‹ La vie privée des anciens (volume 2)Chapitre 11 sur 42 · INSTITUTIONS CIVILES · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS CIVILES

pierre pour un vaisseau où une colonne, une tuile pour une maison, une motte pour une terre, tous ces fragments d'immeubles pris ou détachés de la chose même, devant laquelle il faut aller simuler le combat judiciaire. Les témoins aussitôt s'interposent et séparent les combattants qui les suivent, comme contraints, devant le magistrat. »

11 paraît qu'il y avait pour chaque plaidoirie un temps limité d'avance, et que les avocats ne pouvaient pas s'étendre outre mesure dans leur péroraison. On avait pour fixer la durée de chaque discours un régulateur qui ne pouvait être dépassé sans enfreindre les règlements. C'est ce qui résulte du passage suivant tiré du livre d'Apulée :

« Bientôt les appariteurs me font avancer sur le milieu de la scène comme une victime. L'huissier se met à crier d'une voix de Stentor: c'était pour appeler l'accusateur. Un vieillard se lève, puis, afin de fixer le temps pendant lequel il parlera, il prend un petit vase qui ressemblait à un entonnoir et dont l'extrémité s'amincissait en pointe. Il y verse de l'eau qui s'en écoule goutte à goutte et il s'adresse au peuple .... »

Les avocats étaient extrêmement nombreux à Rome, et l'éloquence de la tribune pouvait mener aux plus hautes fonctions de l'État. Néanmoins la profession d'avocat ne paraît pas avoir toujours été trèslucrative. Un curieux extrait de Juvénal va nous montrer qu'une bien maigre rétribution était souvent le résultat de leurs efforts.

« Voyons donc ce que produisent aux avocats la défense des citoyens et] les liasses de papiers qu'ils traînent avec eux. Ils font grand bruit, surtout s'ils plaident en présence d'un créancier, ou si, plus âpre encore, quelque autre créancier, ses registres à la main, les anime à soutenir un titre douteux. C'est alors que leurs poumons vomissent le mensonge avec des flots d'écume dont leur sein est arrosé. Veut-on apprécier au juste les fruits de ce métier: que l'on mette de côté les fortunes réunies de cent avocats, de l'autre celle du cocher Lacerna.

« Les juges ont pris place. — Pâle d'inquiétude, tu te lèves, nouvel Ajax, pour défendre la liberté douteuse de ton client. Allons! crie, malheureux! brise ta poitrine, afin de trouver à ton retour, vainqueur épuisé de fatigues, les murs et l'échelle de ta maison décorés de palmes verdoyantes. Quel sera le prix de tes efforts? Un jambon desséché, quelques mauvais poissons, de vieux oignons dont nous gratifions nos esclaves africains, ou cinq bouteilles d'un vin arrivé par le Tibre. Quatre procès te rapportent-ils une pièce d'or, n'oublie pas que tu en dois une partie aux patriciens qui t'aidèrent. »

11 y avait plusieurs prisons à Rome; la plus célèbre était celle qui

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fut élevée par Ancus Marcius, sombre édifice bâti au pied du mont Capitolin, et sous laquelle ServiusTullius fit placer un cachot souterrain, réservé aux grands criminels qu'on y faisait descendre par le moyen d'une trappe. Les exécutions avaient souvent lieu dans ce cachot, on enlevait ensuite le corps des condamnés à l'aide de crocs, et après l'avoir exposé nu sur des degrés appelés gémonies, on le jetait dans le Tibre. Quelquefois aussi on précipitait le coupable du haut d'une roche, mais en s' arrangeant toujours pour qu'il tombât en dehors de l'enceinte de la ville qu'une exécution capitale aurait souillée. Enfin il y avait certains crimes, comme le parricide, pour lequel le coupable était cousu dans un sac en compagnie d'une vipère et jeté ensuite dans le fleuve. La dégradation civique, l'exil ou la déportation étaient les peines infligées le plus ordinairement aux coupables dont la faute n'entraînait pas une condamnation à mort.

Les basiliques. — Les basiliques sont les palais où siègent les tribunaux. Primitivement la basilique était dans le palais des rois la salle où le prince rendait la justice. Plus tard la basilique devint un édifice particulier décoré avec une grande magnificence, et qui dans les villes romaines était placé sur le forum, ou dans le voisinage des places publiques.

. Les basiliques étaient décorées de plusieurs rangées de colonnes, et quelquefois ouvertes de toutes parts pour la circulation du peuple. L'édifice connu sous le nom de basilique de Pœstum nous montre chez les Grecs un exemple de ce système qui a été quelquefois adopté par les Romains. Mais le plus souvent les basiliques étaient entourées de murailles percées de fenêtres et n'avaient de colonnes qu'à l'intérieur.

En général l'intérieur était divisé dans sa longueur en trois parties que séparait une rangée de colonnes, présentant souvent deux ordres superposés. La nef centrale, plus grande que les autres, se terminait par un hémicycle où siégeait le tribunal.

L'ensemble du monument formait une vaste salle rectangulaire qui remplissait le triple rôle de tribunal, de bourse et de bazar. « Hicn de plus simple, dit Quatremère de Quincy, et de moins dispendieux que la construction des basiliques. Les colonnes de la galerie inférieure recevaient un plafond qui servait de plancher à la galerie supérieure; celle-ci, également plafonnée, supportait le plafond de la grande nef et la pente du toit. Les jours étaient pratiqués dans l'épaisseur du mur d'enceinte, en supposant qu'il y en eût, et dans les entre-colonnements.

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Les galeries supérieures avaient aussi des fenêtres qui devaient éclairer l'intérieur de l'édifice.))

(1 Les basiliques qui sont dans les places publiques, dit Vitruve, doivent être situées au lieu le plus chaud, afin que ceux qui y viennent pendant l'hiver pour y faire le trafic n"y ressentent pas autant la rigueur

de cette" saison. Leur largeur doit être au moins la troisième partie de leur longueur, ou de la moitié tout au plus, à moins que le lieu ne permette pas d'observer cette proportion. La hauteur des colonnes des basiliques doit être égale à la largeur des portiques, et cette largeur sera de la troisième partie de l'espace du milieu.

Les colonnes den haut doivent être, ainsi qu'il a été dit, plus petites que celles d'eu bas ; la cloison qui est entre les colonnes de l'étage ^supérieur ne doit avoir de hauteur que les trois quarts de ces mêmes colonnes, afin que ceux qui se promènent sur cette galerie ne soient pas vus des gens qui trafiquent en bas. Les arclii- Iraves, les frises et les corniches auront les proportions telles que nous les avons expliquées au troisième livre. »

Ce n'est pas le temple, mais la basilique, qui servit de type aux premières églises chrétiennes. La disposition d'un temple ne pouvait convenir à un culte où toutes les cérémonies s'accomplissent dans l'intérieur de l'édifice. L'église devait représenter le vaisseau de saint Pierre, et la nef centrale de la basilique offrait bien l'image de ce vaisseau. Les fidèles occupaient les liefs, l'autel était placé au fond de l'édifice et l'évêque, entouré de son clergé, remplaçait le juge entouré des assesseurs. La basilique avait en outre pour les chrétiens l'avantage de n'être pas souillée par des souvenirs idolàtriques.

Fig. 92. — Basilique Ulpienne.

LA JUSTICE

La basilique LUpienne, élevée sur le forum de Trajan et dont les restes ont été découverts à la suite de fouilles exécutées en 1812, montre très-bien comment ce genre d'édifice, qui servait aux païens de tribunal, a pu devenir par la suite le type des églises chrétiennes. Sur lo plan représenté figure 92, les entrées de la basilique sont marquées en A, en C et en E; le juge et les assesseurs sont placés dans l'abside B, qui dans l'église chrétienne deviendra l'endroit où siégera révêque. L'entrée principale C était généralement précédée d'un portique appelé narthex ou porche dans les basiliques chrétiennes. Les pièces marquées D étaient des salles accessoires du tribunal, inutiles

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Fig. 93. — Basilique de Pompéi.

Fig. 94. — Basilique de Fano.

dans une église, où pourtant il a fallu trouver une place pour la sacristie. Les fidèles occupaient dans la nef de l'église la même place que le public dans la nef de la basilique. La nécessité de disposer le temple en forme de croix a fait plus tard séparer le chœur de la nef.

La basilique de Pompéi, dont la figure 93 nous offre le plan, ne contient pas d'abside. « Ce monument, dit le Guide en Italie, est un des plus grands de Pompéi. 11 était précédé d'un vestibule aligné sur le forum. On montait quelques degrés pour entrer dans l'intérieur de la basilique. Au centre, la nef était à ciel ouvert; elle était entourée de péristyles formes de vingt-huit colonnes ioniques. Au fond de la basilique, la tribune des juges était élevée au-dessus de la nef, mais il n'ya IV. 17

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pas trace de marches pour y monter. Sous la tribune se cachait un caveau mystérieux à fenêtres grillées. »

Nous reproduisons (figure 9/t) une reconstitution de la basilique de Fano, dont il n'est malheureusement resté aucune trace. Mais il est assez remarquable que cette basilique, élevée par Viiruve, s'éloigne si complètement des règles qu'il avait enseignées pour la construction de ce genre d'édifices. La forme de ce monument, que Vitruve décrit longuement, est très-différente de celles des basiliques dont on a conservé des restes. 11 faut dire qu'un petit temple d'Auguste était joint à la basilique de Vitruve, et c'est au delà de ce petit temple qu'était l'hémicycle où siégeait le tribunal, ce qui explique la conformation toute particulière de ce monument.

Les basiliques servaient de points de réunion aux négociants. C'est là qu'on traitait les affaires d'argent, les prêts, les usures; c'était à la fois un marché, une bourse, un tribunal de commerce et une banque. Les femmes y étaient admises comme les hommes, car à Rome il y en avait beaucoup qui faisaient valoir elles-mêmes leurs capitaux.

La basilique jEmilia et la basilique Julia, sur le forum Romanum, étaient extrêmement célèbres. La basilique Julia, commencée sous Jules César et terminée sous Auguste, avait la forme d'un parallélogramme oblong, entouré d'un double rang de portiques. La basilique .Emilia, plus fréquemment appelée basilique Paulus, était décorée d'une prodigieuse quantité de colonnes en marbre de Phrygie,

LES THERMES

Les bains en Grèce. — Les thermes romains. Les ustensiles du bain.

Les eains en Grèce. — Il y avait en Grèce un très-grand nombre de bains publics. Nous en voyons une curieuse représentation sur un vase de Vulci qui est au musée de Leyde. Une source jaillissant de deux

LES THERMES

mufles de lion est placée sous un portique supporté par trois colonnes doriques et surmonté d"un fronton. Deux baigneurs, un homme barbu et unéphèbe, sont placés dans le petit édilice et reçoivent sur la tête et le dos les jets de la fontaine. Ce genre de bains, fort en usage dans l'antiquité, se donnait en manière de douches.

De chaque côté du petit édifice, nous voyons deux éphèbes dont les vêtements sont suspendus aux branches des arbres voisins. L'un d'eux détache de l'arbre une petite fiole, un autre en verse le contenu sur sa main pour s'en frotter ensuite le corps (fig. 95).

C'était une coutume générale en Grèce de se baigner après les

Fig. 95. — BaiQ gymnase. (D'après une puiiilure de vase.)

exercices qui avaient couvert le corps de sueur et de poussière. Cet usage, qu'on trouve déjà dans Homère, ne fit que s'étendre par la suite et on finit même par prendre tous les jours un bain avant le repas. Les Spartiates ne faisaient usage que de bains froids et il en était de même anciennement dans toute la Grèce. Quand l'habitude des bains chauds commença à prévaloir, tout le monde y courut en foule, malgré les protestations isolées de quelques philosophes qui ne voyaient là qu'un raffinement de mollesse. Socrate ne venait que très-rarement aux bains chauds et Phocion n'y parut jamais.

Sur un vase du musée de Berlin, on voit quatre femmes nues, placées dans des poses diverses, sous les jets d'eau lancés par quatre têtes d'animaux, dont deux de sangliers, une de lion et une de panthère. La fontaine est sous un portique supporté par trois colonnes doriques.

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reliées entre elles par une poutre à laquelle sont suspendus les vêtements des baigneuses (Cg. 96). Un autre vase grec nous montre trois

Fig. 98. — Bain de femmes.

baigneuses, qui reçoivent sur leur corps Teau qui jaillit de mufles d'animaux. Deux petits vases d'où la fumée s'échappe abondamment

Fig. 97. — Femmes au bain. (.D'après un va.se grec.)

prouvent qu'elles vont se servir de parfums chauds. Les baigneuses sont dans l'eau jusqu'à mi-jambes, ce qui montre que le bassin où elles sont est peu profond; elles reçoivent l'eau en pluie très-fine. Les scènes de bains de femmes se passent toujours à l'intérieur de l'édiflce, tandis que les scènes qui représentent des baius pour les hommes ont lieu sous le portique extérieur.

LES TUERMES. i33

La figure 97, tirée d'un vase grec, montre une femme occupée à sa toilette. Elle tient un strigile, sorte de racloir dont nous parlerons plus loin et qui semble avoir été en usage pour les baigneurs des deux sexes, depuis une antiquité très-reculée.

Les thermes romains. — Les thermes ou bains publics comptent parmi les édifices les plus importants que les Romains avaient élevés. Ce qui caractérise l'architecture romaine, ce sont les grands établissements d'utilité publique, les thermes, les palais, les édifices qui demandent une grande agglomération de salles, oii de nombreux services doivent trouver un emplacement convenable, où il doit y avoir des pièces de grandeurs différentes et en grand nombre. Le Romain est incomparable pour la disposition d'un plan compliqué et il est là vraiment original, caria Grèce ne lui offrait point de modèles, ni pour la dimension colossale des édifices, ni pour la disposition qui convient aux rouages d'une immense administration. Si, après avoir admiré les formes exquises et les belles proportions d'un monument grec, on se transporte tout à coup au milieu des thermes de Caracalla ou d'un autre établissement du même genre, on retrouvera des colonnes, des ornements, des formules connues, mais on verra en même temps que le génie de l'architecture romaine suit une direction très-différente et qu'elle peut s'élever aune hauteur qui, quoique moins sublime, est peutêtre plus grandiose.

Le programme que l'artiste avait àremplir est vraiment prodigieux. Il no s'agit pas seulement d'avoir des salles pour les baigneurs, des bains chauffés à une température déterminée, des chambres pour déposer les vêtements, il faut encore des gymnases pour les exercices corporels, des promenoirs pour la circulation, des pièces pour les philosophes et les rhéteurs, des logements pour les employés de l'établissement, des magasins pour les provisions de bois destinés au chauffage, des réservoirs pour les eaux, sans compter la bibliothèque, les statues et les peintures si nombreuses qu'elles forment un véritable musée, des espaces découverts pour les jeux, des gradins pour les spectateurs, etc., etc.

Tous ces services différents demandent naturellement des grandeurs différentes pour les pièces, des dispositions particulières pour l'usage auquel chacune est consacrée, et dans tout cela il faut trouver un ensemble logique, où chaque partie se coordonne, où la confusion ne soit nulle part, où une circulation incess^ante puisse avoir lieu sans

INSTITUTIONS CIVILES

gêner le service et où une décoration splendide soit à la hauteur du peuple romain pour qui rédiCce a été construit.

Évidemment le principe général de cet immense ensemble existait dans les gymnases grecs, mais les Romains, par le prodigieux développement qu'ils ont donné à leurs monuments, sont arrivés à créer un art qui leur appartient bien.

Fig. 98. — Plan des Thermes de Carucalla.

Dans les thermes de Caracalla, trois mille personnes pouvaient se baigner à la fois, et il y avait seize cents sièges en porphyre ou en marbre. Les plus célèbres édifices de ce genre avaient conservé les noms de ceux qui les avaient fait bâtir. Agrippa, Vespasien, Antonin, Caracalla, Titus, Dioclétien, Constantin. La décoration de ces établissements était splendide. C'est dans les thermes de Titus qu'on a retrouvé le groupe du Laocoon, et dans ceux de Caracalla qu'on a découvert l'ffercule et le Taureau Farnése, le Torse antique, la Flore et les deux

LES THERMES

gladiateurs. Des statues, des bas-reliefs, des tableaux, ornaient les salles et les portiques dont le pavé est une admirable mosaïque (fig. 98).

Les thermes les plus complets se composaient de deux enceintes comprises l'une dans l'autre, et séparées par de belles promenades plantées de platanes et de sycomores. Les bains proprement dits occupaient les bâtiments du centre, tandis que les constructions extérieures renfermaient des portiques pour se promener, des salles pour la gymnastique et une bibliothèque pour les philosophes et les savants.

Dans le monument spécialement consacré aux bains il y avait des grandes salles disposées chacune pour un usage particulier, le calda-

ïig 9y. — Apodylcrium. ^Chambre pour se déshabiller. )

rium, le tépidarium, le frigidariuin. 11 y avait en outre des salles oii où on se faisait suer, un bassin d'eau bouillante placé au milieu répandait des tourbillons d'une vapeur qui s'échappait ensuite par une ouverture du plafond : un bouclier rond qu'on manœuvrait à l'aide d'une chaîne fermait cette ouverture quand on voulait concentrer la vapeur et laissait pénétrer l'air quand on avait trop chaud. Les salles des thermes étaient chauffées par un fourneau souterrain appelé hypocauste:une curieuse peinture que nous reproduisons plus loin peut donner l'idée des procédés qu'employaient les anciens pour obtenir la chaleur nécessaire. L'eau était contenue dans un grand réservoir qu'alimentaient les aqueducs.

Vapodyterium est la chambre dans laquelle on se déshabillait et où on laissait ordinairement ses habits pendant qu'on prenait le bnin. Celui des thermes de Pompéi (fig. 99) était entouré de bancs pour

INSTITUTIONS CIVILES

LES THERMES

«e déshabiller, et des chevilles do bois étaient fixées aux murailles pour suspendre les effets. Cette pièce est pourvue de trois portes; celle qui est à droite au premier plan conduisait au bain chaud: quant aux deux qui sont placées au fond de la salle, celle qui est à main droite menait au bain froid et celle qui est à main gauche était l'entrée par laquelle on arrivait de l'extérieur.

La figure 100 représente une peinture trouvée, dit-on, dans les bains de Titus et qui n'existe plus aujourd'hui. A vrai dire Tauthenticité de cette peinture a été contestée, et quelques-uns l'ont regardée comme un ouvrage d'un architecte de la Renaissance, préoccupé de la distribution des thermes antiques. Mais comme elle est citée par la plupart des archéologues comme une pièce importante et qu'elle est d'ailleurs extrêmement curieuse, nous avons cru devoir en donner la

reproduction. L'hypocaustum qu'on voit au bas contient les fourneaux souterrains. Nous avons reproduit dans la première partie de ce travail le tépidarium des bains de Pompéi (tome I, fig. 612).

Le lepidarium est une pièce oii l'on maintenait une température moyenne: on s'y tenait quelque temps pour empêcher que la transition fijt trop brusque entre le sudatorium ou bain de vapeur et l'air extérieur. Il contenait des bancs de bronze, analogues à celui que nous donnons figure 101 et qui a été trouvé à Pompéi dans le tépidarium des bains de cette ville. Conformément aux préceptes donnés par Vitruve, cette pièce est contiguë à la chambre où on se déshabille (apodytérium) et à celle où se trouvaient les bassins pleins d'eau chaude (caldarium); la porte qui est à droite donne entrée dans cette dernière pièce. Les espèces d'atlantes qui supportent la corniche séparent les compartiments où l'on déposait différents objets appartenant aux baigneurs.

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