Edil du lOaoûl 177s
Chaque particulier sera tenu de balayer ou faire balayer trois fois la semaine vis-à-vis de sa maison, savoir 1rs mardis et jeudis depuis Pâques jusqu'à la Toussaint à 8 heures du malin, et depuis la Toussainl jusqu a Pâques a 9 heures ; et les samedis pendant toute I année depuis i heures jusqu a ~> heures du soir ; chaque particulier sera tenu de mettre les houes qui auront été balayées dans un moineau vis-à-vis de sa maisou, pour être plus facilement enlevées » (1720, 17501. — Dans une convention passée eu 1645
l'administration municipale .'57 1
pigeons et les cochons que l'on ne doit avoir que dans certaines conditions, à cause de la salubrité publique sur laquelle la police exerce sa vigilance ; réglementation des heures de cuisson des fours ; sur le prix du pain, fixé d'après la moyenne des derniers marchés, et celui de la viande, particulièrement en carême : précautions et mesures contre les incendies '. dispositions à prendre dans la construction des cheminées, des (ours et des forces ; ordre île briser les glaces eu hiver, et de répandre de la cendre sur les pavés, etc.
En somme, police préventive, police vigilante el paternelle qui s'efforce d'assurer l'ordre, le bien-être, la saute publique et aussi la santé murale parmi les populations dont elle a la garde. Non seulement le bureau et le juge de police se préoccupent des intérêts matériels, mais ils étendent leur mission à un ordre plus élevé ; ils refusenl ou accordent aux comédiens l'autorisation d'exercer leur métier, toujours avec cette clause qu'ils le feront avec décence et fermeront leur spectacle à nue heure fixée par
entre la municipalité et François l'ilm marchand tissier, celui-ci s'engage à « curer et nettoier les rues, ruelles et places du faubourg du Poiit-de-Mayenne » moyennant 72 livres par an : il se charge de « travailler soigneusement en sorte que les boues et immondices ne croupissent en aulcuu lieu dudit forbourg, de nettoier toutes les rues la vigile de la feste du S. Sacrement, démettre une sonnette au col des chevaux et autres bestes qui conduiront les tombereaux pour advertir les habitans d'apporter incontinent les ballaieures et immondices il> leurs maisons au droit de leurs portes par monceaux pour estre chargés auxdits tombereaux, sans que les dits habitans y puissent mettre aucuns terriers ou délivrages de bastimens ».
1. On doit avertir immédiatement le juge de police, réquisitionner les couvreurs el charpentiers et maçons, prendre les engins, crocs, crampons, échelles, panniers, déposés sous les halles, « qui sont les seules ressources que nous ayons pu jusqu'à présent trouver dans les fonds de notre greffe . avant qu'ils deviennent assez considérables pour pouvoir nous mettre en étal de nous précautionner de pompes à l'acquisition desquelles exhortons tous propriétaires bien intentionnés à remplir nos vues, en se cottisant chacun et mettant une somme es mains de notre greffier » (Ordonnance du 7 août 1750).
l'autorité ; ils examinent les ballots de livres que les libraires ambulants viennent débiter aux foires, n'en permettant la vente que s'ils les jugent « orthodoxes et suivant les bonnes mœurs » '.
Lorsque le gouvernement du roi s'eiforce de porter remède au fléau de la mendicité, l'administration lavalloise s'associe aux mesures prescrites par les ordonnances royales : le juge de police promulgue les règlements sévères de 1686 et 1700 qui en sont l'application ; il l'appelle en même temps aux habitants de Laval que si la mendicité est interdite, et avec elle l'aumône aux mendiants, vagabonds et fainéants, le devoir de charité n'en subsiste pas moins : « Et d'autant que le public recevra un soulagement dans la cessation de la mendicité, et en attendant qu'il sera trouvé les fonds nécessaires pour la subsistance des pauvres tant enfermés au dit hôpital* que ceux qui seront à la charge des paroisses, ordonnons qu'il sera fait deux quêtes publiques, l'une par les commissaires qui seront nommés et l'autre par les dames de la charité en la manière accoutumée ; exhortons tous les habitants, ecclésiastiques, nobles, officiers, communautés séculières et régulières de renouvelé!' et redoubler leurs charités afin qu'en se conformant aux justes volontés de Sa .Majesté, les pauvres, qui sont nos frères, puissent trouver une assistance nécessaire et tous ensemble attirer sur nous les bénédictions (\w Ciel o f|0 novembre 1700).
Ces sentiments d'autorité chrétienne se font remarquer tout particulièrement en certaines ordonnances : telles celles qui conseillent l'assistance à la procession de l'octave de la Fête-Dieu, qui se rend de l'église de la Trinité au couvent des Cordeliers ; l'hôtel de ville et les sièges n'y figurent pas eu corps et à leur rang hiérarchique comme au grand sacre, mais le juge de police y
J. Visite des livres amenés de Mayenne par le libraire Davoust à 1 hôtel du Chêne-Vert.
l'administration municipale 37.Î
assiste, veillant au bon ordre avec les archers tle la ville et 1rs pèlerins tle Saint-Jacques ; telles encore les ordonnances sur l'observation du dimanche, sur la prohibition des jeux de hasard condamnés par les prédicateurs du haut de la chaire, parles mères de famille, par le peuple scandalisé des désordres qu'ils entraînent et de l'impunité assurée aux coupables '.
Parmi les devoirs des magistrats municipaux, il faut noter la visite des prisons : elle se fait chaque semaine ; on interroge le geôlier, puis les prisonniers ; on s'informe d'eux s'ils ont le couchage, paille ou lit. qui leur est dû, si leur nourriture esl suffisante et de bonne qualité '-'. Cest là un devoir prescrit par les ordonnances royales, par celle de 1670 où le roi exige que les prisons « soient disposées en sorte (pie la santé des prisonniers n'en puisse être incommodée ». (l'est aussi un devoir de
1. i Les choses ont été portées à un tel excès qu'il se fait des assemblées illicites où se trouvent des personnes «le tous sexes, de tous âges et de toutes conditions qui passent des joins et des nuits à jouer des sommes immenses a divers jeux, surtout au jeu de
la bassette, déguisé du uom de dup< «le lansquenet, auquel des
femmes mariées et des enfans ont fait des pertes considérables, qui ont occasionne des blasphèmes et des exécrations horribles, sans parler des actions indécentes qui s y '-uni commises ni «les querelles qui y ont pris naissance, ce qui donne au commun peuple, affaissé du pesant fardeau des charges nécessaires de L'Etat, un prétexte trop plausible de murmurer contre la dissimulation qu'on a jusqu ici apportée à faire cesser un aus>i grand scandale 17 décembre 1697). — Pichot se plaint dans ses Sentences des désordres causés par le jeu et la faiblesse des magistrats dans sa répression.
2. Procès-verbaux conservés aux Archives de la Mayenne. — Règlements de 1686, 17i7, 176». fixant le tarif des prix à payer au geôlier par les prisonniers pour- couchage et nourriture et prescrivant diverses mesures de discipline pour la bonne tenue, la moralité et la sécurité de la prison. — Le lu juin 1710, la municipalité traite avec Jean Henry, maître tailleur, et Julienne des Landes, sa Femme, qui prennent le bail des prisons pour- cinq ans au prix de •400 livres par an ; ce bail est renouvelé en 17 15 au prix de 525 livres. — Le créancier qui avait emprisonné son débiteur était obligé de le nourrir, en consignant le prix de ces frais : faute de quoi, le débiteur était élargi.
374 LA VIE PRIVÉE DANS UNE PROVINCE DE l'ûUEST
charité chrétienne, et l'on sait qu'elle venait à l'aide des prisonniers malheureux par des legs pieux et par les aumônes déposées dans les troncs placés aux abords des prisons ; cette œuvre était vivement recommandée aux membres des confréries du Saint- Sacrement.
Quand des calamités publiques s'abattent sur la cité, la Maison de ville s'efforce d'y porter remède. A la contagion, elle oppose des barrières à l'entrée de la ville, des mesures de salubrité, des maisons de santé, des secours à domicile ; lors des disettes, on achète des blés que l'on vend à un prix inférieur au cours commercial, et l'on distribue aux pauvres inscrits par quartier de la farine ou du pain, et, pour ce faire, on recueille des souscriptions, on emprunte sur la garantie des édiles lavailois, qui trouvent toujours le concours des dames de charité, du clergé et des notables des paroisses [.
Ainsi, d'une manière générale, les efforts des hommes qui se sont succédé à la Maison de Ville tendent vers ce but : pourvoir au bien moral et matériel de la cité. Ils le poursuivent, malgré les défaillances humaines, les rivalités personnelles, les compétitions ambitieuses, misères inévitables en toute société ; ils ont le désir de servir leur pays, ils possèdent, par tradition familiale et par éducation, le sentiment chrétien qui trace à l'homme public son devoir, le guide dans sa voie, et le soutient dans l'exercice souvent pénible de son autorité : « Nous travaillons pour notre patrie », écrit Hardy de Lévaré, retenu à Paris parles affaires de Laval, et, dans sa correspondance comme dans ses actes, on peut voir comment les magistrats lavallois savaient apporter a la pratique du travail et à l'intelligence dos affaires, l'appoint d'un dévouement désintéressé, uni au respect de la loi divine, fondement de tout ordre social.