IV. es
Fig. 5G9. — Hermès (Mercure).
(D'après un candélabre de la villa Albani.)
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Le caducée était dès une haute antiquité l'attribut distinctif et la sauvegarde des hérauts, des envoyés et des ambassadeurs, dont la personne était sacrée. Les suppliants voulant s'assurer un libre passage sur les terres de leurs ennemis portaient aussi le caducée ; néanmoins cet insigne est plus particulièrement affecté à ceux qui sont chargés de négocier les traités. C'est parce que Mercure remplit en quelque sorte cette fonction parmi les dieux qu'il porte le caducée : en effet, c'es'.
Fig. 570. -^ Hermès (Mercure).
lui qui est chargé de transmettre les ordres de Jupiter et qui sert ordinairement d'intermédiaire entre les hommes et les divinités. Le caducée de Mercure consiste en un bâton autour duquel sont enroulés deux serpents.
Les dieux de la terre. — Dèmèter(Cérès) est la terre personnifiée; sa tête est couronnée de feuillages et plus habituellement d'épis. Son culte se rapporte primitivement à l'agriculture et elle est la première et la plus importante des divinités champêtres. Un bas-relief sculpté ?ur un autel de la ville Albani montre la déesse vêtue d'une tunique à
manches et d'un péplos; elle porte un sceptre dans la main droite, des épis et des pavois dans la main gauche (Gg. 571). Les épis expriment la fécondité de la terre. La signification du pavot est plus obscure; suivant certains philosophes, la rondeur de la lète de pavot représente le monde, ses inégalités les montagnes et les vallées; la multitude de ses grains est un emblème de fertilité. Mais d'autres y voient, peut-être avec plus de raison, la plante salutaire dont la vertu soporifique endort les chagrins les plus cuisants. En effet toute la légende mythologique de Dèmèter repose sur la douleur qu'elle éprouve en apprenant le rapt de sa fille Cora.
Quelquefois Dèmèter porte la torche qu'elle alluma aux feux de l'Etna, pour rechercher sa fille Cora, que Hadès (Pluton) avait ravie. C'est ainsi qu'elle est représentée sur une célèbre peinture d'Herculanum (fig. 572). Dans ses recherches la déesse apparaît quelquefois sur unchar attelé de deux serpents aiiés, comme nous l'avons montré déjà sur une monnaie d'Eleusis, au revers de laquelle se voit une truie, emblème de fécondité (tome I, fig. 420 et 430). Quelquefois aussi, mais surtout dans les monuments d'une date plus récente, ce sont des taureaux qui traînent le char de la déesse (fig, 573). Enfin, même lorsqu'elle est au repos, Dèmèter conserve encore le flambeau qu'elle avait en main lorsqu'elle poursuivait le ravisseur de sa fille (fig. 574).
Dèmèter est la terre productrice, la mère de l'agriculture et de la civilisation. Cora ou Perséphone (Proserpine), la femme de Hadès (Pluton), la reine des ténèbres, représente la végétation qui revient tous les ans du royaume souterrain à la lumière du jour. « Proserpine, dit Cicéron, est la graine des plantes. » Elle est enlevée par un dieu souterrain, parce que les graines disparaissent sous la terre pendant l'hiver. Son retour à la lumière était regardé comme un symbole de l'immortalité de l'âme et on la rangeait à cause de cela parmi les divinités qui président à la mort. Un homme ne pouvait cesser de vivre que lorsque cette déesse, par l'entremise d'Atropos, avait coupé le cheveu fatal qui le retenait à la vie. De là venait la coutume de couper quelques cheveux de la tête d'un mourant et de les jeter à la porle
Fijç. r'il. — Dèmèter (Gérés).
{ D'après an bas-relief sculpté sur un autel de la villa Albani.)
5iO INSTITUTIONS RELIGIEUSES.
(le la maison, comme une offrande à Perséphone. Les Grecs adoraient
Fig. 572. — Dèmèter ; Cérès tenant sa torche. (D'après une peinture de Pompéi.)
avec reconnaissance la déesse qui les avait arrachés à la vie sauvage
des forêts en leur apprenant l'art de semer le blé. Le sanctuaire principal de Dèmèter était à Él(?usis ; tout le pays environnant était couvert de monuments en l'honneur de la déesse et qui rappelaient ses principales aventures.
C'est dans les champs d'Enna, en Sicile, qu'avait eu lieu le rapt de la fille de Dèmèter, qui fut entraînée par Hadès dans les enfers, mais lorsque Dèmèter l'eut retrouvée et eut obtenu du roi des dieux la permission de garder sa fille pendant six mois de l'année, eile vint à Eleusis et y fonda son culte- Triptolème, l'inventeur de la charrue, en fut le premier grand prêtre.
Fig. 0-3.
Le char de Dèmèter.
De nombreuses représentations le font voir assis sur le char ailé de la déesse, qui lui enseigne la manière do semer et de récolter le blé, pour qu'il puisse aller par toute la terre faire part aux hommes des bienfaits de Dèmèter, qui se tient devant lui avec son flambeau (fig. 575).
Fis. Ô74.
Dèmètor. {D'après une peinture de Pompéi.)
Dionysos (Bacchus) est le vin personnifié. Son culte, moins ancien en Grèce que celui des autres dieux, a pris de l'importance à mesure que la culture de la vigne s'est étendue. Il a subi d'ailleuis d'importantes transformations, et après avoirconsislé dans l'origine en farces joyeuses, il a pris vers la fin du monde romain un caractère presque exclusivement funèbre, comme le prouve la présence de représentations bachiques sur une foule de sarcophages. C'est que le dieu du vin associait dans un même symbole la boisson ardente d'où naît l'ivresse
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et ridée mystique de la mort et de la résurrection. Dionysos ou Bacchus apparaît dans l'art sous deux formes différentes. Sous sa forme la
Fig. 575. — Triplolème et Dèmèter.
(D'après une peinture do vase.)
plus ancienne, c'est un homme dans la force de l"âge et pourvu d'une
Fij. 576. — Dionysos (Bacchus barbu).
longue barbe. Les figures qui répondent à ce tjpe sont désignées sous le nom de Bacchus barbu ou Bacchus oriental (fig. 576).
« Quant au costume, dit Creuzer, il est vrai que Bacchus barbu et à l'attitude royale porte d'ordinaire l'ample et longue bassaridc; mais souvent aussi, sur les vases, il est vêtu de la nébride ou d'une courte peau de bête. Une couronne de lierre, rarement de laurier, ceint sa tête. Quelquefois il a la mitre, c'est-à-dire un simple bandeau dont les deux bouts retombent de chaque côté. Dans une main il tient une large coupe, ou un vase profond d'une forme particulière, appelé canthare.
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Fig. 577. — Bacchus tenant un canthare.
Ce vase est un de ses attributs spéciaux; lui seul et tout au plus son assesseur Hercule le portent d'habitude. Dans l'autre main, il tient fréquemment la branche de lierre ou la férule. »
La figure 577, d'après une peinture de vase, représente Bacchus oriental, tenant dune main le canthare et de l'autre une branche de lierre.
Quand le dieu est nu et imberbe, on le désigne généralement sous le nom de Bacchus Thébain. Sous cet aspect, le dieu apparaît sous les traits de la première jeunesse et dans tout l'éclat de la beauté. Sa che-
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velure est ornée de pampres et de lierre et le raisin est dans ses attributs (fig. 578 et 579).
Thèbes est le lieu de naissance de Bacchus (Dionysos) ; Sémélé. fille de Cadmus, fut brûlée par la foudre de Jupiter, et le roi des dieux eut à peine le temps de tirer de son sein l'enfant qu'elle allait mettre au
Fig. 578. — Bacchus Thébain.
Fif!. 579. — Bacchus Thébain.
monde et de l'enfermer dans sa cuisse, où il resta jusqu'au jour désigné pour sa naissance.
Bacchus a été identifié de bonne heure avec le Bassareus Lydien, ou Bacchus oriental, caractérisé par sa grande barbe; mais le Bacchus Thébain est toujours jeune, imberbe et d'une forme presque féminine (fig. 580). Son expression nonchalante indique un demi-sommeil, une rêverie langoureuse. Les satyres, les pans, les faunes, les bacchantes, les ménades, forment le cortège habituel du Bacchus Thébain aussi bien que du Bacchus orientai.
La vigne, le lierre et le thyrse sont des emblèmes qui se rattachent à la fabrication du vin ou aux effets qu'il produit. Le lierre passait dans l'antiquité pour avoir la propriété d'empêcher l'ivresse, et cest pour cela que, dans les festins, les convives étaient souvent couronnés de lierre. Cette plante paraît aussi enroulée autour du iliyrse, dont le
Fig. 580. — Bacchus assis.
bout se termine par une pomme de pin. Dans beaucoup d'endroits, en effet, la résine qu'on lire des pins entrait dans la fabrication du vin; c'est pour cela que la pomme de pin fli^ure parmi les attributs de Bacchus.
Le tigre, la panthère et le lynx accompagnent ordinairement Bacchus
dans les scènes où il est représenté triomphant. Leur présence suffirait
pour affirmer le caractère orientiil qu'on trouve dans touies les fables
(jui constituent sa légende. L'une sur lequel on mettait les outres