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feuilles de laurier, ce qui fait penser qu'il devait être attaché au temple de Delphes, pour lequel on employait en effet des balais semblables. Au reste, l'allure de ce personnage n'est aucunement celle d'un dômes tique subalterne, et le balai qu'il tient en main est simplement l'insigne de son emploi, qui consistait à maintenir la propreté du temple et à mettre en place les objets sacrés. Ces surveillants des temples servaient en même temps de ciceroni aux étrangers qui visitaient l'édi-
Fig. 65-1. — Vestale. (D'après une statue antique).
fice et leur place devait être assez lucrative, car elle était fort recherchée.
On donnait le nom de Camilles à des jeunes garçons qui occupaient dans les rites sacrés des pa'iens un rôle analogue à celui des enfants de chœur dans nos églises. Ces enfants, qui deviiient être de bonne famille et bien faits corporelleraent, assistaient les prêtres dans toutes les cérémonies. Ils portaient des cheveu.\ longs et flottants et étaient généralement vêtus d'une robe à grandes manches, comme on le voit sur la ûgure 653, qui représente un Camille d'après une miniature
LKS PRATIQUES DU CULTE. 619
(lu Virgile du Vatican. Toutefois cet usage qui, vers la fin de l'empire, devint très-général, n'était peut-être pas très-ancien, car une statuette plus ancienne nous fait voir un Camille portant simplement la tunique habituelle aux jeunes gens (fig. 652). Celui-ci, qui a les bras nus, porte à la main gauche un aspersoir et dans la droite la situla, ou seau, contenant l'eau nécessaire à la cérémonie.
L'origine des Vestales, dont l'institution à Home remonte à Numa, paraît originaire de la ville d'Albc, puisque suivant la tradition, Rhéa Sylvia, mère de Romukis et Rémus, était une Vestale. Leur mission était d'entretenir sans interruption le feu sacré qui brûlaitperpétuellement dans le temple de Vesta, d'observer les rites religieux de la déesse, et de conserver les gages secrets des destinées de Rome, c'est-à-dire le Palladium ou les pénates du peuple romain. Les Vestales faisaient vœu de virginité pendant tout le temps qu'elles sera^ient au service de la déesse, c'est-à-dire pendant trente ans. ^Les dix preiiiières années étaient consacrées à apprendre ce service, les dix suivantes à l'exercer, et les dix dernières à l'enseigner aux nouvelles venues. Pour entrer dans le collège des Vestales il fallait être exempte de tout défaut de conformation, appartenir à une famille libre et avoir ses parents vivants au moment oii l'on entrait. Les novices étaient choisies par le grand pontife parmi les jeunes filles qui lui étaient présentées comme ayant toutes les qualités requises. Si une Vestale avait laissé éteindre le feu sacré près duquel elle était chargée de veiller, elle était sévèrement punie, car on voyait là un présage funeste pour la république, et ce n'est qu'après des cérémonies expiatoires qu'on le rallumait : encore n'était-ce pas en s'aidant de feu ordinaire, ce qui n'aurait pas été considéré comme assez pur, mais avec des rayons solaires concentrés sur certaines feuilles desséchées. La chasteté des Vestales, emblème de la chasteté de la déesse, devait être rigoureusement observée sous peine de mort. Quand le crime était démontré et la Vestale condamnée, on la plaçait toute vivante dans un cercueil et on conviait à ses funérailles tous ses parents et amis : arrivé près de la fosse mortuaire, on l'y faisait descendre, après l'avoir recouverte d'un long voile et on bouchait la fosse avec de la terre. Ce supplice a été exécuté dix-huit fois depuis le règne de Numa jusqu'à celui de Théodose, c'est-à-dire pendant plus de mille ans (lig. 65/t).
Quelquefois un miracle prouvait l'innocence d'une prêtresse injustement accusée. C'est ainsi que la vestale Tuccia prouva son innocence en emplissant un crible d'eau qui ne s'écoula point, et la vestale
li\STlTLT10.Nf> litLKjlKLSES.
Claudia en traînant à elle seule sur le Tibre un vaisseau qui portait la statue de Cybèle, et qui était si fortement engravé que nulle force humaine ne parvenait à le faire mouvoir.
En revanche les Vestales jouissaient de très grandes prérogatives. Toujours précédées d'un licteur et portées dans des litières spéciales,
Fig. 655. — Vestales sacrifiant.
elles recevaient les hommages de toute la population. Les magistrats les plus élevés leur cédaient le pas et faisaient baisser devant elles les faisceaux de leurs licteurs : si sur leur chemin elles rencontraient un condamné à mort, il était gracié par ce seul fait.
Un médaillon de Lucille, femme de Lucius Verus, nous montre six Vestales sacrifiant sur un autel allumé, devant un petit temple rond avec la statue de Vesta 'placée à l'entrée et en dehors du temple,
Les altei s et les ustensiles du culte. — Les premiers autels que les Grecs ont élevés étaient simplement des tertres de gazon ou de pierres grossièrement assemblées qu'on élevait devant limage d'une divinité à laquelle on voulait offrir des sacrifices. Ces sanctuaires primitifs étaient habituellement placés près d'un arbre ou d'une source à laquelle on prêtait un caractère sacré. Avant les développements de l'architecture ils tenaient lieu de temples et tant que le paganisme a duré, la population des campagnes a continué à y venir faire ses dévotions. Sur une peinture de Pompéi, on voit un arbre sacré entouré d'un putéal ou margelle de puits formant un espèce d'enclos, près duquel s'élève une petite chapelle.
A l'époque du grand développement de l'art, les autels furent des petits édifices ronds ou carrés, qui ne diffèrent des monuments funè-
LES Pr.ATIQLKS DU CULTE.
bres de même forme que parce qu'ils ont dans leur partie supérieure des ouvertures destinées au feu du sacrifice (fig. 056-657). La sculpture adopta comme motifs de décoration les objets que la piété des fidèles avait coutume de déposer sur l'autel. C'est ainsi que lesbucrànes, c'est-à-dire la tête des animaux qu'on avait immolés et dépouillés de leur peau, les bandelettes sacrées qui avaient servi au sacrifice, les guirlandes d» fleurs ou de feuillages, où les fioles contenant les parfums
Fig. 656.
Autel.
devinrent le motif ornemental de toutes les décorations d'autels, chez les Romains aussi bien que chez les Grecs (fig. 658-659-660). Quelquefois la décoration représente les attributs de la divinité spéciale à laquelle l'autel est consacré, mais il y a beaucoup d'autels aussi dont a décoration est mixte parce qu'ils sont dédiés à plusieurs divinités. Les sacrifices sanglants se faisaient toujours en dehors des temples. Une fumée de bonne odeur devait toujours se mêler aux sacrifices et c'est pour cela qu'on mettait des parfums sur la flamme sacrée. C'est pour qu'elle monte plus facilement vers le ciel [que l'autel n'est pas
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placé dans le temple mènie, comme dans les églises chrétiennes, mais en avant du sanctuaire qui renferme la statue du dieu.
Fig. 657. — Autel.
L'autel avait aux veux des fidèles un caractère sacré. De là l'usatre
Fig. 658.
Fig 659.
.Vutel de Mercure.
d'aller embrasser l'autel dans un cas de péril imminent, usage auquel
LES PliATIQUCS DU CULTE.
nous devons un assez grand nombre de représentations d'un caractère en général très-archaïque. C'est ainsi que nous voyons Ménélas, ancé à la poursuite d'Hélène, jeter son épée pour ne pas être tenté de souiller l'autel par le sang de l'épouse coupable (fig. 661).
Les attributs des divinités auxquelles le temple était dédié fai-
Fi^. 600. — Autel.
saieni naturellement le motif principal de la décoration des candélabres. Nous avons au Louvre deux magniQques candélabres en marbre pentélique, où remblèmc d"Apollon et de Bacchus, auxquels'lls sont dédiés, est parfaitement apparent.
Le n» 662 porte en effet tous les attributs d"Apollon et Diane, divinités dont le culte était presque toujours associé. Un buste d'Apollon radié, et une tête de Diane surmontée du croissant de la lune, apparaissent sur le piédestal dont les angles sont ornés de tête de griffon,
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animal consacré à Apollon. Le taureau figure également sur une des faces du piédestal, étant considéré comme un emblème de la lune. Le fût est décoré de plusieurs zones de feuillages, les uns profondément découpés, les autres larges et unis. L"autol qui sert de base est séparé de la plinthe par des pieds de griffons sortant d'une belle masse de feuilles d'acantlie.
Le candélabre de Bacchus n'est pas moins richement décoré que le premier. Des têtes de bélier, animal consacré à Bacchus, décorent Tautel qui lui sert de support. Sur les parois de cet autel on voit une couronne, une lyre, et sur la troisirme face une patère et un préféri-
Fig. 661. — Ménélas poursuivant Hélène [D'après une peinture de vase.]
cule liés ensemble par une bandelette. Bien que les pieds de cet autel soient un peu écrasés, sa forme générale est plus élégante que celle du précédent. Le fût est également enrichi de feuilles et une rangée de tètes en demi-relief surmontées de feuilles d'acanthe supportent la coupe supérieure d'où s'échappe la flamme (fig. 663).
La figure 664 représente un superbe candélabre en marbre, qui paraît provenir d'un temple et qui a été découvert près de JNaples. La base, supportée par des pattes de lions et des feuilles d'acanthe, est décorée de figures en relief et le fût, dont rornementation est riche et variée, est surmonté d'une belle coupe. Dans la figure 665, la base est formé par des bucrànes et des pieds de bœufs sortant de larges feuilles et la coupe qui termine la partie supérieure du candélabre est d'une grande élégance de forme. Malheureusement le fût présente une certaiue monotonie, à cause des zones qui le divisent en parties à peu
LES PRATIQUES DU CULTE
près égales et des feuillages qui, ;bien qu'alternés, se répètent d'une façon un peu uniforme. - -^^j . - ..,
Kij;. tjl'rî. — Candclabrc d'ApoUoii.
Fij;'. 063. — Candélabre dt Baccbu3.
Lesjêtcs Je bélier se retrouvent aussi sur le magnifique candélabre.-