Renseignement dû à l'obligeance de M. Laurain
3. Disposition jadis Fréquente en Bretagne (Vitré, La Guerche, Dol, etc.). A Laval, je n'en ai constaté ni trace ni souvenir.
I. Portes moulurées anciennes en la rue de Chapelle : porte sculptée rue Renaise, n" 5'i (datée de 1738 . <■!<•
5. Quelques heurtoirs ont élé conservés, qui ne sont pas sans valeur artistique : rue de Nantes, 66, provenant dune maison «lu Val-de-Mayenne rue du Mans '■'■'■'>. boucle de bronze fixée a une plaque de fer fleurdelisée et très ajourée ; etc.
porte ouverte, on est dans la maison, presque toujours dans la salle, tout au moins dans sa première partie si une cloison de menuiserie la divise en deux parts, l'une a l'usage de boutique, l'autre! d'habitation. Cette pièce occupe le tout ou la plus grande part du rez-de-chaussée ; elle a près d'elle, souvent dans des annexes continues, la décharge, la cuisine, l'ouvroir ou l'étude, si la maison comporte ces diverses pièces ; au-dessus sont des chambres et tout en haut des greniers. Le vestihule, s'il existe, n'est qu'un couloir étroit prélevé sur la salle ; l'escalier n'est pas l'objet d'une recherche décorative; il est étroit, relègue en quelque coin de la salle ou à l'extrémité d'un couloir, enclos d'une cage de bois ; s'il est plus vaste, il est établi dans une tourelle accolée au logis, ou dans une galerie annexe et parfois alors ouverte au vent sur l'un de ses côtés L
A l'intérieur : de grandes fenêtres a meneaux, éclairées par des vitres verdàtres, de vastes cheminées faisant saillie sur la muraille, des poutres et soliveaux apparents peints ou blanchis, des murs badigeonnés «à la chaux ou à l'ocre jaune, tendus de tapisseries ou étoffes quand la fortune permet ce luxe, l'aire pavée de petits carreaux estampés qui seront plus tard confinés à la cuisine ou au grenier et remplaces par de grands carreaux unis ou des parquets de bois : tels sonl les principaux caractères des maisons lavalloises que l'on pouvait voir au temps du roi Louis XIII et que les familles aisées de la bourgeoisie habitèrent encore pendant tout le xvne siècle, en leur faisant des transformations imposées par les édits loyaux 2, par la mode qui. en architecture comme en
1. Disposition que Ion retrouve encore en plusieurs vieilles niaisons de Vitré.
2. La crainte des incendies inspira les mesures administratives prises contre les façades laites en pan de l">i- el l'application de ces édits coïncidant avec L'introduction <i un style nouveau, on cessa de bâtir les hauts pignons pointus et les encorbellements avancés sur la rue. Ailleurs, où les pans de bois sont plus rares, dans le
r. habita non y
toutes choses, exerce sou empire, par les besoins d'un confortable inconnu jusque-là.
Il semble que l'abandon «les pans de l»ois ;i l'extérieur, que la restriction des galeries de bois dans les cours intérieures, ait coïncidé avec L'expansion des tourelles rondes les pins anciennes ou octogones destinées à contenir l'escalier a vis qui devient universel au \\r el dans la première moitié du xvne siècle ; on les voit à Laval dans les habitations construites alors '. A celte époque, où la sécurité est revenue au Bas-Maine, se rapporte la plus artistique des maisons lavalloises, celle dite du Grand- Veneur, construite entre 1550 et L553 par Jacques Marest des Abattants, et c'est aussi à un membre de cette famille, arrivée Tune des premières à la fortune et au premier rang social, qu'il faut attribuer l'agrandissement delà maison n° 10 de la rue de Rennes, dont la façade rappelle par son linteau horizontal l'emploi abandonné des pans de bois, et la suite de tètes formant modillons de la corniche l'usage que Ton fit alors dans les constructions lavalloises de la tête humaine comme motif de décoration 2.
Au xvne siècle, la transformation de l'habitation s'accentue, favorisée par le développement du commerce et par l'accroissement des fortunes. On démolit la façade de la vieille maison ; on la remplace par une façade en
nord de la France, à Arras par exemple, la façade, bien qu élevée.
est faite de pierres ou de briques sans aucune saillie : le haut pignon qui dépasse et dissimule la toiture, au lieu d'en être abrité, est amorti par des courbes et contre-courbes >iir ses côtés [Voir Les /'laces d'Arras, par A. de Cardevacque
I. La plupart île ces maisons à tourelles sont situées en dehors de l'enceinte fortifiée : 11. rue des Chevaux : 10, rue de Rennes ; rues aux Mesles. de Paradis, de Chanteloup, etc.
'1. Maison vendue par les Marest a la famille Martin, dont héritent les Guillet du Préau, <|ui l'habitent à la lin du xviii* (Renseignement donné par M. Laurain). La partie postérieure de celle maison, sur la rue aux Mesles. avec sa grande fenêtre en bossage, est tles premières années du xvne siècle.
pierre montée d'aplomb, et. soit transition, soit réminiscence, on voit encore sur quelques maisons, au niveau du plancher du premier étage un bandeau de pierre de tuffeau sur modillons de faible saillie, marquant ainsi la place où se trouvait jadis la grosse poutre qui soutenait le pan de bois l. D'aucuns, niais plus rares, paraissent rechercher les styles nouveaux adoptés pour l'ornementation des façades ; tel le riche marchand René Grosnier, dit Bazoche, qui en 1615 élevé sur la Place publique, près de la rue du Pilier-Vert, la grande maison que l'on v voit encore '2 et dont les ouvertures sont encadrées de pierres blanches en bossage, style emprunté aux Florentins, importe au palais du Luxembourg, reproduit par Gorbineau en quelques-unes de ses constructions 3.
Deux spécimens nous sont restésde façades élevées sur des arcades en plein cintre formant le rez-de-chaussée : maison n° 8 de la rue des Orfèvres et dans l'habitation plus importante du n° 17 de la rue Renaise, dite maison de la Barbottière, domicile des Lefebvre du Rosay au xvnc siècle : cinq arcades en plein cintre, celle du milieu de plus large diamètre, chacune avant sa clef légèrement saillante et plus haute que les claveaux et prenant naissance sur une pierre plate qui recouvre un pied droit '*.
1. La maison 49 de la rue Renaise a vine façade en pierre dont 1 étage porte en légère saillie sur un large cordon de tuffeau (où 1 on a plus tard introduit un balcon; appuyé sut- un rang de modillons de même pierre. Rue de Rennes, cordon de tuffeau. réminiscei de l'ancienne poutre de bois.
''. Cf. A. Angot, Epigraphie, t. I. p. 181.
3. En face, à l'angle de la place, s'élevait la maison dite du Petit- Monljean, vendue en 1 75* pour 1 1.425 livres, par Barbeu du Boulay, mi. à Louis Lasnier, sieur des Unisse-, écuyer, gentilhomme ordinaire de S. A. le duc d'Orléans.
i l n aveu de 1739 rendu au prieuré de Sainte-Catherine par Madeleine de Launay, veuve de Louis Duchemin, sieur de la Babois- Sière, négociant, décrit ainsi cette maison : « Composée d'une grande cour d'entrée, deux salles, un salon et une cuisine, le tout avec dieminée, deux petits cabiuets à côté desdites salles, quatre
l'habitation 1 I
La façade, construite d'aplomb, esl percée d'ouvertures uniformes, dépourvues de meneaux, symétriquement
disposées, encadrées de tuffeau, éclairées par A(>* vitres blanches disposées en des châssis de bois rertilignes, rarement contournés J ; souvent, dans la dernière moitié du xvnic siècle, le linteau est évidé sur le devant pour mieux laisser passer les rayons de lumière, et il est tantôt droit, tantôt faiblement cintré ; les frontons de ces deux formes alternent souvent dans les lucarnes, abrités par une chape de zinc dont le bord découpe est relevé sur le devant -. Les plus riches logis sont en leur milieu couronnés d'un fronton triangulaire, large et bas, sur lequel sont sculptés des écussons, comme en l'hôtel n" 10, rue de l'Evêché ;. des bas-reliefs, comme en l'hôtel Périer du Bignon en sa façade du côté du (iast. ou des chiffres et feuillages conservés aux frontons de la rue de Tours. n° 40 4, de la rue du Mans, n° 33, de la rue du Hameau, n° 19 (date 1561), et ailleurs 5.
Au-dessous de ce fronton, au centre de la façade, s'ouvre la large et haute fenêtre qui surmonte la porte
chambres par bauf avec cheminées et deux cabinets sans cheminée, deux greniers sur le tout, deux caves voûtées sous lesdites salles, une autre cour », bûcher, jardin, etc., enjoignant d un coté le mur de ville, de l'autre ta maison de François Leclerc, sieur du Moulin, avocat, avec une allée menant du jardin à la nie Saint-Tugal (Titres de .M. Moulière).