‹ La vie privée des anciens (volume 2)Chapitre 33 sur 42 · STITITI0>S RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

STITITI0>S RELIGIEUSES

trouve également dans les peintures funèbres qui décorent les monuments étrusques.

Jupiter infernal où Sérapis.

Un assez grand nombre de peintures se rattachent à l'idée qu'on se

Fig. C40. - Démons amenant une Jme. (D'après une peinture étrusque.)

faisait de la vie future. C'est ainsi que la figure 040 montre des dé-

LKS DIEUX DE HOME. tiUJ

mons enlevant une âme. Une scène peinte sur un tombeau de Tarquinies représente le départ des âmes qui quittent la terre. Dans la bande supérieure, une âme enveloppée d'un grand voile est assise sur un char que traînent deux génies ailés, l'un blanc et l'autre noir. Derrière cette âme, un génie blanc et sans ailes (son ange gardien, selon l'explication de M. Guignant) semble implorer un génie noir et ailé, et plus loin un autre génie, également noir et ailé, est assis à une porte et tient un marteau. Dans la bande inférieure, on voit des morts tenant en main les instruments de la profession qu'ils ont exercée pendant leur vie, puis une autre âme guidée par un génie ailé et qui semble la menacer de son marteau.

Les génies et les vertus. — Les Génies des Romains, comme les démons des Grecs, forment une classe d'êtres intermédiaires entre l'homme et la divinité, de même que les anges, dont la tradition se rattache aux plus anciennes croyances de l'Asie. Les Génies sont souvent considérés comme l'âme raisonnable attachée à tout individu, et remplis-

Fig. GU. — Serpents protecteurs. (D'après une peinture de Pompéi.)

sent alors le même office que nos anges gardiens. Le serpent a été de tout temps l'image traditionnelle du Génie (fig. 6/(l), même après qu'on eut adopté la forme humaine pour caractériser le Génie propre du peuple romain. Toute réunion collective, le Sénat aussi bien que les corporations, avait son Génie.

Quoique le serpent soit la forme que revêtaient habituellement les Génies dans la croyance populaire, on voit des représentations dans lesquelles le Génie d'un individu prend la forme qu'il avait eu pendant sa vie. Ainsi le Génie des empereurs romains qu'on voit sur les l'eprésentations d'apothéoses sont de véritables portraits de ces empereurs. On voit aussi des personnages célestes, qui semblent avoir été des

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oëles et qui sont accompagnés d'une muse inspiratrice, quelquefois pourvue de grandes ailes, comme dans une peinture de Pompéi que reproduit la figure 6/|2.

Outre les Génies affectés aux particuliers ou aux corporations, il y

Fi^. (J42. — Le poète et son génie. (D'après une peinture de Pompéi.)

avait dans le culte romain des divinités d'une espèce particulière, auxquelles la mythologie n'a pas donné d'histoire, ni l'art de forme spéciale, et qui nous paraissent se rattacher à la famille très nombreuse, mais confuse et indéterminée, des génies : ce sont les dieux des Indigitameiila.

'< L'Italie, dit M. G. Boissier, avait été assez peu féconde en inventions religieuses; ce mélange de peuples italiens, (jui donna naissance

à Rome, fut plus pauvre encore. Rome se contenta de prendre les croyances des nations diverses dont elle était sortie, en essayant de les unir et de les accorder ensemble. Elle n'éprouva pas le besoin d'en créer de nouvelles. La seule innovation qu'on lui attribue, c'est d'avoir inscrit sur des registres appelés Indigilamenta la liste des dieux qui sont affectés à chaque événement de la vie de rhoinme depuis sa conception jusqu'à sa mort, et de ceux qui pourvoient à ses besoins les plus indispensables, comme la nourriture, la demeure, le vêtement. Ils y étaient rangés dans un ordre régulier, avec quelques explications sur le nom qu'ils portent et la formule des prières qu'il convient de leur adresser. Les dieux des Indigilamenta ont un caractère particulier et entièrement romain ; je ne crois pas qu'on en trouve ailleurs qui soient tout à fait semblables. Sans doute on a éprouvé dans d'au-

Fig. 643. — La terreur. Fig. 64-1. — La pâleur.

très pays le besoin de mettre les principaux actes de la vie sous la protection divine, mais d'ordinaire on choisit pour cet ollice des dieux connus, puissants, éprouvés, afin d'être sûr que leur secours sera efficace. C'est la grande Athènè, c'est le sage Hermès qu'on invoque en Grèce, pour que l'enfant devienne habile et savant. A Rome, on a préféré des dieux spéciaux, créés pour cette circonstance même et qui n'ont pas d'autre usage : il y a celui qui fait pousser à l'enfant son premier cri {Vaticanus), et celui qui lui fait prononcer sa première parole [Fabidinns] ; l'un et l'autre ne font pas autre chose et ne sont invoqués qu'en cette occasion. Aussi ne portent-ils en général d'autre nom que celui de leurs fonctions mêmes, comme si l'on voulait faire entendre qu'ils n'ont pas d'existence réelle en dehors de l'acte auquel ils président. Leur compétence est extrêmement bornée ; l'action la plus simple donne souvent naissance à plusieurs divinités. Quand l'enfant est sevré, il y en a une qui lui apprend à manger [Educa), une autre qui lui apprend à boire (Poiina) ; une troisième le fait tenir tranquille dans le petit lit où il repose {Cuba). Lorsqu'il commence à mar-

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cher, quatre déesses sont chargées de protéger ses premiers pas ; deux raccompagnent quand il sort de la maison, deux le ramènent quand il y rentre (Abeona et Adeona ; Iterduca et Domiduca). Les listes étaient donc interminables et les noms multipliés à l'infini. Les Pères de l'Église s'égayent beaucoup de « celte populace de petits dieux con-

Fig. 64Ô. — La victoire de Bresci.i.

damnés à des emplois inQmes », et les comparent à ces ouvriers qui divisent entre eux la besogne'pour qu'elle soit plus vite faile. Il n'en est pas moins très-curieux de les étudier : ce sont après tout les dieux les plus originaux de Rome. Elle n'avait pas subi encore l'influence souveraine de la Grèce, quand les pontifes rédigèrent les Indigitamenta, et les débris qui nous restent de ces registres sacrés peuvent seuls nous faire connaître quelle idée les vieux Romains se faisaient

de la divinité et de quelle façon ils entendaient le sentiment reigieux.

« Ce qui frappe d'abord, c'est de voir combien tous ces dieux sont peu vivants. Ou n'a pas pris la peine de leur faire une légende, ils n'ont pas d'histoire. Tout ce qu'on sait d'eux, c'est qu'il faut les prier à un certain moment et qu'ils peuvent alors rendre service. Ce moment passé, on les oublie. Ils ne possèdent pas de nom véritable; celui qu'on leur donne ne les désigne pas eux-mêmes, il indique seulement les fonctions qu'ils remplissent, d

On raconte que Tullus Hostilius, dans une bataille contre les Fidenates que les Uliens soutenaient, invoqua la Terreur et la Pâleur, leur promettant un temple si elles jetaient l'effroi dans les rangs ennemis. Six siècles plus tard, les Hostilius, qui prétendaient descendre du troisième roi de Rome, firent représenter sur des médailles les deux redoutables divinités que leur a'icul avait invoquées (Og. 643 et 6kh).

Parmi les divinités sans histoire qui ont été honorées à Rome d'un culte spécial, il faut aussi ranger les Vertus, telles que la Concorde, la Piété, la Pudicité, la Clémence, etc. Enfin il y avait des divinités, comme la Fortune ou la Victoire, qui indiquent un état particulier de la destinée des hommes ou des peuples. Celles-ci sont assez souvent représentées sur les monuments, mais le type que l'art leur a donné appartient à la Grèce. La victoire que les Athéniens avaient représentée sans ailes, pour montrer qu'elle s'était fixée chez eux, était, comme on le pense, une divinité chère aux Romains. La plus belle statue qu'on en connaisse est la fameuse Victoire de Brescia (fig. 645), dont nous avons une copie au Louvre.

Les dieux gaulois. — La religion des Gaulois no nous est connue que par les écrivains latins, qui, selon l'habitude des peuples anciens, retrouvaient ou croyaient retrouver leurs dieux dans ceux qu'ils voyaient honorés par d'autres peuples. Ainsi Tentâtes, qui paraît avoir été la grande divinité des Gaulois, a été assimilé à Mercure. « Le dieu que les Gaulois honorent le plus, dit Jules César, est Mercure. Il a un grand nombre de statues ; ils le regardent comme l'inventeur de tous les arts, comme le guide des voyageurs, et comme présidant à toutessortes de gains et de commerce. Après lui, ils adorent Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. Ils ont de ces divinités à peu près h même idée que les autres nations. Apollon guérit les maladies; Minerve enseigne les éléments de l'industrie et des arts ; Jupiter tient l'empire du ciel. Mars

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celui de la guerre ; c'est, à lui, quand ils ont résolu de combattre, qu'ils font vœu d'ordinaire de consacrer les dépouilles de Tennenii. Ils lui sacrifient ce qui leur reste du bétail qu'ils ont pris, le surplus du butin est placé dans un dépôt public ; et on peut voir, en beaucoup de villes, ces monceaux de dépouilles, entassées en des lieux consacrés. »

« Une croyance que les Druides cherchent surtout à établir, c'est que les âmes ne périssent point, et qu'après la mort elles passent d'un corps dans un autre, croyance qui leur paraît singulièrement propre à inspirer le courage, en éloignant la crainte de la mort. Le mouvement des astres, l'immensité de l'univers, la grandeur de la terre, la nature des choses, la force et le pouvoir des dieux immortels, tels sont les sujets de leurs discussions; ils les transmettent à la jeunesse. «

<: Toute la nation gauloise est très-superstitieuse; aussi ceux qui sont attaqués de maladies graves, ceux qui vivent au milieu de la guerre et des dangers, ou immolent des victimes humaines, ou font vœu d'en immoler, et ont recours pour ces sacrifices au ministère des Druides. Ils pensent que la vie d'un homme est nécessaire pour racheter celle d'un homme, et que les dieux immort-ls ne peuvent être apaisés qu'à ce prix ; ils ont même institué des sacrifices publics de ce genre. Ils ont quelquefois des mannequins d'une grandeur immense et tissus en osier, dont ils remplissent l'intérieur d'hommes vivants ; ils y mettent le feu et font expirer leurs victimes dans les flammes. Ils pensent que le supplice de ceux qui sont convaincus de vol, de brigandage ou de quelque autre délit, est plus agréable aux dieux immortels ; mais quand ces hommes leur font défaut, ils se rabattent sur les innocents. »

« Les Druides, ministres des choses divines, sont chargés des sacrifices publics et particuliers, et sont les interprètes des doctrines religieuses. Le désir de s'instruire attire auprès d'eux un grand nombre de jeunes gens qui les ont en grand honneur. Les Druides connaissent de presque toutes les contestations publiques et privées. Si quelque crime a été commis, si un meurtre a eu lieu, s'il s'élève un débat sur un héritage ou sur des limites, ce sont eux qui statuent; ils dispensent les récompenses et les peines. Si un particulier ou un homme public ne défère point à leiu' décision, ils lui interdisent les sacrifices; c'est chez eux la punition la plus grave. Ceux qui encourent cette interdiction sont mis au rang des impies et des criminels, tout le monde s'éloigne d'eux, fuit leur abord et leur entretien et craint la contagion du mal dont ils sont frappés. Tout accès en justice leur est refusé et ils

LES DIl'UX DE ROME.

n'ont part à aucun honneur. Tous ces Druides n'ont cju'un seul chef, dont l'autorité est sans bornes. Â sa mort, le plus éminent en dignité lui succède; ou, si plusieurs ont des titres égaux, l'élection a lieu par le suffrage des Druides, et la place est quelquefois disputée parles armes. A une certaine époque de l'année, ils s'assemblent dans un lieu consacré sur la frontière du pays des Carnutes, qui passe pour le point central de toute la Gaule. Là se rendent de toutes parts ceux qui ont des différends, et ils obéissent aux jugements et aux décisions des Druides. On croit que leur doctrine a pris naissance dans la Bretagne, et qu'elle fut de là transportée dans la Gaule ; et aujourd'hui ceux qui

Fig. 646. — Les déesses mères.

(Musée do Lyon.)

Tculent en avoir une connaissance plus approfondie vont ordinairement dans cette île pour s'y instruire.

K Les Druides ne vont point à la guerre et ne payent aucun des tributs imposés aux autres Gaidois ; ils sont exempts du service militaire et de toute espèce de charges. Séduits par de si grands privilèges, beaucoup do Gaulois viennent auprès d'eux de leur propre mouvement, ou y sont envoyés par leurs parents et leurs proches. Là, dit-on, ils apprennent un grand nombre de vers, et il en est qui passent vingt années dans cet apprentissage. Il n'est pas permis de confier ces vers à l'écriture, tandis que, dans la p'upart des autres affaires publiques et privées, ils se servent des lettres grecques. Il y a, ce me semble, deux l'aisons de cet usage : l'une est d'empêcher que leur science ne se répande daus le vulgaire; et l'autre que leurs disciples, se reposant sur l'écriture, ne négligent leur mémoire : car il arrive presque toujours

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que le secours de? livres fait que l'on s'applique moins à apprendre par cœur et à exercer sa mémoire. » h

Les Gaulois ne nous ont pas laissé de statues de leurs divinités, et le peu de monuments qu'on connaît date de l'époque romaine. La figure 646 représente les déesses inires, divinités assez obscures, mais dont le culte devait être assez répandu, puisqu'on en a trouvé plusieurs représentations. Ce sont trois figures assises : le personnage central tient une patère et une corne d'abondance.

LES PRATIQUES DU CULTE

Le sacerdoce. — Les autels et les ustensiles du culte. Les SAcniFiCES. — Les présages. — La transformation chrétienne.

Le sacerdoce. ^ Le sacerdoce n'a jamais eu en Grèce l'importance que nous lui avons vue en Ég\pte ni celle qu'il a eue plus tard à Rome. Les prêtres ne composaient point un ordre distinct relevant d'un cbef particulier. La dignité de grand pontife, qui à Rome fut si considérable, était inconnue des Grecs. Les prêtres étaient, chacun séparément, attachés aux différents temples, sans constituer un clergé. Ils n'exerçaient aucune juridiction, et bien qu'ils fussent extrêmement honorés, lem* pouvoir ne s'étendait pas au delà des cérémonies du temple dont ils étaient les régulateurs. S'ils n'avaient aucun pouvoir spécial dans l'ordre politique, ils n'étaient pas davantage chargés de l'enseignement de la morale, qui était regardée comme absolument indépendante des questions religieuses. Aussi on ne voit en Grèce rien qui ressemble à nos guerres religieuses, et les philosophes, qui ont souvent attaqué les croyances religieuses, n'ont jamais été les adversaires des prêtres, qui étaient seuls en possession des rites, mais qui n'avaient aucun pouvoir en dehors du temple où ils régnaient en souverains.

LES PRATIQUES DU CULTE

(il3

Dans les principaux temples il y avait un grand prêtre, qui était le chef hiérarchique de toutes les personnes attachées au service du temple, et qui était toujours un personnage très-considéré. La personne des prêtres était sacrée et inviolable, et ils appartenaient généralement aux premières familles de la cité.

La figure Glj7 représente un prêtre étrusque ; nous ne savons presque rien de l'organisation religieuse de ce" peuple auquel les Ro-

Fig. 647. — Prùlre ôlrusqUL-

mains paraissent avoir emprunté la plupart des rites qui distinguent leur culte. 11 est en effet bien probable que Numa, qui est regardé comme l'organisateur de ces rites, et qui passait pour recevoir directement ses inspirations de la nymphe Égérie, n'a fait que transmettre aux Romains encore grossiers les coutumes et les cérémonies depuis longtemps en usage chez les Étrusxpies, qui étaient beaucoup plus civilisés. Ce n'est assurément pas chez les Grecs qu'il faut chercher l'origine du caractère si exclusivement politique du sacerdoce romain, car à Rome la religion et l'État ne font qu'une seule et même chose.

614 I.NSTlïLTIO.NS HELIOIHLSES.

u La religion romaine, dit M. Gaston Boissier, a été soumise à l'État, ou plutôt elle s'est confondue avec lui. Ce qui certainement a le plus aidé à ce résultat, c'est la manière dont se recrutaient les sacerdoces. « Nos a'ieux, dit Gicéron, n'ont jamais été plus sages ni mieux inspirés « des dieux que lorsqu'ils ont décidé que les mêmes personnes préside- (c raient à la religion et gouverneraient la république. C'est par ce moyen « que magistrats et pontifes, remplissant, leurs charges avec sagesse, « s'entendent ensemble pour sauver l'Etat. » A Rome, les dignités religieuses n'étaient pas séparées des fonctions politiques, et il n'y avait rien d'incompatible entre elles. On devenait augure ou pontife en même temps que préteur ou consul, et pour les mêmes motifs. Personne ne demandait à ceux qui voulaient l'être des connaissances spéciales ou des dispositions particulières ; il suffisait, pour arriver à ces cliarges comme aux autres, d'avoir servi son pays dans les assemblées délibérantes ou sur les champs de bataille. Ceux qui les obtenaient ne prenaient pas en les exerrant cet esprit étroit et exclusif qui est ordinaire aux castes sacerdotales; ils continuaient à être mêlés au monde, ils siégeaient au sénat en même temps que dans ces grands collèges de prêtres dont ils faisaient partie ; leurs fonctions nouvelles, loin de les enlever au gouvernement de leur pays, leur donnaient plus de droit d'y prendre part. Ces soldats, ces politiques, ces hommes d'affaires, appliquaient aux choses religieuses ce bon sens froid et pratique qui les distinguait dans tout le reste. C'est grâce à eux qu'un large courant laïque circula toujours dans la religion romaine, que pendant toute la durée de la république et de l'empire aucun conflit ne s'est élevé entre elle et l'État, et que le gouvernement de Rome, malgré toutes ces démonstrations de piété dont il est prodigue, n'a jamais été menacé de devenir une théocratie. »

Les fonctions religieuses, d'ailleurs, étaient de différentes sortes ; il y avait des [jrêtres chargés du culte de tous lés dieux, et d'autres, qui étaient attachés au service particulier d'une divinité. On attribue à Numa l'institution des pontifes, ou prêtres de tous les dieux, car suivant Tite-Live, il n'y avait au temps de Romulus, ni pontifes, ni augures.

11 y avait à Rome plusieurs pontifes dont l'ensemble formait ce qu'on a appelé le collège des pontifes. Mais le nombre des prêtres qui le composait a varié suivant les époques. Sous Numa il y avait seulement quatre pontifes, tous pris parmi les patriciens, mais plus lard on en ajouta quelques-uns (jui étaient plébéiens. Quand Sylla fut dicta-

LES PRATIQUES DU CULTE

leur, il porta leur nombre à quinze, dont huit étaient appelés grands pontifes et sept petits pontifes. Mais ils ne formaient ensemble qu'un seul collège, dont le chef était le souverain pontife. L'habillement de ces magistrats était la robe prétexte et leur personne était sacrée. Les pontifes avaient le pas sur les autres magistrats ; ils réglaient tout ce qui concerne le culte et les cérémonies, recevaient les vestales, fai-

Fig. 618. — Le flamine.

saient la dédicace des temples, offraient les sacrifices, jugeaient de l'autorité des livre» renfermant des oracles, et présidaient à tous les jeux donnés en faveur des divinités. Auguste prit le titre de souverain pontife et les empereurs romains imitèrent son exemple. Le souverain pontife, d'accord avec son collège, devait régler l'année et le calendrier et indiquer les jours fastes et néfastes, ce qui avait une grande influence sur les affaires publiques.

On attribue à Numa l'institution des rtamines : les trois principaux étaient le flamine dial, prêtre de Jupiter, le flamine martial, prêtre

institution; S RELIGIEUSES.

de Mars, et le flamine quirinal, prêtre de Qiiirinus (ou Romulus). Plus tard, le même nom fut également donné à d'autres catégories de prêtres, qu'on distingua des anciens par le titre do flamines mineurs. Le

Les anciles.

nombre de ces flamines mineurs a beaucoup varié, à cause des cultes nouveaux qui ont été successivemenl établis à Rome (fig. 648).

Fig. 651). — Apc'l.

Fi^'. 651. — Surveillant du temple.

Les flamines portaient une coiffure particulière nommée apex,' qin se composait d'un casque surmonté d'un petit cône allongé, entouré d'une houppe de laine. Il leur était défendu ds sortir tête nue, et,

LES PRATIQUES DU CULTE

comme en été le casque eût été trop lourd, on le remplaçait quelquefois par une coiffure analogue, mais plus légère (fig. 650),

Le flainine dial avait la supériorité sur les autres, et les flamines majeurs, ceux dont l'institution remontait à Numa, occupaient un rang beaucoup plus élevé que ceux qui furent institués postérieurement.

On donnait le nom de Saliens à douze prêtres de Mars, auxquels étaient confios les ancilia ou boucliers sacrés. Le costume du prêtre salien est une tunique brodée, serrée autour de la taille par une cein-

l'"ig. 652. — Camille.

(D'apiès une statuette antique).

Fig. (J53. — Ca.-mllo.

(D'après le Virgile Ju Vatican).

turc en bronze, et par-dessus laquelle est un manteau appelé trabea. Ces prêtres portent une courte épée suspendue au côté, et une baguette avec laquelle ils frappaient sur les boucliers sacrés que leurs serviteurs portaient à travers la ville, suspendus à des perches (fig. 649).

11 y avait encore d'autres catégories de prêtres, comme les Augures dont nous parlerons bientôt, les durions, qui étaient ufA^cti-s au service religieux d'an cpiartier ou d'une corporalion, etc. Mais ceux que nous avons nommé précédemment étaient les plus importants.

Les fonctionnaires préposés à la surveillance des temples étaient

des personnages fort honorés, et qui se reconnaissaient à des insignes

particuliers; celui qui est représenté sur la figure 651 esi pris dans

un bas-relief qui est à Dresde. L'insigne qu'il porte est un lialai de

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