‹ La vie privée des anciens (volume 2)Chapitre 37 sur 42 · IV · texte numérisé non relu

IV

INSTITUTIONS RELIGIEUSES

colombe à Vénus, elc. Les victimes offertes aux dieux infernaux devaient être noires.

La figure 688 reproduit, d'après une peinture de vase, un très ancien autel de pierres brutes, sur lequel brûle la flamme sacrée du sacrifice. La divinité à laquelle on va offrir le sacrifice est une trèsancienne idole de style archaïque. Une figure ailée placée près de l'autel semble présider à la cérémonie. A gauche on voit le prêtre cou-

Fig. 689. — Le sacrifice d'un agneau.

(D'après une pcinlure de Pompéi )

ronné de lauriers, qui se retourne pour parler à un jeune guerrier, qui conduit un taureau orné de ses bandelettes.

Un sacrifice est représenté sur la figure 680. Une victoire ailée, tenant un casque d"or surmonté d'un panache rouge, fait une libation sur un autel d'où s'approche un enfant ailé, qui conduit un agneau au sacrifice. Un autre enfant ailé tient un tableau, placé contre une petite chapelle et en face de l'autel : ce tableau représente Pallas tuant un géant. C'est donc à cette divinité que la Victoire offre un sacrifice. La petite chapelle est entourée d'arbres.

Les Grecs offraient toujours aux dieux les prémices des biens de la

LES PRATIQUES DU CULTE

terre, consistant en fruits, légumes, gâteaux d'orge ou de froment. Quand on immolait des animaux, on clioisissait toujours les plus gras et les plus sains, car les victimes devaient être sans défaut extérieur. On les ornait de bandelettes ou de guirlandes, composées avec les feuilles ou

Fig. 690. — Los entrailles de la victime. (D'après une peinture de vase.)

les fleurs de la plante consacrée à la divinité à laquelle on offrait le sacrilice.

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Fig. G91. — Marcbo de victimes.

Quand la victime était immolée, le prêtre offrait aux dieux le sang et les entrailles; le reste se partageait entre les ministres du sacrifice et ceux qui l'offraient. On regardait comme un acte religieux de manger avec ses amis ce qui revenait des viandes immolées, ou de leur on

INSTITUTIONS r.ELIGIEUSES.

envoyer une portion. Un usage analogue se retrouve dans le pain bénit des catholiques, seulement c'est du pain ou de la brioche que l'on mange, au lieu d'être de la viande.

La figure 690 nous montre le sacrifice au moment où la part des dieux est placée sur le feu. La divinité est un Hermès barbu, probableurent un Bacchus, devant lequel un sacrificateurremue avec une broche les entrailles de la victime, qui cuisent sur la flamme sacrée. Un autre sacrificateur, placé derrière celui-ci, découpe les viandes sur

Fig. 692. — Sacrificateur.

une petite table, sous laquelle se voit la tête du bouc qui vient d'être sacrifié. Des bandelettes sacrées se voient dans le champ.

Des prières, qui répondent à notre bcnedicile, accompagnaient toujours le repas du sacrifice. Avant de le commencer, le prêtre, tourne vers les assistants, disait : « Qui est ici ? » et l'assemblée répondait : « des gens de bien ». En effet, la loi excluait du sacrifice les impies, les meurtriers et tous ceux qui avalent été condamnés pour un crime.

Les usages des Romains, pour les sacrifices, étaient peu diiïérents de ceux des Grecs. Les animaux qu'on menait au sacrifice avaient souvent les cornes dorées. Quelquefois aussi, on leur parait la tète de fleurs et on leur plaçait sur le corps, soit une guirlande de fleurs, soit

LES PRATIQtrS DU CULTE.

une large bande ornée, comme le montre la figure G91 : l'usage de la bande était surtout employé chez les Romains. Deux personnages couronnés de laurier conduisent les animaux : le prêtre, ,qui est le dernier, donne ses ordres au victimaire, placé devant lui. Celui-ci tient un bâton pour faire marcher l'animal et une hache pour le frapper. Les animaux, ainsi parés, étaient conduits au temple à travers les rues et les places publiques.

Le personnage couronné et tenant en main une branche de laurier.

Fig. 693. — Sacrifice romaio. (D'après un bas-relief antique .}

ornée de lemnisques, que monire la figure G92, présente les allures d'un sacrificateur. Cependant on y voit quelquefois un vainqueur des jeux, qui vient de remporter la palme lemniscale.

Un bas-relief du Louvre nous montre la représentation d'un sacrifice chez les Romains. Il est probable que nous n'avons là qu'une partie de la composition qui a dû être beaucoup plus vaste et contenir une longue série de figures. Le premier personnage que nous voyons à gauche est \e pope ou victimaire qui, nu jusqu'à la ceinture, tient d'une main une des cornes du taureau et de l'autre le large couteau (scces/iita) avec lequel il va l'égorger. Mais l'animal, avant d'être égorgé, devait être abattu : c'est probablement ce qui est en train d'arriver pour le

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