I-'lg. 6~1. — Instruments du sacrificu
couteau qui servait a l'égorger s'appelait secespila et le couteau avec lequel on l'écorchait était le culiei- excoriatorius.
^i^UfciA/-ii^A'MV^Îi^6|^LiLkiiïi^
Fiir. 6"72. — Instruments du sacriflco.
Après le couteau à découper, nous voyons Vaspey-gillum, qui servait à asperger les assistants avecde l'eau lustrale. C\st un manche à pied four-
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chu et terminé par une touffe de crins. Le raanciie était quelquefois en métal, mais le plus souvent on se servait du pied même d'un animal, comme nous le faisons encore quelquefois pour les manches de nos couteaux ou de nos fouets.
La petite boite que nous voyons en dernier lieu sur cette figure est l'acerra, cassette à parfums employée dans les sacrilices. Ces cassettes
F,x. on.
étaient en métal ou en bois précieux orné d'or, d'argent ou d'ivoire. Les peintures antiques les montrent souvent entre les mains des camilles, jeunes desservants des autels.
Le premier objet qui est représenté sur la figure 672 est rapex.
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sorte de bonnet en laine qui serrait la tète et se nouait sous le menton. C'était la coiffure des pontifes : elle tirait son nom d'une touffe de laine blanche qui garnissait le liant de la tête, mais qui n'est pas apparente
i''ip'. blô. — ïat)lo du sacrilicc en broiiz ■
Après l'apex, nous retrouvons le bucrâne dont nous avons déjà parlé, et en dernier lien la peau de la virtime qu'on a sacrifiée. Celle peau
- Table de sacriûi-e en bronze.
était employée dans certains rites religieux : c'est en sendormant sur elle qu'on obtenait des dieux, par le moyen des songes, la connaissance de Tavenir.
On avait pour les libations des coupes de formes différentes. Chez les Grecs, les libations les plus ordinaires se faisaient avec du vin, IV. 80
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mais dans les temples on n'employait pas la liqueur de grappes coupées avec un instrument, ou qui auraient touché la terre en tombant, Dans VOdyssèe, Ulysse honore les divinités infernales par trois libations successives de miel, de vin sans mélange, et d'eau pure. Jamais, dans les libations, l"eau n'était mêlée avec le vin. On faisait aussi quelquefois des libations d'huile. Quand on faisait une libation, on prenait grand soin que la coupe fût remplie jusqu'au bord.
Il ne faut pas confondre les coupes à libations, destinées à contenir du vin ou de l'huile, avec les patères, oi^t l'on recueillait le sang des
Fig. erj.
Fig. 6-8.
Boîtes à parfums.
victimes immolées dans les sacrifices. La patére a la forme d'un plat ou d'une assiette pourvue d'un manche. Les figures 673 et Glh représentent des patères en bronze découvertes à Pompéi.
La chair des victimes, ou les fruits offerts en sacrifice, lorsqu'ils n'étaient pas sur l'autel, étaient déposés sur des tables à offrande dont on voit deux spécimens en bronze sur les figures 675 et 676.
L'encens et les aromates faisaient également partie des sacrifices et il fallait nécessairement des ustensiles particuliers pour les resserrer ou pour les faire brûler. On a retrouvé plusieurs boîtes à encens en bronze (fig. 677 à 680), elles sont généralement caractérisées par une petite chaînette qui est reliée par des anneaux au couvercle et au
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corps même de la boîte. Ces boites à parfums s'employaient à peu près comme on fait aujourd'bui pour les encensoirs dans les églises catho-
Fig. 61d. — Boîte à CQcens.
liques. A l'aide de la chaînette à laquelle elles étaient suspendues, on
Fig. 680. — Boîte à encens.
pouvait les balancer pour répandre la vapeur odorante de l'encens en combustion.
INSÏITCTIO-NS RELIGIEUSES.
Quelquefois aussi, on se contenlait de jeter les grains d"encens dans la flamme qui brûlait sur l'autel. Enfin il y avait, notamment chez les Étrusques, des brûle-parfums d'une forme toute particulière, comme celui qui est représenté sur la figure 681-682. Il est pourvu de roulettes qui permettaient de le faire circuler pour répandre en divers endroits la vapeur des aromates qu'on y brûlait.
Fig. 681. — Brùlc-parfums.
Les purifications étaient nécessaires pour l'admission aux sacrifices solennels, et on exigeait des prêtres un serment par lequel ils se déclaraient délivrés de toute souillure. Les assistants se purifiaient par des
Fig. 082. — Brûle-parfums.
ablutions, et il y avait toujours à l'entrée des lieux sacrés un vase placé à cet effet et contenant de l'eau consacrée, c'est-à-dire dans laquelle on avait plongé un brandon pris sur l'autel. Ces ablutions étaient de différentes sortes ; l'ablation des pieds et des mains était la plus ordinaire. Quelquefois aussi le prêtre ou un desservant du temple faisait une aspersion, mais dans les grandes solennités la purification par l'eau consacrée devait s'étendre au corps tout entier. Les vases
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pourvus de deux anses mobiles que nous reproduisons sur les figures 683 à 685 paraissent avoir eu une destination sacrée. Il est probable qu'ils contenaient l'eau destinée aux purifications.
Il y avait aussi des vases en marbre, en bronze ou en terre cuite, qui avaient la forme d'un cratère. Ils avaient dans les festins qui accompagnaient souvent les cérémonies religieuses la même desti-
Fig. 683. — Vase â anses mobiles.
Fig. G8-1. — Vase à anses mobiles.
nation que les récipients du même genre dans les repas ordinaires. L'usage des banquets qui avaient lieu en même temps que les sacrifices, et cil les convives étaient Rappelés h prendre leur part dans la chair des victimes et aux mets des libations, sullit pour expliquer la présence dans les temples et dans le trésor qui en dépendait d'une multitude de vases et de coupes dont la forme ne diffère pas de ceux dont on se servait dans la vie intime.
Les armées emportaient avec'elles quelques-uns de ces vases sacrés, qui étaient employés pour les cérémonies religieuses qui s'accomplis-
638 INSTITUTIONS RELIGIEUSES
saient pendant la durée de la campagne. 11 est probable qu'on peut attribuer cette origine aux l)eaux vases d'argent découverts près de Hildesheim, car ils portent presque tous des emblèmes religieux. Celui que reproduit la figure 686 est particulièrement riche par les arabesques qui le décorent et les griffons qui sont à sa base peuvent faire supposer qu"il était consacré à Apollon. Il est probable au surplus que
Fig. fiSÔ. — Vase à anses mubilcs.
les vases qui composent le trésor de Hildesheim ont fait partie du butin de quelque armée barbare, puisque l'endroit ou ils ont été trouvés n'a jamais fait partie du territoire occupé par les Romains.
Tous ces vases de l'époque romaine témoignent en général d'un très grand luxe, qui répond à une époque de scepticisme et de transformation religieuse, et n'est nullement une marque de piété. Dans les âges primitifs qui furent les plus religieux, il y avait, il est vrai, quelques sanctuaires très richement dotés et possédant un mobibilier somptueux, mais dans tous les petits temples et surtout dans les
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chapelles rustiques, on employait pour les usages sacrés des vases de bronze et même des vases de terre.
Quelques-uns de ces ustensiles communs prirent à cause de leur antiquité un caractère sacré aux yeux des populatiens, et de même que dans les églises chrétiennes on voit des reliques sans valeur à côté des plus riches trésors de l'orfèvrerie, les temples, même au temps de leur plus grande splendeur, conservèrent toujours avec un pieux respect les ustensiles dont on s'était servi primitivement, et malgré la pauvreté de leur aspect, ces vieux vases étaient souvent ceux auxquels la population attachait le plus grand prix.
Fig. 686. — Vase consacré à Apollon.
Les sacrifices. — Les sacrifices formaient la partie la plus importante du culte chez les Grecs et chez les Romains. On distinguait les sacrifices publics ou faits au nom de la cité et les sacrifices particuliers, faits au nom d'une famille ou d'un citoyen qui voulait rendre hommage aux dieux. Enfin il y avait des sacrifices offerts par un chef de famille à ses dieux domestiques ou à ses pénates : ceux-ci
C40 ]i\STlTUTIO>'S RELIGIEUSES.
ne se faisaient pas dans les temples ou dans les chapelles ouvertes au public, mais dans la maison et devant le foyer. On sacrifiait aux dieux des objets inanimés, comme les fruits de la terre, du lait, du vin ou de l'encens, ou bien on leur immolait des animauN, ou même des hommes, dans les temps les plus reculés.
Les récits relatifs aux funérailcs de Patrocle, au 'sacrifice d'Iphigénie ou de Polyxcue, bien qu'appartenant à la mythologie plutôt qu'à Thistoire, prouvent au moins que les faits dont il s'agit étaient conformes aux usages ou aux idées reçues dans les temps héroïques.
Fig. 687. — Sacrifice humain.
{D'après une peinture étrusque.)
Les sacrifices humains sont assez fréquemment représentés sur les monuments étrusques.
Une peinture des hypogées de Vulci montre Achille immolant des captifs aux mânes de Patrocle (fig. 687). « Cette scène de meurtre, dit Duruy, répondait si bien aux mœurs des Étrusques que, voulant représenter un épisode de \' Iliade, ils ont choisi le seul récit de cette nature qui se trouve dans Homère. Quantité de témoignages des auteurs anciens et ceux qu'ils ont laissés eux-mêmes sur leurs monuments, attestent ce caractère odieux de la société étrusque. Macrobe dit que Tarquin faisait immoler des enfants à la déesse Mania, mère des Lares. »
La légende de Tantale et celle de Lycaon, punis pour avoir servi de
LKS PRATIQUES DU CULTE
la chair humaine sur la table des dieux, ressemblant à une protestation du sentiment populaire contre l'usage des sacrifices humains. Cécrops et tous les législateurs mythiques, auxquels les Grecs attribuaient lorigine des cérémonies de leurs cultes, avaient, suivant la croyance populaire, ordonné d'offrir aux dieux des fruits de la terre ou de leur immoler des animaux.
Les sacrifices des premiers âges consistaient surtout en fruits, en racines et en glands. A ces rustiques offrandes on ajouta plus tard de l'encens et des parfums. Avant le sacrifice on couvrait l'autel de gâteaux d'orge, parce que l'orge passait pour la première graine que
Fig. G88. — Le sacrifice d'un taoroau.
(D'après xine peinture de vase.)
les Grecs employèrent à leur nourriture quand ils eurent renoncé à l'usage du gland. On sacrifiait aussi des animaux qui étaient en rapport soit avec celui qui offrait le sacrifice, soit avec la divinité à laquelle on l'offrait. Ainsi le berger sacrifiait plus volontiers un agneau, le bouvier une génisse, le pêcheur une anguille. Mais toutes les fois que la chose était possible on cherchait à satisfaire la divinité en consultant ses préférences.
On savait, par exemple, que Jupiter aimait les taureaux blancs; Junon les génisses, les vaches, les brebis et les agneaux femelles: Cybèle les truies pleines ; Gérés le verrat où cochon mâle parce qu'il gâte les moissons; Bacchus le bouc ennemi de la vigne. On offrait un cheval au soleil, une biche à Diane, une chienne à Hécate, une