‹ La vie privée des anciens (volume 2)Chapitre 32 sur 42 · OUI · texte numérisé non relu

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être allumé, parce que les destinées de la ville sont attachées à sa flamme, chaque maison entretient aussi une flamme sacrée sur le foyer privé en l'honneur de la déesse, qui règne sur les Pénates protecteurs de la famille.

Les lares. — Le culte de Vesta avait des rapports étroits avec celui des Pénates ou dieux Lares, car ceux-ci semblent également représenter la flamme du foyer. Dans VÉiiéide, Hector dit à Énee qu'il va lui remettre les pénates troyens, et c'est le feu dufoyerqu'il lui remet.

Fit,'. 036. — Dieu Lare avec les serpents. {D'après une peinture de Puinpéi.)

La croyance populaire, assez mal définie d'ailleurs, admettait généralement l'i^xistence de divinités, habitant sous la terre et se manifestant par la flamme du foyer. Ces divinités étaient les Mânes.

Le terme de Mânes peut s'appliquer indistinctement à tous les morts, mais les Latins font entre eux de grandes distinctions. Ainsi les Lare^ sont les âmes des hommes de bien, faisant auprès des vivants Toflice de génies protecteurs, tandis que les Larves et les Lémures sont les âmes des méchants qui errent autour des maisons, sans refuge et sans espoir. C'est de cette croyance qu'est venue la terreur qu'inspirent les revenants. Les Mânes ont été plus tard assimilés aux Génies, dont ils étaient distincts à l'origine. Aussi nous voyons souvent les dieux Lares en compagnie des serpents, qui sont l'emblème des génies protecteurs de la maison (fig. 636).

Les fêtes des Lares se célébraient dans l'intérieur des familles et n'avaient pas de caractère officiel. On ornait leur image d'une grande IV. 76

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INSTITUTIONS RELIGIEUSES

et épaisse couronne, et souvent leurs statuettes étaient comme enfouies sous les fleurs et les feuilles. En outre, on leur faisait des offrandes qui devaient être consumées sur le feu du foyer. A Rome, quand un jeune homme prenait la toge virile, il consacrait aux dieux Lares la bulle qu'il avait portée dans son enfance.

Dans le prologue de l'Aidulaire, de Plaute, c'est uu dieu Lare qui expose lui-même l'intrigue de la pièce : « Ne vous demandez pas qui je suis, je vais vous le dire. C'est moi le dieu Lare de cette maison d'où vous m'avez vu sortir ; voilà bien des années que j'y demeure; j'ai

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Fig. (j'i'i. — Dieu Lure.

D'après un monument funèbre trouvé près de Nîmes.)

protégé le père et même l'aïeul de celui qui la possède aujourd'hui. Le grand-père m'a confié et recommandé en grand secret un trésor qu'il a enfoui au milieu du foyer, me suppliant de le lui garder. Le bonhomme est mort ; mais il était d'une telle avarice, qu'il ne voulut pas révéler la cachette à son fils; il aima mieux le livrer à la'; pauvreté que de lui indiquer le trésor. 11 lui laissait un petit bout de champ, 'de (pioi s'entretenir misérablement et en prenant beaucoup de peine. Dès que le vieillard qui m'avait confié son or eut cessé de vivre, je commençai à observer si son fils aurait pour moi plus de dévotion que le dère. Mais ce fut tout le contraire; il dépensa de moins en moins pour mon culte, et chaque jour retrancha quelque chose à mes honneurs.

Moi, je lui rendis la pareille et il mourut à son tour. 11 a laissé un fils, le propriétaire actuel de la maison, qui est bien tout le portrait de son père et de son aïeul. Ce fils a une fille, qui m'offre incessamment de l'encens, du vin, et autres cadeaux de ce genre ; elle me donne aussi des couronnes. Pour la récompenser, j'ai fait découvrir le trésor à Euclion, afin qu'il pût la marier plus facilement... »

Un monument, trouvé aux environs de Nîmes, est décoré d'un basrelief représentant un dieu Lare. Ce dieu a la tête recouverte par sa toge, et tient en main la patcre du sacrifice (fig. 637).

Outre les Lares familiers, protecteurs de la maison, il y avait des Lares compitales ou viales, protecteurs des carrefours et des chemins. Leur culte était public et ils avaient des chapelles fort nombreuses. La fête de ces Lares publics s'appelait les Compitales ; les gens du peuple suspendaient pendant la nuit des petites poupées et d'autres objets à toutes les portes, surtout à celles qui étaient situées près des carrefoLirs. Quand Auguste fut déifié, on ajouta son génie, c'est-à-dire son âme personnifiée, à tous les Lares des carrefours, afin que le peuple s'habituât à le considérer comme son génie tutélairc. Le culte primitif des Lares locaux se trouva désormais associé à celui des souverains. Mais le goût des apothéoses ne se borna pas là et tous les hommes illustres furent à la fin de l'empire considérés comme des Lares. Une salle spéciale, appelée Lararia, leur fut consacrée dans le palais des riches, et chacim choisissait ses Lares selon son goût particulier. C'est ainsi qu'Alexandre Sévère put rendre hommage aux Lares de son choix, et qu'il honora le Christ en même temps qu'Apollonius de Tyane, et Orphée en même temps qu'Abraham.

Lbs dieux de la mort. — Les Romains ne paraissent pas avoir en sur la vie future des idées bien nettes et leurs croyances sous ce rapport ne différaient pas essentiellement de celles des Grecs. Pluton et Proserpine, qui régnent sur les ombres, ne diffèrent en rien de Hadès et Perséphonc, qui remplissent la même fonction dans la mythologie grecque. Pluton, ([ui est le Jupiter infernal, est caractérisé par le boisseau ([u'il porte sur la tête, mais il a été complètement identifié avec Sérapis, dieu égyptien dont le nom vent dire Osiris-Apis (fig. 038 et G3'J). Lorsque l'empereur Julien consulta l'oracle d'Apollon pour savoir si ces deux divinités différaient, il reçut pour réponse : « Sérapis et Pluton sont la même divinité. » Cerbère, le chien infernal, caractérisé par ses trois têtes, apparaît auprès de ses rares statues et on le

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