutre horizontale qui porte le pan de bois façade de la maison: cette poutre, faite souvent de deux ou trois pièces de bois posées en saillie lune sur l'autre, est ornée de puissantes moulures, parfois d'inscriptituis -'. et s'avance de quelques ponces sur la rue ; elle supporte la façade faite d'un assemblage de bois dont les vides sont remplis par des briques ou un blocage et par des fenêtres a arêtes et meneaux chanfreinés, au vitrage serti de plomb ; cette façade se termine par un liant pignon dont la toiture s'avance en auvent ombrageant et protégeanl ce vaste assemblage, appuyée elle-
1. On pu voitencore sur le côté méridional de la rue de Chapelle, sur le côté nord «le la Grande-Rue, où elles aboutissent au pied du château, sur la rue Renaise et surtout sur La rue du l'ont-de- Mayenne.
-. Arr vit;?, fuga mortis, au-dessus d'une boutique d'apothicaire, rue du Pilier-Verl : Pax huic domui et habitantibus in ea.k Vitré, rue d'En-bas.