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INSTITUTIONS RELIGIEUSES
pleines de vin fait également partie du cort^'ge bachique, où il sert habituellement de monture à Silène. Le bouc est spécialement consacré à Bacchus, et on donne de cela une raison mythologique. Le père de Bacchus, Jupiter, voulant le soustraire aux 'persécutions de Junon, l'avait, selon certaines traditions, métamorphosé en chevreau dans sa jeunesse. Sur une médaille de Laodicée, en Phrygie, on voit Jupiter tenant dans ses bras le petit Bacchus et à côté du roi des dieux parait le jeune chevreau, dont l'enfant va prendre la forme. C'est pour cela
Fig. 581 — Masque bachique.
{D'après une peinture de Ponipéi.)
que les compagnons du dieu, les satyres et les aegipans, participent tous de la nature du bouc. Enfin, comme le culte de Bacchus est souvent associé à celui de Cérès, le taureau, animal générateur qui personnifie la fécondité de la terre, apparaît dans le cortège du dieu, qui revêt même quelquefois sa forme. On attribue cet emblème à l'assimilation qui a été faite quelquefois entre le Bacchus des Grecs et Osiris, le dieu é|j;yptien qui s'incarne sous la forme d'Apis.
Les vertus guérissantes du vin ont fait souvent placer le serpent d'Esculape à côté de la ciste mystique. La ciste ni\stique est la boîtu ou le panier dans lequel on renfermait les objets sacrés qui servaient au culte de Bacchus. Le tympanon et les cymbales, dont on se servait
LK CULTE EN GRÈCE
dans les processions en l'honneur de Bacchiis, font naturellement partie des nombreux attributs de Bacchus. 11 en est de môme des masques qui ajiparaissent fréquemment dans les monuments bachiques pour rappeler que ce dieu est l'inventeur de la comédie, qui a en effet pris naissance dans les vendanges. L'association des masques tragiques avec les fruits que Bacchus fait mûrir comme dieu do l'agriculture est frappante dans deux peintures de Pompéi où l'on voit deux masques placés sur un petit escalier, occupant le centre d'une niche qu'encadre une guirlande de fruits et de feuillages (fig. 581 et 582).
Fig, 582. — Masque bachique.
(D'après une peinture de Pompéi.)
De tous les emblèmes de Bacchus, le pbu cinieux de beaucoup esi la coupe, qui prend ici une signification mystique. (( Dans la doctrine du culte de Bacchus, dit Creuzer, le sjmbole du vase ou de la coupe avait une haute importance. Le vase s'appelait mystiquement « le récipient des âmes », à quoi le fragment, mutilé par malheur, qui nous a conservé ce fait, ajoute cette légende sacrée qui l'explique : Lors de la descente des âmes en ce monde, la Nature, la grande formatrice (paiconséquent Proserpine) fabrique des vases et y renferme les âmes comme dans une prison. Ainsi le corps, en tant que récipient des âmes, est assimilé à un vase, et de même le tombeau et le cercueil, comme récipients des corps. »
Les principaux attributs bachiques sont représentés sur une pein-
lASTITUTIONS RELIGIEUSES.
ture de Pompéi que nous reproduisons (fig. 583). Ils sont disposés, avec un désordre qui n'est pas sans art, sur les marclu'S d'un escalier de marbre. Les deux animaux de Bacchus, le serpent et la panthère, jouent ensemble au bas de l'escalier. Des cymbales occupent le premier et le deuxième gradin : sur ce dernier, on trouve aussi une branche de laurier, arbre qui est quelquefois consacré à Bacchus, bien qu'il soit plus ordinairement considéré comme l'attribut d'Apollon. Un cala-
Fig. 583. — Attributs bachiques.
{D'aftrès une peinture de Pompéi.)
ihus, ou panier de joncs, d'où s'échappent une guirlande de feuillages, un thyrse, une coupe et un rhyton, occupe le haut de l'escalier avec un tympanon et un canlhare à deux anses.
Le plus célèbre canthare qui soit parvenu jusqu'à nous fait partie de notre cabinet des médailles, oii il est connu sous le nom de vase de Ptolémée (fig. 584 et 585). 11 est décoré d'attributs bachiques.
Ariadne, que Bacchus trou\a endormie dans l'ile de INaxos, où Thésée l'avait abandonnée, semble représenter comme lui l'ivresse éternelle, et la somnolence de son visage est bien d'accord avec l'exprès-
LF. CULTE EN GRÈCE
sion habituelle du jeune dieu. La figure 586 nous monire une célèbre statue du Vatican qui représente Ariadne, bien qu'elle ait été longtemps connue snus le nom de Cléopàtre. Les figures d'Ariadne se mettaient souvent sur les tombeaux, comme tout ce qui se rapporte au cycle bachique. Nous avons de la peine à comprendre avec nos idées modernes comment les anciens pouvaient appliquer les scènes joyeuses des bacchanales sur des monuments funéraires. Mais pour les Grecs, c'était
Fi^'. 584. — Canthare bachique. (Vase do Ptolémée.)
un symbole d'immortalité; on revient au bon sens après le délire de l'ivresse : il était donc naturel qu'on assimilât l'idée de la mort à celles du sommeil et de l'ivresse.
Dans les sarcophages, oij Bacchus apparaît si fréquemment sur les bas-reliefs, il est quelquefois représenté sous les traits du défunt, tandis qu'Ariadne ou Proserpine emprunte ceux de la défunte. Il y avait dans l'antiquité des fabriques de sarcophages qu'on préparait d'avance avec tou-î les attributs sculptés qui convenaient au monument. La tête de Bacchus et celle d'Ariadne étaient seulement dégrossies, a(in qu'on pût y représenter le visage de ceux auxquels le tombeau appartiendrait. Apulée, dans ses Métamorphoses , parle d'une veuve qui
550 INSTITUTIONS H KLIGIEUSES.
fait sculpter l'image de son mari avec les attributs de Bacchus. Nous
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Fig. 585. — Canlhare bachique. (Vase de Ptolémée.)
avons au Louvre un exemple de cet usage dans un monument 1res
Kg. 586. — .^riadnc.
célèbre, qui est désigné sous le titre de Sarcophage de Bordeaux, .\riadne