‹ La vie privée dans une province de l'OuestChapitre 72 sur 95 · Abbé Angot, Dictionnaire · texte numérisé non relu

Abbé Angot, Dictionnaire

'1. En 18i8, et peut-être alors pour la dernière fois, deux joueurs de violon oui encore paru à la procession de la Fête-Dieu, exécutant la Marche des ponpeliers devant la bannière de cette corporation.

:>. Le musée de Laval possède un lympanon provenant d une famille lavalloise : instrument analogue à la cithare et de Corme trapézoïdale, avec cordes métalliques tendues parallèlement à la base ; on les faisait vibrer à l'aide de deux petites baguettes de bois. Le décor, consistant en Ggures chinoises et fleurs découpées collées sur la caisse d'harmonie, recouvertes d'un vernis, est caractéristique de la seconde moitié du x\me siècle (Xote due à l'obligeance de M. Œhlert, conservateur du Musée).

PLAISIRS il I l l ES 269

m'uo, sans être complète, on devrai! ajouter les femmes plus nombreuses encore qui jouenl de la guitare et celles (jui possèdenl le luxe d'une épinette, comme Mme Maucourt de Bourjolly : en 1727. elle charge Hardy de Lévaré « 1 * * lui acheter des cordes à Paris, ce qu'on ae trouvait pas à Laval.

Lors de l'inventaire de feu Poural de la Madeleine, receveur des domaines 1744), Louis-Joseph Froc, maître de musique, vient réclamer le paiement de livres de musique qu'il a fournis au défunt el la somme de \'l livres tournois pour leçons données, à raison de 6 livres par mois, à la plus jeune de ses tilles.

Mais ce que les documents notariés ne nous révèlent pas. c'est la partie vocale qui se mêlait à ces concerts ; la guitare appelle la romance, el toute jeune lille ou jeune femme douée d'un peu de voix devait a la société de moduler les airs a la mode, les airs de Méhul el de Grétry. Ou chantait beaucoup alors et. la Terreur passée, ou chantera encore, jusqu'au moment ou la mode aura emporte avec les dernières guitares les échus des romances sentimentales chantées par nos grand 'mères ! .

Dans son Voyage en France, Arthur Young2 raconte que. reçu a Lorient par un négociant, il l'ut charme par le chant de sa fille qui s'accompagnait sur la harpe. Tout repas de tète se terminait par des romances et des chansons, el c'était la parfois une dure épreuve pour les jeunes filles dont cette mode.au dire de Mme Vigée- Lehrun :;. faisait le supplice : « on les voyait, écrit-elle. pâlir, trembler, au point de chanter souvent faux. »

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